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Johnny Pacheco - Biographie

Publié le 1er juillet 2005, par : Chabelita

L’une des trajectoires musicales les plus impressionantes de la salsa avec plus de 70 productions discographiques, ses compositions enregistrées dépassent les 170 pièces. Co-producteur avec Jerry Masucci de plus de 800 albums, à travers la maison de disque FANIA qui a fait connaître la salsa dans le monde entier. Il a reçu des dizaines de disques d’or et neuf nominations aux Grammies.

Johnny Pacheco

Né le 3 mars 1935 à Santiago de los Caballeros, République Dominicaine, de son vrai nom Juan Pablo Pacheco Knitting (“Johnny”).

Son père Rafael -un clarinettiste virtuose- fut directeur de l’orchestre La Santa Cecilia, la meilleure formation des années 40 dans l’île.

En 1946, la famille Pacheco émigre dans la ville de New-York après que le père ait eu des frictions avec les autorités politiques du pays. [1]

Installé dans le Bronx, le patriarche a commencé à jouer dans des salles de bal accompagnant les orchestres les plus connus de l’époque. Peu de temps après il part travailler sur les bateaux de guerre comme tailleur.

Johnny Pacheco a donc grandi au son des chansons traditionnelles du merengue. Il reçoit des leçons de violon de son père.

Parallèlement à des études d’ingénierie électronique, Johnny Pacheco commence l’apprentissage de la clarinette et du saxophone, alors qu’il se perfectionnait avec l’accordéon.

Dans les années 50, à ses 17 ans, il fait ses premières apparitions comme instrumentiste du quartet Los Quinteros, connus plus tard comme Los Carpinteros. Courte expérience où il commence à jouer congas, bongo et choeurs. A 18 ans il accompagne à la flûte les rois du merengue : José Ernesto Chapuseaux et Francisco Simón Damirón sur la scène du prestigieux Palladium à New York.

A cette époque il savait lire la musique, atout indéniable par rapport à bon nombre de musiciens qu’il cotoyait. Ce qui lui a ouvert les portes de nombreux studios d’enregistrement et a fait connaître son nom dans le milieu.

En 1953, il approfondit ses études à la Juillard School of Music, tout en travaillant dans le groupe de Willie Rodriguez. A cette époque Damaso Perez Prado l’engage pour l’enregistrement de la chanson "Patricia".

En 1954, il participe à un enregistrement avec José Ernesto Chapuseaux et Francisco Simón Damirón, et à un autre avec Dave River.

L’année suivante il intègre l’orchestre de Luis Quintero où il reste jusqu’en 1956. Date à laquelle Xavier Cugat l’engage pour faire les choeurs dans le groupe le plus en vue du moment. Une expérience d’un an et demi qui facilitera sa participation aux orchestres de Tito Puente, Stan Getz, Nat King Cole et George Shearing.

En 1959, Johnny Pacheco s’unit au pianiste Charlie Palmieri pour fonder un quintet à la ligne musicale proche du Son Cubain et du Mambo. Leur musique commence à retentir dans les clubs de Broadway. L’idée leur vient de changer de format : c’est la naissance de la "Charanga Duboney" où Pacheco se réserve le poste de flûtiste. Ils enregistrent un disque sous le label United Artist, et après un an l’alliance se rompt (car ils n’étaient pas sur la même longueur d’onde) mais ils sont restés en bons termes.

Johnny Pacheco organise alors sa propre Charanga avec les chanteurs Elliot Romero et Rudy Calzado. Il se produit quatre soirs par semaine dans la salle le "Tritón" dans le Bronx. Les mercredis sont réservés aux descargas aux côtés de Charlie Palmieri, Bobby Rodriguez, Barry Rogers, Jumbo Silva, Kako Bastar et Rudy Calzado. De là naitront les fameuses descargas "Alegre All Stars". En effet, Pacheco avait enregistré une démo avec les chansons "El güiro de Macorina" et "Oyeme Mulata" qu’il a adressé a une sélection de radios. Le premier retour a été celui de l’impressario Al Santiago -directeur du label Alegre- qui lui a proposé d’enregistrer un disque : "Pacheco y su Charanga" (1960 ; Alegre LPA-8010) son 1er album en tant que directeur d’orquestre.

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En 1961 sort le seconde volume de "Pacheco y su charanga" (Alegre SLPA-8050). De là le musicien commence à se faire remarquer dans le rôle de compositeur. En effet, il écrit des chansons qui sortent de l’ordinaire comme "Flavito", "Carabine" ou "Acuyuyé". Cette dernière apparait dans le disque "Que suene la flauta" (1962), troisième volet de la série "Pacheco y su Charanga" (Alegre LPA-8110).

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En 1963 sortent "Pacheco y su Charanga, vol. IV : Suavito" (Alegre LPA-8200) où Pete "El Conde" Rodriguez fait ses débuts et "Spotlight on Pacheco, vol. V" (Alegre LPA-8270).

Le label Alegre décide alors de réunir les meilleurs musiciens du moment : Johnny Pacheco en tête, Orlando Marín, Joe Quijano, Eddie Palmieri et Chivirico Davila.

Johnny Pacheco était donc un musicien reconnu quand il a rencontré l’avocat Jerry Masucci, avec lequel il a fondé le mythique label FANIA [2]. La rencontre s’est faite grâce à un ami commun : José Flores qui a convié l’avocat amoureux de l’orchestre Aragon à un concert de Pacheco. Le musicien qui a déjà été roulé en affaires, propose très vite à l’avocat la création d’une maison de disque. Avec un prêt, ils sortent le disque "Cañonazo" (1964 ; FANIA 325).

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Tout ce qu’ils gagneront ensuite sera réinvesti afin d’engager d’autres musiciens et faire grandir l’entreprise.

C’est là qu’il abandonne le format "charanga" pour le "conjunto" : plus de violons mais deux trompettes. Changement un peu forcé par le manque de violonistes voulant jouer ce type de musique à l’époque (ils privilégiaient la musique classique). Désormais l’orchestre s’appelle "Nuevo Tumbao". Après 4 albums, il retournera au format "Charanga".

Le second album de Pacheco sous label FANIA a été "Pacheco en la Feria mundial" (1964 ; FANIA SLP-326), cet album est un joli succès qui facilite l’expansion de la maison de disque.

Grand visionnaire, il a eu de l’intuition de recruter : Larry Harlow, Bobby Valentín, Ray Barretto, Willie Colón et bien d’autres géants de cette musique. Très vite naitra la "FANIA ALL STARS" : un collectif regroupant les meilleurs musiciens du label sur un concept de "descargas", version latine des Jamm Sessions. Les concerts du collectif au Red Garter en 1968, au Cheetah en 1971 et au Yankee Stadium en 1973 sont entrés dans la légende pour tous les salsomanos.

En tant que directeur d’orchestre, Pacheco continue sa carrière aux côtés de Pete "El Conde" Rodriguez avec les disques "Sabor típico" (1966 ; FANIA SLP-339) au format "conjunto", "Volando bajito" (1968 ; FANIA SLP-363), "La perfecta combinación" (1970 ; FANIA SLP-380) où il utilise le "tres" pour la première fois et qui comprend le hit "La Esencia del Guaguancó", "Los Compadres" (1972 ; FANIA SLP-400), "Los Dinámicos" (1971 ; FANIA SLP-402) avec le cubain Justo Betancourt au chant et "Tres de café y dos de azúcar" (1973).

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Héctor Casanova va alors remplacer Pete "El Conde" Rodriguez (lancé comme soliste par la FANIA), tandis que Johnny Pacheco va commencer ses enregistrements avec Celia Cruz. Ainsi, en 1974 sort "Celia and Johnny" (VAYA V31) (VAYA faisant partie de l’empire FANIA) marqué par la chanson "Químbara".

Celia Cruz & Johnny Pacheco

En 1975 sort "El Maestro" (FANIA SLP-485)avec Héctor Casanova au chant et Papo Lucca au piano, qui apportera au maestro sa première nomination au prix Grammy. A partir de cet album l’orchestre est baptisé Pacheco y su Tumbao Añejo. Autre album avec Celia Cruz "Tremendo caché" (1975 ; VAYA V37) qui contient Cúcala de Wilfredo Figueroa sur un rythme de "guaracha", reprise d’Ismaël Rivera qui l’avait interprété sur un rythme de "Bomba".

Les albums réalisés par Johnny Pacheco dans les années 70 sont innombrables. On le trouve travaillant avec Justo Betancourt, Celia Cruz, Papo lucca. Il fête ses retrouvailles avec Pete "El Conde" Rodriguez par une série d’excellents albums jusqu’à la fin des années 80. [3]

En 1989, Johnny Pacheco et Pete "El Conde" Rodriguez fêtent les 25 ans du Nuevo Tumbao sur l’album "Celebración (1989, FANIA 652).

Ces dernières années l’artiste prenant de l’âge se fait plus rare. Il faudra attendre 1996 pour un nouveau disque "¡Sima !" (1993, FANIA 670) avec Cheo Quiñonez au chant. Toujours en format "conjunto" avec deux trompettes mais avec des invités : violons et Héctor Casanova. Et l’année 2005 pour un excellent disque en forme de testament : Entre Amigos.

Entre les deux Johnny Pacheco aura vu la mort de la maison de disque FANIA et de ses amis de coeur : Pete "El Conde" Rodriguez et Célia Cruz.

L’image que les salseros garderont de lui sera sans aucun doute celle de sa mince silhouette dirigeant l’orchestre FANIA All Stars, avec ses tenues typiques des années 70, sa coiffure afro ébouriffée et argentée, et une énergie exceptionnelle.

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Sources :
- Historia de la Salsa : journal Primera Hora (Puerto Rico) du 9 mars 2005.
- Herencia Latina


[1] Rafael Leónidas Trujillo a rebaptisé l’orchestre La Santa Cecilia de son nom, ce que Rafael Pacheco n’a pas toléré.

[2] FANIA vient d’un vieux Son cubain "Fania Funche" composé par Reinaldo Bolaños, que l’on retrouve sur l’album "Cañonazo" de Pacheco. Le mot pouvait être prononcé dans toutes les langues, c’était commercial et ça a marché.

[3]

  • Celia, Johnny, Justo & Papo : Recordando el Ayer 1976 VAYA VS 52 ;
  • El Artista (1977, FANIA SLP-503) avec Héctor Casanova au chant
  • Los Dos Mosqueteros (1977, VAYA V63) avec Pupi Legarreta (flûte/violon), Tito Allen et Roberto Rodriguez au chant
  • Llegó Melón (1977, VAYA V60)
  • Eternos (1978, VAYA JMVS-80) avec Célia Cruz
  • Los Amigos (1979, FANIA 540) avec Héctor Casanova au chant
  • Los Distinguidos (1979, FANIA 549) avec Daniel Santos au chant
  • Pacheco, Fajardo, Pupi : Las tres flautas - Javier y su Charanga (1980, FANIA JM-561)
  • Celia, Johnny and Pete (1980, Música Latina JMVS-90)
  • El Zorro de Plata presenta al Flaco de Oro (1981, FANIA 600) avec Celio Gonzalez au chant
  • Fajardo & Pacheco (1982, FANIA 603) avec le flûtiste José Fajardo et Cali Alemán au chant
  • De Película (1982, Música Latina JM-613) avec Rolando La Serie au chant
  • De Nuevo Los Compadres (1983, FANIA 625) avec Pete "El Conde" Rodriguez au chant
  • Flying High (1984, VAYA JMVS-100) avec Luis Angel Silva "Melón" au chant
  • Jícamo (1985, FANIA 638) avec Pete "El Conde" Rodriguez au chant
  • De Nuevo (1985, VAYA JMVS 106) avec Celia Cruz au chant
  • Salsobita (1987, FANIA JM-644) avec Pete "El Conde" Rodriguez au chant
    Et une multitude de compilations !
  • Message 1
    • par raimundo, 14 juin 2013 - Johnny Pacheco - Biographie

      johnnie pacheco c’est un grand monsieur , sa musique nous a bercé depuis notre jeunesse et nous continuons toujours de l’écouter sans nous lasser