Syndiquer tout le site

Article

Sur la piste de la Ocho Y Media

Une véritable interview virtuelle !

Publié le 1er avril 2006, par : guayacan

Au départ la Ocho ressemble à un groupe classique. Si vous allez à un de leurs concerts, vous y verrez une scène, des musiciens, des instruments, du classique quoi. Mais dès que le concert commence, le classicisme s’éloigne : vous avez souvent vu des concerts de salsa avec pour chanteurs une Princesse accompagnée d’un Canari sauteur ?

A groupe à part, interview particulière. En l’occurrence, pour tenter de cerner le phénomène Ocho y Media, Buscasalsa a posé une série de questions par mail aux membres du groupe. Presque tous ont répondu, et ce qui devait arriver arriva : il y a souvent plus de réponses aux questions que de personnes interrogées...

JPEG - 47.2 ko
la lévitation du Canari sauteur

Ce qui suit est une tentative de consolidation des réponses, avec pour objectif de cerner un peu mieux ce groupe.

D’où vient la Ocho y Media

A cette question il y aurait presque une réponse unanime : il semble donc acquis qu’aux origines de la Ocho il y ait un Atelier de l’école ARPEJ. Cet atelier était dirigé par Laurent Erdös fondateur des ateliers Salsa de l’école [1]. Par la suite, mu par une volonté propre, cet atelier aurait pris son indépendance et serait devenu la Ocho. Le groupe a surtout évolué à ses début, le collectif étant aujourd’hui relativement stable autour de treize énergumènes, parmi les fondateurs, trois sont toujours dans le groupe : un Tigre, un Yéti et une Princesse à la Voix d’Ange.

Mais une autre hypothèse ne peut être écartée, d’autant qu’elle nous est livrée par la Princesse "La Voz" elle même :

Nous nous sommes échappés d’un asile spécialisé dans les troubles psychiatriques liés au temps : des retardatairopathes, des ponctuellopathes, des charrettopathes, des speedopathes, ... il y en a même qui cumulent plusieurs pathologies ... bref, tous différents mais tous chronopathes quoi !!! Et pour ne pas péter les plombs, une fois dehors, on a continué à appliquer ce qu’on employait aux ateliers de l’asile pour nous calmer, à savoir la méthode du professeur Sigmund Erdös (ref : "cinq leçons sur la salsanalyse", "méthode salsanatytique", "le moi et la salsa", "le fétichisme du salsero", etc ...)

JPEG - 17.5 ko
La Gran Fuga des membres de la Ocho
la source se trouve ici

Suivant cette hypothèse, les patients étaient tellement fondus de salsa qu’ils auraient commencé à relever des partitions et à répéter en dehors des horaires d’atelier. Les larrons auraient sauté sur la moindre occasion d’exposer leur folie aux oreilles d’un public, et petit à petit le groupe se serait ainsi constitué.

Pourquoi Ocho y Media et pas Siete Menos Cuarto ou Once Y Diez ? [2]

Les explications de cette question aussi lancinante que primordiale convergent vers l’horaire de l’atelier d’ARPEJ. L’hypothèse avancée par notre princesse confirme cette piste :

À l’asile nos ateliers de salsathérapie se déroulaient à huit heure et demie, là-bas ils disaient à la "Ocho Y Media", et si jamais on arrivait à Siete Menos Cuarto ou Once Y Diez, nous étions sûrs d’avoir droit aux électrochocs ! ou pire : écouter du Sardou interprété par la Staracadémie en boucle !!!

Comme nous avons tous été traumatisés par ces punitions inhumaines et barbares [3] en particulier de la deuxième, nous avons baptisé notre bande de fuyards la "Ocho y Media", ça nous calme et ça nous rassure ...

C’est quoi la Ocho y Media ?

JPEG - 21 ko
Les cuivres aux Etoiles

Tout ce que l’on sait de sûr au sujet de cet OSNI [4] c’est qu’il s’agit d’un collectif composé de treize personnes : onze musiciens plus un ingénieur du son et une éclairagiste. Nous vous livrons quelques unes des auto-définitions avancées pour définir l’OSNI :
- une thérapie de groupe
- une troupe en troupeau pour le trip
- un collectif de joyeux lurons
- une histoire de fous
- le grand cirque de la salsa (avec sa ménagerie, ses monstres, et son côté familial...)
- Treize énergumènes prétextant faire de la musique pour se retrouver et partir festoyer là où le vent les emmène. Equipage improbable de gens de tous horizons qui cherchent à embarquer un maximum de monde sur le bateau(...)

Sur sa construction, nous disposons de quelques informations supplémentaires : La Ocho s’est faite petit à petit : elle s’est d’abord constitué en groupe, puis, au fur et à mesure des partants et des nouveaux arrivants ce groupe s’est structuré en collectif dont les maîtres mots sont "Autogestion, décisions en groupe et fiesta quant il le faut". Une première composition festive a été proposée par le Canari pour tenter d’expliquer ce que ça fait de faire partie de cette histoire : Ser Ochosero [5]. A ce sujet, il faudra bientôt disposer d’un dictionnaire pour préciser le vocabulaire ochoseresque : un membre de la Ocho est un Ochosero, une membre de la Ocho une Ochosera [6]. Le Blog du groupe est un Ochoblog, le site un Ochosite, on parle d’Ochodates pour les concerts...

Sur la méthode par contre, le secret est bien gardé. Impossible de mettre la main sur la potion. Nous pouvons tout juste supposer que divers membres du collectifs travaillent ensemble à réunir tout un tas d’ingrédients bien particuliers. Quand ils en ont assez, les ochoseros se retirent du monde, trouvent un studio d’enregistrement si possible à la campagne et loin, et n’en ressortent qu’avec un nouveau disque.

Influences musicales

Ce qui saute aux oreilles à l’écoute des disques de la Ocho c’est une influence salsa plutôt new-yorquaise, matinée de ragga et de ska.

Cela étant, l’univers sonore des ochoseros est très large, pour vous citer quelques exemples (en vrac et dans le désordre) :
- hors salsa : György Ligeti, Black Sabbath, Los de Abajo, Pantheon Rococo, Macaco, Cheb Balowski, Bach, Mingus, Bob Marley, Thelonious Monk, Ennio Morricone, Joe Jackson, Clash, Ian Dury, Selecter...
- Afro carribéen : Ibrahim Ferrer, Omar Sosa, Jesus Alemany, Cachaito, Barretto, Pacheco, Palmieri, Bosch, Colon, D’Leon, Lavoe...

Et pour notre Princesse :

El rey de la puntualidad est le morceau qui m’était particulièrement administré, à l’hopital, car je suis retardatairopathe (mon ami le Yéti en prend aussi, mais il oublie très souvent son médicament, ne dites pas que je vous l’ai dit, il est très susceptible quand on lui parle de sa maladie, et un Yéti en colère ça tape fort sur les pianos et après on en perd le ré...)

En ce qui me concerne, j’ai déjà tout dit au psy de l’hopital, mes influences musicales, ça va des Sex Pistols à Celia Cruz, en passant par le jazz, le lyrique, les musiques afro-latines ... pour la salsa c’est surtout la salsa new yorkaise qui me rend marteau et zinzin.

JPEG - 20.1 ko
La OyM : un groupe venu d’ailleurs

Ochochansons préférées

A cette question nous avons eu en gros trois réponses, les deux premières nomment des chansons :
- Les Yescarga 1,2 et 3 car ce sont les seuls morceaux où je comprends les textes
- A La Hora ! parce que c’est de la salsa !

La troisième est la plus partagée au sein des ochoseros : leur préférence oscille entre la dernière composition, celle qui est tout juste au point et... la prochaine compo !

meileur souvenir d’ochoconcert ?

La somme des réponses que nous avons reçu à cette question se trouve ici il s’agit en gros de la liste des concerts du groupe. Cela étant, parmi les réponses les plus régulièrement cités sont le concert de Vic Fezensac (Tempo Latino 2005) mais aussi La Noche 2003 à Lille ou encore les concerts de la Flèche D’Or.

Où va la Ocho ?

Nous ne résistons pas à l’envie de citer encore une fois la Princesse :

Il y a peu, nous avons découvert que notre maladie était contagieuse, elle se propage, entre autres, par voie auditive, et nous avons déjà fait beaucoup de dégâts ... Il paraît que notre folie est même arrivée en Colombie [7] !!! c’est un vrai cauchemar !!!

Nous avons décidé de réparer nos dégâts et soigner tous les gens contaminés par la chronopathie par une méthode nouvelle issue des théories de la salsathérapie de S. E. Nous avons découvert qu’en y ajoutant des molécules d’autres styles musicaux, les résultats étaient très positifs !!! Les patients, sourient, rient, prennent le temps de se poser, de danser, de boire un ou des coups, il y en a même qui se roulent des pelles pendant nos concerts !!!! ça va faire des petits ochoseros !! (ah bon ? ce n’est pas comme ça qu’on fait les bébés ?!!!)

De fait, la Ocho promet d’aller loin. Le groupe ne s’est jamais fixé d’objectif puisqu’au départ il s’agissait juste de répéter. Il s’est donc construit pas à pas, a attendu patiemment qu’arrive son heure pour sortir le premier disque Llego La Hora et aujourd’hui il Sigue !!! (continue) son chemin, toujours un peu plus à la recherche de son son, de sa musique. Comme le dit un Ochosero :

Jusqu’où on ira ? aucune idée non plus, on a déjà joué dans des bateaux, dans la neige à 2000m, dans un hosto, dans des squats, dans un club house anglais sous le portrait de la reine, déguisés en fées, presque à poil, etc... Mais il nous reste à jouer dans une prison, dans un train, dans un avion, dans un abri antiatomique, au Pic du Midi, en Patagonie devant un public de pingouins, etc..

Il est clair qu’ils seront difficiles à arrêter.


[1] Laurent Erdös a par la suite quitté ARPEJ pour fonder Abanico voir ici une description très succinte de ces deux écoles.

[2] Pourquoi huit (heures) et demi et pas sept heures moins le quart ou onze heures dix ?

[3] nous mettons cet aparté en note (NDE) : à part un à qui ça a provoqué des effets secondaires indésirables, qui a poussé le vice de sa folie, lors d’une première escapade, à aller accompagner la starac’ avec son instrument, mais je ne vous dis pas qui ... car maintenant qu’il est guéri, il n’aime pas du tout qu’on parle de cet épisode, il peut se mettre très en colère... et un tromboniste en colère ça fait du bruit !!!

[4] Objet Salsesque Non Identifié

[5] que vous trouverez sur le premier et nécessaire album Llego la hora !

[6] quoi qu’on nous signale aussi l’utilisation du terme "Ochoserette"(NDE)

[7] Véridique, voir ici et (NDE)