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Joe Ruiz...Sonero vénézuélien

Publié le 1er novembre 2005, par : Chabelita, Gherson Maldonado

Cet article de Gherson Maldonado déjà publié sous une forme différente sur les pages internet Herencia Latina et magazine.com.ve est le seul document disponible sur ce chanteur vénézuélien exceptionnel mais malheureusement déjà quasi oublié. Il vient compléter notre série d’articles sur la salsa vénézuélienne.

Collectionneurs vous allez être ravis.

Membre dirigeant de l’Association Musicale du Venezuela, chanteur, professeur de chant et extraordinaire Sonero qui a marqué par un grand sens social, Joe Ruiz a brillé au sein des plus importantes formations vénézuéliennes des années 70 et 80.

Joe Ruiz - Chanteur

Celui qui avec le temps deviendra un des meilleurs soneros vénézuélien José Búlmaro Ruiz nait à Pariaguán le 19 juillet 1948.

Il vivait à Lídice, jouant dans un groupe de musique traditionnel de la plaine vénézuélienne quand il fut découvert en 1967 par Kiko Pacheco [1]. Il s’était fait remarqué dès 2 septembre 1966, où une annonce présente son concert dans le Bar Restaurant “El Cisne” à San Bernardino, Caracas, “avec le Conjunto Costa Azul y su Ritmo Show, et Joe Ruiz, tous les vendredis et samedis”. Il prend la décision de changer José pour un “Joe” plus sonore et voyant et il intègre la toute nouvelle formation : Junior’s Stars. Ils enregistrent deux productions. Il participe le 25 juillet 1967 aux festivités du quadri-centenaire de Caracas avec les “Junior’s Star” sur la place de la Pastora.

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Juniors

Les Junior Star, un orchestre méconnu de beaucoup de vénézuéliens, mais qui en son temps a réuni une série de personnages qui ont par la suite fait une brillante carrière musicale au Venezuela (le pianiste Juan Carlos Núñez, Pedro Naranjo à la basse, Henry “Come Hierro” au bongó, Kiko Pacheco aux timbales, José Rodríguez “Mecatico” trompettiste Symphonique,...). Ils ont joué les chansons : Con la misma moneda, En mi Caracas, Tu indiferencia, Tirandote flores, Ché José, Guaunacó Manny, Te vi pasar, La fresa. Il fait partie de cet orchestre pendant deux ans.

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Juniors

En septembre 1967, il apparaît sur le disque de "Mucha Salsa" de "Genaro y su All Stars" aux côtés du timbalero Roberto Monserrat, du pianista Ignacio Navarro et le saxophoniste Víctor Cuica.

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1968 année marquante où il est appelé par Federico Betancourt, pour se charger, aux côtés de Bobby et du Negrito Calavén, des parties vocales de l’album « Mejor que Nunca », qui sortira en novembre. Là, Joe interprète avec l’appui du puissant combo deux chansons “Dolores,si te fuiste y qué” et “Con la misma moneda”.

En 1969, toujours avec le groupe, il intervient sur le 33 tours Vibración y Ritmo.

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Et là il interprète 3 chansons : “Lástima que tu te vas”, “Mayembe” et “El Cobrador”, où il fait un superbe duo avec José Antonio Rojas “Rojitas”. Sur ce disque César Monge -tromboniste- intègre l’orchestre.

Federico y su combo lui procure ses premiers succès au niveau international. En 1970, aux côtés de César Monge, Rojitas et “Culebra” Iriarte (futurs membres de la Dimensión Latina) il voyage à Curaçao et en Colombie.

En 1970 il est en studio pour son dernier disque avec "Federico y su Combo Latino" qui sera baptisé "Dos Sets con Federico y su Combo", où figurent les chansons : Cartagena, Mapayé, Mi son Goajiro, Jala, Jala, Jala, Jala, No vale na’, No te boté, En el medio de la noche, Camina, Mi tiempo Guaguancó

Pendant les carnavals (événements musicaux les plus importants de l’année) de 1971, il alterne avec Justo Betancourt à la "Casa Guárico" et sur certains shows télévisés avec la Sonora Matancera. Après ces carnavals, Federico dissout le " Combo Latino".

De 1972 jusqu’en 1974 il fait partie de la formation dirigée par Cheo Palmar [2] « Las Estrellas Latinas »

Cet orchestre Estrellas Latinas était composé de César Pinto, César Cuchillo Fuentes et Henry Camba aux trompettes, Jesús “El Flaco” Bermúdez au Tres, Nano Ladera au piano, avec quelques apparitions de Chuito Narváez, Héctor Pacheco aux congas, Chicho Pacheco au bongó, Cheo Navarro aux timbales, Cheo Palmar au chant avec Canelita Medina et Joe Ruiz. Ce fut un bon groupe avec des compositions originales, qui aurait mérité un plus grand intérêt de la part des maisons de disque.. Avec eux Joe Ruiz enregistre deux disques 33 tours en 1973 et 1974.

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Mais déjà son style sobre et élégant commence à attirer l’attention et en 1976 il est appelé par Porfi Jiménez pour faire partie de la pépinière de son orchestre. Il enregistre deux chansons « Capullito de Alelí” et “Mercy” sur le disque "Tiene de Todo Porfi 76", les autres chanteurs sont Carlín Rodríguez [3] et le jeune Freddy “Coco” Ortega.

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Un séjour très bref, puisque immédiatement, aux côtés de Coco Ortega il déserte pour former le Grupo Tres, mais juste avant d’enregistrer, Joe part. Il le fait car il est appelé par le grupo Mango, avec qui en décembre 1976 il enregistre les chansons “Acéptalo”, “Espabílate”, “Mi Forma de Ser”, “El Cumaco de San Juan” et “El Muñeco de la Ciudad”.

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La même année sort le disque "Alfredito y sus Estrellas" produit par Alfredo Linares, excellent pianiste péruvien, enregistré avec le renfort des musiciens du Grupo Mango et avec pour chanteur principal Joe Ruiz. Le disque contient la chanson "Aventurero" qui sera ensuite repris par La Salsa Mayor (sur son disque Strong and Hot).

Entre 1977 et 1979 il est appelé par Alberto Naranjo directeur du Trabuco Venezolano pour enregistrer les deux premières galettes de la formation et en particulier les chansons : « Hasta que vuelvas”, "Bravo Rumbero", "Uno" et “El Cumaco de San Juan”.

En 1979, il enregistre avec Mango les titres : "Zapatero" et "Como Mango".

La même année on le retrouve dans "La banda y su Salsa Joven" sur le disque "Tremenda salsa con labanda".

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En 1980 il fera une autre incursion dans le Trabuco Venezolano. Cette fois aux côtés de Cecilia Todd et du Grupo Madera dans une nouvelle création de “El Muñeco de la Ciudad”.

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En 1982 il participe à la résurrection discographique de l’ orchestre Los Peniques de Jorge Beltrán, où il interpréte le thème “Pan y Cebolla”.

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Mais c’est en 1983 que la vraie reconnaissance à son talent arrive sous la forme d’un 33 tours soliste. Une merveille de disque produit par Alberto Naranjo et Orlando Montiel et criminellement toujours pas édité sur format CD. Sous le simple titre de JOE, avec un logo en lettres lourdes qui correspondait parfaitement à son style, le disque présentait la crème des musiciens du moment accompagnant le sonero dans de merveilleuses versions de “Rumberos de Ayer”, “Bilongo” et “Pucho Márquez”. Mais les médias n’ont pas su voir la valeur de ce joyau et sa diffusion fut quasi nulle.

Il participe au dernier disque du Grupo Mango sous le label Sono Rodven, où il chante cinq titres : "Mango Mangüe", "Hay que economizar", "Sonare", "Pepe ’el toro’ et "Pa’mi china".

En 1984, on le voit sur le dernier disque du Trabuco venezolano : "La Flor y nata" chantant deux thèmes : "Brujeria" (un classique du mérengue fait ici en version salsa) et "La orquesta de moda" (composition de Cheo Navarro).

En 1986, il est à la tête de "La orquesta Café" avec le chanteur Javier Plaza sur l’album "Criollisima". Il y chante : "Mi novia Naiguata", "Ave sin rumbo" et "Ayer te amé".

Déjà sérieusement malade, il a voulu enregistrer un disque de boléros. Et il l’a fait. Onze titres du genre sur un disque qui n’a jamais vu le jour. Et qui on l’espère pourra être publié un jour.

Peut-être que sa vie a été excessivement tranquille et par manque de sensationalisme autour de lui il n’a pas été connu à la hauteur de son talent.

Il est décédé le 18 février 1995, victime d’une longue maladie.


[1] Membre d’une autre dynastie salsera injustement oubliée, où on trouve Francisco ’Kiko’, Nené, Elio, Héctor, Luis.

[2] José Lazo, mieux connu sous le nom de Cheo Palmar, s’est fait connaître avec sa compostion : "Pensando en Ti", succès des "Satélites" en 1971. Il quitte "Los Satélites" de Cheché Mendoza et forme : Las Estrellas Latinas, groupe où se retrouvent Joe Ruiz et el Negrito Calavén, grace à la recommandation de Héctor Pacheco suite à la séparation de l’orchestre "Federico y su Combo".

[3] Carlín Rodríguez ex membre de Federico, Kenyas, Los Calvos