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2005 Y Salsa Festival à Lyon

Mercadonegro - Frankie Morales - Alfredo de la Fé - José Alberto "El Canario"

Publié le 1er juillet 2005, par : Chabelita

Direction Lyon pour la seconde édition du "Y Salsa Festival", l’année dernière il avait connu un immense succès sur l’île Barbe. Lieu magique mais trop petit pour accueillir tous les salseros qui étaient venus en masse pour assister aux concerts. Cette année les concerts se sont déplacés au stade Boucaud moins romantique mais d’une plus grande capacité.

Un village avec des animations, une scène immense et une piste en bois pour les danseurs, voilà le cadre de ce week end de salsa "y salsa". Avec en invité surprise : soleil, ciel bleu et chaleur estivale.

La 1ère soirée a débuté avec Raul Paz, venu remplacer au pied levé le Septeto Habanero qui n’a pu sortir de Cuba. Ce 1er concert n’étant pas salsa, nous allons passer directement au second 100% salsa.

New-York Salsa All Stars

Mercadonegro - Frankie Morales - Alfredo de la Fé - José Alberto "El Canario"

Un plateau de rêve pour tout salsero en ce 1er jour de festival. Pas moins de 4 têtes d’affiche à ce concert.

D’abord Mercadonegro, le groupe européen le plus en vue du moment, un écrin de luxe pour mettre en valeur les 3 bijoux new-yorkais : Frankie Morales, Alfredo de la Fé et José Alberto "El Canario".

Mercadonegro c’est un style impeccable jusque dans les vêtements : tous en chemise bleue et pantalon blanc.

Dès les premières moñas [1] de cuivres, les cris d’hystérie fusent de la foule : "Mercadonegro llego", "Mercadonegro est arrivé" avec son énergie sur-vitaminée. Le charisme du chanteur principal Armando Miranda [2] opére. Le piano déchaîné de César Correa [3] hypnotise et envoûte à la fois. La perfection des arrangements qui alternent des moments d’une grande intensité et de brefs silences (coordonnés au millième de seconde par cet orchestre de virtuoses) mettent le public en transe. Les chorégraphies permanentes des trois chanteurs ajoutent une touche d’humour à un spectacle bien rodé.

"Levantense, preparense" : "levez-vous, préparez-vous" dit le choeur, la machine est lancée pour une nuit de pure salsa.

Elle poursuit avec "La Malanga" une reprise qu’ils viennent d’enregistrer sur leur tout dernier album (voir dans le post-scriptum de cet article), où s’exprime le second chanteur et où on note un très beau solo de timbales de la part de Rodrigo Rodriguez [4].

Les trois chanteurs prennent le poste de choristes pour accueillir le 1er invité vedette de la soirée : Frankie Morales. Le sonero new-yorkais commence par un hommage à son ex-patron Tito Puente (avec lequel il a partagé la scène pendant dix ans) en chantant un mambo sur un texte en anglais et des improvisations en espagnol. Une chanson romantique fera brièvement retomber l’ambiance, avant que l’émotion ne fuse à nouveau grâce à une magistrale interprétation de "Niña y Señora", où les moñas des cuivres ponctuent tout le morceau. Elles ne s’arrêtent que dans la dernière partie du thème où chacun des cuivres l’un après l’autre va nous offrir un solo d’anthologie.

Photo ci-dessous : Frankie Morales en blanc et Armando Miranda en bleu.

Frankie Morales quitte la scène pour laisser la place à Alfredo de la Fé et son violon. Le changement de rythme est perceptible dès la chanson "Que Manera" où de longs solos du virtuose new-yorkais caressent nos oreilles.

C’est à Alfredo de la Fé qu’on doit la naissance de Mercadonegro puiqu’il a séparément sélectionné les trois musiciens principaux pour l’une de ses tournées, ils décideront de créer leur propre formation en 2000.

Le patron de la soirée José Alberto "El Canario" fait son entrée sur les premières notes de "A la hora que me llamen voy". "Quand on m’appelle, j’arrive" dit-il, et de quelle manière ! Une voix toujours aussi chaude, un charisme indéniable renforcé par un jeu scènique ininterrompu : on le voit danser (à en faire pâlir plus d’un), faire son numéro d’imitation vocale du son de la flûte traversière, improviser et dialoguer avec un public aux anges.

Les succès s’enchaînent. On reprend en choeur "Disculpeme Señora, ha llegado la hora", "La Paella",...

Le public réclame certains titres, il leur répond que ce n’est pas lui qui chante "Castellano que bueno baila usted" mais Oscar d’Léon. En bon vétéran, un peu cabot, il se prend au jeu et lance l’orchestre -un peu surpris- pour interpréter la chanson. A ce moment là, il pousse les jeunes musiciens de façon impressionante, et on se dit que c’est vraiment un artiste de grande envergure en voyant la prouesse qui se déroule sous nos yeux. Il ne s’arrête pas là et entame a-cappela une autre chanson exigée par son auditoire, rejoint au bout de quelques phrases par l’orchestre tout entier.

Le concert reprend son cours normal. Le chanteur raconte sa vie, blague à propos de son ex-femme et va faire monter la température en se déshabillant. Hilarant de voir notre distingué "Canario" dévoiler son ventre en se déhanchant à la manière d’un chanteur de Boys-band, puis carrêment laisser glisser sa chemise sous l’acclamation de la foule.

Le concert se termine au bout de...2h50 sur la chanson "Xiomara" transformée en descarga [5].

Photo ci-dessous : de gauche à droite : Canario, Raul Paz et Alfredo de la Fé.

Raul Paz qui a inauguré le festival est monté pour participer à la fête et improviser de belle manière aux côtés de Mercadonegro, Frankie Morales, Alfredo de la Fé, José Alberto "El Canario". Tout ce beau monde nous offre un final de grande qualité. Il faut souligner à nouveau la prestation de la section cuivre qui exécute à la perfection les riffs de "Xiomara", ce qui est remarquable en live.

Une première soirée parfaite pour un festival à l’organisation qui ne l’est pas moins.

Photo ci-dessous : de gauche à droite : César Correa, Canario, Raul Paz et Alfredo de la Fé.


Mercadonegro vient de terminer son second album SALSA PA’L MUNDO ENTERO toujours sous le label BIBOMUSIC.

  • Crédits :
    • Armando Miranda (Cuba) voix principale
    • Eduardo Cespedes (Cuba) voix
    • Cesar Correa (Peru) piano
    • Rodrigo Rodriguez (Colombia) timbales, voix
    • Leonardo Govin (Cuba) trombone
    • Luis Aballe (Cuba) bongos
    • Eduardo Penz (Brasil) basse
    • Carlos Minoso (Cuba) trombone
    • Carlos Irarragorri (Cuba) tres, voixl
    • Amik Guerra (Cuba) trompette
    • Alejandro Panetta (Argentine) congas
    • Gian Carlos Ciminelli (Italia) trompette
  • Chansons
    1. La Bendicion
    2. La Guarachera De Cuba
    3. Jamas
    4. Llego La Hora
    5. A Los Orishas
    6. Pa’l Callao
    7. Por Una Noche Contigo
    8. La Malanga
    9. Yo Soy El Son
    10. El Negro
    11. Tu Me Gustas
    12. Aqui Esta Mercadonegro

[1] La définition de la moña par le tromboniste Jimmy Bosch : The moña is the part or section of the tune were the volume goes up as well as the intensity of the arrangement being played by the band. Spontaneous riffs which are inspired by the level of energy being generated by the band in a certain part of a composition ; that moment in the interpretation of a composition where everyone is locked in and grooving, becoming the time to take the music to another level. It’s the fun part of the song, the time to play from the heart." (Issu de Latin Beat Magazine )

[2] Armando Miranda, dit « El Moro », né en 1974 à La Habana, Cuba, chanteur principal et auteur de beaucoup de chansons du groupe. Il est aussi un des 3 membres fondateursdu groupe.

[3] Cesar Correa, autre membre fondateur de Mercadonegro. Fils de deux musiciens péruviens connus, né en 1975 à Trujillo, Pérou. Cesar joue du piano comme peu de maîtres en la matière savent faire. Il est le directeur musical de l’orchestre sur scène.

[4] Rodrigo Rodrìguez 3ème membre fondateur du groupe est né en 1974 à Cartagena de Indias, la ville colombienne la plus caribéenne. Rodrigo, joue des timbales et bien d’autres percussions. Il écrit des chansons du groupe.

[5] Descarga = version latine des Jam Sessions.