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2005 Ray Barretto à Montreux

16 juillet 2005

Publié le 1er septembre 2005, par : Chabelita

Le concert à l’Elysée-Montmartre (Paris) de l’orchestre Salsa de Ray Barretto le 22 octobre 2004 avait été un tel moment de bonheur, qu’un petit week-end à Montreux (Suisse) s’imposait pour revoir ces musiciens exceptionnels, trop rares chez nous.

Et ça valait le déplacement !

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Montreux
©Chabelita

Le casino Barrière de Montreux a fait le plein en ce 16 juillet 2005. La salle de concert sise deux étages au-dessus des machines à sous est pleine à craquer pour accueillir "las manos duras" et ses 10 musiciens.

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Ray Barretto
©Chabelita

Le légendaire et immense (au sens propre comme au figuré) conguero donne immédiatement l’ordre de départ de la machine à sons : "One, two...one, two, three". Les cuivres commencent à souffler le début de la chanson "Al ver sus campos lloró, un jibarito herido" [1]. Ils laisseront place à la voix cristalline de Frankie Vázquez particulièrement en forme ce soir-là, c’est lui qui chantera tous les thèmes. Dès cette première chanson, la touche Barretto est présente avec de longs solos des percussions et de Luis Perdomo [2] au piano. Ce solo de piano sera le seul moment paisible du morceau composé de déferlements successifs des cuivres et des percussions.

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Ray Barretto 16/07/05
© El Mono

Le rythme est très intense, si bien qu’après le 1er morceau Ray Barretto ne peut réprimer une toux dûe à son asthme, gros soupir de sa part, il dit : "je deviens trop vieux !" suivi d’un rire général dans la salle.

Ray Barretto de sa voix douce et posée (en décallage total avec sa forte corpulence), nous présente la suite : "C’est une chanson que j’ai composé. C’est un joli Son Montuno, très particulier pour moi. C’est l’histoire de la vie. Qui est ton ami et qui ne l’est pas, parfois on n’en est jamais sûr."

Puis il pousse ses petits cris caractéristiques au rythme de la clave : "ha, ha....ha, ha, ha" pour lancer l’orchestre sur "La hipocresia y la Falsedad". Morceau qui laissera largement s’exprimer un Luis Perdomo très Latin-jazz. Ainsi que les cuivres, en particulier le blond Barry Olsen au trombone.

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Frankie Vázquez, Billy Carrión, Carlos Soto, Barry Olsen.
©Billy Carrión Cliquez sur la photo pour l’agrandir.

"Merci, merci beaucoup, mesdames et messieurs" (en français ! il continuera en anglais et en espagnol). Merci de saluer certaines des personnes que j’apprécie le plus au monde".

Il va présenter un à un ses musiciens. D’abord Luis Perdomo le pianiste qu’il qualifie de "génie, qui a joué partout dans le monde en jazz et musique latine"

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Luis Perdomo

"C’est très spécial pour moi de pouvoir partager à nouveau la scène avec Luis" ajoutera-t-il.

"A la basse (en français) un joueur tout jeune et très swing ; nous ne jouons pas souvent ensemble mais je suis ravi de le voir avec nous ce soir : monsieur Frankie Tabares à la basse". Immédiatement il se rend compte de son lapsus et se rattrappe en blaguant : "quand on devient vieux, deux choses nous arrivent : on perd la mémoire et... je ne me rappelle plus la 2ème chose... (rires) José Tabares, je suis désolé, José."

"Le reste de la section rythmique est une vraie All Stars avec laquelle j’ai passé de nombreuses années : Jimmy Delgado aux timbales et Carlitos Soto au bongo."

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Jimmy Delgado 16/07/05
© El Mono
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Ray Barretto, Carlos Soto 16/07/05
© El Mono

"Derrière moi...j’ai un sentiment de sécurité totale, je sais que tout se passera bien, tout va swinguer. Ils ne se contentent pas de lire des notes, ils s’injectent eux-mêmes avec toute leur humanité dans la musique. Et je leur en suis très reconnaissant : William Olenick, trompette ; Steve Gluzband, trompette"

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Steve Gluzband
©Quimbombo.com

"Ceux qui connaissent mon histoire et mon passé connaissent Roberto Rodriguez Junior (trompette) fils de Roberto Rodriguez."

"Notre tromboniste est aussi un superbe pianiste, un extraordinaire musicien : Barry Olsen"

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Barry Olsen
©Mandaramusic.com

"Et les gentlemen de devant représentent l’esprit du groupe, ils ont un tel amour pour cette musique et un haut niveau : Billy Carrión et Frankie Vázquez pour la partie vocale."

Ce long intermède sera suivi d’un solo de Ray Barretto sur 3 congas neuves et de Carlitos Soto. Le public essaie timidement de frapper la clave mais reste bouche-bée devant les coups tout en douceur du bongocero.

"Quitate la mascara" voit briller un Frankie Vázquez fabuleux d’aisance, toujours en place, avec sa voix superbe et la saveur de la rue de ses soneos. Le colombien José Tabares fait un solo de basse accompagné par le public qui tape la clave. Après un passage du seul montuno, se sera au tour de Jimmy Delgado de faire résonner ses timbales, tout en accèlération, son déluge de coups finira sous un tonnerre d’applaudissements du public.

Les longs morceaux s’enchaînent jusqu’à ce que Barretto annonce la fin du concert. Il demande ce que les gens souhaitent écouter en dernier. Devant l’abondance des propositions il rigole et dit qu’il va falloir qu’il revienne pour pouvoir jouer tous ces "hits". C’est finalement "Arrepientete" qui est choisi. Après le dernier mot de Frankie Vázquez "arrepentida" les gens applaudissent mais se font interrompre par un solo de timbales, qui va se prolonger en bagarre amicale "timbales/conga/bongo" pour le plus grand bonheur des musiciens et du public. Après de longues minutes, un cri du conguero semble être le point final du concert mais cela reprend sur le bongo de Carlitos Soto dont un coup final méduse un Barretto aux anges. Ce dernier cite une dernière fois ses compères "je tiens à les remercier car ils donnent plus que 100% sur scène. Merci à tous d’être avec nous ce soir".

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Jimmy Delgado, Ray Barretto, Frankie Vazquez 16/07/05
© El Mono

L’orchestre sort sous les applaudissements et les cris "otra" du public. Ray Barretto n’avait pas fait de rappel à Paris car il était très fatigué. Ce soir on s’attend à la même chose. Erreur. Le maestro est en forme et il se laisse convaincre par l’insistance du public de revenir pour un quart d’heure magistral sur "cocinando". Un pur bonheur qui peut difficilement s’écrire : il faut vivre les frissons du live pour comprendre...

Ray Barretto était si content d’être à Montreux et en pleine forme, qu’il a prolongé la soirée en se rendant à la Jam Session qui se déroulait à l’auditorium de Montreux jusqu’à...3 heures du matin !

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Frankie Vázquez, Chabelita et Billy Carrión.
©Chabelita
Ray Barretto sera en concert GRATUIT le 10 septembre 2005 à Dax (festival Toros y Salsa) accompagné par Frankie Vázquez. Encore un concert mémorable en perspective...à ne rater sous aucun prétexte
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Chabelita et Ray Barretto à Montreux
©Chabelita

[1] “Al ver sus campos lloró” est une chanson issue de l’album "Rican/struction"

[2] Pianiste d’origine vénézuéliene basé à New-York, qui remplace Ricky Gonzalez le pianiste habituel de l’orchestre "salsa" de Ray Barretto, en concert à Caracas ce soir là.