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2006 Toros y Salsa Festival / Retour sur les concerts

Publié le 1er décembre 2006, par : guayacan

Comme vous pouvez le constater, cette année, c’est avec un peu de recul que je reviens sur le dernier Festival Toros y Salsa. Impossible de coucher sur le clavier trop vite les impressions et les sensations de ces quelques jours, il me fallait les savourer !

Et donc, commençons par un retour en arrière. Souvenons-nous de septembre 2004 (voir ici, et ) et du choc Batacumbele, souvenons-nous de septembre 2005 (voir ici et ) et de l’émotion des rencontres Ray Barretto - Los Papines, mais aussi Ray Barretto - Septeto Nacional.

Force est de constater qu’à l’annonce du programme 2006, riche des souvenirs des éditions précédentes l’enthousiasme de certains s’était un peu émoussé. Un coup d’œil un peu rapide à la programmation donnait : moins de concerts que les années précédentes et hommages et curiosités plutôt que des légendes de poids [1]. Qui leur jetterait la pierre ? Certainement pas moi, à peine revenu (sur terre) après le concert de Bobby Valentin à Vic, c’est principalement pour l’ambiance que j’allais à Dax. Camaraderie, proximité avec les artistes, fin d’été, quelques derniers concerts en plein air ne se refusent pas, d’autant que je fais partie de ceux qui font confiance à François Charpentier, l’indispensable directeur artistique du festival, pour sa programmation.

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Yomira avec CKS
Composition du groupe :
  • Philippe Slominski, Trompette 1
  • Manuel Romero, Trompette 2
  • Michael Joussin, Trombone
  • Renzo Cuba, Piano
  • Felix Toca, Basse
  • Jorge Posada, Timbal
  • Atilio Cardenas, Bongo
  • Jesus "Tantana" Flores, Conga
  • Cantantes : Yomira John, Martin Fuenmayor, Mario San Juan, Rafael Mejias

Vendredi

Dès la fin de l’après midi, les doutes sur la météo s’estompaient, contrairement à l’édition 2005, les cieux étaient avec Dax en ce deuxième week-end de septembre. La soirée commençait par CKS La Banda, les « locaux » de l’étape : « quoi, encore CKS, pourtant ils étaient déjà là l’an dernier... ». Et pourtant... Dès les premières notes il était clair qu’une fois de plus les spectateurs de Dax auraient leur comptant de surprises et d’émotion. CKS lançait le festival avec une série de reprises de Salsa Dura parfaitement exécutées, entre autres Azucar a Granel (Azuquita), Palo Pa’Rumba (Palmieri) ou encore Con La Punta Del Pie qui nous renvoyait de plein pied (c’est le cas de le dire) chez Cortijo, fil conducteur, pilier de cette édition.

La première heureuse surprise fut, pour ceux qui ne la connaissaient pas, Yomira John. Elle succédait au chant leader du groupe à Carlos Kutimba Esposito. Chanteuse panaméenne résidant en France, elle a enchanté Dax par sa voix, son énergie communicative, et sa générosité.

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CKS

Après CKS, c’est un morceau du patrimoine cubain qui montait sur scène. Là encore, c’est une tradition que Toros Y Salsa perpétue année après année, non content de nous faire découvrir des légendes de la Salsa des aventuriers du Latin Jazz ou des extra-terrestres de la musique traditionnelle caribéenne, François prend la peine de faire venir de ces orchestres cubains aussi importants qu’intemporels ! Ainsi la Charanga Estrellas Cubanas succédait à Los Papines, au Septeto Nacional Ignacio Piñeiro et au Septeto Santiaguero. Et la première nuit du festival s’achevait sur cette sorte de sérénité dansante typique de la musique cubaine traditionnelle.

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Charanga Estrellas Cubanas
Composition :
  • Santiago Linares, Violon
  • Ricardo Cortés, Violon, directeur
  • Wenseslao Rodriguez del Campo, Violon
  • Arsel Depestre Larosa, Violon
  • Ernesto Oviedo Laportilla, Chant
  • Antonio Luis Morales, Chant
  • Marcos Antonio Duany Jorrín, Piano
  • Carlos Godínez, Guïro
  • Senén Arrascaeta, Timbale
  • Pedro Mario Cruz Trevejo, Basse
  • Inocente Perdomo, Conga
  • Sergio Sarmento Echevarria, Flute

Samedi

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Deddie Romero, Luis "Perico" Ortiz

Le samedi est toujours la soirée phare du festival. Cette année, il s’agissait d’une grande soirée portoricaine mêlant Latin Jazz, Bomba, Plena et Salsa. Au programme : Deddie Romero et le projet Bohemia Acustica, Truco Y Zaperoko, puis Fe Cortijo et Ismael Rivera Jr.

Nouvelle surprise, très peu avant le début du festival nous apprenions le forfait du trompettiste Charlie Sepulveda qui semblait avoir pris un abonnement pour Toros Y Salsa. Son « remplaçant », mais comment employer ce mot quand on sait de qui il s’agit... bref, en lieu et place de Charlie, ce n’est ni plus ni moins que Luis « Perico » Ortiz qui venait nous régaler de son inimitable son.

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Bohemia Acustica
Composition du groupe :
  • Gabriel Rodriguez, Basse
  • Norberto Ortiz, Sax
  • Gadwin Vargas, Congas
  • Natanael Molina, Piano
  • Raul Maldonado, Batterie
  • Luis « Perico » Ortiz,Trompette
  • Deddie Romero, Vocaliste
  • Candido Reyes, Guïro

Suivait un groupe qui n’avait encore jamais joué en Europe : Truco y Zaperoko. Quinze musiciens sur scène avec une envie de jouer que je n’avais que rarement vu. Un bonheur, une envie, une fraîcheur que l’on ne trouve pour ainsi dire jamais chez les groupes professionnels, et seulement très exceptionnellement chez certains groupes amateurs ou semi pro. Bonheur partagé par un public nombreux, voire très nombreux, plus nombreux encore que pour Barretto l’année précédente. Personne n’en revenait... les musiciens d’avoir un tel public, et le public qui partageait, dansait, vibrait avec ce groupe jouant une musique totalement originale et inconnue en France. De joie les musiciens se lancèrent dans une parranda improvisée, traversant la foule derrière leurs quatre panderetas (tambours de pléna) et faisant un tour complet de scène.

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Truco y Zaperoko

Un trop court moment, sans rappels car le timing était serré, et Fé Cortijo apparaissait sur scène. Un petit bout de femme qui reprend la musique à l’heure de sa prochaine retraite, elle aussi nous offrit une belle émotion. Juste après venait Ismaelito et le show de celui qui chante comme son père mais pas pareil...

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Maya Roy, Ismael Rivera Jr.
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Fé Cortijo

La soirée se continuait par la traditionnelle descarga dacquoise, avec l’ensemble des groupes qui participaient au festival, et (entre autre) une prestation remarquée de Yomira, un superbe duo dans les chœurs entre Deddie et Fé et de non moins superbes solos notamment dans les cuivres... Enfin, conclusion de ce grand moment, Maya Roy remettait au nom du festival un diplôme souvenir à Fé et Ismaelito. Je me souviendrai longtemps de l’émotion de Fé recevant son diplôme.

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Descarga finale

Dimanche

Dimanche, dernier jour. Le temps n’avait cessé de s’améliorer : un vendredi suspect, un samedi ensoleillé, et un superbe temps le dimanche. Dans l’après midi aux arènes Castella coupait deux oreilles, l’exceptionnel était toujours à Dax.

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Piano chant et timbale de la charanga
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Truco y Zaperoko
  • Edwin Feliciano, Trombone - Leader - Choeurs
  • Juan Ricardo Martinez, Chant
  • Luis Cruz, Chant
  • Alfredito Rodriguez, Congas
  • Tito De Gracia, Timbales
  • José Pizarro, Trompette
  • Carlos Rodriguez, Basse
  • Antonio « Toñito » Vazquez, Trombone
  • Ray Maysonet, Percussion, choeurs
  • José Maysonet, Percussion, choeurs
  • Henry Valentin, Percussion
  • Miguel Maysonet, Bongos
  • Héctor Valentin Matos, co-leader
  • Enrique Trinidad, Flute
  • José « Jochy » Rodríguez, Trompette, Lead
  • Erik Rosado, Piano

Dimanche donc, qu’espérer de plus après deux soirées comme celles-ci, avec deux groupes qui rejouaient pour la seconde fois : la Charanga et Truco y Zaperoko. Peut-être tout simplement la même chose que les années précédentes, que la magie se prolonge. Comme en 2004 avec un second concert mémorable de Batacumbele, comme en 2005 avec cette improbable rencontre entre Barretto et « el matador » le bongosero du Septeto Nacional, durant laquelle Barretto avait rajeunit d’au moins cinquante ans. Et bien cette magie, c’est presque sans surprise que l’un des plus grands prestidigitateurs de notre époque l’avait préparée : François Charpentier ! Le tour du dimanche était à la hauteur de ceux du samedi !

Chaud bouillant, Truco Y Zaperoko succédait sur la scène à la Charanga avec la même envie que le samedi, la même joie, la même générosité. Ils étaient de plus moins stressés que le samedi puisqu’ils avaient déjà conquis la foule. Cela donna un somptueux concert terminé par je ne sais combien de rappels...

Conclusion

Je ne sais pas ce que vous avez prévu pour le deuxième week-end de septembre 2007, mais personnellement, j’ai déjà coché la case « indisponible du vendredi au lundi » sur mon agenda. Chaque année, Toros Y Salsa se renouvelle complètement pour nous réserver toujours autant d’excellentes surprises et nous emplir d’émotions et de souvenirs avant d’entamer une nouvelle année de boulot. Cette dernière édition était un festival non pas de salsa mais de musique, ou plus précisément, pour reprendre les mots de François : « un festival de musiciens ». Ce n’est plus un secret, les rencontres et événements que l’on vit à Dax ne doivent pas grand-chose au hasard, je ne vous livrerais certes pas la recette, mais vous pouvez vous faire une idée des ingrédients : une programmation exigeante, une région accueillante et un festival conçu avant tout pour les musiciens.

A l’an prochain !


[1] Pour plus de détails sur le programme 2006 et sur chacun des groupes présents cette année, je vous renvoi à notre description du programme complet