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Ismael Rivera - Biographie 1/2

De la calle Calma au Combo de Cortijo

Publié le 5 octobre 2003, par : guayacan

Ismael Rivera es uno de esos personajes imprescindibles, capaces de determinar, por sí solos, nuevos rumbos y tendencias dentro de la expresión popular.
Cesar Miguel Rondón, El Libro de la Salsa

Ismael Rivera est un de ces personnages essentiels, capables de déterminer, à eux seuls, de nouveaux horizons et tendances dans l’expression populaire

Ismael Rivera est né le 5 octobre 1931, à Santurce (aujourd’hui un quartier de San Juan, capitale de Puerto Rico). Dès l’âge de 7 ans, il chante et monte des groupes avec les gamins du quartier, construisant les instruments à base de récupération. Mais dans ce milieu pauvre, on travaille tôt.

Dès 13 ans, il cire des chaussures pour rapporter quelques pesos. Il aide ainsi Doña Margot à nourrir ses quatre frères et sœurs. Il sera ensuite maçon, métier que lui enseigne son grand père. Néanmoins, pendant toute son adolescence il fréquente Cortijo, et s’échappe fréquemment de la maison pour jouer.

Il commence à jouer professionnellement à l’âge de 15 ans, peu après le divorce de ses parents. C’est grâce à Cortijo qu’il intègre le Conjunto Monterrey de Moncho Mulley où il est percussioniste. Le directeur de cette formation était chanteur principal...

En, 1950 il se marie avec Virginia Fuentes, puis en 1952 il est incorporé au service militaire dans la marine des Etats Unis d’Amérique. Par simulation ou simple réalité, il se fera virer assez rapidement pour un niveau insuffisant en anglais. Peu après son retour du service militaire, de nouveau grâce à Cortjo, il abandonne la menuiserie pour un nouveau boulot, pourtant moins payé : chanteur de la Orquesta Panamericana du saxophoniste Lito Peña.

Le 28 janvier 1954, il fait partie de la réunion fondatrice de ce qui deviendra le Combo de Cortijo. Sous sa première version "stable" [1], le Combo était composé de
- Rafael Cortijo, directeur et timbalero,
- Martín Quiñones, Congas
- Rafael Ithier, Piano [2]
- Miguel Cruz, Basse
- Héctor Santos et Eddie "La Bala" Pérez au sax
- Roy Rosario et Sammy Ayala, percussions mineurs et choeurs
- Ismael Rivera, chanteur Maelo va ensuite alterner entre le Combo et la Panamericana.

Fin 1955, on écoute deux succès de deux groupes différents interprétés tous deux par Maelo : El Charlatan avec Lito Peña, et El Bombon de Elena (composition de Bobby Capó) avec Cortijo. Il abandonnera la Panamericana pour se consacrer entièrement au Combo.

Le Combo de Cortijo va marquer son époque en enchaînant les « premières » : première fois que les rythmes traditionnel portoricains de Bomba et Plena vont s’exporter internationalement, premier groupe noir à jouer à l’hôtel Condado (grâce à Bobby Capo). En pleine époque Big Bands, le Combo amène sur scène un chant populaire noir, issu de la rue. Il surgit comme une protestation, comme l’affirmation de la culture populaire de Porto Rico.

"Je crois que le phénomène a surgit pour cela, parce qu’il manquait un orquestre à Puerto Rico un groupe capable de rompre avec toutes les normes de la musique à Puerto Rico, et capable de retrouver ses racines qu’elles soient blanches, noires ou indiennes. Il avait une grande mobilité sur scène, et d’une musique qui se jouait avec des tambourins, il en fit une musique orquestrée, et ça a marché". Tite Curet Alonso in Salsa Opus 3 : Puerto Rico

C’est en 1956 que "El Barbaro del Ritmo" (Benny Moré), lors d’une tournée dans l’île, surnomme Ismael Rivera : "El Sonero Mayor de Puerto Rico". Ainsi, à 25 ans, Ismael commence à faire sa place au panthéon des grands de la musique Afro Caribéenne. La postérité va conserver "El Sonero Mayor" (le plus grand sonero) et tout au long du quart de siècle suivant, il prouvera la justesse de ce surnom. A la fin des années cinquante, le Combo porte ce chant jusqu’à New York où il partage la scène des grands Tito"s" (Puente et Rodriguez) au Palladium. Là où les big bands de 15, 20 musiciens jouent assis avec des partitions, le Combo des septs musiciens joue debout, sans partition.

Le Combo enchaîne tournées et succès [3] , mais en 1962 cette belle histoire prend fin. De retour d’une tournée Maelo et Cortijo sont attendus par la police à l’aéroport et arrêtés pour "trafic" de drogue. Ont-ils été piégés, transportaient-ils des substances illicites pour leur compte, pour compte de tiers ? On peut lire aussi que la justice s’est acharnée sur l’idole que représentait Maelo, par exemple en le jugeant en anglais alors que pour ne pas maîtriser suffisamment cette langue il avait été renvoyé de la Marine... Toujours est-il que la justice des Etats Unis d’Amérique jugera El Sonero Mayor coupable. De plus, les musiciens du groupe décideront de continuer leur route sans Cortijo et Maelo .Ils créent début 1962 El Gran Combo de Puerto Rico ! Ismael est lui transféré dans une prison du Kentucky si sinistre qu’elle est surnommée Las Tumbas (les tombes). Cet épisode de la vie de Maelo sera le thème de la chanson Las Tumbas composée par Bobby Capo (Soy Feliz, Vaya 35, 1975).

De las Tumbas quiero irme / Des tombes je veux m’en aller
no sé cuando pasará / Je ne sais pas quand ce arrivera
las tumbas son pa’ los muertos / Les tombes sont faites pour les morts
y de muerto no tengo na / Et de mort je n’ai rien

[1] durant les primiers mois, à certains postes, les musiciens alternaient suivant leurs disponibilités

[2] Rafael Ithier et Eddie Pérez forment toujours partie du Gran Combo qu’ils cofondèrent en 1962

[3] Plusieurs anecdotes montrent l’importance du succès du groupe : une fois, au Paladium, les pompier sont intervenus. ils craignaient une catastrophe car le public trop nombreux faisait vibrer le lieu. Le propriétaire, M. Hyman a alors suplié cortijo : "No more pachanga, please !!!"