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Larry Harlow - Biographie

Pianiste, multi-instrumentiste, arrangeur, producteur, ingénieur du son, compositeur...

Publié le 17 juillet 2008, par : Chabelita

A près de 70 ans, Larry Harlow a une expérience musicale impressionnante. Sa biographie est si longue que nous sommes obligés de faire quelques omissions. Rien de surprenant pour un des piliers de la FANIA All Stars et de la salsa dans son ensemble, que vous pourrez voir "en vivo" le dimanche 27 juillet 2008 sur la scène de Tempo Latino.

Né en 1939 à Brooklyn, de parents musiciens [1], Lawrence Ira Kahn-Sherman, deviendra plus connu sous le pseudonyme de Larry Harlow dit "El Judio Maravilloso" [2]

Larry Harlow a commencé le piano à l’âge de 5 ans, et a suivi une solide éducation classique.

En 1955, il fait une première apparition dans un orchestre de son école : Hugo Dickens y su orquesta, avec Willie Bobo. Une première approche qui lui donne envie d’écouter les disques de Noro Morales et Xavier Cugat, et d’apprendre par coeur les solos de piano.

En 1956, il visite La Havane pour la première fois. Il est surpris par l’abondance musicale qu’il y rencontre : Conjunto Aragon, Benny Moré, le Septeto Nacional Ignacio Piñero,... Un tel enchantement pour le jeune pianiste qu’après le lycée, il part étudier à La Havane de mai 1957 au 1er janvier 1959.

Après cette formation musicale sous la tutelle du maestro Fernando Ortiz, il créé son propre orchestre en 1964.

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Heavy Smoking

Son premier album sort en 1975 sous le tout nouveau label FANIA, il s’intitule "Heavy Smoking". C’est la seconde production du catalogue FANIA. On y trouve au chant Felo Brito, deux trompettes (Alfredo "chocolate" Armenteros et Ralph Castrello) et deux trombones (Marc Weinstein et Julian Preister). Cette nouvelle proposition rythmique, jamais écoutée auparavant, est devenue la base de bien des orchestres salsa jusqu’à aujourd’hui. Ce disque fut un succès qui ouvrit bien des perspectives au nouveau label.

Sur son second album "Gettin’ off" le pianiste fait appel à la voix de Monguito "el unico".

Son succès se confirme en 1967 avec l’arrivée du chanteur Ismael Miranda qui restera cinq ans dans le groupe, le temps d’enregistrer :
- El Exigente (1967)
- Larry Harlow presenta a Ismael Miranda (1968)
- Me and My Monkey (1969)
- Electric (1970)
- Abran Paso (1970)
- Tribute to Arsenio Rodriguez (1971)
- Harlow’s Harem (1972)

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Abran Paso

Remplacé par Junior Gonzalez, Ismael Miranda part alors vers une carrière soliste.

Les années 70 sont celles d’un succès en continu, marqué, outre ses disques en tant que leader et son travail de producteur (plus de 200 albums de divers artistes), par des réalisations d’envergure.

En 1971, il fut au départ de l’idée du concert historique au Cheetah et de celle de le filmer. Cela deviendra le film "Our Latin Thing", co-produit par Harlow et qui propulsera la salsa sur la scène internationale.

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Hommy

Il produit en 1973 le premier opéra-Salsa de l’histoire : "Hommy", adapté de l’opéra-rock "Tommy" des Who, qui sera joué au Carnegie Hall avec l’appui d’un orchestre symphonique sur une musique et des textes co-écrits par lui-même et Genaro "Heny" Álvarez. "Hommy : A Latin Opera" est arrangé par Marty Sheller et comprend 20 morceaux chantés par Cheo Feliciano, Adalberto Santiago, Justo Betancourt, Pete "El Conde" Rodríguez, Heny Alvarez, Junior Gonzalez et Celia Cruz.

L’innovation voulue par Larry Harlow se poursuit sur l’album "Salsa" (1974) où il fait revivre le son des charangas, pour cela il incorpore deux violons dans sa formation. Les titres "La Cartera" et "El paso de Encarnacion" marquent cet album.

La même année (1974) il réalise le premier album salsa en quadriphonie "Live in Quad".

En 1977, "Jardinero del amor" est le dernier album avec Junior Gonzalez, qui laisse la place à Nestor Sanchez, "el albino divino".

L’album suivant "La raza latina" (1977) retrace l’histoire de la musique latine et est sélectionné pour un Grammy. On y note la participation de Rubén Blades.

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La Raza Latina

En 1979, Larry Harlow est associé au Dominicain Fausto Rey sur "La Responsabilidad", avec Nestor Sanchez comme choriste. Nestor Sanchez redevient chanteur principal sur Rumbambola qui sort en 1979 et "El Dulce Aroma Del Exito" en 1980.

Larry Harlow sort ensuite "Nuestro Sentimiento Latino" (1980), puis "Asi Soy Yo" (1981) chez Coco Records, avec Gary Carrion comme chanteur principal et Nestor Sanchez faisant les chœurs.

Son dernier album chez le label Fania est "Yo Soy Latino" avec Nestor Sanchez.

Dans les années 1980, la production de Larry Harlow diminue. Il sort "Señor Salsa", avec le chanteur principal Ray Perez, chez Budda Tropical.

En 1984 il produit "La Verdad", premier album solo aux États-Unis du chanteur et compositeur Israel "Kantor" Sardinas.

En 1998, il réalise avec son frère Andy :

- "Salsa Brothers / Miami Sessions" sur Songo Records.
- "Mi Tiempo Llego", avec Ray Perez au chant sous le label Cache.

En 1994, il fonde "Las Leyendas latinas /Latin Legends Band" avec Ray Barretto, Adalberto Santiago au chant, Emo Luciano, Luis Rosario, Nicky Marrero, Bobby Sanabria, Louie Bauzó, et Chembo Corniel aux percussions, Lewis Kahn au trombone et au violon, Richie Viruet à la trompette et Yomo Toro au tres côtoient le bassiste Ray Martínez et les étoiles du jazz, latin ou non, Joe Fiedler au trombone, Mac Gollehon à la trompette ou Frank Fontaine au sax et à la flûte. De cette expérience nait l’album "Larry Harlow’s Latin Legends Band 1998" sous le label Jerry Masucci Music.

Ces dernières années, il a réalisé un spectacle pédagogique pour enfants : "sofrito".

Il a aussi une formation tournée vers le Latin-Jazz : LARRY HARLOW’S LATIN JAZZ ENCOUNTER avec laquelle il a sorti : "Larry Harlow’s Latin Jazz Encounter : Live At Birdland" (2002) chez le label Latin Cool 1001.

La retraite n’étant pas au programme de Larry Harlow, nous ne doutons pas de voir sa biographie augmenter d’encore quelques chapitres et enregistrements.


[1] Un père bassiste et une mère chanteuse d’opéra.

[2] El Judio Maravilloso, le juif merveilleux, en hommage à Arsenio Rodriguez "el ciego maravilloso", l’aveugle merveilleux.