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2008 Toros Y Salsa Festival : Encore !

Publié le 1er octobre 2008, par : guayacan

A quelques jours de la quatorzième édition du festival, de noirs nuages s’accumulaient. D’une part on apprenait la défection ni plus ni moins que de l’invité d’honneur, et d’autre part la météo ne laissait guère d’espoirs et promettait un weekend pluvieux. Et pourtant...

Le programme restait alléchant, les invités de Lucho Cueto et son Black Sugar Sextet (José Mangual Jr. et Tito Allen) étaient confirmés, de même que la présence du légendaire Johnny Sedes et du grand timbalero Alfredo Padilla avec les Venezuelan Masters de Gerardo Rosales. A propos de légendes on pouvait ajouter la confirmation du Changüi de Guantanamo et de la plupart des musiciens du groupe qui devait accompagner Justo Betancourt et rendre hommage à Mongo Santamaría.

Les dés étaient ainsi jetés : la météo contre une quarantaine de musiciens tous ultra motivés. La magie de Dax allait-elle opérer ? [1]

Vendredi

- Météo : chaud et lourd dans l’après midi, averses en début de soirée, faibles au début, puis fortes au milieu de la nuit.

Black Sugar Sextet

A 23h la Nuit du Toro ayant un peu débordé, le Black Sugar entamait « La Hija De Lola » avec Tito Allen. Suivaient au chant José Mangual Jr, déjà presque un habitué du festival (voir ici et ) et Gilberto Velazquez, jeune [2] chanteur qui n’avait pas à rougir face à ses ainés.

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Venezuelan Masters

La présentation du Black Sugar était épargnée par la pluie, les Venezuelan Masters n’eurent pas cette chance. Ils ont pu jouer l’ensemble de leur programme et nous donner une idée de la puissance musicale dont ils sont capables, mais ils terminaient leur concert devant un public réduit, une averse plus forte que les autres ayant mis en fuite la grande majorité de l’audience. Cela étant, les deux concerts était excellent, et peu de groupes aurait pu maintenir autant de spectateurs que Gerardo Rosales et ses musiciens ce jour là. Si leur énergie n’a pas chassé la pluie, elle leur a au moins permis de nous régaler pendant presque deux heures !

- Météo 1 - TYS 1

Samedi

- Météo : Averses très régulières, mais assez faibles.

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Changui de Guantanamo
  • Andrés Fisto Cobas : Dirección y bongós
  • José Andres Rodríguez Ramírez : Voz
  • José Antonio Moreau : Voz y maracas
  • Carmelo Irve Suterán : Tres
  • José Olivares Pérez : Marímbula

19h30, à peine le dernier taureau évacué, 5 musiciens cubains, de pas très jeunes, à très voire très très agés, montaient sur scène. Le Changüi de Guantanamo . Grand moment ! Certes le Changüi de Guantanamo a déjà joué en France, il jouait la veille à Paris, il était même déjà venu quelques années plus tôt à Dax... Mais il n’y avait pas de quoi faire la fine bouche. Rares sont les festivals qui unissent la musique traditionnelle cubaine avec la Salsa Dura (newyorkaise, vénézuélienne, portoricaine) et le Latin Jazz. Aux sceptiques devant un tel mélange, un seul remède : allez à Toros Y Salsa ! Voyez les musiciens se mélanger, s’écouter les uns les autres, se respecter... Pendant le concert, Pablo Rosario était dans la foule, il écoutait. Mañengue s’était assis sur un banc à peine plus loin, un verre à la main, tapant les rythmiques il profitait joyeusement de la musique. Durant deux heures ces cinq musiciens, accompagnés d’un couple de danseur, ont enflammé le public dacquois.

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Descarga Chanteurs
de gauche à droite
  • José Mangual
  • José Olivares Perez
  • Gilberto Velazquez
  • Tito Allen
  • Rafael Quintero

Moins d’une heure après, Lucho Cueto et ses invités commençaient leur deuxième concert. Il débutait comme le précédent, mais au fil des chansons plusieurs musiciens étaient invités. Sur la dernière nous avions la première grande descarga du festival avec 5 chanteurs qui se relayaient, dont José Olivares Perez du Changüi de Guantanamo, qui nous a fait une decima sur la descarga salsa mémorable. Rosales y allait de son solo, Andrés Fisto Cobas le bongosero du Changüi aussi... Encore une descarga à Dax, et encore un souvenir impérissable. A peine si nous avions senti quelques goutes pendant le concert.

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Descarga Justo
  • Atton Castillo : Piano
  • Eddie « Guagua » Rivera : Bass
  • José « Mañengue » Hidalgo : Congas, Batterie
  • Pablo "El Indio" Rosario : Voix, Coeurs, Timbales, Percussions
  • Jimmy Rivera : Timbales, Batterie
  • Edgar Rodriguez : Timbales, Congas, percussions
  • Noel Rosado : Chant, Bongo
  • Tito Rivera : Trompette, Buggle
  • Victor Payano : Saxophone
  • Jeremy De Jesus : Flute
  • Mauricio Silva : Trombone
  • Marcial Isturiz : Chant

Juste après le Black Sugar, la « Descarga ??? [3] montait sur scène et enchainait des standards comme autant de prétextes prétextes à des improvisations magiques. Plusieurs des musiciens du groupe étaient déjà venu à Dax entre autre avec Batacumbele : Eddie « Guagua » Rivera, Pablo « El Indio » Rosario ... Soutenu par l’ineffable Mañengue, c’en était incroyable. Nous avions pourtant là un groupe qui avait peu répété, qui jouait pour la première fois ensemble, avec un chanteur vénézuélien (Marcial Isturiz) que les portoricains ne connaissaient pas.

A trois heures du matin, heure légale de fin des concerts, public et musiciens étaient en très grande forme, les au- revoir étaient autant de crève-cœurs.. L’énergie que transmet ce groupe de descarga relève, je le répète de la magie. Du coup, la fête s’est prolongée dans les loges avec les gâteaux pour l’anniversaire de Eddie et Pablo qui fêtaient leur soixante ans.

- Météo 1 - TYS 2

Dimanche

- Météo : éclaircies, puis presque beau à partir du début de soirée.

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Hommage a Mongo Santamaría
  • Atton Castillo : Piano
  • Eddie « Guagua » Rivera : Bass
  • José « Mañengue » Hidalgo : Congas, Batterie
  • Pablo "El Indio" Rosario : Voix, Coeurs, Timbales, Percussions
  • Jimmy Rivera : Timbales, Batterie
  • Edgar Rodriguez : Timbales, Congas, percussions
  • Noel Rosado : Chant, Bongo
  • Tito Rivera : Trompette, Buggle
  • Victor Payano : Saxophone
  • Jeremy De Jesus : Flute

Les mauvais augures qui planaient sur cette XIVème édition semblaient définitivement écartés, le sixième toro était gracié [4]. L’hommage à Mongo Santamaría pouvait commencer. Immédiatement, la magie du dernier concert du samedi était de retour. C’était cette fois les classiques de Mongo qui étaient prétextes à improvisation... Et on en a eu de l’improvisation, on en a eu sur les cinq tumbao souvent joués à trois, on en a eu en de multiples solos, on a même eu un solo Basse - Piano avec Guagua et Atton Castillo, et jusqu’à des solo Basse - Voix témoins de la complicité de Guagua et Pablo Rosario  !!!

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François Charpentier et Maya Roy

A la reprise des concerts, un hommage mérité était rendu à François Charpentier puis Gerardo Rosales se chargeait de conclure cette édition de Toros y Salsa, en lâchant durant deux heures de bataille toute l’énergie que les Venezuelan Masters [5] n’avaient, pour cause de pluie, pas pu exprimer le vendredi. Il invitait Tito Allen et José Mangual Jr. à monter chanter, provoquant encore une descarga ©TYS 2008. !

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Venezuelan Masters
Une descarga avec un peu de monde...

- Météo 1 - TYS 3

Encore...

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Eddie "Guagua " Rivera, Pablo "el Indio" Rosario
(en el fondo, Mañengue)

Quelques autres émotions en vrac :

  • Le lien qui unit Eddie "Guagua" Rivera et Pablo "El Indio" Rosario est touchant. Les deux compères se connaissent depuis leur quatrième année. Ils ne s’étaient pas vus depuis un an. Il est rare d’être témoins d’une telle joie de jouer ensemble, que dis-je, d’un tel bonheur de jouer ensemble et plus simplement d’être réunis.
  • Jeremy De Jesus, flûtiste de dix-huit ans, a mis le feu à la section de cuivres. Il a proprement énergisé (excusez le terme) ses ainés Mauricio Silva, Jimmy Rivera et Victor Payano, lançant des moñas à partir de sa flûte. Il restera comme la révélation de ce festival qu’il a illuminé à chacun de ses solos et ce pour sa première sortie de Porto Rico ! Longue et heureuse carrière à ce jeune musicien qui commence un cursus à la prestigieuse Berklee et qui devra porter cette Salsa Dura que l’on aime dans la jeune génération, lourde charge que de maintenir cette musique.
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Jeremy De Jesus
  • Un véritable complot était préparé pour retenir François Charpentier sur scène après son annonce du dernier concert. Maya Roy le prenait par le bras et plusieurs musiciens étaient chargés de le retenir pour le cas où il tenterait de s’esquiver... Egoïstement, nous avions tous besoin de lui rendre cet hommage public ! Merci François pour ces quatorze premières programmations, pour le temps et les sacrifices bénévoles que tu as consacré au festival.

Encore !

Enfin, après trois jours de concerts et d’émotions, malgré de fraîches températures et une pluie pénible les premiers jours, quand s’arrête la dernière note, quand on dit au revoir, quand on monte dans le train, nous n’avons qu’un mot en tête : encore !


[1] Je parle souvent de Magie au sujet de Toros y Salsa, cela commence par les plateaux qu’arrive à réunir François Charpentier le directeur artistique, avec un budget pour le moins contraint (90 000 € pour le plateau et les voyages, source Descargas Surprises, journal Sud Ouest)

[2] par rapport aux autres, trentenaire par rapport à sexagenaire... Notez que Gilberto Velazquez est l’un des chanteurs de La Excelencia groupe newyorkais dont le directeur est colombien, et qui porte assez bien son nom

[3] les musiciens ont monté une descarga dans les derniers jours quand ils ont appris que Justo Betancourt ne viendrait pas. Ils ont du changer tout le répertoire qui était prévu à l’origine. Messieurs, chapeau !

[4] Le sixième toro était gracié, pour la première fois à Dax : depuis l’inauguration des arènes en 1913 ! Desgarbado (Déguinguandé) de la ganaderia de Victoriano del Rio a été gracié par Miguel Angel Perera.

[5] Je ne m’étend pas sur les Venezuelan Masters car un article complet leur sera prochainement consacré

  • Message 1
    • par Chabelita, 19 décembre 2008 - Toros Y Salsa 2008 : décès Alfredo Padilla

      Nous apprenons ce matin le décès brutal du timbalero vénézuélien Alfredo Padilla.