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Paoli Mejias, pour l’amour des tambours - Entretien

Publié le 1er novembre 2005, par : Chabelita, Montunero

Cet entretien a été réalisé à Dax (Landes) le samedi 10 septembre 2005 à l’occasion du Festival Toros y Salsa.

Cette conversation a permis à Paoli Mejias de nous présenter son premier disque (genre Latin Jazz) : "Mi Tambor".

Nous remercions Paoli Mejías pour le temps qu’il nous a consacré. Nous avons rencontré un musicien passionné et sportif qui profitait de son temps libre pour faire son jogging dans les escaliers de son hôtel (au grand étonnement des thermalistes !). Une bonne façon de s’entretenir pour assurer les nombreux concerts de son agenda.

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Paoli Mejias aux congas.

Busca Salsa : Bonjour Paoli, nous te connaissons peu bien que nous t’ayons souvent entendu dans divers disques bien connus du public. Nous avons découvert ton site internet, nous y avons écouté les extraits sonores qui y figurent et nous avons aussi certains des disques auxquels tu as participé. Tu es né à Porto Rico (PR) et sur ton site internet tu parles des influences de personnes ou groupes tels que Patato, Irakere,... des cubains. Tu mentionne aussi Batacumbele qui sont de PR mais qui ont mélangé le songo, de Cuba, avec la musique portoricaine. Cela veut-il dire que la musique cubaine a une grande influence sur toi ? Quelle est l’importance de la musique cubaine face à tes origines portoricaines ?

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Paoli Mejías - Dax - 9 sept. 2005

Paoli Mejías : A PR les influences viennent de tout type de musique : il est naturel de jouer de la Bomba [1] et de la Plena [2], la musique typique comme le Seis chorreao et ce genre de musiques d’origine rurale. L’influence de la musique cubaine se fait à travers la rumba. Dans la rumba il y a beaucoup d’improvisation dans ce qui se fait sur le quinto [3]. Et plus tard est arrivée l’influence des tambours Batá [4] et de la musique Yoruba. Cuba est très proche de PR et durant de nombreuses années, nous avons été comme deux pays frères. Pour diverses raisons nous ne pouvons plus communiquer (pour des questions politiques entre Cuba et les Etats-Unis et tout ce genre de chose qui n’a rien à voir avec la musique). Mais nous avons toujours ce désir de nous unir. Depuis tout petit les portoricains résidants à NY nous ont influencé avec de la musique cubaine. Ils ont commencé à donner beaucoup d’emphase à la salsa. (...) Tous ces apports cubains des portoricains de NY font que les portoricains de souche s’y intéressent aussi.

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En ce temps là nous avions Ismael Rivera qui était le chanteur attitré de Cortijo (il chantait de la Bomba et de la Plena). Dès que Cortijo a commencé à faire de la Salsa, ce style est devenu très populaire dans l’île. Cela a contribué à accroître l’influence de la musique cubaine à PR. En tant que percussionniste je suis désireux d’apprendre quelque chose des rythmes afro-cubains. Cuba est un des pays qui maintient toujours la racine africaine de sa musique de manière très très forte. PR a beaucoup perdu car il absorbe pas mal d’influences extérieures, il y entre la musique de toutes les régions du monde. La musique devient plus commerciale et petit à petit les racines se perdent. A Cuba la musique se maintient par la culture et par le système qui donne du crédit à la musique .

Busca Salsa : Les changements se poursuivent, le songo [5] est une évolution principalement cubaine d’une musique plus ancienne.

Paoli Mejías : C’est sûr, mais c’est un changement à l’intérieur de la structure de la musique cubaine. A Porto Rico non. A PR la musique peut venir du reggae, du rap, de n’importe quel style dans le monde. Cela du fait du bombardement commercial des autres pays. Au contraire de Cuba. A Cuba la musique est protégée : [6], elle se défend beaucoup, elle se maintient enfermée. Le tambour s’y sent bien. Le percussionniste aime ça car il peut y trouver des racines bien profondes des tambours. En tant que percussionniste j’adore.

Busca Salsa : Les influences des musiques de toutes les autres parties du monde peuvent aussi avoir leur intérêt : tu joues des congas, des batas, du tambourin de plena, mais aussi du udu du Nigeria, du pandeiro brésilien, des tablas d’Inde. Qu’est-ce que cela signifie pour toi ? Tu mélanges ces différents instruments, ces diverses cultures dans ta musique ou c’est juste une manière de jouer d’autres sonorités dans ta propre culture ?

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CD Mi Tambor

Paoli Mejías : Dans mon disque Mi Tambor, ou à travers des disques que j’ai faits avec Eddie Palmieri, des voyages avec Seis del Solar et tous les groupes avec lesquels j’ai joué, tous les types de tambours m’intéressaient, toutes les cultures du monde. J’aime les tambours du monde entier : du Brésil, de partout dans le monde. Quand tu sors de PR tu commences à voir le monde dans toute son ampleur et tu engranges des influences de tout type de musiques. Je suis une personne qui n’aime discriminer aucun genre musical. J’aime me nourrir de cette musique.

J’ai voulu faire un disque dirigé plus vers la "World music" que vers la musique "afro-cubaine" ou "afro-portoricaine" ou "afro-jazz" ... Je suis enclin à faire tout type de musique : de la flamenca, à l’afro-peruvienne....etc. Je veux que mon esprit puisse se manifester dans les tambours, peu importe de quelle partie du monde ceux-ci viennent.

Busca Salsa : Tu as appris à jouer de ces instruments seulement en écoutant la musique de ces pays ?

Paoli Mejías : Exact. J’ai commencé à acheter de la "musique du monde", de la musique africaine (Salif Keita...), de la musique espagnole, de la musique du Perou Noir, de la musique afro-vénézulienne... Le monde de la percussion est immense.

Se serait une erreur de ma part de me limiter à jouer de la musique Portoricaine et afro-cubaine. Je veux grandir en tant que musicien, c’en est la meilleure manière.

Busca Salsa : Nous t’avons souvent entendu comme accompagnateur. Qu’est-ce qui te distingue des autres dans ce rôle ? Dans tes extraits sonores sur ton site internet figurent principalement des solos, la technique serait la chose la plus importante pour toi ? Le rôle de percussionniste n’est pas assez important dans les orchestres... ? Quelle est ta vision du rôle de percussionniste en tant qu’accompagnateur, improvisateur et leader ?

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Paoli Mejías : Il faut bien comprendre chacune de ces facettes. Chacune a son importance. Dans mon travail aux côtés d’Eddie Palmieri, un orchestre qui exige beaucoup dans le maintient du rythme (pour les danseurs) et en même temps qui exige de l’improvisation, tu apprends petit à petit, tu vas à chaque fois enrichir ton jeu. Aujourd’hui comme leader je sais clairement ce que je dois faire dans chacune des parties des morceaux. Ma musique est différente de la salsa et elle ne se rapproche pas non plus d’un seul style de danse. Avec toutes mes influences musicales, je me base beaucoup plus sur les concepts et les couleurs de la musique pour créer, sur la dynamique, sur la manière dont les instrumentistes improvisent. C’est une communication entre nous tous. Quand je joue -par exemple- avec Eddie Palmieri ou ce soir avec Jerry Medina, je suis concentré sur le fait de garder le rythme car les gens sont en train de danser. Je dois maintenir le pattern comme il est. J’improvise seulement lorsque c’est à mon tour d’improviser. Toutes ces influences (dans tous ces groupes) m’aident à essayer de créer un concept un peu différent qui n’est pas très fréquent de la part de percussionnistes, les congueros dans leurs groupes jouent de façon très semblable à la salsa, au jazz afro-cubain. Moi j’essaye de jouer de la "World music", quelque chose qui n’a rien à voir avec la danse. Je veux jouer en 7/4, 5/4, jouer la Plena en 3/4, jouer tout type de pattern rythmique. Je ne joue pas de façon constante, je peux m’arrêter de jouer des congas, pour attraper l’udu, et revenir sur les congas. C’est un concept totalement différent, cela me donne l’opportunité d’uitliser plus de couleurs et de laisser une impression beaucoup plus ample au spectateur.

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Busca Salsa : Dans ta manière de jouer nous avons noté que tu as l’habitude de faire beaucoup de roulements de la main gauche et de développer plutôt des mélodies de la main droite. C’est quelque chose que tu as appris ou c’est ta manière de méler mélodie et rythme ?

Paoli Mejías : Au niveau de la technique sur la conga à PR nous sommes influencés par Giovanni Hidalgo et Richie Flores qui sont des percussionnistes qui ont développé leur technique de façon incroyable. De Giovanni tous les percussionnistes ont appris quelque chose. Son influence a été recherchée tout simplement parce que c’est un génie, il a la perfection. Il n’y a qu’une technique sur la conga. Tu la développe et tu lui donnes ta personnalité. Je fais le même exercice sur la conga pour développer la technique mais je lui donne mes couleurs personnelles, mes goûts influencés par la musique que j’ai apprise. Peu à peu je fais mes trucs techniques mais je suis une personne qui n’aime pas saturer la musique dansante de technique. J’aime maintenir le tumbao pour que les gens qui sont en train de danser le gardent ce tumbao avec la basse et le piano.

Busca Salsa : Plus pour l’esprit, l’ambiance...

Paoli Mejías : Exact. La technique t’aide à ne pas te fatiguer et aussi pour le public qui aime beaucoup les choses rapides, c’est le show, n’est-ce pas ?

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Busca Salsa : ...La technique est bonne quand elle ne se voit pas...

Paoli Mejías : (rires) Ce sont des choses qui aident jusqu’à un certain point. L’évolution de la conga ou du tambour, de la tumbadora, la technique fait partie de ça, tu peux appliquer beaucoup d’exercices de drums, de batterie à la conga mais ce n’est pas vraiment que de la technique ...

Busca Salsa : Nous ne voulions pas parler trop de technique. Ce qui nous intéresse le plus est ta vision de la musique. Tu ne laisses pas beaucoup de vide dans la musique ; quand un musicien joue, tu laisses un peu d’espace mais tu complètes souvent ensuite. Tu penses que le rôle de percussionniste est de complèter (comme une finition) ou c’est une base ?

Paoli Mejías : c’est une base mais ça dépend du groupe dans lequel tu joues. Par exemple dans le mien, il n’en est rien. Dans mon groupe je ne joues pas de façon constante. Mon groupe a une dynamique différente. Je ne joue pas la conga tout le temps. Parfois je prends des solos timbales, congas, je fais quelques breaks. Dans les orchestres comme ceux de Jerry Medina ou Eddie Palmieri, oui je joue tout le temps en essayant de maintenir une base rythmique pour les danseurs.

Busca Salsa : Tu es connu dans le genre "Latin Jazz", mais nous avons parlé plus de salsa. Quand on parle de Jazz, on parle de bien des choses différentes. Quelles sont tes influences (rythmiques mais aussi harmoniques), plus précisement ?

Paoli Mejías : Mon influence principale est le folclore. Le Jazz est ce qui rend l’harmonique intéressant dans mon groupe. Par exemple j’utilise la musique folclorique pour qu’on lui fasse des arrangements de Jazz. Car le Jazz permet l’improvisation. Comme je te l’ai déjà dit, mes influences de jeunesse sont Irakere, Batacumbele. Ensuite j’ai commencé à acheter la musique de Paco de Lucia, la musique d’Afrique,...

Mon disque est nominé (NDT au Grammy Award 2005) dans la catégorie Latin Jazz bien qu’il comporte de la musique Indienne, de la Plena,... des choses très diverses. Dans ce type de prix on doit rentrer dans une catégorie bien spécifique de style. Je préfére qu’on ne pense pas à ma musique comme étant simplement du Latin Jazz.

Par exemple dans mon prochain disque je vais très peu jouer. Les arrangements sont prêts pour un second disque.

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Busca Salsa : Tu fais toi-même les arrangements ?

Paoli Mejías : Non. Je cherche des personnes très impliquées dans le Jazz, qui arrangent pour le Jazz comme Miguel Zenón, Luís Perdomo,... Ils vont faire les compositions du prochain disque. Ce sont des personnes qui ont une forte expérience du Jazz pur. Et moi je me charge de la question rythmique. Il est très important pour moi que la partie harmonique soit purement Jazz. Ensuite je mets toutes les influences des tambours qui me plaisent.

Sur mon premier disque il y a un "Straight Ahead Jazz" : "Evidence" de Thelhonius Monk et la seule chose qu’il y ait de latino c’est moi jouant des parties de songo, bomba, le tout mêlé dans un seul morceau, et ça je suis le seul à le faire. Tout le monde joue du be-bop... je suis le seul à mélanger.

Busca Salsa : Etre nominé au Grammy pour ton premier disque c’est incroyable.

Paoli Mejías : C’est impressionant. C’est un disque indépendent. Je l’ai fait avec mon argent. En vérité, je ne m’attendais pas à tant, parce que là je suis en compétition avec Bebo Valdes, Poncho Sanchez,... des gens très connus alors que moi j’ai fait mon premier disque seul, indépendent. Les gens ont dû beaucoup aimer le disque car je n’ai pas d’argent pour faire de promotion.

Busca Salsa : Pourquoi avoir attendu avant de faire ton premier disque ? Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt ?

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CD Mi Tambor

Paoli Mejías : Bien, j’attendais que beaucoup de choses personnelles s’arrangent dans ma vie. Des choses externes à la musique. Mais il fallait que tout soit en ordre pour que je puisse me dédier à ma musique. Des choses qui influencent ta manière de jouer. Je savais que j’allais faire un disque depuis longtemps. De même que j’allais me consacrer à une carrière de soliste. Quand on veut faire un disque en tant que soliste et l’emmener au niveau où j’essaye de le faire : internationalement, sans maison de disque -seul- tu as besoin de contacts, des personnes qui savent comment fonctionne cette activité là. A qui confier la musique. C’est très complexe. Sans appui des maisons de disque, tout est bloqué.

Busca Salsa : Faire un disque et le vendre sont deux choses différentes.

Paoli Mejías : Exact. J’avais un bon disque entre les mains à PR mais personne pour le distribuer. Je n’ai toujours pas de maison de distribution, je le vend ainsi peu à peu. Je le vends sur internet, j’ai déjà vendu 4 000 disques tout seul.

Ca fait beaucoup de disques vendus pour quelqu’un qui a fait un disque tout seul. J’ai fait refaire plus de disques. Parce que des gens, les amis, ou des personnes comme vous, écoutent le disque et disent : "waouh, ce disque est bon, donne-moi 20 disques" et ils les vendent. "Donne-moi 20 disques de plus". Ainsi les boutiques ont commencé à me demander des disques, car les gens leur réclamaient : "Tu as le disque de Paoli ?".

Busca Salsa : Après le Grammy il se pourrait qu’une maison de disque signe avec toi.

Paoli Mejías : C’est possible mais j’ai de gros doutes sur le fait de signer un contrat avec une maison de disque. A moins d’un bon contrat car ... j’ai déjà tout fait. J’ai monté le bâtiment. La maison de disque aide beaucoup dans la promotion de l’image. Mais ça c’est seulement s’ils le veulent. Ils peuvent tout aussi bien acheter ton disque sans le sortir.

Je suis la personne la mieux placée pour promouvoir mon disque, pour tout contrôler. Ca m’a coûté beaucoup de travail, je suis toujours en train de lutter. Je l’ai fait d’abord à PR, ensuite peu à peu aux Etats-Unis et maintenant j’essaye de percer le marché européen avec ce disque. Vraiment très difficile. Mais ça se passe bien pour moi. Je n’ai pas besoin d’être millionnaire. Je veux simplement que la musique arrive aux oreilles du plus grand nombre et que les gens apprécient, que les gens qui ont acheté le disque l’aiment. C’est tout ce qui compte pour moi. En ce moment je joue dans un festival de Jazz aux Etats-Unis, je rentre du Venezuela, de Porto Rico,... tous ceux qui voient le groupe disent :"waouh, ce groupe est génial !". C’est pareil sur le disque.

Comme je viens en Europe sans la référence d’une maison de disque (Concord Record, Universal ou Sony) c’est plus dur.

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Paoli Mejias aux congas.

Busca Salsa : Maintenant avec la nomination au Grammy...

Paoli Mejías : Oui, maintenant avec les Grammies...c’est possible que quelqu’un vienne et me dise : "je te distribue ici". Parfait, ça me plairait. Mais par contre si c’est une maison de disque qui veut me faire signer un contrat de 5 ans, il faudrait m’assoir pour parler avec eux. Car je souhaite avoir un grand contrôle sur mon produit.

Busca Salsa : Pour plus tard que vas-tu faire ? Un autre disque ? Tu vas continuer avec ta musique, travailler avec d’autres personnes ?

Paoli Mejías : Le prochain disque est en cours de préparation : dans à peu près 3 mois je commence à enregistrer. Je vais plus ou moins utiliser le même concept de musiciens. Il est très important de savoir quel musicien joue la musique que tu aimes.

A Puerto Rico j’ai enregistré la rumba, le premier morceau chanté par Jerry Medina, un thème très vieux. Il s’appelle "Cuidado con la percusión" et Jerry le chante magnifiquement. A PR il y a de bons musiciens pour jouer cela. Mais pour enregistrer du jazz, c’est mieux à NY, car les studios de NY sont faits pour ça. Ils ont des pianos acoustiques, d’excellents musiciens, des personnes qui sont en permanence en train de jouer du jazz. Pour ce type de son, le son du platillo, le son du studio, comment s’égalise un piano ... Tous ces détails comptent énormément pour que le disque ait le son que tu souhaites dans ce genre en particulier. J’ai enregistré une partie à PR, où on fait les meilleurs sons salsa, car les ingénieurs savent comment cela doit sonner. Je suis parti à NY pour enregistrer le Jazz. J’ai surveillé tout ça. J’ai travaillé avec John Fausti un ingénieur qui a gagné environ 15 Grammies (il a travaillé pour Eddie Palmieri, Tito Puente, Ray Barretto, la Fania,...), super connu dans le monde des ingénieurs du son. Je me suis assis avec lui et on a fait un travail compétitif avec n’importe quel autre disque au monde (...). Nous avons fait une pochette attractive qui montre les facettes des tambours. Cela interpelle.

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Bomba (buleador)

Là [7] c’est le tambour de Bomba à PR sur la plage, ça s’appelle un buleador. Je l’ai appelé "Mi Tambor" (mon tambour) car c’est le tambour portoricain de la Bomba africaine. J’ai réfléchis calmement à tous ces détails. Cela m’a pris un an pour le faire, mais ça valait la peine.

Ces gens qui ont voté pour me nominer aux Grammies ne savent pas qui je suis, ça veut dire qu’ils ont dû écouter le disque et cela a dû leur plaire pour qu’ils aient voté pour moi. Déjà rien qu’avec une nomination c’est une victoire dans mon cœur.

Busca Salsa : Tu vas donc continuer comme leader.

Paoli Mejías : définitivement...

Busca Salsa : Il ne nous reste plus qu’à te souhaiter bonne chance pour le 3 novembre.

Paoli Mejías : On verra. Ce serait une énorme surprise. Si je gagnais un Grammy avec ce disque ce serait historique à PR. C’est pratiquement impossible : un disque de ce genre, indépendant....

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Paoli Mejias

[1] Bomba : danse afro-portoricaine née au XVIIIème siècle dans la région de Loíza. Pour en savoir plus sur la Bomba voir ICI.

[2] Plena : musique floklorique portoricaine caractérisée par ses tambourins manuels (alors que la bomba utilise de gros tambours).

[3] Quinto : nom de la conga aiguë (tambour en fût aigu).

[4] Batá : tambour sacré de la Santería.

[5] Songo : rythme inventé dans les années 70 à Cuba par le percussionniste Changuito.

[6] litt:enfermée

[7] Il désigne le grand tambour photographié avec la danseuse en bleu sur la pochette.