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2005 Toros y Salsa Festival / programme

9, 10 et 11 septembre 2005

Publié le 3 juillet 2005, par : Chabelita

Dax et la salsa : une décennie de fiesta brava.

Après une dixième édition qui a réuni plus de 50.000 spectateurs l’année dernière, la 11ème édition du festival Toros Y Salsa se déroulera les 9, 10 et 11 septembre à Dax.

L’originalité de Toros Y Salsa réside dans sa programmation qui met en lumière des artistes trop rares en France ou d’autres plus connus mais invités à se dévoiler sous un autre jour, dans un esprit de rencontre et de descarga.

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Cette année Toros y Salsa rend hommage à l’un des monstres sacrés de la salsa, Ray Barretto est le conguero le plus important de la musique afro-caribéenne tant par ses collaborations avec la mythique Fania All Stars que par sa présence toujours avisée dans toutes les étapes de l’évolution du genre et son amour avéré pour le jazz. Pourtant ce n’est pas avec sa formation de Latin-jazz avec laquelle le public français est habitué à le voir depuis maintenant de nombreuses années que Ray " manos duras " viendra à Dax mais bel et bien avec une formation salsa pour un concert unique qui constitue le véritable événement du festival.

Porto-Rico a fêté en 2001 ses 50 ans de carrière lors d’un concert mémorable où le maestro était entouré par tous ceux qui l’ont accompagnés tout au long de son parcours.

En 2005, Dax réitère plus modestement l’évènement avec l’aide de quelques uns des acteurs de cette soirée mémorable (Charlie Sepulveda, Luis Marin...), la jeune génération des salseros de Porto-Rico entourera le maestro pour fêter la rumba, la salsa et la descarga avec la présence de Frankie Vazquez, Jerry Medina, Anthony Carrillo et leurs acolytes.

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Cerise sur le gâteau offerte au public de Toros y Salsa, la présence des grands rumberos cubains "Los Papines ". Une rencontre jusqu’ici improbable placée sous le signe des retrouvailles [1] du cœur. Ray Barretto a toujours proclamé son admiration pour ce groupe créé il y a 45 ans par les frères Abreu. C’est avec un enthousiasme non feint qu’il a accepté cette rencontre qui promet un feu d’artifices de rythmes et d’émotion.

Un tel évènement, qui attirera sans nul doute un public nombreux, créera parmi les musiciens présents à Dax cette année, une motivation supplémentaire pour participer à la fête. Une soirée exceptionnelle au cours de laquelle triomphera la musique et l’émotion.

- Vendredi 9 septembre

21h00 - Los Papines (Rumba - Cuba)

Fondé en 1963 par les quatre frères Abreu, Los Papines demeure à ce jour, après plus de 40 ans d’activité, la référence de la percussion afrocubaine.

Originaires du quartier de Marianao, celui la même qui vit naître le grand Chano Pozo, les Abreu sont issus d’une famille de 11 musiciens tous dévoués à la “madre” Rumba. Maîtres de l’improvisation et “showmen” exubérants, les musiciens de ce quintet éblouissent à chaque prestation par leur inventivité et leur sens inné du spectacle. La variété des rythmes, l’originalité des compositions et la gouaille communicative de ces percussionnistes incroyables entraînent le public dans une folle rumba qui ne laisse aucun répit, ponctuée par quelques acrobaties sur les congas ou autres jeux de mains affolants.

Seulement cinq sur scène mais l’énergie d’un big band, voilà le tour de force que réalise à chaque concert Los Papines, une prestation scénique devenue depuis des décennies leur marque de fabrique.

Ils nous feront en plus le plaisir de retrouver sur scène leur ami de toujours, le grand Ray Barretto pour une rencontre historique en Europe qu’il ne faudra manquer sous aucun prétexte.

23h00 : Charlie Sepulveda and The Turnaround (Latin Jazz - Porto Rico)

A Porto-Rico, l’apprentissage des instruments à vents et la qualité de son enseignement dans les écoles de musique est une tradition reconnue dans les Caraïbes. Preuve en est le creuset formidable de trompettistes issus de cette tradition dont ont émergé le regretté Juancito Torres et le grand “Piro” Rodriguez.

Charlie Sepulveda fait partie de cette élite, une référence en matière de musique afro-caribéenne. Les plus grands musiciens ne s’y sont pas trompés : on retrouve son nom en tant que musicien mais aussi arrangeur sur les disques des grands noms de la salsa comme Tito Puente, Eddie Palmieri, Hilton Ruiz, Ray Barretto, la Fania All Stars ou encore Willie Rosario et Hector Lavoe.

Belle carte de visite pour ce jeune trompettiste né à Caguas en 1962 et qui continue également son travail d’enseignement musical des jeunes à Porto-Rico.

Son exploration des racines de la salsa et du Latin-Jazz ne s’arrête pas au simple fait de mélanger les genres mais aussi et surtout de défricher de nouveaux horizons musicaux. Avec son groupe Turnaround, dans lequel figurent le prometteur bassiste Gabriel Rodriguez et l’excellent saxophoniste Ricardo Pons, il se ballade avec bonheur aux frontières de la fusion tout en respectant les racines afro-caribéennes et surtout cette clave à la fois rigide et formidablement swinguante qui ne tolère pas l’a peu près. Une mise en place irréprochable et des arrangements toujours renouvelés font de ce groupe une des formations phares de la scène Latin-Jazz.

01h00 - Jerry Medina’s Feelin’ Allright (Salsa - Porto Rico)

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Originaire de Fajardo sur la côte Est de Porto-Rico, Jerry Medina fait partie de la nouvelle génération des chanteurs de salsa ayant émergé dans les années 90.

Également trompettiste, cet ancien ingénieur agronome n’a pu résister à l’appel de la musique afro-caribéenne, un tournant majeur dans sa vie, un chemin qu’il considère comme un devoir de tradition pour que perdurent les rythmes autochtones portoricains que sont la Bomba et la Plena.

Issu d’une famille de musiciens jouant dans les églises, il est très rapidement immergé dans le Gospel et le blues, deux genres encore très présents dans sa manière de chanter, ce qui en fait un interprète à part dans la salsa. Sa rencontre avec l’immense Sarah Vaughan sera déterminante sur son approche artistique et son style vocal. Dans les années 70 il devient trompettiste du chanteur Ismael Miranda. Au hasard d’une tournée sur l’île de Porto Rico il est amené à participer à un bœuf avec les futurs créateurs du groupe Batacumbele. Son jeu particulier à la trompette très influencé par la fusion entre musique noire-américaine et salsa mais aussi sa manière de chanter avec une voix de ténor puissante et une facilité évidente à " scater " impressionnent. L’aventure peut commencer et la légende Batacumbele est en route.

En 1998, il démarre une carrière solo sous la houlette de la maison de disque RMM.

Désireux d’unir le public des mélomanes et les danseurs, il a le souci constant d’explorer la musique moderne tout en conservant les bases saines et solides du folklore portoricain. Il en résulte un répertoire flamboyant, inventif et coloré comme les aime Toros y Salsa.

Désormais reconnu par ses pairs comme un chanteur incontournable on retrouve son nom à la tête de quelques uns des projets musicaux récents les plus intéressants comme la " Descarga Boricua " ou encore un projet de salsa symphonique avec l’orchestre philharmonique de Porto-Rico.

Un éclectisme parfois déroutant mais qui a séduit Toros y Salsa pour un concert événementiel unique en Europe puisque Jerry Medina se produira pour la première fois sur le vieux continent. A noter la présence de virtuoses dans son orchestre tel le percussioniste Paoli Mejias. Beau cadeau pour le festival !

- Samedi 10 septembre

19h00 - CKS La Banda (Salsa / France-Venezuela)

Fondée en 1998 cette formation de 12 musiciens pratique une salsa colorée issue d’influences portoricaines et surtout vénézuéliennes puisque les fondateurs nous viennent de Caracas, capitale salsera s’il en est.

Dirigé par le chanteur Carlos Esposito " Kutimba " ancien chanteur du célèbre Trabuco Venezolano et Jesus " Tantana " Flores, fils du percussionniste Orlando Poleo, le groupe puise son inspiration dans un répertoire varié mais résolument dansant et distille une salsa vigoureuse qui navigue habilement, et dans la plus pure tradition, entre bomba, guaracha et rumba.

Forte de plusieurs années passées à écumer les clubs parisiens, CKS la Banda est devenue au fil des ans une formation reconnue qui peut s’enorgueillir d’accompagner régulièrement lors de leur venue en Europe de grands chanteurs comme Azuquita, Ray de la Paz ou encore le dominicain Santiago Ceron.

Belle carte de visite pour ce groupe énergique, soudé autour de son chanteur " Kutimba " dont les soneos, inspirés sont aussi communicatifs que son jeu de scène ébouriffant.

Et pour ceux qui se demandent ce que peuvent bien signifier les trois lettres énigmatiques de son nom, une fois démarrées les premières mesures cela devient évident... cuatrociento kilo de salsa.

22h00 - El Septeto National Ignacio Pineiro (Son cubano - Cuba)

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Un des groupes mythiques du son cubano, El Septeto Nacional fondé en 1927 par l’un des musiciens ayant le plus contribué à l’avènement de la musique cubaine par delà les frontières : Ignacio Pineiro. Originaire du quartier de Jesus Maria et grand rumbero devant l’éternel, il fut également un prolifique compositeur de “sones” et à l’origine du genre “guaracha-son”, mêlant avec bonheur la spécificité rythmique du " son" et les paroles souvent à double sens et toujours teintées d’humour de la guaracha.

Non seulement le groupe fut à l’origine de l’explosion du “son”, ce genre populaire précurseur de la salsa et venu de l’Oriente au début du XXème siècle, mais put également se targuer d’avoir à tel point subjugué le grand Georges Gershwin que celui-ci incorpora quelques mesures du désormais fameux Echale salsita dans sa Cuban ouverture en 1932.

El Septeto Nacional a compté dans ses rangs nombre de grands soneros dont les fameux Abelardo Barroso et Carlos Embale et demeure à ce jour une référence incontournable du son.

Néanmoins, la troisième génération des musiciens du septet réussit avec brio à faire perdurer le répertoire traditionnel écrit voilà plus de 80 ans par Ignacio Pineiro sans une once de déjà vu, une tâche à priori impossible à Cuba ou chacun connaît ses classiques.

Et pourtant, la machine est si bien huilée qu’elle s’affranchit avec aisance et maestria des années qui passent. Mené par son charismatique chanteur Eugenio Rodriguez “Raspa”, véritable sonero dans la plus pure tradition vocale, El Septeto Nacional nous plonge sans nostalgie mais avec une spontanéité qui n’a d’égale que sa fraîcheur communicative au cœur même de la “cubanité” si chère a Fernando Ortiz.

0h30 - Ray Barretto

invité : Frankie Vázquez

Né en 1929 d’une famille d’origine portoricaine, Ray Barretto est sans aucun doute le percussionniste le plus prolifique et le plus charismatique de la musique latine. Très tôt il découvre le jazz à travers la radio qui diffuse la musique des grands orchestres de Duke Ellington ou Tommy Dorsey tout en s’initiant à la “tumbadora” qu’il apprend en autodidacte.

Son modèle, le mythique Chano Pozo, celui la même qui créa avec Dizzie Gillespie le pont historique entre le Jazz Be-Bop et la musique latine et qui donnera naissance au latin-jazz encore appelé Cubop.

A 17 ans il s’engage dans l’armée et part pour l’Allemagne où il découvre en même temps que les haines raciales, les petits clubs de jazz où “boeufent” les jazzmen noir-américains et européens. Dés son retour, il s’immerge corps et âme dans le jazz ce qui lui permettra de côtoyer des monuments comme Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou Max Roach.

Cependant Ray est d’origine Portoricaine et le démon du rythme et de la clave le conduit à explorer le monde de la musique afro-caribéenne.

S’en suivront plusieurs collaborations retentissantes avec Cal Tjader, José Curbelo ou encore Tito Puente chez lequel il remplace Mongo Santamaria et qui vont le propulser sur le devant de la scène latine.

Dans les années 60 en pleine vague Charanga, Ray Barretto fonde la Charanga Moderna et connaît immédiatement un succès fulgurant avec le fameux titre “El Watussi”.

Puis vient la rencontre avec le chanteur Ruben Blades qui débute sa carrière, avec qui il enregistre l’album “Barretto”, un classique du genre. Sa personnalité, son style de jeu et sa notoriété lui permettent alors de devenir un des piliers de la Fania All Stars avec laquelle il produira et réalisera de nombreux disques devenus des collectors.

Ray Barretto aime jongler avec les styles et revendique son goût pour l’éclectisme musical.

Pour cette édition 2005, entouré par les formidables musiciens de la nouvelle vague portoricaine dont beaucoup ont participé au mémorable concert de 2001 rendant hommage à ses 50 ans de carrière, Ray Barretto nous offre un retour plein d’émotion au cœur même de la “salsa dura” celle qu’il n’a jamais oublié.

Frankie Vazquez, fer de lance de la nouvelle génération est sans aucun doute le sonero qui monte.

Il a également accepté l’invitation à Toros y Salsa et en profitera pour rendre hommage à sa manière aux deux chanteurs charismatiques Adalberto Santiago et Tito Allen.

- Dimanche 11 septembre

19h00 - Los Papines Rumba - Cuba

22h00 - El Septeto Nacional Ignacio Pineiro - Cuba


CONCERTS GRATUITS

Programme 2006 ICI


[1] On se souviendra qu’il a enregistré un album Trancedance avec ce groupe cubain de percussions Los Papines qu’il apprécie beaucoup. Toros y Salsa a eu l’idée de les réunir à nouveau.

  • Message 1
    • par Chabelita, 5 juillet 2005 - > Toros y Salsa à Dax - programme détaillé (...)

      5 juillet 2005 : mise en ligne du programme détaillé du festival Toros y Salsa (raffraichir votre écran si vous ne voyez pas le programme détaillé sur la page d’accueil du site).

      Cette année encore un programme luxueux (concerts toujours gratuits)