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La Resistencia de Bailatino

Troisième album

Publié le 29 septembre 2008, par : Chabelita

Après "Bailatino llego con todo" (2003), "Ante los Ojos del Mundo" (2005) et 13 ans d’existence, Bailatino sort son troisième disque autoproduit "La Resistencia" (Bailatino 2008).

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Bailatino (Venezuela)

Attendu depuis quelques mois, le troisième travail discographique de l’orchestre vénézuélien Bailatino est désormais en vente dans le monde entier. Vous pouvez vous précipiter par exemple ICI pour vous le procurer. Allez-y les yeux fermés. L’excellent "son Bailatino" est là, reconnaissable par ses deux trombones et sa flûte, des compositions originales : chacun des musiciens a mis sa touche personnelle, chacun a écrit un texte ou un arrangement. On y retrouve les clés du succès du groupe : un rythme régulier et élégant, des cuivres de rêve, des choeurs parfaits, des soneros de premier plan, sans parler de la basse, du piano et des percussions aux mains de musiciens aguerris.

Bailatino fondé en 1995 à Caracas, défend toujours bec et ongles sa salsa dura !

L’album s’ouvre sur la chanson éponyme "La Resistencia" qui présente l’évolution de l’orchestre sorti des quartiers populaires de Caracas, sur la voix haut perchée d’Edgar "Dolor" Quijada. Attardons-nous un instant sur le charisme débordant d’Edgar, sa diction parfaite et son sourire permanent qui s’entend lorsqu’il chante, sans parler de ses sonéos toujours inspirés. Une pépite au sein d’une formation qui en compte bien d’autres.

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Edgar ’Dolor’ Quijada

Ecrite par Eliel Rivero, cette chanson rappelle le chemin parcouru. Sans appui des radios locales, Bailatino est un grand résistant de la Salsa, aussi grâce à des textes qui rappellent l’aspect revendicatif originel de la salsa.

Elle se termine par un choeur "traigo salsa de la buena" et on est bien d’accord !

Le second sonero du groupe, le jeune Marcial Isturiz attaque en douceur la chanson suivante écrite par Alberto Crespo : Eres Mi Sueño. Un thème romantique, qui permet à Johan Muñoz (trombone) de s’exprimer. A la fin du morceau le silence se fait pour laisser la seule basse de José "Mortadelo" Soto nous faire frissonner.

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Marcial Isturiz

La chanson Marcial Y Dolor comme son nom l’indique est dédiée aux deux merveilleux soneros de l’orchestre qui alternent leurs voix pour notre plus grand plaisir, entre le choeur :

Dolor y Marcial le cantan al pueblo de corazon

Ecrite par un des piliers de la salsa vénézuélienne et fondateur de l’orchestre : le grand percussionniste José « Cheo » Navarro, cette chanson est un hommage à deux chanteurs très différents : timbre, tessiture, génération, mais ils sont complèmentaires et leur complicité se ressent dans le morceau.

On retrouve Edgar "Dolor" seul aux commandes sur Ella Lo Tiene Ahí, un hommage aux femmes de la plume de José « Cheo » Navarro. Ce morceau laisse place aux soliis de José « Cheo » Navarro (timbales) et Alexis Escobar (flûte).

Marcial Isturiz nous parle ensuite du "monde d’aujourd’hui" sur : El Mundo De Hoy. Un thème sérieux, appuyé par les trombones d’Eliel Rivero et Johan Muñoz, et allégé par la flûte d’Alexis Escobar. Il y est question d’inconscience, d’indifférence, de la famille qui est la base de la société, de l’amour fraternel... une chanson qui se fait de plus en plus "dura" à mesure que le morceau avance, à écouter et à danser ensuite.

Un bolero vient ensuite adoucir le disque : Sentí Que Te Perdía chanté par Edgar "Dolor", bercé par la flûte d’Alexis Escobar.

On revient à la salsa avec Ayé composée et interprétée par Edgar "Dolor", un thème léger qui parle d’un jour de fête.

Negra Perdóname chantée par Marcial nous offre de jolis solos d’Alberto Crepo (piano) et Felipe Blanco (congas).

Vivimos El Amor chantée par Edgar "Dolor", un amour qui commence mal mais se termine bien.

Le Quiero Cantar sur la voix de Marcial est dédiée à Yemaya. Cheo Navarro y fait chanter son bongo.

Le disque se termine par un morceau de choix qui passe en boucle sur ma platine Sabor A Cuero. Un seul regret, c’est que ce soit le morceau le plus court de tout l’album !

A todos los salseros y buen rumberos
aqui les traigo mi ritmo
con rico sabor a cuero
(...)
Goza mi ritmo rumbero

L’élégance et la maturité de Bailatino se ressentent dans chaque morceau. Cet orchestre est bien plus qu’un groupe, c’est une famille hyper soudée depuis 13 ans. A travers ce 3ème opus ils nous transmettent leur joie de travailler ensemble et leur bonne humeur permanente.

BuscaSalsa est très proche de cet orchestre dont nous souhaitons promouvoir le talent, la sympathie et le sérieux (cette dernière qualité se fait rare dans certains orchestres). Nous les avons rencontrés à Dax en 2007 et nous sommes devenus de grands fans de leur musique et de leurs personnalités très attachantes. Nous leur souhaitons tout le succès qu’ils méritent avec ce troisième album. Et nous encourageons vivement les festivals français à se pencher sur cette pépite vénézuélienne.

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Bailatino 2007

Musiciens :
- José "Cheo" Navarro : timbales, bongo, percussions mineures
- Edgar "Dolor" Quijada : chant, percussions mineures, choeur
- Marcial Isturiz : chant, percussions mineures, choeur
- José "Mortadelo" Soto : basse acoustique, choeur
- Felipe Blanco : Congas, chequeré, choeur
- Alberto Crespo : Piano
- Johan Muñoz : Trombone
- Eliel Rivero : Trombone, choeur
- Alexis Escobar : Flûte
- Invité : Romi Blanco : Chequeré (La Resistencia)

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La Resistencia CD de Bailatino