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Jimmy Sabater

Dax, 11 septembre 2004

Publié le 1er avril 2005, par : guayacan

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Jimmy Sabater en Dax

Guayacan : Bonjour Jaime Sabater González

Jimmy Sabater : Oui Jaime Sabater González

G : C’est important pour vous ce nom en entier ?

JS : Bien sûr, car il y a le nom de ma mère, Teresa González [1], à Puerto Rico on utilise d’habitude le nom de la mère en second, et donc Sabater González.

G : Originaire de Ponce Puerto Rico, mais né dans le Barrio [2].

JS : Oui, nous sommes les premiers à être nés aux Etats Unis, auparavant, toute ma famille était née à ponce, mon grand père, mon arrière grand père, plus loin encore. Cinq cents ans de naissances à Ponce !

G : C’est dans le Barrio que vous avez commencé à écouter la musique comme par exemple celle de Noro Morales ?

JS : Machito, Tito Puente, Tito Rodríguez, Marcelino Guerra était tous dans le Barrio. Et Willie Bobo fut celui qui me présenta à Tito Puente. Sa mère travaillait avec la mienne, Willie me présenta à Tito Puente, il m’inscrivit à l’Union des Musiciens, il m’enseigna à faire ceci, à jouer comme cela... Je dois ma carrière musicale à Willie Bobo.

G : Vous vouliez d’abord être pianiste ?

JS : Je voulais être pianiste pour Noro Morales, j’ai adoré son touché. Mais mon père me disait : “ben voyons, toi portoricain tu ne peux pas être pianiste !” alors que Noro Morales est de Mayagüez Puerto Rico.

G : C’est alors qu’en écoutant Tito Puente...

JS : Noro Morales s’en fut, j’ai oublié Noro Morales, Tito Puente fut la raison pour laquelle je commençais à jouer des timbales et j’en joue encore aujourd’hui.

G : Cela se passait à la fin des années 40, au début des années 50

JS : Oui, en 49 j’ai connu Tito Puente, et j’ai commencé à jouer en 54-55.

G : Et juste avant les débuts du Joe Cuba Sextet

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Jimmy Sabater y el sax/flautista de Batacumbele
Foto tomada por Chabelita durante el primer concierto de Batacumbele en Dax

JS : Oui. Au début ils étaient avec Joe Panamá, un jeune panaméen qui jouait du piano. On a joué un temps avec lui et alors ma mère a refusé qu’il continue avec nous et elle l’a sortie du groupe. Alors j’ai cherché et j’ai trouvé Joe Cuba de son vrai nom Gilberto Calderon connu sous le nom de “Soni”, .et comme nous ne pouvions plus utiliser le nom de Joe Panamá, nous l’avons transformé en Joe Cuba.

G : Finalement le changement de nom était un changement de pays !

JS : Oui ; nous avons pris un pianiste nommé Nicolás Jiménez et le chanteur Willie Torres et c’est comme ça qu’est né la formation de joe Cuba.

G : Qui a duré 23 ans.

JS : Je suis resté 23 ans avec Joe Cuba, ensuite j’en suis sorti, j’ai joué avec le groupe d’un certain Alfredito.... Dans les mariages (rires)... Que Atraso ! [3] (risas) Dans les mariages... Ensuite j’ai joué avec Eddie Torres et Tito Rodríguez Júnior en alternant les mariages avec les deux groupes. Quand je n’étais pas avec l’un j’étais avec l’autre, et même certains soir je devais être dans deux endroits en même temps... Je suis resté quatre ans avec chaque et puis j’ai commencé avec Son Boricua.

Steping OutG : En plus de Joe Cuba, le Sextet est connu pour vous et pour Cheo Feliciano qui fit partie du groupe pendant 9 ans.

JS : Et neuf ans avec moi, Cheo a vécu dans ma maison, chez moi est né son premier enfant Cheito. Lui et sa femme son restés un temps chez moi et puis il a déménagé à Puerto Rico mais nous n’avons pas coupé le contact, et nous avons fait plusieurs disques ensemble. Nous avons toujours été proche et nous nous aimons comme des frères, il n’y a personne qui pourra rompre cela. Cette unité, cela ne se rompt pas tu sais !

G : Vous avez aussi beaucoup joué avec la FANIA

JS : Avec la FANIA je suis reste un peu, un petit peu, pas plus.

G : Durant les années soixante dix.

JS : Oui, je ne suis pas resté longtemps avec la Fania, je suis entré et sorti car j’avais d’autres contrats. Sous la Fania, j’ai enregistré avec Pacheco,

G : Avec Celia ?

JS : Non, pas avec Celia, j’ai enregistré avec le Tico All Stars, dont nous étions Tito Puente et moi les timbaleros, avec Eddie Palmieri... Il a gagné cinq grammies et je suis sur quatre d’entre eux dans les cœurs !

G : ¿Dans la Fania vous travailliez plus comme choriste que comme timbalero ?

JS : Comme choriste oui, j’ai aussi enregistré avec Charlie Palmieri, Machito, Tito Rodríguez, j’ai enregistré avec tout le monde, je vivais dans le studio !

G : Mais durant les années quatre vingt vous n’avez pas été joué avec les jeunes de la Salsa Romántica

JS : Uffff ! nooooonnnn, oublie ça, je voudrais oublier cette période.

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Frankie Vazquez, José Mangual Jr. y Jimmy Sabater
Foto tomada por Chabelita durante el concierto de Soneros Del Barrio, Dax 2004

G : Durant les années quatre vingt dix...

JS : En 98 j’ai commencé avec Son Boricua

G : D’où vient cette amitié si visible entre vous et...

JS : ¿et Mangual ?

G : il y a une complicité...

JS : Le père de Mangual était mon grand ami. Mangual père, nous le connaissons comme "Buyu"

G : José “Buyu” Mangual

JS : Oui, son père et moi étions camarades, good friends, nous étions de bons potes. Naturellement, ensuite j’ai connu José Luis, en anglais Joe Luis du coup nous l’appelions Joe Luis pour le titiller. Nous avons construit une amitié familiale, une "hermanidad" [4] si on peut dire

G : De deux familles de musiciens

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Son Boricua : Fabulosos 70’s

JS : Et bien, dans ma famille je ne connais que deux cousins qui se nomment tous deux Rafael sabater, et Mangual a bien sur plusieurs frères musiciens.Cette famille est très connue. Et nous nous aimons beaucoup, nous nous apprécions beaucoup. Il y a une folie sympa entre nous deux.

G : Vous continuez d’enregistrer en dehors du projet Son Boricua ?

JS : Oui, je viens juste d’enregistrer avec Ricky González, il est ici [5] avec Soneros Del Barrio, il est pianiste

G : et arrangeur

JS : Avec lui je viens d’enregistrer, j’ai commencé avec le boléro La Puerta (la porte) et puis avec un bolero que j’ai enregistré avec Joe Cuba : To Be With You (être avec toi). La chanson a plus de quarante ans, elle est associée à moi où que j’ailles. Le disque est formidable, nous sommes avec Dave Valentin le flûtiste. Ce fut formidable, ou comment on dit en français : “formidable” (il le prononce en français avec un fort accent) c’est comme ça qu’on dit pas vrai ? Pierre, c’est la première fois que je viens en France et je suis enchulao [6] ! C’est pour ça que je ne peux pas rester. (rires)

G : Quels sont vos prochains projets

JS : Et bien, nous devons faire une tournée en Amérique du sud et en Amérique centrale, ensuite nous avons un enregistrement à terminer...

G : En revenant au présent, hier, beaucoup de gens ont été impressionnés par l’énergie que vous projetez vers le public...

JS : Et encore, nous étions fatigués

G : C’est à dire que ce soir, reposés, vous allez tout casser !

JS : Oui ! Cette nuit ça va être (il chante un solo de timbal) du feu ! Nous avons rechargé les batteries.

G : Et bien j’aimerai avoir les même batteries après cinquante ans de carrière !

JS : (Rires) Sincèrement, je suis très heureux de mon séjour ici à Dax, et cette entrevue avec vous m’a bien plue

G : Merci beaucoup, et à ce soir pour un deuxième tour !!

JS : Si Dieu le veux et la vierge, car l’homme fait des plans et Dieu les change...


[1] d’ou les références à "El hijo de Teresa", le fils de Thérèse que ce soit dans les disques de Jimmy, ou dans ses sonéos

[2] à New York

[3] mot à mot "quel retard"

[4] contraction de hermandad=confrérie et Humanidad humanité

[5] à dax

[6] en gros super content, mais nous ne traduirons pas mot à mot...

  • Message 1
    • par Carlomambo, 15 janvier 2010 - Jimmy Sabater

      C’est toujours un vrai plaisir de relire cette interview. Merci Guayacan ! Ce qui est drôle, c’est que le myhtique Joe Cuba Sextette et né... parce que la maman de Jimmy a viré Joe Panama !!! (Pourquoi au fait ??) Comme quoi la grande histoire de la salsa tient à des petites histoires... et que les femmes y jouent un rôle plus important que l’on veut bien le dire !!