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2008 Toros Y Salsa Festival / Programme

Publié le 1er juillet 2009, par : François

Echando pa’lante ! [1]

On parle souvent de la vague d’immigration latine qui déferla aux Etats Unis à partir des années 30 et qui fût à l’origine de l’identité même de la salsa. Mais on parle moins souvent de celle qui eut lieu en Europe durant les années 70-80 avec son flot de musiciens gonflés d’espoir venus chercher de meilleurs lendemains sur le vieux continent.

Pourtant grâce à eux et une poignée de passionnés, la musique latine vécut un véritable second souffle à l’origine de l’explosion des rythmes latinos en Europe dans les années 90. Cette année, le festival a voulu leur rendre hommage car sans eux Toros y Salsa n’aurait probablement jamais vu le jour.

Partir loin de sa patrie et de ses proches est un choix difficile ; paradoxalement, il traduit à la fois un profond sentiment d’injustice et de désarroi social mais aussi un courage et une volonté confinant parfois à l’obsession, des sentiments qui nourrissent depuis le début les messages véhiculés par la salsa.

A la fin des années 80 une vague de musiciens débarquent de Cuba, du Vénézuela et de Colombie et bon nombre d’entre eux choisissent comme point de chute les grandes capitales européennes Paris, Madrid, Berlin ou encore Stockholm et Amsterdam. Commence alors une nouvelle vie loin de tout repère où la débrouille, le talent, l’abnégation et la chance sont les ingrédients qui permettent une intégration convoitée et au bout, peut-être, la reconnaissance et la réussite sociale.

Contre vents et marées avec leur musique et leur éternel optimisme pour seuls bagages, ces musiciens n’ont eu de cesse de faire connaître leur culture à travers les rythmes caribéens. Clubs, discothèques et autres salles des fêtes sont leur terrain de lutte et que le lieu soit plein ou le plus souvent vide, leur sincérité et leur talent finissent quelques fois par attirer l’attention de quelques promoteurs avisés. Mais avant cela, que d’illusions perdues, de petits boulots, de « piges » à droite à gauche pour survivre. Comme le disent les latinos il faut alors « echar pa’lante y sacar las bolas » pour ne pas perdre espoir et tomber dans un oubli fatal. L’amour des proches, les amis de toujours qui croient en vous et l’angoisse de devoir rentrer dans son pays sans avoir réussi sont alors les seules bouées à laquelle il faut s’accrocher pour ne pas sombrer. Les plus pugnaces mais aussi souvent les plus talentueux arrivent finalement à vaincre les préjugés et les réticences pour enfin se voir donner une chance d’enregistrer un disque ou un contrat. Malgré un parcours semé d’embûches, ces pionniers ont pourtant su transmettre leur culture aux musiciens européens créant ainsi une dynamique qui ne s’est pas démentie jusqu’ici. Grâce à eux, d’excellents musiciens se sont intéressés aux rythmes complexes de la musique afro-caribéenne ; ils créent leur propre groupe ou intégrent des formations latines. De nouveaux horizons se sont ouverts et la salsa s’est enrichit d’influences insoupçonnées qui lui donne une saveur particulière et lui confère une nouvelle touche « européanisante ». Finalement voici le point commun entre tous ces artistes expatriés : unifier les hommes à travers la musique et par delà les frontières. Qu’ils en soient ici remerciés !

Toros y Salsa rend cette année un hommage sincère à tous ces musiciens déracinés qui aujourd’hui intégrés, gardent toujours intacte leurs racines culturelles et tentent à force de volonté et de sincérité de nous faire partager ce métissage à travers la musique.

Alfredo Cutufla fit partie de la première vague des salseros arrivée en France dans les années 80. Timbalero accompli ayant déjà une longue carrière derrière lui au sein de groupes reconnus au Vénézuela comme le Sexteto Juventud ou La Descarga de Los barrios, il tente sa chance à Paris. Comme beaucoup d’autres il y rencontrera sa future femme et décidera de rester. Après avoir crée ou intégré diverses formations, il fonde la Charanga Nueva en 1987 qui compte dans ses rangs certains de meilleurs musiciens latinos de la capitale. Délaissant sa fameuse Charanga, Alfredo Cutufla nous propose cette année un avant goût de son prochain disque qui rend hommage à la salsa des années 70, celle la même qui fut représentée par de prestigieux artistes comme Joe Cuba, la Perfecta d’Eddie Palmieri, la Dimension Latina ou encore Tabaco y su sexteto.

José Luis Moran, originaire de Maracaibo, est arrivé en Espagne en 2003. Cet autodidacte est un artiste complet qui s’est nourrit de toutes les influences caribéennes. Les maisons de disque Vénézuéliennes restent pourtant sourdes à sa musique et il n’a d’autre choix que de tenter lui aussi sa chance en Europe. Bien lui en a pris car depuis son agenda affiche complet et il est très souvent sollicité pour partager la scène lorsque des groupes de renom sont en tournée. Il forme l’orquestre Madridcaibo avec lequel il décide de faire de la salsa « à l’espagnole » respectant ainsi l’identité de son pays d’acceuil mais sans pour autant renier ses origines. Une salsa ouverte vers les autres à la qualité irréprochable.

On ne présente plus Gerardo Rosales, el « Señor Tambo », basé à Amsterdam depuis plus de 15 ans qui nous offrit en 2008 deux concerts fabuleux avec le collectif Venezuelan Masters Orchestra. Toujours en quête de nouveaux horizons, il revient cette année avec son projet Our Latin Groove qui rend hommage aux grandes heures du Boogaloo, du shing a ling et autre rythmes de la Pachanga qui inondèrent New-York dans les années 60 grâce à des artistes comme Joe Pastrana et Joe Quijano. Il se produira cette année avec son septet pour nous offir une fois de plus toute l’étendue de son talent. Our latin Groove traduit à merveille l’esprit débridé de ces années particulières ou l’influence du rock, le mélange de l’anglais et l’espagnol (spanglish) et la réduction des formats des groupes prirent le pas durant quelques temps sur l’hégémonique salsa.

Il n’y a pas que dans les capitales que les latinos se sont installés et des villes comme Barcelone et Marseille sont aussi des centres importants ou la communauté latino est foisonnante. Formé en 1998 par Alejandro Spina et Max Lizara le groupe Diabloson maintient une ligne musicale sans faille parfois au détriment d’une reconnaissance largement sous-estimée. Peu importe, chez eux point de concessions à attendre et le groupe aux fils des années s’étoffe en intégrant certains des meilleurs musiciens de la région PACA comme le chanteur charismatique Rafael Quintero. Français, Cubains, Argentins, Chiliens et Vénézuéliens se retrouvent ainsi unis pour l’amour de la musique afro-caribéenne et proposent une salsa métissée et sérieuse qui en font depuis déjà quelques années une valeur sure de la salsa « made in France ».

La Sucursal S.A fait également partie de cette génération de jeunes musiciens émigrés en Europe qui revendiquent la culture « del barrio » en d’autres termes la salsa de la rue et défendent avec conviction la « salsa dura ». Fruit du mariage entre cultures africaines, hispaniques et européennes, le groupe revisite de manière très convaincante la salsa des années 70 née à New York en lui imprimant une touche personnelle qui cristallise la multi-culturalité de ses membres. Un véritable coup de coeur que ne manquera pas de partager le public. Un groupe à découvrir et à suivre.

Pour compléter ce plateau, le festival a le grand plaisir de retrouver le groupe Porto-Ricain Truco y Zaperoko. Lors de leur passage en 2006 le groupe avait tout dévasté sur son passage grâce à sa salsa explosive et sa connivence avec le public. Ils ont choisi Toros y Salsa pour présenter leur prochaine production en Europe « Plena Rumba ». Considéré à Porto Rico comme l’un des groupes les plus novateurs et créatifs tant dans la salsa que dans le registre du folklore, le groupe échappe à toute classification grâce au talent et à la versatilité de ses musiciens. Plena, Bomba, jazz et salsa authentique se mêlent au gré des thèmes musicaux en une fusion rythmique reconnaissable entre toute. Un groupe à part dans le monde de la salsa ! Une histoire de cœur s’est installé entre Dax et ce groupe qui revient avec la ferme intention de nous faire partager une nouvelle fois des moments magiques.

Enfin le groupe Soneros del Caribe composé par certains musiciens de Diabloson a été chargé cette année de proposer une animation musicale à la mi-journée pour que la fête soit complète. Ce groupe propose une interprétation traditionnelle et authentique du « son » cubain tout en réinventant le genre à travers des arrangements modernes.

Echando pa’lante et bon festival !
François Charpentier
Directeur artistique

Vendredi 11/09/2009 :
- 22h30 La Sucursal (Barcelone)
- 0h30 José Luis Moran y su orquesta Madridcaibo (Madrid)

Samedi 12/09/2009 :
- 13h Soneros del Caribe (Marseille)
- 19h30 Diabloson (Marseille)
- 22h30 Gerardo Rosales y Our Latin Groove (Amsterdam)
- 0h30 Truco Y Zaperoko (Puerto Rico)

Dimanche 13/09/2009 :
- 13h Soneros del Caribe (Marseille)
- 19h30 Alfredo Cutufla y su septeto (Paris)
- 22h30 Truco y Zaperoko (Puerto Rico)

La Sucursal

Du quartier du Raval de Barcelone, anciennement Barrio Chino et véritable bastion du métissage musical en Catalogne, surgit cet orchestre qui regroupe douze musiciens d’origines diverses. Le noyau dur de l’orchestre est composé de quatre colombiens, fondateurs du concept, et dont l’objectif était de revaloriser le quartier à travers la musique, notamment la « salsa brava ». C’est par ailleurs à travers leur association que le quartier vibre désormais aux sons des musiques du monde lors de la grande fête La Alegría del Raval en été. Le côté socioculturel de leur démarche est d’ailleurs inspiré du modèle original de la salsa urbaine née à New York et dans quelques métropoles latino-américaines dans les années 60-70. Certains membres de La Sucursal, S.A. (La Sucu pour les amis) collaborent avec des groupes venus d’horizons aussi différents que le rock métissé , le flamenco ou encore la musique folklorique. Mais plutôt que de dériver vers la fusion, ces apports externes leur servent à renforcer la sonorité rauque et pourtant si moderne de leurs arrangements et compositions « old style ». Le chanteur Marcelo Rosero et Santiago Acevedo, contrebassiste, tous deux leaders et fondateurs du groupe en 2004, réussissent à recréer l’esprit urbain et revendicatif de la salsa de la meilleure époque. Après deux décennies de sons « light » et uniformisés, la tendance est au retour à la vieille école à l’image de leurs modèles. Mais il fallait bien sûr une parfaite maîtrise, beaucoup d’exigence musicale et pas mal de recherche pour justifier de reprendre la sonorité d’origine là où elle avait été avortée par l’avidité du marché musical il y a plus de vingt ans. C’est ce que La Sucursal, S.A. réussit avec son premier album « Lo Nuestro » où il ne s’accordent qu’une seule reprise en plus de leurs dix compositions originales, en hommage à la Sonora Ponceña et au sons de leur ville adoptive, en y invitant la chanteuse du groupe Ojos de Brujo, Marina La Canillas, pour cette vieille copla espagnole remise au goût du jour, « La Bien Pagá ». Malgré la jeunesse du projet, ils ont participé à de grandes rencontres salseras en France et en Espagne et sont attendus à Oslo et au Marché de Musique Vivantes de Vic (Barcelone) à la rentrée. Mais pour La Sucursal, S.A. la cerise sur le gâteau est surtout d’avoir été programmé au festival Salsa al Parque à Bogotá, qui représente pour eux la reconnaissance par leurs concitoyens, les salseros les plus aguerris de la planète.

Merci à Verónica Chiner

Musiciens :
- Marcelo Rosero Morales Chant lead
- Miguel Ramon Rubiano Tiple, Guitarre
- Sebastian Cabra Timbales
- Santiago Acevedo Basse
- Fernando Tejero Piano
- Juan Daniel Restrepo Trompette
- Fernando Rico Saxophone Tenor
- Abel Herrera Trompette
- Albert Costa Trombone
- Miguel Porras Congas
- Enzo Verdu Choeurs, guiro
- Joaquin Arteaga Bongo

ALFREDO CUTUFLA Y SU SEPTETO

Alfredo “Cutufla” Franchesqui est un percussioniste vénézuélien bien connu des salseros de Paris où il réside depuis le milieu des années 80. Originaire de Caracas, adolescent il se découvre une véritable passion pour la musique qui lui fit abandonner sur le champ sa vocation première d’artiste peintre. Cette passion est intimement liée à son instrument de prédilection les Timbales. Son surnom de “Cutufla” lui vient d’ailleurs de cette époque ou il apprenait les premiers rudiments de la percussion. Lors d’une répétition il massacre avec aplomb les bongos qu’il prend... à l’envers ! Les sonorités pour le moins particulières se rapprochaientt plus de l’ onomatopée (Ku - tun - fla) que d’un véritable son et “Cutufla” devint son surnom. Il intègre le sexteto Los Sociales puis le sexteto Venezolano au sein desquels il développera sa technique en cotôyant des percussionistes come Cheo Navarro et Alfredo Padilla. Puis vient l’épisode du groupe La Renovacion, une aventure partagée avec son compère de toujours le chanteur Watussi et dans lequel on retouvrera le futur chanteur de la Dimension Latina, Leo Pacheco. Mais sa carrière démarre véritablement avec le mythique Sexteto Juventud fondé par Olinto Medinas et grâce auquel il deviendra un timbalero reconnu, lui l’autodidacte. Il participe alors au concept en vogue de l’époque, la Descarga de los Barrios, une formation à laquelle participaient tous les musiciens de Caracas mais également les musiciens en visite pour participer à une « Jam Session » et jouer gratuitement tous les dimanches dans les quartiers populaires. En 1978 il part pour New-York pour parfaire sa technique et prendre des cours de musique. Il y rencontre la fine fleur de la salsa de Manny Oquendo à Tito Puente avec lesquels il partage de temps à autre l’affiche. En 1980 il part en tournée en Europe. D’abord à Bruxelles puis à Amsterdam il joue dans diverses formations notamment la Salsa de hoy, avant de s’installer à Paris où il rencontrera sa future épouse. Los Salseros, La Manigua et le combo Ven tu sont les groupes successifs avec lesquels il écumera la capitale avant de former en 1987 sa propre formation la Charanga Nueva. Délaissant un temps sa charanga, c’est avec un septeto qu’il se produira cette année sur la scène de Dax pour nous présenter un avant goût de son dernier CD à paraître. Un retour au source pour ce percussionniste attachant qui a voulu rendre hommage à la salsa des années 70, cette époque dorée qui vit la naissance de la salsa et qui lui a tant apporté. Entouré de quelques uns des vieux briscards de la scène latine à Paris comme Cuchi Almeida et Julio Font, Alfredo Cutufla aura lui aussi l’occasion de montrer que son arrivée en France a permis la naissance d’un courant « à la française » qui perdure encore aujourd’hui contre vents et marées.

Musiciens :
- Alfredo « Cutufla » Franchesqui Directeur, Timbales
- Amijail Basse, choeurs
- Ludwig Franchesqui Vibraphone
- Atilio Cardenas Congas
- Julio Font Piano
- Kent Biswell Tres, Guitarre
- José « Cuchi » Almeida Bongos
- Jean Paul Tamayo Chant lead

GERARDO ROSALES AND OUR LATIN GROOVE

Ce percussionniste originaire de Caracas est sans doute le musicien latino le plus actif résidant actuellement en Europe. Infatigable investigateur, conguero insatiable et toujours à l’écoute des musiques du monde, on le retrouve sur tous les fronts, tant dans la performance scènique que la production mais aussi en tant que mélomane averti de l’histoire de la salsa. D’abord pianiste il devient à 8 ans percussioniste après sa rencontre avec Orlando Poleo avec lequel il suivra des cours pendants 3 ans au sein du « Taller del Arte » avant d’approfondir ses connaissances en musique floklorique afrovénézuélienne à la Fundacion Bigott de Caracas. En 1987, il démarre sa carrière professionnelle comme percussioniste dans des orchestres de renom comme ceux de Soledad Bravo ou le Trabuco Venezolano mais également en tant que sideman d’artistes comme Canelita Medina et Maria Rivas. Parallèlement à ces activités professionnelles il créent avec ses compères du Barrio Sarria l’orchestre « Salsa 70 » avec lequel il écumera les fêtes de quartier, les théatres et les clubs. Cette formation lui permet de retrouver l’esprit de la salsa brava celle née dans les quartiers mal famés et ses histoires de tous les jours qui en alimentent le répertoire. En 1992, il reçoit une invitation pour participer à l’exposition universelle de Séville à laquelle il se rend au avec le groupe « Caracas Son 7 ». Cette visite en Europe est un choc pour lui et il décide de s’y installer en espérant un avenir moins sombre. Musicien complet mais aussi fin connaisseur de la Salsa il impressione ses collègues par son savoir en matière de clave et l’étendu de son répertoire. Des musiciens déjà installés et aussi renommés que Alfredo Rodriguez ou Nicky Marrero n’hésitent pas à faire appel à lui et il se forge très vite une réputation de musicien sérieux « quien sabe ! ». Il s’installe en 1993 à Amsterdam où il ne cesse de multiplier concerts, enregistrements, conférences et cours de percussions. En 1995 sa rencontre avec le grand Paquito D’Rivera lors du festival North Sea, lui permet de participer à l’enregistrement du disque de Bebo Valdès « Bebo Rides again » qui signe le retour du pianiste exilé en Suède depuis 1961. Il y retouve Patato Valdès, Juan-Pablo Torres ou encore Carlos Emilio Morales. Ce disque marquera un tournant décisif dans sa carrière et le propulse sur le devant de la scène latino. Mais Gerardo a d’autres cordes à son arc ; il s’intéresse de très prés à la production ce qui lui permet de fonder sa propore société avec laquelle il aide à produire les jeunes artistes mais également participe à promouvoir la salsa en Europe. C’est ainsi que pour chacune de ses productions il sait s’entourer des meilleurs arrangeurs, des meilleurs musiciens et ingénieurs du son qui rendent ses disques irréprochables. Ce travail ne s’arrête pas pour autant à la musique latine et son ouverture d’esprit lui permet d’explorer d’autres horizons dans les musiques du monde. Cette année, « El Señor Tambo » nous revient en formation réduite pour nous présenter Our Latin Groove qui rend hommage aux grandes heures du Boogaloo et de la Latin soul. Fidèle à son devoir de vulgarisation comme il aime à le répéter, Gerardo Rosales montre une nouvelle facette de son talent pour le plus grand bien des amoureux de la danse.

Musiciens :
- Gerardo Rosales Directeur, congas, timbales, bongos
- Armando Vidal Timbales
- Thomas Böttcher Piano
- Randy Winterdahl Basse
- Efraim Trujillo Saxophone, flûte
- David Rotschild Trombone
- Alberto Caicedo Chant lead, percussion mineures

TRUCO Y ZAPEROKO

Les Caraïbes sont habituées chaque année aux vagues successives des cyclones et autres tempêtes tropicales ; le festival devra s’habituer à recevoir une nouvelle fois l’ouragan Truco y Zaperoko ! Pour définir la musique de Truco y Zaperoko il est nécessaire de s’immerger corps et âme au coeur de la richesse culturelle portoricaine, savant mélange de rythmes africains et d’influences caribéennes. Fruit de la fusion réussie entre la Plena, la musica jibara et la salsa, la musique de Truco y Zaperoko ne ressemble à aucune autre. Colorée et ébouriffante comme un masque de carnaval folklorique, leur salsa est à l’image de l’esprit de ses fondateurs, inventif et moderne. Truco y Zaperoko est né en 1999 de la réunion de deux groupes majeurs, Los Pleneros del Truco spécialisé dans les genres de la plena et de la Bomba, fondé par Hector Valentin et les frères Maysonnet et Zaperoko du tromboniste Edwin Feliciano. Maitrise parfaite de tous les types de percussion et des rythmes afrocaribéens, connaissance profonde de la musique afro-cubaine et du latin-jazz sont les ingrédients de ce phénomènal groupe qui revendique un esprit presque familial au sein de ses musiciens. Sans doute la clé qui leur permet une communion parfaite sur scène et avec le public. Le festival est heureux de les retrouver cette année après un passage resté dans les mémoires lors de leur venue en 2006. Une salsa explosive aux rythmes incandescents de la Plena mais aussi une connivence immédiate avec le public français leur avait ouvert « la puerta grande » de Dax. Ils ont choisi Toros y Salsa pour faire la présentation exclusive en Europe de leur toute dernière production « En Plena Rumba ». Des retrouvailles qui s’annoncent pleines d’émotion entre ce formidable groupe et le public de Dax.

Truco y Zaperoko :
- Giovanni Lugo Chant lead
- Edwin Feliciano Directeur, Trombone
- José Pizarro Piano
- Rafael de Gracia Timbales
- Jeremy de Jesus Flûte
- Antonio Vazquez Trombone
- Noel Rosado Percussions, Chant
- Henry Valentin Pandero
- Hector Valentin Pandero, co leader
- Alfredo Rodriguez Congas
- Luis « shaiky » Gonzalez Chant lead
- Carlos Rodriguez Basse
- Maysonet Ray Pandero, Choeurs
- Maysonet José Panderos
- Maysonet Miguel Guiro, percussions mineures
- Juan Santana Trompette

JOSE LUIS MORAN y la ORQUESTA MADRIDCAIBO

Surnommé « El Gato Salsero », le Vénézuelien José Luis Moran est considéré à Madrid comme l’instigateur de la salsa « Made in spain ». Musicien autodidacte originaire de Maracaibo il développe son amour de la salsa dans les années 70 à l’écoute de groupes comme Ruben Blades, La Dimension Latina, Son 14 ou encore Tito Allen et Lalo Rodriguez. Il démarre sa carrière professionnelle a 18 ans lorsqu’il intègre l’orchestre de Ricardo Hernandez avec lequel il fera ses premières armes en tant que chanteur. En 1984, lors de l’éclatement du groupe Guaco, il fonde la Orquesta Rococo notamment avec Carlos Kutimba et d’autres musiciens du groupe et grâce auquel il se verra remettre le prix national Ronda. Il participe ensuite à plusieurs enregistrements avec la Combinación 77 et Samuel del Real puis fut membre de plusieurs formations comme La Mayor, Tambores de Imbangala et Huracan de Fuego. Mais les maisons de disque se font tirer l’oreille pour produire ses disques et en 2003 il décide de quitter le Vénézuela pour tenter sa chance en Europe. Il atterrit à Madrid ou très vite il va se faire remarquer lors de concerts importants notamment durant « el Día de América » à Oviedo ou encore le Festival « Son Latina IV » de Tenerife. C’est le coup de pouce qui lui manquait pour se faire un nom. Il fonde sa réputation grâce à une voix chaude et très bien placée mais aussi pour sa connivence avec le public qu’il n’hésite pas à mettre à contribution lors de ses concerts. C’est ce rapport particulier avec le public qui lui vaudra d’être surnommé « El gato Salsero », sobriquet affectueux généralement attribué aux Madrilènes de souche. La reconnaissance ! Il fonde son groupe Madridcaibo composé de musiciens chevronnés aux multiples nationalités avec lequel il écume la péninsule, gagnant chaque fois plus de notoriété auprés du public et le respect de ses paires. Pour sa première présentation en France, « El Gato Salsero » a choisit Dax pour nous offrir une salsa colorée et dansante parfaite pour conquérir l’Europe.

José Luis Moran y Madridcaibo :
- Juan Castillo Piano
- Alfredo Ajete Basse
- Jaime Vásquez Tambora
- Nestor "El Chivo" Gutiérrez Congas
- Jimmy Rendón Timbales
- Jorge "Piraña" López Trombone
- Frank "Chino" Mayea Trompette
- Rafael Serrano Saxophone
- Emilio Mena Choeurs
- José Luis "El Gato" Morán Chant lead

DIABLOSON

Quelques « spécialistes » ont boudé cet orchestre à ses débuts car ils ne pariaient pas grand-chose sur l’avenir de ce « big band » rassemblé autour d’Alejandro « El pata » Spina et le pianiste Max Lizana. « Un argentin et un chilien qui font de la salsa ?!............... » argumentaient les colporteurs de clichés... L’un vient de la musique traditionnelle argentine (la Chacarera) et joue du Bombo ; l’autre a suivi une formation classique. Entourés d’un chanteur péruvien, un bassiste chilien, un tromboniste français, Diabloson commence par jouer des standards de la musique cubaine dans des petits lieux marseillais, il y a exactement 10 ans. Mais la musique, comme tout Art, est affaire de travail, de passion et de générosité. En la matière, « El Pata » a donné plus d’une leçon à certains musiciens de « formation salsera » qui pensaient que la réussite en Europe tenait essentiellement à ses origines, son nom et son passeport. La sonorité de Diabloson prend ses racines dans les musiques traditionnelles pour devenir une salsa « dura » bien « afincada ». Le groupe s’étoffe par la suite de musiciens venus d’horizons divers, comme la bonne sauce liée de la bouillabaisse après une cuisson lente et soigneusement élaborée. Des vénézuéliens, dominicains, mexicains, cubains, provençaux intègrent la satanique bande de salseros de la Canebière. « L’organisation et le crime ont payé ! » comme disaient los señores Willie Colón et Héctor Lavoe. Dix années ont passé et la bande satanique du sud de la France a maintenu une ligne musicale grâce à cette complicité entre artistes qui se retrouvent avec plaisir pour répéter chaque semaine. La colonne vertébrale du groupe est sans nul doute la constance et l’acharnement d’Alejandro Spina (percussions) qui a su instaurer ce rituel hebdomadaire. Cette rigueur se voit complétée par le talent de Max Lizana (piano et arrangements), l’expérience de Rafael Quintero, le poète de Marín - quartier populaire de Caracas (chant et compositions), la force percussive du Poulpe de Cayo Hueso - quartier de La Havane, Rafael Genisio (Timbales), la virtuosité du benjamin de l’enfer Román Lajara (guitare et tres), la sérénité de Marcelo le chinois (basse), la fougue de Didier Duchesne (trombone) et l’apport de chaque nouvel arrivant envoûté par la chaleur de cette formation sortie des profondeurs de la Terre. Le répertoire de Diabloson se retrouve dans les deux albums autoproduits par le groupe : Caribeña et Señor Salsa. Mais la véritable santé de la bande s’enflamme sur scène. L’alchimie sulfureuse et bouillonnante d’Afroamérica en Europa fait resurgir ses racines dans les fils invisibles et inexplicables de LA MÚSICA !!

Merci à Ernesto Concha

Musiciens :
- Alejandro "El Pata" Spina : Bongo, Congas, direction
- Max Lizana : Piano
- Rafael Quintero : Chant Lead
- Gustavo Osorio : Chant
- Román Lajara : Tres
- Rafael Genisio : Timbales
- Nestor Sanz : Congas
- Marcelo Choug : Basse
- Duchesne Didier : Trombone
- Alexis Borrely : Trompette
- Luis Rivero : Trompette
- Quirino Guevara : Saxophone Tenor, Flûte


[1] Aller de l’avant !