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2004 Tempo Latino 1

Concerts de Fruko y sus Tesos et Yuri Buenaventura.

Publié le 14 août 2004, par : Chabelita

3ème jour du festival

Impossible de trouver un billet pour entrer dans les arènes pour ceux qui n’avaient pas pré-réservé en ce samedi 31/07/04. Les concerts se jouent à guichet fermé et nombreux sont ceux qui cherchent une place en vain. Cela n’est pas la première fois que cela arrive pour Tempo latino mais c’est une bonne nouvelle pour les organisateurs. Les gens se sont déplacés en masse pour voir Yuri. L’embarquement pour la Colombie débute avec Fruko y sus Tesos. Ernesto « Fruko » Estrada nous a servi un répertoire issu des Latin Brothers, des classiques comme « Bilongo », « Como te la canto yo », « El preso » qui sera même joué deux fois grâce au bis réclamé par le public. Une cumbia a permis à Fruko d’échanger pour quelques minutes son clavier contre les timbales. Clavier qu’il utilise peu au profit du güiro et de la direction de l’orchestre. Après 34 ans de carrière, le groupe est irréprochable, même si ses figures mythiques : Joe Arroyo, Wilson Manyoma et Piper « Pimienta » Diaz n’en font plus partie.

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Fruko y sus Tesos
Photo © Chabelita. Tempo Latino 2004.

Une bonne introduction en matière avant la prestation attendue de Yuri Buenaventura. A l’image d’Oscar d’Léon, il y a deux ans au même endroit, il fait son entrée du fond des arènes ce qui l’oblige à fendre la foule (très dense ce soir là) en chantant Viva Colombia sur l’air de Bemba Colora pour rejoindre la scène. Le concert est filmé pour une diffusion ultérieure sur Mezzo : une montgolfière survole l’arène pour des prises de vue d’ensemble.
Yuri est en forme, très heureux d’être à Vic-Fezensac sous un soleil magnifique et des températures caniculaires. Déjà venu 3 fois à Tempo Latino (notamment en 1994 avec Mambomania pour la naissance du festival), il a souhaité être présent plusieurs jours cette année où il a l’honneur de figurer pour la 1ère fois en tête d’affiche. Intronisé vendredi soir au sein de la compagnie de Mousquetaires de l’Armagnac, on pouvait le rencontrer arpentant les ruelles de Vic pendant la journée, chantonnant quelques couplets à ses amis. Il a aussi accordé aux journalistes, une interview fleuve, aux côté de Maya Roy (notre photo) [1].

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Maya Roy et Yuri Buenaventura
Tempo Latino 2004. Photo © Chabelita.

Ce jour là il a vécu le rêve de monter sur scène avec le légendaire Cachao pour quelques improvisations à la gloire de l’inventeur du « mambo ». Mais les moments passés auprès des enfants inscrits au stage de percussion auront été tout aussi émouvants pour lui.
Dans les arènes, il s’inquiète d’emblée du trop grand nombre de places vendues et du manque de visibilité pour certains spectateurs assis sur les côtés de la scène. Après s’être excusé auprès d’eux il débute par une salsa consciente en mémoire de Patrice Lumumba.

« J’ai l’ambition de faire une musique qui fasse à la fois danser et réfléchir. Une musique qui laisse des traces. »

L’occasion pour le grand public de découvrir que Yuri ne se cantonne pas aux reprises mais qu’il écrit ses propres textes. Il quitte l’émotion pour un registre plus festif avec « Mala Vida » de la Mano Negra. Avant de dédier sa chanson « Aniversario » à son ami animateur de radio qui demande sa petite amie en mariage. Les succès s’enchaînent : « Guajiro del Monte », « Belle Histoire », « Afro-tango », « Donde Estas », « Neruda », « Mi america », on reprend les refrains « esta quemando la caña », « ven a ver el son de los primeros, ven a ver el son del pescador », « Romper la cadena », « Salsa », « Colombia tierra querida », « Herencia africana », « Ne me quitte pas ». Les pauses lui permettent d’adresser bien des messages au public : « La salsa c’est un partage ». « Pas besoin de savoir danser pour en profiter ». « Quand on marche, c’est qu’on sait danser » et le voilà en train de donner à tous les spectateurs une leçon pour bouger le corps au rythme de la clave. Il s’inquiète aussi de la dérive consumériste de la salsa : « prenez la salsa comme une femme à aimer, pas une prostituée ».
Yuri a tout donné dans ce concert réglé au millimètre, riche en chorégraphies, en émotion, et en passion, un bouquet final qui vient mettre un terme à une tournée de deux mois. Le public ravi, l’a longuement acclamé, avant de s’en aller danser dans les autres sites vicois : la Conga, le bar des arènes, la bodega, la casa Maria,..

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Scène des arènes de Vic-Fezensac.
Photo © Chabelita. Tempo Latino 2004.
L’orchestre de Yuri Buenaventura (chant) 2004

  • Basse : Julio Cesar Valdes Maldonado
  • Percussions : Fernando Valencia Montano, Ferney Mosquera, Denilson Ibarguen Reyes
  • Chœurs : Luis Marino Caicedo Alegria, Astolfo Jimison Alegria Montenegro
  • Piano : Andres alfonso Gomez Arango
  • Trompette : Jose Javier Aponza Torres, Francis Emeris Garces Salazar
  • Trombone : Jesus Edilberto Lievano Poveda, Andres Andrade Cifuentes
  • Saxophone : Luis Gabriel Blanco Alvarado
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Les arènes avant les festivités.
Photo © Chabelita. Tempo Latino 2004.

[1] Maya surnommée La Sandunguera -elle animait l’émission radio "Sandunga"- était cette année la marraine de Tempo Latino.