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Lebron Brothers - My Cool Boogaloo 1/2

Du Boogaloo à la Salsa

Publié le 1er mai 2005, par : guayacan

Nous sommes au milieu des années soixante. La musique latine est en plein bouleversement, frappée par la conjonction de la révolution cubaine, de la fin des big bands de la vague beatles, les latinos perdent leurs marques. Pachanga, Charanga, puis Boogaloo vont se succéder et précéder l’ère de la Salsa.

Entre 1967 et 1974, quatre puis cinq frangins black vont marquer leur époque. Originaires d’Aguadillas, élevés à Brooklyn, ils commencent la musique très tôt. En 1965, deux groupes Lebron se côtoient. Pablo (29 ans) chante avec Los Arecibeños, José (17 ans) joue le piano avec eux, et Angel (15 ans) fonde "Angel Lebron y su Orquesta". Ils rencontrent quelques petits succès et se décident à tenter leur chance avec un producteur. Ils vont présenter leur travail à George Goldner l’un des plus importants personnage de la musique latine de l’époque [1]. George Goldner avait pressenti le mouvement Boogaloo, sur Cotique il avait d’entrée signé deux des futurs grands noms de ce genre musical : Johnny Colon et Joey Pastrana. Il est séduit, et signe les Lebron (Angel, José et Pablo) sous la condition qu’ils renomment leur groupe les Lebron Brothers. Ils enregistreront entre 20 et 30 disques pour ce Label, plusieurs d’entre eux n’ont (malheureusement) pas (encore ?) été édités.

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Psychedelic Goes Latin

Le succès est au rendez vous dès le premier disque Psychedelic Goes Latin : Summertime Blues, Suena, My Cool Boogaloo. En alternant les textes en anglais chantés par Elliot et ceux en espagnol par Pablo, ils touchent à la fois l’audience Black avec ce qui deviendra le Latin Soul, et l’audience Latino avec une musique proche de ce qui deviendra la Salsa. Ils garderont une certaine amertume de ce disque [2], celle d’un contrat pour le moins défavorable [3]...

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The Brooklyn Bums

Suite à ce succès ils sortent The Brooklyn Bums du nom d’une équipe de locale de Baseball. Sur ce disque, Pablo chante cinq des neuf chansons (dont Apurate, Vacilón, Son Sabroson...) sur des airs de plus en plus nettement salsesques.

A partir de I Believe dont on retiendra en particulier Lo Tuyo Llegara(1969), le son des Lebron se stabilise pour plusieurs années. Le groupe est constitué d’une section rythmique complète (piano, basse, timbales, conga et bongo) et de quatre cuivres : sax alto, tenor et deux trompettes. José et Angel composent et arrangent la majorité des chansons du groupe, la principale voix (la seule en espagnol) est celle de Pablo, et les chœurs restent l’apanage de la famille !

I Belive Brother Llegamos

Avec l’album suivant Brother, Carlos Lebron (Bongo et Chœur) est officiellement présenté. Le hit du disque, il y en a toujours au moins un avec les Lebrons, est Fe. Avec Llegamos, le répertoire devient 100% Salsa, et le cinquième frère (Frankie, congas) vient compléter le groupe. Ce dernier n’apparaitra sur les pochettes qu’à partir de 1973. Une chanson est particulièrement à retenir sur ce disque : Mi Fracaso.

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Salsa Y Control

Le disque Salsa Y Control les placera définitivement sur la carte. On peut entendre dans la chanson éponyme, celle qui sera désormais l’hymne des Lebron « La gente pide Salsa y Control » [4], elle sera pour cela interdite dans plusieurs pays. Disque et chanson font partie des éléments qui ont contribué à imposer le mot Salsa désignant un mouvement musical. C’est aussi probablement grace à ce disque, l’un des plus populaires du début des années 70, que le groupe survivra à la fin de l’ère du Boogaloo.

Pablo Picadillo A la Criolla En La Union Esta La Fuerza

Entre 1970 et 1972, Pablo (Se Que Sufrire), Picadillo A La Criolla (Temperatura, Falta, La Agonía), El La Union Esta La Fuerza sont les trois derniers disques des Lebron chez Cotique avant l’absorption du label par la FANIA.


[1] il a fondé entre autres Tico Records, le label de Tito Rodriguez, Tito Puente, Machito... voir
- George Goldner sur Both Sides Now Publications
- Tico Records sur Spectropop

[2] voir "Cha Cha with A Backbeat" : Songs and Stories of Latin Boogaloo

[3] Johnny Colón est probablement le producteur des premiers disques des Lebron, il n’est pas mentionné...

[4] les gens demandent de la Salsa et du contrôle