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Willie Colon - Biographie

Publié le 1er juin 2007, par : Chabelita

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Willie Colón

Willie Colón est né William Anthony Colón Román de parents portoricains le 28 avril 1950 dans le Bronx (USA).

Willie Colón a commencé comme trompettiste, il a formé à l’âge de 13 ans le conjunto Los Dandies, puis La Dinámica jusqu’à ce qu’il tombe sous le charme du travail de Mon Rivera et ses trombones introduits dans la bomba et la plena. A partir de là il décide de créer un groupe avec deux trombones : The Latin Jazz All Stars. Son surnom "El Malo" ("le méchant") lui a été donné dès l’âge de 15 ans à cause de sa façon de jouer du trombone à coulisse. En effet, à ses débuts il fut censuré à cause de son style fort et strident, que certains qualifiaient de peu harmonique.

En 1967, âgé de 17 ans il rencontre Jerry Masucci et Johnny Pacheco créateurs du label Fania. Il se présente devant eux avec plusieurs chansons enregistrées avec son groupe, ils acceptèrent de l’engager à condition qu’il change de chanteur. Pacheco a l’idée de génie de lui proposer Héctor Lavoe, se sera une association très fructueuse.

Au départ ils montent l’un des pires orchestres de New York, selon César Miguel Rondon [1] avec deux trombones. La majorité des musiciens de l’orchestre n’étaient pas des élèves de conservatoire, ils travaillaient à l’oreille. Le Willie Colón adolescent était loin d’être un virtuose. Malgré cela leur premier album : "El Malo" a un succès tel qu’il a radicalement changé la vie de Lavoe et de Colón, qui eurent alors suffisamment d’argent pour être tranquille.

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Face du vinyl
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Dos du vinyl
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Suivi de "La gran fuga" (1971), "El crimen paga" (1972), "El juicio" (1972), "Lo mato" (1973) et "El bueno, el malo y el feo" (1975).

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The Good The Bad The Ugly

Ces productions furent caractérisées par des chansons parlant de marginalité, de délinquance, de danger, de violence... telles que "Lo mato", "Calle Luna, calle Sol", "El día de mi suerte", "Se chavó el vecindario", "Barrunto", "Piraña" et "Todo tiene su final". Dès 1972 ils sont consacrés les artistes les plus populaires de la salsa, alors que le boom du genre initié par la Fania n’a pas encore eu lieu.

Le binôme Hector LaVoe et Willie Colon bouleversa les patrons rythmiques du nouveau genre salsa. Grâce à l’intégration dans leur musique du folklore de Porto Rico avec le fameux "lelolai", la bomba, la plena, les aguinaldos : dans les deux

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« Asalto Navideño et Aires de Navidad ». Ou avec un perfectionnement du son agressif (par exemple dans les chansons "el juicio" et "lo mato") souligné par des pochettes aux thèmes délictueux qui vont imprimer durablement dans l’esprit du public leur image de "mauvais garçon".

Hector LaVoe et Willie Colon triomphèrent en racontant leurs histoires, des textes sociaux qui relataient les vicissitudes de l’émigrant. Entre 1971 et 1973 ils sortirent 4 disques des classiques parmi les classiques de la salsa.

L’image du "malo" les a aidés à devenir célèbres car la diaspora portoricaine de New York s’est totalement retrouvée dans ce style urbain qui parlait de la violence quotidienne dans laquelle ils baignaient.

Bien sûr Colon a tout de suite fait partie de la fameuse "Fania All Stars". Il est le troisième trombone, aux côtés du 1er trombone : le virtuose Barry Rogers et du 2ème trombone : le portoricain Reinaldo Jorge. Il a ainsi participé avec eux au concert au Cheetah (1971 ; enregistré sur le film "Our Latin thing - Nuestra Cosa") et au Yankee Stadium (1973 ; enregistré sur le film "Salsa").

L’alliance Colon-LaVoe dura 7 ans, produit 10 disques et marqua avec des succès comme "Ausencia", "Cheche colé", "Juana Peña", "Barrunto", "Abuelita", "La Murga", "Piraña", "Soñando despierto" et "Todo tiene su final".

Les 10 disques de la collaboration Willie Colon et Hector Lavoe :

Disque et Année Références
El Malo 1967
The Hustle 1968
Guisando 1969
Cosa Nuestra 1969
La Gran Fuga 1970
Asalto Navideño 1971
El Juicio 1972
Lo Mato 1973
Asalto Navideño II 1973
The Good, the Bad and the Ugly 1975
Fania 337
Fania 347
Fania 370
Fania 384
Fania 394
Faina 399
Fania 424
Fania 444
Fania 449
Fania 484

En 1973, Willie Colon souhaite dissoudre son orchestre fatigué par une dure crise personnelle (divorce, ...) et l’attitude irresponsable de LaVoe. Il se retire temporairement du milieu. Il recommande à Hector LaVoe de créer son propre orchestre, lui offrant ses musiciens et restant le producteur de ses disques.

En 1977, Willie Colón s’allie au chanteur et compositeur Rubén Blades pour un projet musical à haute teneur en contenus sociaux et politiques, des chroniques du monde urbain qui se transformérent en succès musicaux colossaux. De la salsa conciente avec un grand C.

Willie Colón est à la direction et à la production des disques, mais il incorpore un arrangeur musical : Luis Perico Ortiz, qui a concocté le hit : "Pablo Pueblo", qui s’est vendu à 150 000 copies en un temps record.

La présence de Luis Perico Ortiz fut fondamentale dans le binome Colón-Blades en apportant les influences d’une nouvelle génération qui appréciait le son commercial du marché anglosaxon sans abandonner l’essence de la salsa.

"Pablo Pueblo" figurait sur l’album "Metiendo mano" (1977), suivi d’un autre gigantesque succès "Siembra" (1978), qui comprenait "Plástico", "Buscando guayaba", "Pedro Navaja", "Siembra" et "María Lionza", entre autres.

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Siembra
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Willie Colón a produit l’album de Celia Cruz "Solo ellos pudieron hacer este album" (1977) où se trouvaient les chansons "Burundanga" et "Usted abusó".

Ensuite Blades et Colón enregistrèrent "Maestra vida I et II" la saga d’une famille latino-américaine, puis "Canciones del solar de los aburridos" qui parle de la misère des barrios et "The Last Fight".

Il sort "Doble energía" (1980) avec Ismael Miranda.

Au début des années 80, Willie Colón et Rubén Blades se séparent.

Willie Colón a voulu se lancer en tant que chanteur soliste, d’où la sortie de "Solo" (1979) le bien nommé, suivi de "Fantasmas" (1981), puis "Criollo" (1984), et la même année "Tiempo Pa’Matar" (1984).

Willie Colón a été 11 fois nominé au prix Grammy et a gagné 15 disques d’or, 5 de platine, il est devenu un leader communautaire dans la lutte pour les droits des latino-Américains aux USA. Il a été président de l’Association des Arts Hispaniques, membre de la Commission Latino-Américaine sur le SIDA, membre de la Fondation des émigrants aux Nations Unies, président de la Coalition Arthur Schomburg pour un New York Meilleur, membre du Directoire de l’Institut de Congrès Hispanique Caucus, membre fondateur du Conseil Hispanique de New Rochelle (N.Y.) et membre fondateur du Comité du Système Judiciaire de New Rochelle, entre autres...

Activiste politique, il s’est aussi présenté comme candidat au Congrès pour le district de New York, sans succès. Tout cela l’a tenu éloigné des scènes musicales.

En 2003, il a fêté les 25 ans du disque "Siembra" par un grand concert à Porto Rico. Le manager de Rubén Blades ayant fui avec le cachet des artistes, Willie Colon n’a accepté de monter sur scène que sous la promesse de Rubén Blades d’être payé plus tard. Blades n’a pas tenu sa promesse d’où l’ouverture d’un procès à Porto Rico entre les 2 ex-collègues en mai 2007... [2]

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Willie Colon
Copyright Evelyn Raetz (Herencia Latina.com)

©Foto logo cortesia Carlos Hernández (el Universal - Venezuela)


[1] El libro de la salsa, page 49.

[2] Tous les détails ICI.

  • Message 1
    • par Maya La Sandunguera, 11 juin 2007 - Willie Colon - Biographie

      Salut Chabelita, Guayacán et les amis,

      L’album de Willie Colón en 1984 qui précède Tiempo pa’matar s’appelle Criollo.

      Mi sueño est un titre de l’album Fantasmas de 1981, avec le refrain : Ven a curar tu negro que llegó borracho de la bohemía. Il y a dedans un superbe solo de cuatro de Yomo Toro. S’il pouvait rester à Vic le dimanche, ça ferait un superbe bœuf !

      Je vous trouve sévères avec le programme de Vic. À part les inénarrables Son Reinas, ne boudons pas notre plaisir de voir et revoir ! Les "Anciens" s’en vont petit à petit, mieux vaut leur rendre hommage avant de les regretter pour toujours. Africando est en pleine forme, Kékélé sonne très différemment. Côté hip hop, Yerba Buena c’est la classe, comme Maraca côté cubain avec Tiburón et Cándido Fabré pour l’impro. Et les arènes de Vic, c’est quand même quelque chose, et si Tempo latino disparaît, il sera trop tard pour pleurer. Alors, pas de morosité ! Le ciel gris et l’ère Sarko, c’est déjà assez lourd !

      Bisous

      Maya