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Soy Todo, Los Van Van

Album "Ay Dios, Ampárame", CARIBE PRODUCTIONS, 1995

Publié le 12 avril 2004, par : pbouge

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Cette chanson naît dans un contexte où le tourisme a remplacé le financement apporté par l’Union Soviétique, où l’argent et les trafics inquiètent : les petites combines ne vont-elles pas menacer les valeurs traditionnelles comme l’honnêteté ou la solidarité ?

Elle prend le contre-pied de cette période en prônant les valeurs religieuses de la Santéria, les racines et la culture. C’est une invocation aux dieux ancestraux de la religion Yoruba en particulier Orula devin et gardien de la connaissance.

Chanson tirée du poème homonyme de Eloy Machado "El Ambia"

Original Traduction
Yo soy el poeta de la Rumba
Soy danzón, el eco de mi tambor
Soy la misión de mi raíz, la historia de mi solar
Soy la vida que se va, ay, que se va
Je suis le poète de la Rumba
Je suis danzón, l’écho de mon tambour
Je suis la mission des mes racines, l’histoire de mon îlot [1]
Je suis la vie qui s’éloigne, qui s’éloigne
Soy los colores, del mazo de collares
Para que mi raíz no muera, yo soy ají
Yo soy picante
Je suis les couleurs, de l’ensemble des colliers
Pour que mes racines ne meurent jamais, je suis piment
Je suis épice
Soy el paso de Changó
Y el paso de Obatalá
La risa de Yemayá
La valentía de Oggún
La bola o el trompo de Eleggua
Yo soy Obbá, soy Siré, Siré
Soy Abériñan y Aberisú,
Soy la razón del crucigrama
El hombre que le dió la luz
A Obedí el cazador de la duda
Soy la mano de la verdad
Je suis le pas de Changó [2]
Je suis le pas de Obatalá [3]
Je suis le rire de Yemayá [4]
La vaillance de Oggún [5]
La balle ou la toupie de Eleggua [6]
Je suis Obbá, je suis Siré, Siré
Je suis Abériñan [7] et Aberisú
Je suis la solution des mots croisés
L’homme qui l’a fait naître
A Obedí le chasseur du doute
Je suis la main de la vérité
Coro :
Soy Arere
Soy conciencia
Soy Orula
Choeurs
Je suis Arere
Je suis conscience
Je suis Orula [8]
Soneos :
Mira ha llegado la hora
Que analices bien tu ley
Tú dices que eres el rey
Ven enséñame la corona
Soneos :
Ecoute, il est venu le temps
De bien analyser ta loi
Tu dis que tu es le roi
Viens, montre moi la couronne
A través de mis canciones
Siempre digo la verdad
Soy el paso de Elegguá
Por eso tengo fortuna
A travers mes chansons
Je dis toujours la vérité
Je suis le pas de Elegguá
C’est pourquoi j’ai la bonne fortune
Y soy de la Timbalaye
El tremendo Guaguancó
Orula no se equivoca
Je suis de la Timbalaye
Un terrible Guaguancó
Orula ne se trompe pas
Soy los tambores batá
Soy la clave, soy el quinto, y el pregón
Yo soy Van Van,
Yo soy Cuba
Je suis les tambours batá
Je suis la clave, je suis le quinto et le crieur
Je suis Van Van
Je suis Cuba
Y tengo un amigo Santero
Y otro que es en Abakuá
Son más hombres, más amigos
Que muchos que no son ná
J’ai un ami santero [9]
Et un autre qui est abakua
Ils sont meilleurs hommes et meilleurs amis
que beaucoup d’autres qui ne le sont pas [10]
Y si tú tienes problema,
Porque tú no vas directo corriendo
A ver a Orula,
Sé valiente y cuéntaselo
Cuéntaselo todo A Orula
Et si tu as des problèmes
Pourquoi ne pas courir directement
Chez Orula
Soit brave et raconte lui
Raconte tout à Orula
Coro 2 :
Eh eh eh, Orula que
Orusale ampárame,
Ampárame
que si mañana yo me muero
En el cielo siempre te seguiré
Coro 2 :
Eh eh eh, Orula que
Orusale, protège moi
Protège moi
Que si je meure demain
Au ciel toujours je te suivrai
Y en el día de tu santa
No te prometo una ceremonia bonita
Con tanta lujo y caché
No, no hace falta
Et le jour de ta mort
Je ne te promet pas une belle cérémonie
Avec beaucoup de luxe et d’élégance
Non, c’est pas la peine
Mira, tal vez
Solo te prenda dos vela
Para todos los cubanos santeros
Te pediré
Ecoute, cette fois
J’allumerai seulement deux bougies pour toi
Pour tous les cubains santeros
je te supplierai
Porque tu tienes la llave
Tu tablero todo lo sabe
Por favor, ayúdame
Car tu possède la clef
Ta table tu la sais en entier
S’il te plaît, aide moi
Coro 3 : Eh eh eh, Orula que Coro 3 : Aie pitié de moi
Tu dominas en la tierra
Tu dominas en el cielo
Tu règnes sur la terre
Tu règnes sur le ciel
Orula yo lo que quiero es que tu me des la licencia
Para cantar como es
Y todo lo que me pidas
Yo te juro que le haré
Orula, tout ce que je veux c’est que tu me donne la permission
De chanter il se doit
Et tout ce que tu me demanderas
Je te le jure je le ferai
Dame Tú la bendición mi Orula
Arráncame el corazón
Donne-moi ta bénédiction mon Orula
Arrache mon cœur
Te prometo que la esencia del Yoruba yo
Siempre la defenderé
¡Ampárame, protégeme, ayúdame !
Je promets que l’essence Yoruba je
la défendrai toujours
Protège moi, défend moi, aide moi
Coro : Ay Dios, ampárame... Chœur : protège moi...

[1] je ne suis pas sur de la traduction, j’avais envie initialement de dire " l’histoire de mon sol", mais je crois qu’il y a une idée de quartier, les conseils seront les bienvenus

[2] Changó : Orisha yoruba/lucumi, roi, il est querelleur, il aime les femmes, et est capable de prédire l’avenir et contrôle le feu et la foudre. Sa couleur est le rouge. Son équivalent catholique est Sainte Barbe.

[3] Obatalá : Orisha yoruba/lucumi, représente à la fois le père et la mère de tous les saints. Parmi ses nombreuses manifestations il y a Allaguá, Obbalufon, Abbanlá, Obbanlá ou Yécu-Yécu qui sont des Obatalá féminin... Ses équivalents catholiques sont le Dieu Suprême, Jésus ...

[4] Yemayá : Orisha yoruba/lucumi, déesse de la mer. Elle ne s’est jamais marié mais a élevé tous les enfants d’Ochún, sa sœur. C’est pourquoi tous les enfants d’Ochún sont appelés aussi enfants de Yemayá. Elle est placé très haut dans le panthéon des Orishas.

[5] Oggún : Orisha yoruba/lucumi, dieu de la guerre et maître du fer. Ses équivalents catholiques sont Saint Pierre, Saint Jean Baptiste, Saint Paul...

[6] Eleggua : Orisha yoruba/lucumi, gardien des portes et des croisements. C’est le même Orisha qu’Eshú et a 21 manisfestations. Ses équivalents catholiques sont Saint Antoine de Padoue, l’enfant Jesus...

[7] Abériñan : Dignitaire akabuá et Aberisú Dignitaire akabuá chargé de sacrifices.

[8] Orula : Orisha yoruba/lucumi, devin, connu aussi sous le nom d’Ifá.

[9] Pour découvrir la santéria, un excellent livre publié récemment en français et qui est considéré comme la référence, "El Monte, La forêt et les Dieux" de Lydia Cabrera

[10] ou "que beaucoup qui ne sont rien".

  • Message 4
    • par dj_pepeluis, 23 avril 2006 - Soy Todo, Los Van Van

      Super boulot.. petite precision."que muchos que no son na" se traduirait mieux par .que beaucoup qui ne sont rien...."na" etant la contraction de "nada" (rien) besos chabelita

      pepeluis.

  • Message 3
  • Message 2
    • par , 27 mai 2004 - > Soy Todo, Los Van Van

      bravo, super le boulot ! Pour solar, je suggère : la lignée. Dans le dico, l’une des acceptions est celle-ci, maison,lignée.

      Bises Sabine

  • Message 1
    • par jack_el_oso, 14 avril 2004 - > Soy Todo, Los Van Van

      Alors là, je n’aurai qu’un mot : bravo Pbouge ! Un texte aussi truffé de références religieuses et culturelles que celui-là, il fallait une sacrée dose de recherche et de patience pour s’y coller...

      - J