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Pedro Navaja

Rúben Blades

Publié le 17 novembre 2002, par : Chabelita

L’album "Siembra" a été la plus grosse vente de l’histoire de la Salsa. Un grand classique qui aurait changé la façon de voir cette musique.

Pedro Navaja

Ruben Blades
Album : Siembra [1] / Fania 537
Année : 1978
Produit par : Willie Colón

La plus grosse vente salsa de tous les temps : plus d’un million de disques vendus ; disque d’or et de platine.
« Pedro Navaja » est devenu un personnage de la mythlogie populaire latino américaine (repris -par exemple- au théâtre sous forme de comédies musicales). Les personnages -des marginaux de New-York- sont contemporains, avec leurs problèmes économiques et sociaux, ils réveillent les consciences sur les difficultés auxquelles sont confrontés beaucoup d’entre eux. La chanson souligne l’horreur du crime urbain, l’indifférence [2] et sous-entend les difficultés liées à l’immigration et à la vie urbaine. « Pedro Navaja » est un récit brut, un témoin raconte une histoire, où seules les expressions viennent donner une opinion teintée de beaucoup de fatalisme :
- La vida te da sorpresas, sorpresas te da la vida
- Matón de esquina, el que a hierro mata a hierro termina
- Maleante pescador, mal anzuelo que tiraste, en vez de una sardina un tiburón’ enganchaste
- El que el último ríe , se ríe mejor
- Cuando lo manda el destino, no lo cambia ni el más bravo,
- si naciste pa’ martillo, del cielo te caen los clavos

Orchestre :
Leopoldo Pineda : Trombone
Jose Rodriguez : Trombone
Angel Papo Vasquez : Trombone
Sam Burtis : Trombone
Salvador Cuevas : Basse
Eddie Rivera : Basse
Eddie Montalvo : Tumbadora
Jimmy Delgado : Timbales
Bryan Brake : Bateria
Al Santiago : Maracas
Willie Colon : Choeur
Ruben Blades : Choeur
Jose Mangual Jr : Choeur
Adalberto Santiago : Choeur

Original Traduction
Por la esquina del viejo barrio [3] lo ví pasar
Con el tumbao [4] que tienen los guapos [5] al caminar.
Las manos siempre en los bolsillos de su gabán
Pa’ que no sepan en cual de ellas lleva el puñal.
Je l’ai vu passer au coin du vieux quartier
Avec ce balancement qu’ont les caïds en marchant
Les mains toujours dans les poches de son manteau
Pour qu’on ne sache pas dans laquelle il a son poignard
Usa un sombrero de ala ancha de medio lao
Y zapatillas por si hay problema salir volao [6].
Lentes oscuros pa’ que no sepan que está mirando
Y un diente de oro que cuando rie se ve brillando.
Il porte incliné un chapeau à large bords
Et des chaussures légères pour pouvoir se volatiliser en cas de problème
Des lunettes noires pour qu’on ne sache pas ce qu’il regarde
Et une dent en or qu’on voit briller lorsqu’il sourit
Como a tres cuadras de aquella esquina una mujer
Va recorriendo la acera entera por quinta vez.
Y en un zaguán entra y se da un trago para olvidar
Que el día está flojo y que no hay clientes pa’ trabajar.
A environ trois blocs de là une femme
Arpente le trottoir qu’elle remonte pour la cinquième fois
Elle entre sous un porche et elle boit un coup pour oublier
Que c’est un jour sans et qu’il n’y a pas de clients pour travailler
Un carro pasa muy despacito por la avenida
No tiene marcas pero todos’ saben que es policía.
Pedro Navaja las manos siempre dentro ’el gabán
Mira y sonríe y el diente de oro vuelve a brillar.
Une voiture passe très lentement sur l’avenue
Elle n’a pas de marques mais tout le monde sait que c’est la police
Pedro Navaja, les mains toujours dans les poches,
Regarde et sourit et la dent en or brille de nouveau
Mientras camina pasa la vista de esquina a esquina
No se ve un alma, esta desierta toda la avenida
Cuando de pronto esa mujer sale del zaguan
Y Pedro Navaja aprienta un puño dentro el gaban
Pendant qu’il marche il jette un œil d’un coin de rue à l’autre
Il n’y a pas âme qui vive, l’avenue est complètement déserte
Quand soudain cette femme sort du porche
Et Pedro Navaja serre le poing à l’intérieur du manteau
Mira pa’ un lao, mira pal’ otro y no ve a nadie
Y a la carrera pero sin ruido cruza la calle.
Y mientras tanto en la otra acera va esa mujer
Refunfuñando pues no hizo pesos con que comer.
Il regarde d’un côté, il regarde de l’autre et ne voit personne
Et en courant mais sans bruit il traverse la rue
Et au même moment sur le trottoir d’en face se trouve cette femme
Grognant parce qu’elle n’a pas gagné de quoi manger
Mientras camina del viejo abrigo saca un revolver esa mujer
Y va a guardarlo en su cartera pa’ que no estorbe.
Un treinte y ocho Smith and Wesson del especial
Que carga encima pa’ que la libre de todo mal.
Pendant qu’elle marche, cette femme sort de son vieux manteau un revolver
Et va le garder dans son sac pour qu’il ne la gêne pas
Un Smith et Wesson, calibre 38, série spéciale
Qu’elle recharge pour se préserver du mal
Y pedro navaja puñal en mano le fué pa’ encima.
El diente de oro iba alumbrando to’ la avenida.
Mientras reía el puñal le hundía sin compasión,
Cuando de pronto sonó un disparo como un cañón.
Et Pedro Navaja, couteau en main, lui tomba dessus
La dent en or illuminant toute l’avenue
Tout en riant il la poignardait sans pitié
Quand soudain résonna un coup de feu comme un coup de canon
Y Pedro Navaja cayó en la acera mientras veía
A esa mujer que revolver en mano y de muerte herida
A él le decía : Yo que pensaba : hoy no es mi día, estoy salá [7]
Pero Pedro Navaja tu estás peor : no estás en na’.
Pedro Navaja tomba sur le trottoir tout en voyant
Cette femme qui revolver en main et blessée à mort
Lui disait : et moi qui pensais, ce n’est pas mon jour, je suis vernie !
Mais toi Pedro Navaja c’est pire : tu n’as rien vu venir
Y creanme gente que aunque hubo ruido nadie salió.
No hubo curiosos, no hubo preguntas nadie lloró.
Solo un borracho con los dos cuerpos se tropezó.
Cogió el revolver, el puñal, los pesos y se marchó.
Croyez-moi ou non, malgré le bruit personne n’est sorti
Il n’y eut ni curieux, ni questions, ni pleurs !
Seulement un ivrogne qui trébucha sur les deux corps,
Ramassa le revolver, le poignard, la monnaie et s’en est allé.
Y tropezando se fue cantando desafinao,
El coro que aquí les traje y del mensaje de mi canción :
Et en trébuchant, il partit en chantant faux
Le chœur qui est le message de ma chanson :
Coro :
La vida te da sorpresas,
Sorpresas te da la vida ay Dios. (x2)
Chœur :
La vie te réserve des surprises !
Des surprises te donne la vie, aïe mon Dieu. (x2)
Pedro Navaja [8] matón de esquina el que a hierro mata a hierro termina. Pedro Navaja, tueur de rue, qui tue par l’épée, périt par l’épée
Maleante pescador, mal anzuelo que tiraste,
En vez de una sardina un tiburón enganchaste.
Mauvais pêcheur, qui a jeté à l’eau un mauvais hameçon,
Au lieu d’une sardine tu as accroché un requin.
I like to live in America I like to live in America [9]
Ocho millones de historias tiene la ciudad de Nueva York. Il y a huit millions d’histoires à New-York.
Como decía mi abuelita : el que rie ultimo se ríe mejor. Comme disait ma grand-mère : rira bien qui rira le dernier.
I like to live in America I like to live in America
Cuando lo manda el destino no lo cambia ni el más bravo,
Si naciste pa’ martillo del cielo te caen los clavos.
Personne ne peut changer son destin,
Si tu es né marteau les clous te tomberont du ciel
En barrio de guapos cuidao en la acera.
Cuidao camara’ que el que no corre vuela.
Dans les quartiers de caïds attention sur le trottoir
Attention camarade car celui qui ne court pas vole
Como en una novela de Kafka el borracho dobló por el callejón. Comme dans un roman de Kafka l’ivrogne a tourné dans l’impasse
En la ciudad de Nueva York dos personas
Fueron encontradas muertas.
Esta madrugada los cuerpos sin vida de Pedro Vargas
Y Josefina Wilson….
Fueron hallados en una de las calles
Adyacentes a la estación de Bowery Side
En el Bajo Manhattan
Dans la ville de New-York deux personnes
Ont été trouvées mortes.
Ce matin les corps sans vie de Pedro Vargas
Et Josephina Wilson….
Ils ont été trouvés dans une des rues
Adjacentes à la station de Bowery Side
Dans Manhattan sud.

[1] voir chronique du Latina Mag à paraitre sur ce site fin novembre 2003

[2] Y creanme gente que aunque hubo ruido nadie salió. No hubo curiosos, no hubo preguntas nadie lloró…

[3] El Viejo Barrio = Harlem.

[4] tumbado, de tumbar = dans les caraïbes signifie incliné sur le côté ; en général : va-et-vient, balancement, ondulation

[5] guapo = homme querelleur, courageux, matamore.

[6] volado, de volar por el aire = se volatiliser, disparaître.

[7] estar salada = régionalisme de la région caraïbe ; dans "Ecue-Yamba-O" de Alejo Carpentier, cela signifie être victime de malchance, de calamité ou de maladie.

[8] Navaja veut aussi dire "Couteau"

[9] "j’aime vivre aux USA" référence à "West Side Story ?" Commentaire de Pbouge : La chanson de West Side Story c’est "America" et un moment les choeurs chantent : " I like to be in America ! O.K. by me in America ! Ev’rything free in America For a small fee in America ! " I like to BE in America mais sur le même air la chanson de Ruben Blades transforme to BE en to LIVE. Pourquoi ?

  • Message 2
    • par buck, 20 août 2012 - Pedro Navaja

      merci pour la trad de ce classique. C’est plus qu’une trad d’ailleurs, vu les annotations. Mille mercis

  • Message 1
    • par Chabelita, 18 septembre 2003 - > Pedro Navaja

      La vraie histoire de Pedro Navaja est une comédie musicale qui va se jouer à Puerto Rico en octobre. Les acteurs-chanteurs vedettes sont : Gilberto Santa Rosa, Elvis Crespo, Yolandita Monge, Tego Calderón et Giselle...