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A l’occasion du concert du 1er novembre 2002 au Bataclan

Roberto Torres

Publié le 4 décembre 2002, par : jsalsero

Roberto Torres est encore un de ces pans d’histoire de la musique cubaine dont il peut être utile de rappeler ici l’importance. Il est passé par de nombreux orchestres légendaires, et a lui-même, sous son propre nom et son propre label discographique, accumulé les succès, notamment son incontournable version de Caballo Viejo.

Né le 10 février 1940 à Güines, Cuba, Roberto est encore un de ces chanteurs précoces qui commence à chanter de façon un tant soit peu professionnelle dès 15 ans. Passé par des orchestres locaux comme le Conjunto Universal De Malena Del Sur ou l’Orquesta Swing Casino, il finit par émigrer aux Etats-Unis.

C’est là-bas qu’il écrira une page importante de l’histoire de la musique afro-cubaine en montant, en 1962, avec le flûtiste virtuose Eddy Zervigon (que nous avons eu le plaisir d’écouter avec Eddie Palmieri lors du dernier Festival Latina), La Orquesta Broadway, un orchestre de charanga (orchestre comprenant une section de violons) "à l’américaine", avant de chanter avec José Fajardo (autre flûtiste légendaire) et La Sonora Matancera (rien que ça !).

En 1979, il fondera avec deux autres producteurs le label SAR, qui sera à l’origine du renouveau de la musique cubaine traditionnelle aux Etats-Unis, et qui rouvrira le chemin des ventes de disques de musique latine vers l’Afrique et les Antilles françaises. Enregistrant de nombreux artistes au son plus "traditionnel" que la majorité des artistes produits à l’époque, tel Henry Fiol, le label SAR sortira notamment 13 albums de Roberto Torres jusqu’au début des années 90.

Avec La Charanga Vallenata, il introduit dans sa musique le vallenato, rythme folklorique colombien qui utilise l’accordéon, créant un style qui lui est propre, fait de longs morceaux permettant aux instrumentistes de s’exprimer plus librement. Il sortira également un disque de boléros, la chanson mélancolique et sentimentale latino-américaine.

Tout ça pour dire que Roberto Torres est un artiste qui vaut le déplacement, avec une conception très personnelle de la musique cubaine, qui respecte la tradition et cherche à la dépasser. La tenue et la cohérence des enregistrements de son label SAR témoignent de sa sincérité, et constituent, bien au-delà d’un créneau musical et commercial qu’il a décidé d’occuper, quitte à en être l’unique représentant, la conviction de toute une vie chez ce chanteur à la voix chaude et puissante.

Particulièrement rare sous nos latitudes, Roberto Torres mérite largement votre intérêt et l’achat d’un billet.