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Ray Barretto - Biographie

Publié le 1er septembre 2005, par : Chabelita

Nous allons survoler plus de 50 ans de carrière d’un artiste majeur qui a fait les beaux jours de la musique latine derrière ses légendaires lunettes et congas.

Ray Barretto a été l’un des premiers innovateurs de la musique afro-caribéene. Toujours accompagné d’un orchestre d’authentiques virtuoses, il a navigué du jazz à la salsa.

Ray Barretto

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Raymond Barretto Pagán est né à New York le 29 avril 1929, de parents portoricains originaires d’Aguadilla.

L’enfant a 4 ans lorsque son père repart à Puerto Rico. Son enfance très pauvre se passe alors auprès de ses frères et soeurs, et d’une mère qui travaille le jour et prend des cours d’anglais le soir et le laisse seul à écouter les Bigs Bands à la radio. Quand elle rentre elle communique son amour de la musique latine à toute la petite famille.

La légende veut qu’il fréquente de moins en moins l’école et de plus en plus la rue. Pour rester dans le droit chemin, il s’engage dans l’armée. Il est envoyé à 17 ans (1946) sur une base de l’armée des Etats-Unis dans l’Allemagne d’après-guerre. Là "Chano" Pozo et de "Dizzy" Gillespie -entre autres- sont les musiciens qui déclenchent sa passion.

"Le déclic est venu quand j’ai écouté le morceau "Manteca" et les disques qui combinaient les rythmes jazz et latins, et spécialement grâce à la force de la tumbadora.", dit l’artiste, qui est resté militaire 3 ans.

En 1949, une fois terminé son contrat dans les forces armées et de retour à New-York, Ray Barretto achète une conga et décide de se lancer dans la musique. A l’époque la salsa est en gestation, on est encore bien loin de son baptême.

"Je concevais la richesse du genre comme une forte expression sonore qui combinait les éléments du jazz anglo-saxon et la percussion afro-antillaise dans un mélange de bebop et de musique populaire cubaine".

Ainsi, le jeune percussionniste débute sur des thèmes traditionnels du jazz nord-américain avec une touche caribéenne, réussissant à se distinguer des musiciens de l’époque.

"Mes envies m’ont fait avancer en recherchant des "jam sessions" pour apprendre. J’allais dans différents clubs car à cette époque il y avait des concerts partout dans le Spanish Harlem", dit-il.

Il est reconnu en tant que percussionniste au début des années 50. Immense gaillard de plus d’1m90, ses mains interminables frappent les congas avec une rare intensité. Charlie Parker dont l’intuition était prémonitoire (quand il disait qu’un jeune musicien était bon, il se transformait en étoile peu après) voit en lui un grand espoir du genre : une nuit de 1950 où il le voit jouer, il le prend par les épaules et lui demande de rester.

Ray Barretto {JPEG}

Il a son premier contact avec le label Prestige Records dans une production avec le "Latin Jazz Combo" d’Eddie Bonnemere.

En 1951, il entre dans l’orchestre de José Curbelo, avec lequel il enregistre son premier disque "Wine Woman y Cha Cha Cha" (1955), une expérience qui lui a ouvert les portes de nouvelles scènes artistiques, tout en continuant à enregistrer avec des figures prestigieuses du jazz.

Sa présence dans le groupe de José Curbelo dura jusqu’en 1957, année déterminante dans sa carrière puisqu’il intègre l’orchestre de Tito Puente, dont il parle comme d’une "école".

Il participe à l’album "Dance Mania" de Tito Puente en 1958, considéré comme un des travaux les plus intéressants du latin-jazz.

En 1961, il quitte le groupe du roi des timbales pour "divergences irréconciliables" avec le directeur d’orchestre.

"Je suis parti à cause d’un problème d’argent et d’un incident qui m’a touché au cœur ".

Dès lors le "Rey de las Manos Duras" va papilloner dans divers groupes de Latin-jazz avec des figures telles que Max Roach, Art Blakey, Cal Tjader, Dizzy Gillespie,... entre autres.

Jusqu’à la fin 1961 où s’offre à lui la possibilité d’enregistrer un disque chez Riverside Records (spécialisée dans les productions de jazz américain, mais qui désirait donner un coup de pouce aux musiciens talentueux du genre "latino").

Cela débouche sur la création de la Charanga Moderna (1961). Au format instrumental des charangas traditionnelles, il a ajouté la trompette et le trombone.

Ray Barretto y su Charanga Moderna {JPEG}

En 1962 Ray Barretto se singularise par la sortie d’un album qui établit un nouveau style sonore pour les orchestres de charanga, dans lequel brille avec force la percussion : "Pachanga with Barretto" avec lequel il apporte sa contribution au boogaloo. Il comprend les chansons : "Cumbamba", "Los cueros", "Pachanga suavecito" et "Barretto en la tumbadora", entre autres.

Bien accepté par la critique Ray Barretto et sa Charanga Moderne lancent l’album "Latino" (1963), où les percussions s’harmonisent avec le travail de José "Chombo" Sylva au saxophone, "El Negro" Vivar à la trompette et Willie Rodríguez à la percussion, dans une production illuminée par les descargas.

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Ces deux derniers 33 tours seront ré-édités en CD sous le titre : "Carnaval".

Le grand succès arrive avec le disque "Charanga moderna" (1963), sous le label Tico et dont le hit fut "El Watusi", succès tel qu’il récolte son 1er disque d’or.

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"Ce qui m’a inspiré dans ’El Watusi’ fut le bal du Palladium. Les gens dansaient en formant une ligne et donnant des petits coups de pied et tapant dans les mains".

"El Watusi" est devenu la première chanson latino à entrer dans le classement Billboard.

De 1964 à 1966, les productions de qualité s’enchaînent chez le label Tico avec "Encendido otra vez/On Fire Again", "La moderna de siempre" et "Guajira y guaguancó". Le chanteur portoricain Wito Kortright entre dans l’orchestre.

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Le musicien est poursuivi par l’image d’ "El Watusi", bien malgré lui.

"’El Watusi’ m’a bien servi à une époque, mais il fallait continuer à innover".

Il change de maison de disque pour United Artist Records avec en tête l’idée d’un son distinct, plus proche des conjuntos que des charangas. Ce nouveau projet voit la participation d’Oreste Vilató (timbales), Carlos Castillo (basse), Mike Dante et Barry Finclair (violons), Roberto Rodríguez (trombone) et Willie García (voix), entre autres.

Sur cette ligne, son 1er ouvrage est "El ’Ray’ criollo" (1966), qui comporte les chansons "Margie", "Vida", "Despójate", "Yo soy la candela" et "Salsa y dulzura".

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1967 Ray Barretto sort "Señor 007", qu’il considère comme "un de mes pires disques dont je n’aime pas parler".

Sortent ensuite "Latino con soul" et "Viva Watusi", toujours en 1967 où on retrouve Adalberto Santiago, chanteur qui accompagnera le conguero les années suivantes. L’orchestre comporte alors trompette, trombone et violons.

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De son ami chanteur il dit : Adalberto Santiago "est une de ces figures qui, bien qu’il n’ait pas eu la reconnaissance du public -d’autres chanteurs ont plus brillé que lui- est un chanteur complet. Il a la saveur de la rue, la voix juste, belle et quand il chante un boléro il lui donne quelque chose de particulier. Il est bolériste et sonero, ce que peu de chanteurs peuvent faire", ajoute le percussionniste.

En 1967 nouveau tournant dans sa carrière, il signe un contrat d’exclusivité avec le label Fania Records. A partir de là, sa proposition harmonique abandonne les caractéristiques de la vieille charanga et se concentre sur un nouveau concept musical, un nouveau son celui de l’orchestre de Ray Barretto.

Avec une forte influence musicale du jazz, le percussioniste a développé un projet lui permettant de laisser libre cours à sa grande capacité d’improvisation.

Ses disques expérimentent de grandes innovations au niveau harmonique.

"Avec la Fania je me suis senti libre, musicalement et créativement. J’ai toujours eu l’opportunité de créer mais à ce moment là j’ai eu un espace pour tourner les rythmes et faire plus de solos dans mes interprétations. Mon étiquette musicale prend ses racines dans le jazz et le facteur le plus important du genre est la capacité à improviser. Et dans la musique latine seul le chanteur le faisait, à cause d’arrangements figés joués chaque fois pareil. Ainsi quand j’ai intégré Fania j’ai pu développer d’autres choses, pas forcément dansantes. Des choses hors routine ", dit l’artiste.

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Ce renouveau dans sa carrière commence avec "Acid" (1967), qui comprend les titres : "El nuevo Barretto", "Mercy, Mercy, Baby", "A Deeper Shade of Soul", "The Soul Drummers", "Sola te dejaré", "Teacher of Love", "Espíritu libre" et "Acid" [1]. C’est une expérience de fusion avec le Rythm and Blues et la musique latine qui a captivé le public. Ce disque a ouvert les portes vers l’international au percussioniste. Ray Barretto participe dans la foulée aux enregistrements de grandes figures, telles que Cal Tjader ou les Bee Gees.

1968 est l’année marquant les premiers pas de la Fania All Stars. Comme son nom l’indique c’est un big-band qui regroupe les meilleurs musiciens du label. Ils débutent au club disparu Red Garter à New York. Un concert mythique qui sera enregistré pour la postérité sur les disques "Live at the Red Garter" volumes 1 et 2.

1968 est aussi l’année de disques phares pour Ray Barretto :

  • "Power" où se trouvent les succès "Quítate la mascara", "Oye La Noticia", "Y Dicen" ;
  • "Fiesta en el Barrio" (label Polydor) qui comprend les descargas "Fiesta En El Barrio" et "Happy Birthday Caracas", les morceaux Soul latin "Latin Doll" et "Lamento", et jazzy "Hawaii" ! ;
  • "Hard Hands" (FANIA) un des meilleurs albums de Barretto avec la même fusion Soul/latin que sur le disque "Acid". Les morceaux sont : "Hard Hands", "Abidjan", "Got to Have You", "New York Soul", et "Love Beads".

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Le succès continue en 1969 avec la sortie de l’album "Together" et la fameuse chanson "Hipocresia y Falsedad", sans oublier un très bel hommage "No Olvido a CARACAS".

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En 1972 "Que viva la música" voit le jour avec une des plus belles pochettes de la salsa (cliquez ICI pour voir son commentaire par Guayacan).

Que viva la música {JPEG}

Ce dernier disque est marqué par le morceau né d’une descarga "Cocinando" et "Bruca Maniguá" classique d’Arsenio Rodriguez contre le racisme. Le guaguanco "Que viva la música" du cubain Roberto Rodriguez (1ère trompette) a touché par ses paroles :

La musique est l’art d’exprimer avec émotion
les sentiments sincères du coeur...
...et par ce cri
"Vive la musique"
que vive la musique
la musique latine

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L’acte de naissance officiel de la Fania All Stars mentionne la nuit du jeudi 26 août 1971 au club Cheetah à New York. Barretto y vient accompagné de 3 de ses fidèles : Adalberto Santiago, Oreste Vilato et son 1er trompettiste Roberto Rodriguez.
Cela débouchera sur les disques "Live at Cheetah" (volume 1 et 2) et le film "Our Latin Thing".
C’est la chanson de Ray Barretto "Cocinando" qui est reprise pour la présentation du film "Our Latin Thing". Le clou de la soirée "Quitate tu" un son montuno de 16 minutes où tous les chanteurs se livrent à un duel d’anthologie et où Barretto montre pour la 1ère fois dans le final son fameux "saut mortel" : il attrappe la conga des deux mains, la soulève et la frappe en rythme sur le sol. Ce que seul un homme de son gabarit peut faire !

C’est le début d’un succès fulgurant pour le groupe, avec des concerts les amenant dans le monde entier. Ils joueront même au Madison Square Garden à New York.

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En 1972 toujours sort "The Message" et son grand succès Arrepientete. Adalberto y chante aussi le boléro "Alma Con Alma." Le dernier enregistrement de l’équipe de "salsa dura" au grand complet.

Après 6 années de succès, l’orchestre de Ray Barretto vacille en 1972 lorsque certains de ses meilleurs musiciens (Johnny Rodríguez, bongo ; Orestes Vilató, timbales ; Dave Pérez, basse ; René López, trompette et Adalberto Santiago, chant), le quittent pour créer la Típica 73.

"Personne ne sait, ni ne comprend la blessure dont j’ai souffert à ce moment-là et la difficulté de se relever avec du sang neuf. C’est difficile de le décrire en paroles, c’est une grande souffrance et une grande confusion. Mes questions à ce moment là ont été qu’est-ce qui c’est passé, qu’est-ce que j’ai fait.", raconte le musicien.

Il fait alors une parenthèse en salsa et enregistre l’album "The Other Road" (1973), six thèmes instrumentaux de jazz.

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"Je n’avais pas d’orchestre et pour en réorganiser un, j’ai demandé à (Jerry) Masucci de faire un disque de jazz. Je l’ai enregistré en une nuit, de minuit à 6h du matin", se rappelle-t-il.

Malgré cela sa relation amicale avec Adalberto Santiago reste inébranlable.

Il revient à la salsa en 1973 avec "Indestructible", le refrain était un cri dans lequel il renonçait être vaincu : "Avec du sang neuf, indestructible". Sur ce disque apparaît Tito Allen, une voix splendide, claire et brillante.

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Ce disque eut beaucoup de succès grâce aux titres : "El hijo de Obatalá", "El diablo", "Yo tengo un amor", "La familia", "La orquesta", "Llanto de cocodrilo", "Ay, no" et "Indestructible".

"Tito Allen a remplacé Adalberto sans problème. Il est arrivé avec la même aisance, avec sa voix propre et son style, lui-aussi était à la fois excellent sonero et bolériste", précise-t-il.

Le passage de Tito Allen ("El Niche") fut court. Il créa son propre groupe peu après.

Tito Gómez le remplaça, et fut ensuite accompagné de Rubén Blades, ils enregistrèrent l’album "Barretto" en 1975. Barretto avait rencontré Blades en 1974.

"Rubén Blades m’a donné une cassette de ses compositions originales, mais ce qui m’a fasciné c’est surtout sa voix. Il avait une voix différente de celles d’Adalberto et de Tito Allen"

Ainsi, Barretto n’avait pas du tout été intéressé par les compositions à contenu social de Blades qui lui avait proposé "Pablo Pueblo" et "Maestra Vida". Blades se souvient que "Ray explorait tout ce qui touchait à l’Afrique et aux racines afro-cubaines. Le concept de chant urbain n’était pas ce qu’il recherchait à l’époque."

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Cet album -nominé aux Grammies- comprend le méga hit "Guararé" [2] et "Ban Ban quéré". Les compositions de Tite Curet Alonso "Vale más un guaguanco" et "Testigo fui" et de Rubén Blades avec le boléro "Esto es amar" et "Canto Niche". Tout cela faisant de ce disque une des icônes de la salsa.

Alors que Ray Barretto était l’un des musiciens les plus en vue de la salsa -et un des meilleurs produits de vente de la Fania-, il fait une pose dans sa relation contractuelle avec Jerry Masucci et signe avec la multinationale Atlantic Records.

C’était le désir de l’artiste et des impresarios de Fania, de le faire évoluer vers une ligne plus pop.

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Malgré cela il enregistrera en direct du Beacon Theater, à Broadway (New York) un disque exceptionnel dans la lignée de ses années salsa : "Barretto live... Tomorrow" (1976), qui lui valut une nomination au prix "Grammy". Il comporte une superbe version de "Que viva la musica" illuminée par un mano a mano aux timbales entre Tito Puente et Oreste Vilató. Le final du concert dure 15 minutes sur cette chanson où sont intervenus tous les chanteurs et musiciens qui ont composé ses différents orchestres.

C’est la fin de sa collaboration avec Ruben Blades. De ses années avec Barretto, Blades dira trente ans après : "J’y ai appris la responsabilité." "C’est une des personnes les plus professionnelles, dévoués et responsables que j’ai connu. Ce qu’il m’a inculqué : la ponctualité et faire un travail en entier. Une fois je l’ai vu terminer un solo de congas au milieu d’une crise d’asthme et cela je ne l’oublierai jamais."

Ses problèmes de santé lui ont fait modifier son jeu dans un sens très positif, rares sont les percussionistes qui se distinguent par leur toucher subtil. Voilà ce qu’en dit Barretto : Je me suis mis à rechercher une façon de jouer mélodique, à expérimenter d’autres sons sur la conga. Cela m’a beaucoup aidé car j’ai toujours souffert d’asthme, et cela m’a ouvert l’esprit vers une façon de jouer tout autre qu’en tapant très fort sur le cuir. Tâcher d’inventer des choses, tout en reprenant mon souffle. [3]

Il avoue que les deux albums suivants "Eye of the Beholder" (1977) et "Can You Feel It" (1978) sont très éloignés de lui.

JPEG Son retour à la salsa se fait avec "Rican/Struction" (1979), où il rappelle Adalberto Santiago. Désigné meilleur album l’année suivante par la revue LATIN NY ; il est lui-même distingué "conguero de l’année".

Toujours en 1979, il travaille avec Bernard Lavilliers venu à New York pour préparer son album "O Gringo". Celui-ci eut un succès colossal en France avec le tube "la Salsa", un hommage à "la frangine portoricaine qui vit dans le spanish Harlem". L’autre salsa de l’album est "Pierrot La Lame".

En 1980 sort "Giant Force/Fuerza Gigante" (Fania 579) produit par Ray Barretto lui-même. Il comprend les chansons : Tu Propio Dolor ; Arrallue ; Aguardiente De Caña ; Los Mareados ; Pura Novela ; Guarapo Y Melcocha ; Tus Mentiras ; Fuerza Gigante - Giant Force. Avec Oscar Hernandez au piano.

Suivi d’un disque avec Ray de la Paz, "Rhythm of Live" (1982).

En compagnie de ses amis Celia Cruz et Adalberto Santiago il enregistre l’album "Tremendo trío", qui récoltera un prix ACE [4]. Les albums suivants "Todo se va poder" (1984) et "Aquí se puede" (1987), intègrent le chanteur Ray Saba.

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Fin 1988 sort "Ritmo en el corazón" avec Celia Cruz gagnant d’un prix "Grammy". En 1989, il s’essaye à la salsa romantique qui domine le marché avec "Irresistible". Sa relation avec Fania se termine avec "Soy dichoso".

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Le 30 août 1990 sa carrière artistique est fêtée au théâtre de l’Université de Puerto Rico, où il retrouve sur scène Adalberto Santiago et Juancito Torres. Un concert baptisé "Les deux vies de Ray Barretto".

En 1991, il signe avec le label Concord Picante et entame une grande période jazz, influencée par le cool jazz à la Miles Davis. Sortent les disques "Hand prints" (1991), "Ancestral Message" et "Taboo". Il change de label pour OWL/EMI France pour "My Summertime" (1995) avant de rejoindre Blue Note pour "Contact !" (1997). Suivront "Portraits in Jazz and Clave" (2000, label RCA), "Homage to Art Blakey" (2003, WEA) et "Time was, time is" (2005).

Jusqu’à aujourd’hui le musicien s’est maintenu actif dans la musique, entre le jazz et la salsa, sans abandonner son esprit novateur.

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Ray Barretto est un être humble et accessible, avec beaucoup d’humour. Il ne parle pas beaucoup, il est très réservé et préfére s’exprimer avec sa musique. Il a su communiquer sa passion à son fils Christopher qui est devenu saxophoniste. Tous deux seront le 8 septembre 2005 sur la même scène à Puerto Rico, pour un hommage au maestro.

Ray Barretto sera présent avec sa formation SALSA le 10 septembre 2005 au festival Toros y Salsa de Dax, accompagné par le sonero Frankie Vázquez. Il y retrouvera Los Papines avec qui il a enregistré un album : à ne pas manquer ! (Mise à jour du 17/02/06 : voir le résumé de ce concert ICI).

Le 17 février 2006, Ray Barretto nous a quitté. Le Maestro était hospitalisé depuis plus d’un mois dans le New Jersey pour un quintuple pontage coronarien. Il ne s’est malheureusement pas remis des complications qu’il a subi.

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Ray Barretto

Nous garderons en héritage sa fabuleuse musique et dans nos mémoires l’émotion ressentie lors de ses concerts. C’était une belle personne, d’une gentillesse et d’une simplissité qui touchait droit au coeur.

Nous ne l’oublierons pas...

Il sera "Indestructible" dans nos coeurs.


Sources : journal Primera Hora (Puerto Rico) ; El Libro de la Salsa de César Miguel Rondon ; journal El Nuevo Dia (Puerto Rico) ; disques.


[1] Voir l’analyse du morceau sur SalsaFrance ICI .

[2] La chanson originale est "Guararey de Pastora" de Roberto Baute Sagarra, voir plus de détails dans les "commentaires".

[3] Citation extraite du journal "El Nuevo Dia" de Puerto-Rico du 28 août 2005.

[4] ACE : prix de l’hispanic Association of entertainment critics of New York, pour l’album salsa de l’année.

  • Message 2
    • par Chabelita, 21 janvier 2006 - >Inquiétude pour Ray Barretto

      C’est avec beaucoup de peine que nous avons appris cette semaine l’hospitalisation de Ray Barretto pour de sérieux problèmes cardiaques (complications dues à son asthme). Il a dû être opéré du coeur ce vendredi 20 janvier 2006, tout s’est bien passé mais une période critique reste encore à surmonter. Ray Barretto est un homme solide et nous espérons le voir bientôt sur pied. Déjà fan de ses disques, l’avoir rencontré en 2005 n’a fait que renforcer l’attachement que j’ai pour ce géant des percussions qui a dans le regard une douceur désarmante.

      Tous les salseros de France lui souhaitent une prompte récupération.

      Chabelita

      • par Chabelita, 24 janvier 2006 - > Récupération pour Ray Barretto

        Ray Barretto récupère favorablement de son opération à cœur ouvert, a indiqué son manager à des journalistes portoricains. Il devrait sortir aujourd’hui ou demain de l’unité de soins intensifs où il se trouve pour continuer sa convalescence dans une chambre normale.

        • par Chabelita, 17 février 2006 - > Décès de Ray Barretto

          Nous avons appris en début d’après-midi le décès du légendaire percussionniste RAY BARRETTO.

          Le Maestro était hospitalisé depuis plus d’un mois dans le New Jersey pour un quintuple pontage coronarien. Il ne s’est malheureusement pas remis des complications qu’il a subi.

          Nous garderons en héritage sa fabuleuse musique et dans nos mémoires l’émotion ressentie lors de ses concerts. C’était une belle personne, d’une gentillesse et d’une simplissité qui touchait droit au coeur.

          Nous ne l’oublierons pas...

          "Indestructible" dans nos coeurs.

  • Message 1
    • par Palomayimbé, 15 septembre 2005 - > Ray Barretto - Biographie

      Un détail : Le titre "Guararé" ou plutôt "Guararey de Pastora" n’est pas de Juan Formell, comme il en est fait mention dans la note 2, même si le directeur des Van Van en avait fait l’arrangement. Ce titre a fait l’ojet d’un procès de justice dans la bonne ville de Guantanamo (Cuba) entre deux changuiseros traditionnels : Pedro Speck, à qui il était attribué jusque là et Roberto Baute Sagarra. Ce dernier avait gagné le procès car la muse, la fameuse "Pastora" avait elle-même permis de rétablir la vérité. L’histoire complète, assez savoureuse, est contée sur une page du site ritmacuba.com au sein d’une rubrique "succès cubains : paternité en morceaux".

      Sur le Web "Guararey de Pastora" : le changüí le plus diffusé était mal attribué

      • par Chabelita, 16 septembre 2005 - > Ray Barretto - Guararé

        Merci pour le commentaire c’est très intéressant. Je n’avais pas connaissance de ce procès.

        J’ai rectifié et fait figurer le bon auteur.

        Nous encourageons les lecteurs à commenter les articles, surtout dans ce cas précis.

        Cordialement

        Chabelita