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Pete "El Conde" Rodriguez

Sonero Portoricain (1933-2000)

Publié le 1er mars 2007, par : Chabelita

Fabuleux chanteur et sonero, à la voix forte et mélodieuse, avec un timbre proche du baryton. Virtuose dans l’art de l’improvisation et capable de tout chanter : du son montuno, à la guaracha, en passant par le guaguancó et le difficile boléro.

Portoricain au style cubain fortement marqué, il est devenu une légende de la salsa, dont il était considéré comme l’une des plus belles voix.

A ne pas confondre avec l’autre Pete Rodriguez, roi du boogaloo.

Pedro Juan Rodríguez Ferrer dit Pete Rodríguez est né dans le quartier « La Cantera » de la ville de Ponce (Porto Rico) le 31 janvier 1933.

Son influence musicale est héritée de son père qui avait un groupe à Ponce appelé El Gondolero. Dès l’âge de 6 ans, il joue du bongo et chante avec facilité les boléros de l’époque. Son père décède alors qu’il n’a que 13 ans -en 1946- sa mère décide alors de partir vivre à New York. Plus tard, il travaille dans l’armée, affecté chez les parachutistes dans le Sud des USA, où il subit le racisme au quotidien.

Au niveau musical, il débute comme percussionniste de l’orchestre Oriental Cubana de New York, où il côtoie Benny Moré.

En 1957 il fait partie de l’orchestre « Las Jóvenes Estrellas de Cuba » du trompettiste Roberto Rodríguez. De là, il part intégrer l’orchestre Típica Novel à sa fondation en 1958.

Il a aussi travaillé à la fin des années 50 dans l’orquesta Broadway, qu’il a quitté pour rejoindre Johnny Pacheco, le 5 mai 1962, en remplacement du chanteur Rudy Calzado. Là il interprète des charangas et Sons aux côtés de Vitín López et Elliot Romero.

Avec le flûtiste il forme un duo gagnant sur le plan musical et il commence à enregistrer pour le label Fania, après avoir sorti deux disques pour le label Alegre : "Suavito. Pacheco y su charanga, Vol. IV"(1963), "Spotlight on Pacheco . Pacheco y su charanga, Vol. V" (1963).

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Le premier album de Johnny Pacheco et Pete « El Conde » Rodriguez sous le label Fania fut "Mi nuevo tumbao... cañonazo" (1964). El Conde y chante le morceau éponyme à celui du label fondé par Pacheco et Jerry Masucci "Fania", composé par Josualdo Bolanos.

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Suivi de "Pacheco en la feria mundial de Nueva York", et "Por demanda popular" avant que les 2 artistes ne se séparent temporairement suite à une mésentente entre Monguito Santamaría, le nouveau chanteur du groupe, et Pete « El Conde » Rodriguez.

Il part alors vers l’orchestre Sensación de Rey Roig entre 1964 et 1965, avec qui il enregistre deux disques : "Swing" (1965) et "Los campeones" (publié en 1968, alors qu’El Conde était déjà parti du groupe).

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Swing, Conjunto Sensación
Pochette de la réédition CD

Quand Pacheco est abandonné par Monguito Santamaría il revient chercher Pete « El Conde » Rodriguez. La réunion a lieu en 1966 et engendrera les succès les plus tonitruants du duo : "Convergencia", "Soy hijo del Siboney", "Azuquita mami", "La esencia del guaguancó", "Sonero", "Shalom Malecum", "El negro Panchón", "Primoroso cantar" et "Víralo al revés".

Entre 1964 et 1973 El Conde et Pacheco sortent 7 albums dont :

  • Tres de Café y Dos de Azúcar (1973).
  • La Perfecta Combinación (c. 1970) qui comprend "La Esencia Del Guaguancó"
  • Los Compadres (1971)

Très vite il est baptisé "El Conde" -le comte- à cause de son élégance sur scène. Fin danseur (on en a la preuve sur de nombreuses vidéos sur YouTube), il était toujours très soigné dans sa présentation.

El Conde fait d’emblée partie de la nouvelle Fania All Stars qui débute à Greenwich Village au club Red Garter, immortalisé sur les disques « Live At The Red Garter, Vol. 1 & Vol. 2 » (1968).

Après cela Pete « El Conde » Rodríguez fera 16 albums avec la Fania All Stars. Il apparaît avec eux dans les films « Our Latin Thing (Nuestra Cosa) (1972) et Salsa (1976).

En 1971 il participe avec les étoiles de Fania au concert du Cheetah. Il avoue que rien ne fut répété, tout fut improvisé. Il brille sur le morceau "Quítate tú" où là non plus rien n’était écrit, il chantait quelque chose et Cheo Feliciano lui répondait du tac au tac, sans paroles déplacées. De merveilleux souvenirs restés dans l’histoire.

En 1973 il retrouve les étoiles de Fania au concert du Yankee Stadium, devant 40 000 personnes.

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El Conde

En 1974, El Conde décide de se lancer comme soliste, quittant d’office l’orchestre de Pacheco. D’où le disque « El Conde » (Fania 1974 / Emusica 2006) qui comprend les morceaux "Los compadres", "Blanca paloma", "Perdón y olvido", "Un toque pa’ Yambao", "Soy guajiro de verdad", "Babaíla", "El Conde Negro", "Fiesta en el cielo", "Sombras que paso" et "Lo que quiso Dios".

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"Este negro si es sabroso"

En 1976 sort "Este negro si es sabroso" (Fania 1976 / Emusica 2006) où l’on trouve le méga hit "Catalina la O", aux côtés de "La abolición", "Cuando estoy contigo", "Se vende un corazón", "Sentimiento", "Tumbakutún", "Amor perdido", "Pueblo latino" et "Guaguancó de amor".

En 1978 il sort sur le marché "Un toque de clase", suivi par "Soy la ley" (1979).

En 1980 la production tripartite "Celia, Johnny and Pete" (1980) voit le jour.

Il retrouve Pacheco pour 4 albums entre 1983 et 1989 dont Salsobita (1987) nominé aux Grammies.

Il sort seul « El Rey » en 1990, suivi de « Generaciones » (1993 Marcas), où participe son fils Pete Emilio Rodríguez et sa fille Cita Rodríguez (chant). Le disque suivant est « Pete y Papo » (1996, Fania) avec Papo Lucca.

Il a participé au disque « Soneando Trombón » (1998 on RykoLatino) du tromboniste Jimmy Bosch. Il apparaît aussi sur le disque : Masterpiece / Obra Maestra : Tito Puente & Eddie Palmieri (RMM 84033) en 2000. Son dernier album : "Pete ’Conde’ Rodríguez : Live at Teatro La Perla" (2001), est un hommage qu’il a reçu le 7 septembre 1996 au théâtre La Perla de Ponce. Il meurt le 2 décembre 2000, chez lui à New York, victime d’un infarctus à l’âge de 67 ans.

A cette époque là il voyageait encore sur toutes les scènes du monde accompagné de ses enfants Pete Junior et Cita.

El Conde a innové dans l’usage du güiro dans les orchestres de l’époque, qu’il jouait différemment de la forme traditionnelle. Il dansait, chantait et jouait des maracas en même temps et sur la clave. Vous pouvez retrouver sa voix en or sur son abondante discographie :

Discographie

  • Pacheco y su Charanga Vol. IV - "Suavito" (c. 1963),
  • Cañonazo (1964)
  • Pacheco At The N. Y. World’s Fair (1964) ;
  • Swing (1966) ; Conjunto Sensación
  • By Popular Demand (1966) ; Pacheco y su Charanga
  • Sabor Típico (1967),
  • Volando Bajito (1968),
  • La Perfecta Combinación (c .1970)
  • Los Compadres (1971 ) ;
  • Hommy - A Latin Opera (1973) ; Larry Harlow
  • Tres de Café y Dos de Azúcar (1973) ; Pacheco
  • El Conde (1974) ;
  • Este Negro Si Es Sabroso (1976) ;
  • Recordando El Ayer (1978) ; Celia Cruz, Pacheco, Justo Betancourt, Papo Lucca
  • A Touch Of Class (1978) ;
  • Soy La Ley (1979) ;
  • Homenaje A Beny, Vol. 2 (1979) ; Tito Puente
  • Celia, Johnny and Pete (1980) ;
  • Fiesta Con "El Conde" (1982) ;
  • De Nuevo Los Compadres (1983) ; Pacheco
  • Jicamo (1985) ;
  • Homenaje A Beny Moré, Vol. III (1985) ; Cruz and Puente
  • Salsobita (1987) ; Pacheco
  • Celebración (1989) ;
  • El Rey (1990) ;
  • Generaciones (1993) ;
  • Pete y Papo (1996) ; Papo Lucca
  • Soneando Trombón (1998) ; Jimmy Bosch
  • Masterpiece (2000) ; Tito Puente & Eddie Palmieri

Sources :

  • Historia de la salsa
  • Descarga.com