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Les premiers orchestres de Salsa au Venezuela

Introduction à la série d’articles consacrée à la salsa vénézuélienne

Publié le 1er février 2005, par : Chabelita

Autant l’avouer tout de suite, faire un article sur l’histoire de la salsa vénézuélienne est une entreprise périlleuse. Cette histoire est tellement riche que nous ne pouvons qu’en retracer les grandes lignes, sachant pertinemment que nos omissions seront nombreuses.
Milles excuses aux puristes, cette série d’articles s’adresse avant tout à ceux qui ignorent complètement l’existence du mouvement "salsa au Venezuela".

  • Les prémices avec le Son et les big bands

Tout commence par la tournée du Trío Matamoros au Venezuela en septembre 1933, l’engouement est tel qu’il motive les musiciens locaux à donner naissance aux premiers groupes de Son : Sexteto Valencey, Conjunto Rex, Sonora Caracas [1].
Plus tard, durant les années 40, l’orchestre cubain "Casino de la Playa" et les "Big Bands" Nord-américains inspirent les premiers orchestres dansants du Venezuela. Les pionniers sont Luis María Frómeta, immortalisé sous le pseudonyme de Billo, Luis Alfonso Larrain , Jesús "Chucho" Sanoja, et bien d’autres. Ces orchestres dansants, régalèrent l’audience vénézuélienne, en interprétant la Guaracha cubaine, la Cumbia et le Porro colombien, les Merengues (Dominicains et vénézuéliens), boléros, paso-dobles, entre autres rythmes.
Les Billo’s Caracas Boys et Los Melódicos faisaient une musique simple, uniforme.
Considérés comme les deux orchestres les plus populaires du Venezuela, ils se produisent encore sur scène en 2004.

En 1963, Tito Rodriguez et son orchestre font une tournée au Venezuela, ils remplissent les carnavals et enregistrent un disque de collection : "Tito Rodriguez en Puerto Azul". Ils y retourneront quelques mois plus tard, avant de dissoudre l’orchestre.

  • Le mot SALSA vient du Venezuela ?

Où a-t-on désigné en premier les divers rythmes caribéens par le mot ’salsa’ ? La polémique est virulente parmi les spécialistes. Le Venezuela revendique la primauté et défend sa thèse : selon la légende, l’appellation SALSA aurait été initiée par l’animateur de radio vénézuélien Phidias Danilo Escalona. Durant son émission de radio : "La hora del sabor, de la salsa y el bembé" Phidias disait : "faites votre sauce (Salsa) ». Certains disent que tout est parti de là et que le mot se serait propagé au-delà des frontières : à New York, aux Caraïbes et dans le monde entier. Pour d’autres l’origine est ailleurs. Peu importe, ce qui est certain, c’est que le mot salsa a commencé à être abondamment utilisé au Venezuela dès le milieu des années 60 :

Les 1ères utilisations du mot "salsa" sur des disques au Venezuela :
Federico Betancourt -1966- « Llegó la salsa » ; Federico Betancourt -1966- « Salsa y Sabor » ; Los Dementes -1967- « Manifestación en Salsa » ; Orlando y su Combo -1967- « Salsa con mi Combo » ; Porfi Jiménez -1967- « Salsa y Bugaloo » ; Federico Betancourt -1967- « Más Salsa » ; « El Pavo » Frank Hernández -1967- « Pavo en Salsa » ; Orlando y su Combo-1967-« La Salsa de Orlando » ; Los Dementes -1967- « La Salsa Llegó con los Dementes » ; Pupi y su Charanga-1967-« Salsa con Boogaloo » ; Orlando Briceño -1967- « Salsa y ... Algo Más » ; Genaro y su All Stars -1967- « Mucha Salsa » ; Orquesta Universidad - 1967- « Llegó con Salsa » ; Principe y su Sexteto -1967- « Salsa de Guaguanco » ; Rincón Morales -1967- « Gaitas, Candela y Salsa » ; Floromanco -1967- « Salsaaa » ; Nelson y sus Estrellas -1967- « La Salsa y el Swing » ; Federico Betancourt -1968- « Psicodélico con salsa »...

Durant les années 60, la démocratie a du mal à s’installer au Venezuela. La musique est elle aussi en période d’instabilité. Comme partout ailleurs, les grands orchestres tendent à disparaître, car il n’était pas rentable de maintenir de telles structures. Un a un les grands orchestres se dissolvent, et des formations plus petites voient le jour. Trois auront marqué leur époque : El Sexteto Juventud, Los Dementes de Ray Pérez et Federico y su Combo.

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FEDERICO Y SU COMBO SABOR.. !

 [2]

    • Federico y su Combo Latino Un des premiers disques sorti sous le nom « salsa » a été fait par Federico Betancourt, avec son orchestre : Federico y su Combo Latino, ce disque est "Llegó la Salsa" sorti en 1966. Dans cet orchestre sont passé les meilleurs interprètes de l’époque : Rogelia "Canelita" Medina, José "Joe" Ruíz, el "Negrito Calavén", Carlín Rodríguez et Dimas Pedroza. A partir de là, l’impulsion était donnée. Dans tout le Venezuela apparurent des orchestres et groupes de salsa, certains avec plus de succès que d’autres. La plupart d’entre eux étaient basé à Caracas.
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      Federico y su Combo Latino
      Psicodelico con salsa

 [3] Tous les vinyles enregistrés par Federico y Su Combo chez le label Palacios sont collector. [4]

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    • El Sexteto Juventud actuellement sous la direction de Olinto Medina et Pedro Aparicio Arnaldo Arocha, a commencé ses activités musicales il y a 40 ans.
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      Sexteto Juventud

Des décennies de succès dédiées à créer et à amplifier un répertoire de thèmes originaux, qui les ont conduit sur les scènes nationales et internationales : “Mi calvario”, “La cárcel”, “Caramelo y chocolate”, “Lejanía”, “Una sola bandera”, “Mala”, et “Pa’ La Guaira”, sont quelques unes de leurs interprétations qui leur ont valu des prix, tels que “El Guaicaipuro de oro”, “Disco de oro”, “Trofeo espectáculo”, “Premio prestigio nacional”, “Angel de oro”, entre autres. Pour tout savoir sur le Sexteto Juventud, nous vous invitons à consulter leur biographie et leur abondante discographie.

    • Los Dementes et ses chanteurs Teo Hernández, Dimas Pedroza et "Watusi". Fondé en 1965 par Ramón ‘Ray’ Pérez, pianiste, arrangeur et compositeur, né en 1938 à Barcelona, Venezuela. Ray Pérez était aussi directeur des orchestres « Los Calvos », « Los Kenya » et « Grupo Casabe ». Voir la discographie de Ray Pérez : Ici.

Les autres groupes qui font le bonheur des collectionneurs :

    • Tabaco y sus Metales : voir ici la biographie et la discographie de cet artiste aux talents multiples, qui nous laisse des merveilles de la "salsa callejera".
    • Principe y su Sexteto. Quelques uns de leurs albums : "Descarga Funk-Guaguanco" ; "Venezuela Descargas Obscure".
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Principe y su Sexteto : Salsa de Guaguanco
    • La Renovación. Nicolás « Nico » Monterola : un maître bongocero a formé l’orchestre "Renovación" au début des années 70. Il s’est inspiré de la façon de jouer du bongo du cubain Yeyito Iglesias. Il est aussi un fabricant de percussion renommé basé à Catia, Caracas.
    • L’actualité du premier homme sur la lune a inspiré Roberto Roena pour baptiser son "Apollo Sound", et au Venezuela Los Satelites, qui est le premier orchestre vénézuélien à s’exporter et à se produire au Madison Square Garden.

      Siempre en órbite {JPEG}Lo Mejor de Los Satelites {JPEG}

      Cheche Mendoza y Los Satélites {JPEG}Disco de Oro {JPEG}

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    • Nelson y sus Estrellas : Les frères Nelson et Luis Felipe González (cuatro, guitare) forment l’orchestre Nelson y sus Estrellas dans les années 60. Sous l’influence d’Orlando Marín, Joe Cuba, Eddie Palmieri, Tito Rodríguez et tout ce qui arrivait de New York. En 1967 ils sont disque d’or avec « Kikiriki », chanson de style charanga. Dès 1969 Nelson y sus Estrellas ont fait des tournées internationales. En 1972, la chanson « Payaso » fut le thème de la Feria de Cali, laquelle a été reprise 18 fois. En 1975 les ennuis de santé de Nelson mettent fin à « Nelson y Sus Estrellas ». Son frère Luis Felipe crée son propre orchestre appelé : "Don Filemón y su banda" au Venezuela et "La Super Banda" en Colombie. Les tournées internationales se multiplient avec les succès : "La Flaquita", "Abusadora", "La Queridísima", "La Gitana Enamorada", et "La Saporrita". En 1979 Nelson reprend du service : concerts et un nouveau disque à Los Ángeles. Aujourd’hui Luis Felipe continue sa carrière avec son « Orquesta Internacional ».

Les amateurs de "Son" traditionnel doivent se rappeler du groupe sonero clásico del caribe qui à la fin des années 70 a marqué le milieu salsero vénézuélien avec "Carmelina". Ce n’était pas de la salsa mais bien du vieux son cubain, sans trombones, sans mambos dans le montuno, sans conga mais avec un tres et une seule trompette à sourdine. Ils ont séduit par leur fraîcheur, leur naturel. C’était un sextet à la vieille mode caribéene formé par le bongocero Carlos Emilio Landaeta "Pan con Queso". A côté du Son traditionnel, ils interprètaient Guarachas, Boleros, Guajiras, Guaguancó,... En 1991 « Sonero Clásico del Caribe » a fêté ses 15 ans avec un disque rempli de classiques de la musique Caribéene. En 2002, ils ont fêté leurs 25 ans par un concert à Caracas. Après le décès de Carlos Emilio Landaeta (’Pan con queso’), l’orchestre poursuit sa route sous la direction du fils : Pablito Landaeta.


Les articles suivants vont continuer à dérouler la chronologie de la salsa vénézuélienne, et certains articles développeront en détail la trajectoire des orchestres les plus marquants.

Principale source : El Libro de la Salsa de Cesar Miguel Rondon.


[1] Celia Cruz a fait un passage dans la La Sonora Caracas.

[2] FEDERICO Y SU COMBO SABOR.. !

Orchestre : Federico y su Combo Latino
Titre de l’album : Sabor
Label : Foca Records

    • Face A : Dale fuera - Me bote de guapo - A mover el esqueleto - El vendedor que no fia - Un brujo en guanabacoa.
    • Face B : El agua limpia todo - Quimbombo - Blen blen - Cuando me besas - La confianza.

[3] Le disque "Psicodelico en Salsa" comprend trois guarachas : "El Alacran", "Que Dichoso Es" et "Yuca y Boniato", un boogaloo et une pachanga "Campesina".

[4] Idem pour les disques des "Sonero Clasico Del Caribe" chez FOCA, et tout "El Trabuco Venezolano".

Documents joints

  • Sexteto Juventud

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  • Coupure de presse sur le Sexteto Juventud

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  • Message 2
    • par Al1, 8 février 2005 - > Les premiers orchestres de Salsa au (...)

      Ray Perze, c’est de la bombe ! Encore faut-il dénicher ces perles !

      Indochino —

  • Message 1
    • par Al1, 8 février 2005 - > Les premiers orchestres de Salsa au (...)

      Merci pour ces articles très intéressants sur la Salsa Vénézuélienne. Le Vénézuela a produit de Salsa de grande qualité et insoupconnée !

      J’attends avec impatience la suite de ces articles sur La Critica Y Oscar D’Leon, Los Blanco !

      Pour info : il y a une très bonne compilation "GRAN BAILE CON 3 ORQUESTAS" qui est sortie voila qqs mois regroupant : Nelson Y Sus Estrellas, Los Satelites, Los Blanco. A decouvrir !

      Indochino