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2007 Toros y Salsa Festival / José Cheo Navarro à Dax -2-

Des Juniors à Bailatino - 2ème Partie

Publié le 1er novembre 2007, par : Chabelita

Suite de la première partie de l’entrevue.

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Cheo Navarro
Toros y Salsa 2007
Bailatino
©Chabelita

BS : Parle-moi de Bailatino.

CN : Bailatino est ma préoccupation actuelle.

BS : C’est toi qui as eu l’idée de créer Bailatino ?

CN : Oui, je suis le père de cette créature.

BS : Quelle était l’idée de départ ?

CN : J’aime beaucoup le genre Charanga.
J’aimais : Eddie Palmieri et La Perfecta, la charanga de Pacheco... (...)
Beaucoup de genres de la musique latine se sont perdues : le cha-cha-chá, le danzón, la charanga, la pachanga ne se jouent plus. C’est pourquoi j’ai voulu : deux trombones, une flûte : avec la flûte le charangueo et avec les trombones le guajeo. Avec cela on peut faire un groupe capable de jouer les deux styles : le style charanga et le style salsa-guaracha.

En 1995 j’ai parlé avec Eliel [1] et je lui ai dit que j’avais l’idée de monter un groupe. Il m’a répondu : « Cheo j’adore, appelle-moi quand tu veux ». J’ai été chercher Johan [2], je suis allé parler à Felipe [3] et aux le flûtiste Alexis Escobar car nous jouions ensemble par ailleurs. Puis Mortadela, le bassiste. Et un tour Alberto Crespo, pianiste, m’a fair les transcriptions des chansons de Libre et Palmieri. Nous avons organisé une répétition et quand nous avons commencé à jouer le groupe semblait déjà avoir les 12 ans d’ancienneté que nous avons actuellement. Cela grâce au professionnalisme de chacun. Nous avons perdu beaucoup de temps au début.

Ce groupe s’appelait alors « Cheo Navarro y su Bailatino », il a été renommé ensuite « Bailatino ». Avec le temps beaucoup de camaraderie s’est développée au sein du groupe. Tout le monde apportait quelque chose, ce groupe est de façon imagée une épicerie complète. Nous n’avons pas besoin de choristes, car les choristes sont dans le groupe, les arrangeurs sont dans le groupe, ...ici nous avons de tout.

Si tu écoutes le groupe sur CD et si tu l’écoutes en concert, c’est la même chose. Car se sont les mêmes musiciens, qui font les mêmes choses, nous avons les mêmes voix pour les chœurs,... [4]

(...)

J’ai beaucoup grandit musicalement avec ce groupe et j’ai pris de la maturité. J’ai connu des gens nouveaux par exemple toi aujourd’hui, c’est un plaisir. Imagine, pour nous venir en Europe avec Bailatino c’est quelque chose de très important. C’est un rêve, pas seulement le mien mais celui de tous.

Nous avons fêté nos 10 ans l’an passé [5]. Nous voulons continuer 12 ans de plus et que le monde nous connaisse.

BS : Et le 3ème album prévu pour décembre 2007 ?

Eliel : Pour l’instant nous ne savons pas sur quel label il va sortir, nous essayons de le produire nous-mêmes.

CN : Que te dire de plus sur Bailatino. C’est un bien joli rêve.

BS : peux-tu me parler de Guapacha, à qui vous dédiez une chanson sur le 2ème album ?

CN : C’était un percussionniste cubain qui vivait dans un quartier sublime qui a vu éclore beaucoup d’excellents percussionnistes. Felipe Blanco a été un des élèves de Guapacha, Mandigo aussi,...car ils sont nés dans ce quartier. Moi je suis né à San Agustín, dans la même paroisse ; je suis né à San Agustín du Nord (il existe un San Agustín du Nord et un du Sud). Ce quartier fut le berceau de nombreux musiciens : Alfredo Padilla, Nene Quintero, Luisito Quintero...

Ce morceau je l’ai écrit un beau jour en 10 minutes. Je ne réfléchie pas aux paroles, celles que j’écris sont des paroles sur la vie, la rue, ce à quoi j’appartiens. J’ai écrit ce morceau en 10 minutes et à San Agustín il est devenu un hymne.

BS : Et le morceau sur Phidias Danilo Escalona (1er album de Bailatino) ?

CN : Quand j’étais petit, il y avait un programme de radio au Venezuela qui s’appelait « La Hora De La Salsa ». Ce type avait un certain swing pour parler à la radio. Une voix ! Il était bon ami de Tito Rodriguez, c’est pourquoi sur un disque de Tito Rodríguez on trouve le morceau « El Bigoton ». C’est un des premiers morceaux que j’ai écrit pour Bailatino.

Ensuite il a eu un autre programme de radio appelé « La Hora De Los Legumbres » et là il faisait venir des orchestres en « live ». C’est là que j’ai commencé, dans un groupe appelé « sabor tropical ». Ils n’avaient pas de bongocero, j’ai rencontré le directeur et je lui ai demandé s’il pouvait me laissez la chance de jouer du bongo et qu’il me teste. Ils m’ont prêté un bongo pour la répétition. C’est le premier groupe proffessionnel où j’ai joué. En tant que bongocero. Je connaissais tous les morceaux par coeur (...).

Phidias Danilo Escalona est devenu un emblème, un des meilleurs locuteurs de la salsa. Un autre vient de mourir au Venezuela : Enrique Bolivar Navas, une autre légende, toreador de la musique latine. Il savait tout sur la musique latine.

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Cheo Navarro
Toros y Salsa 2007
Bailatino
©Chabelita

BS : Sur le second disque de Bailatino il y a un hommage à Miguel Guindin, qui-est-il ?

CN : Celui qui pourrait en parler car il était son ami personnel c’est Ali Delgado [6]. C’était un collectionneur de disques. (...)

BS : Comment va la salsa au Venezuela ?

CN : A Caracas il y a toujours une génération de gens qui a joue de la musique comme nous le faisons. Bailatino s’est chargé de faire revivre cette musique, les gens sortent de nouveau pour danser. Divers clubs sont apparus. Parfois ils sont obligés de mettre quelques reggaetons. Mais il y a des soirées 100% salsa au "City Day" et au "Mani es así".

BS : Et dans les carnavals il y a beaucoup de salsa ?

CN : Pour être honnête, nous ne jouons pas dans les carnavals.

BS : Et au Poliedro [7] ?

CN : Bailatino n’a jamais joué au Poliedro. Les gens qui aiment Bailatino, ne les aiment pas parce qu’ils les entendent à la radio. Ils les aiment par leur travail de mélomanes, ce sont des gens qui cherchent de nouvelles musiques. Et ainsi, peu à peu, nous avons un public très important. Nous avons 4 fêtes à l’an que nous organisons nous-mêmes dans un local qui se nomme "el German". Là on fait une fête comme dans les années 70, avec des gens qui veillent tard dansant la salsa, bien habillés, élégants. (...)


Cheo nous a glissé un mot de la fin à l’attention des lecteurs du site, mais j’ai malheureusement quelques problèmes de transcription, en raison de sa vitesse d’élocution.
Chabelita


[1] Eliel Rivero, tromboniste et compositeur.

[2] Johan Muñoz, le tromboniste.

[3] Felipe Blanco, le conguero.

[4] NDE : Ici là même chose signifie le même son, et pas une reproduction exacte du disque, sous ententu beaucoup de groupes font appel à des musiciens différents suivant qu’il s’agisse de jouer en studio ou en live

[5] Bailatino a 12 ans au moment de l’entrevue : septembre 2007.

[6] Ali Delgado, producteur de Bailatino, présent à Dax ce jour-là et animateur du programme radio « Salsa de la Mata, Al Son del 23 » tous les dimanches de 18h à 20h, heure du Venezuela.

[7] Poliedro : grande salle de spectacles de Caracas.