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Franklin Veloz y Los Caballeros au New Morning

29 septembre 2005

Publié le 1er décembre 2005, par : Chabelita

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Franklin Veloz y Los Caballeros au New Morning
29 septembre 2005
©Chabelita

La salsa française abonde de talents pourtant Paris ignore ses créateurs vivants. Heureusement le New-Morning est un des derniers bastions à offrir une scène à ces groupes géniaux trop rares en dehors des festivals.

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Franklin Veloz
© photo Peter Gabor

Le sympathique et affable Franklin Veloz place le concert sous le signe de l’amitié, en rendant hommage à Alfredo « Cutufla » Franchesqui à qui il doit sa première prestation dans ce même lieu quelques années auparavant. Le timbalero au style bien ancré dans la salsa "callejera", exubérant, est l’invité spécial de la soirée.

Le foisonnement poly-rythmique est lancé avec « Manipulación genetica » , composé par Omar Plasencia [1] présent au bongo. Morceau instrumental sur l’album, il devient chanté en « live » grâce au talent de Yeci Ramos, un des rares improvisateurs capable de faire rimer toutes ses phrases. Ses modulations, ses accélérations, ses changements de ton et sa capacité à scatter [2] en font un Sonero aux qualités vocales exceptionnelles.

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Juan Carlos Gaviria
©El kaisero

Au piano le colombien Juan Carlos Gaviria (ex-membre de l’orchestre de Yuri Buenaventura) nous régale par son toucher vif. Des rafales sur le cuir des congas nous font découvrir un prodige vénézuélien de 23 ans : Edwin Sanz un nom à retenir. Les fulgurances du trombone de Philippe Henry et de la trompette de Philippe Slominski émaillent tout le concert.

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Franklin Veloz y Los Caballeros au New Morning
29 septembre 2005
©Chabelita

Les morceaux défilent avec en vedette le son cristallin du vibraphone, du grand succès « A bailar la rumba » en passant par la reprise salsa des « Feuilles Mortes », ils saupoudrent un peu de Bomba, de Plena, de Mozambique et la sauce prend. Disparition des chaises, apparition des danseurs.

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Edwin Sanz (congas), Omar Plasencia (bongo), P. Slominski (Trompet.), P. Henry (trombon.)
©El kaisero

Le récital attendu du vibraphone fera retomber les décibels mais naître un charme envoûtant. Les vibrations se propagent dans l’auditoire. D’abord le savoir-faire de Franklin Veloz avec ses quatre mailloches [3] puis après de longues minutes il effleure l’instrument de la paume de ses mains et du bout des doigts. Tout en nuances et subtilités, sa retenue, son léché créent une émotion à la fois sonore et sensuelle.

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©El kaisero

L’émotion se prolonge avec un hommage aux descargas d’Israel "Cachao" Lopez, moment propice à la magie de la contrebasse électrique de l’immense Felipe Cabrera.

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Felipe Cabrera
©El kaisero

Le concert s’achève en feu d’artifice sonore avec Franklin qui s’empare des timbales pour un bœuf magistral. Le Maître de Cérémonie conclura en scotchant ses baguettes au plafond après les avoir lancé un peu trop haut. Fin de 3 heures de concert qui sont passées comme un éclair.

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Franklin Veloz y Los Caballeros au New Morning
©Chabelita

Une version épurée de cet article est parue dans le Radio Latina Magazine de Novembre 2005.

Cliquez sur les vignettes pour agrandir les photos.


[1] frère de Franklin Veloz et musicien phare de la scène salsa/jazz Allemande.

[2] Le scat est une technique vocale propre au jazz qui consiste à substituer aux paroles des onomatopées.

[3] Mailloche : baguette terminée par une boule de feutre, de laine bouclée ou de caoutchouc, dont on se sert pour jouer du vibraphone et d’autres percussions.