Syndiquer tout le site

Article

2009 Festival del Callao

Publié le 1er novembre 2009, par : Frédéric Vigneau, guayacan

La treizième édition du festival à eu lieu cet été à Callao (le port de Lima) le 22 août. Il a échappé de peu à l’annulation pour cause de grippe A, d’autres concerts comme l’hommage prévu à Hector Lavoe n’avaient pas eu cette chance.

L’équipe de BuscaSalsa.com tient à remercier Frédéric Vigneau pour ce témoignage.

JPEG - 52.3 ko
Buste Hector Lavoe

Callao c’est le barrio salsero de Lima, la salsa et peut être même le Son sont arrivés à Callao par les marins débarquant au port et ayant voyagé par Cuba, Puerto Rico et les Caraïbes. Ce festival s’adresse au peuple du Callao : los chalacos, des fanatiques qui ont la salsa dans le sang et pour qui Hector Lavoe est, au moins, un demi dieu !

Le Festival

Le festival se tient dans le stade Yawar Huaca il ne dure qu’une soirée, mais de 18 h à 4 h du mat et avec une affiche des plus alléchante. L’entrée est au tarif populaire de 2€ pour permettre à tous les Chalacos d’y assister. Si le festival était maintenu, la menace grippe A était palpable : prise de température de tous à l’entrée par infra rouge (comme dans certains aéroports), distribution de masques et de pochettes de gel hydroalcolique et conseils d’utilisation !!!

Cette formalitée passée, ce qui frappe, c’est l’impressionant service d’ordre. Comme dans un match de foot la police nationale fait face au public et ils n’ont pas l’air commodes. Ceci dit, passé 3h du matin ils sont tournés vers la scène et ils écoutent religieusement la Ponceña... Un second service d’ordre, celui du festival lui même les seconde et filtre les entrées vers les backstages.

JPEG - 61.2 ko
Sonora Ponceña

Troisième impact : le sponsoring. La scène est littéralement envahie par la bière Pilsen Callao qui est bien évidemment la seule vendue sur le site pendant les concerts. En fond de scène sur les écrans on voit plus souvent de la pub pour cette dernière que le concert lui même.

Enfin, et presque aussi incontournable, le gouverneur régional du Callao Alex Kuri qui assiste en fond de scène à tout le concert et fait une brève apparition à l’avant. Il se murmure à Callao qu’il pourrait être candidat à la prochaine présidentielle. Les clips de ses réalisations se partagent l’écran avec les pubs Pilsen Callao et les concerts.

¿Chim Pum ? ¡Callao !

Dès 18 heures, des groupes locaux se succèdent, ils jouent salsa dura, salsa clasica.

JPEG - 37.5 ko
Melcochita

Après La Bella Luz, Melcochita sonero Péruvien dont la carrière a dépassé les frontières, il fut aussi comique à la TV, il vit maintenant aux USA. Il chante depuis une trentaine d’années et ce soir il interprète les grands classiques du son Cubain (lagrimas negras, negra tomasa, cuarto de tula ect...)

Vient ensuite Teens jeune groupe Péruvien qui joue entre salsa Dura et Timba, suivi du pianiste Lucho Cueto [1], c’est lui qui va diriger le backup band des groupes suivants.

JPEG - 46 ko
Lucho Cueto et Luis Perico Ortiz
  • Kim de Los Santos interprète brillamment ses salsas [2],
  • Luis "Perico" Ortitz alterne chant et trompette toujours dans le répertoire salsa dura, clasica.
  • Ray De La Paz très classe chante un bon moment et se mettra même quelques instants aux congas, il sera suivit de Rafael De Jesús.
JPEG - 41.6 ko
Banderole Hector Lavoe...

Après les durs de la Salsa, pause midinette avec Luis Enrique plus fleur bleue que jamais, succès assuré auprès des jeunes chalacas.

Enfin, le grand final avec la Sonora Ponceña toujours aussi excellente. Lucho Cueto et Papo Lucca se livrent à un duel au piano, selon quelques amis péruviens, avantage faible, mais avantage à Papo pour l’improvisation.

L’ambiance était finalement très bon enfant pour un quartier réputé dangereux , il est vrai que vu le service d’ordre on est plus tranquille là que dans les rues du Callao. Il semble tout de même que le public soit là pour la Salsa, la bière à coulé sans trop d’excès (en tout cas à proximité de la scène).

JPEG - 65.7 ko
Chalacos au premier rang

Pour le final de la Ponceña les banderoles Hector Lavoe et les LP de la Ponceña étaient brandis devant la scène : grande ferveur salsera et musicienne et peu ou pas de gens venus chercher querelle.

Impressions autour du festival

Vieja trova :

Entendu una vieja trova, c’est son nom, où tous les musiciens sont noirs, âgés ; on pourrait croire un groupe de son de Santiago de Cuba, d’autant qu’ils en jouent le répertoire.

JPEG - 71.8 ko
Ray de la Paz et Rafael de Jésus

Les boutiques de CD pirates :

On y croise Ray de la Paz et Rafael de Jésus en personne, venus chercher des enregistrement qu’ils ne trouvent plus aux USA, je ne vous raconte pas la fierté du vendeur.

Les graffitis portraits :

Dans les photos jointes quelques photos des portraits de musiciens sur les murs du Callao.

JPEG - 59.8 ko
Graphitis
Hector Lavoe, Frankie Ruiz, Tito Gomez et Celia Cruz

Ce sont des graffitis fait par les Chalacos en hommage aux grands de la salsa. Il y a deux ans il y en avait beaucoup plus, mais les autorités les effacent car il sont associés à la délinquance et aux pandillas (bandes). Paradoxalement on offre aux Chalacos le festival ChimPumCallao et on efface leurs œuvres d’art. Summum de l’horreur, le plus beau portait d’Hector Lavoe en couleur est maintenant remplacé par un Christ des Pentecôtistes ou autres Adventistes.

JPEG - 61.9 ko
Graphitis
Tito Puente, Pete “El Conde” Rodriguez

Callao pandillas :

Callao est certe le quartier Salsa de Lima, mais il reste un quartier dangereux, dominé par la violence des pandillas. 2 à 3 jours après le festival un mort (règlement de compte entre bandes) était conduit au cimetière. Bande son de l’enterrement : Juanito Alimaña !

Par contre à Miraflores on écoute plus du latin jazz ou de la salsa Cubaine (les Van Van étaient annoncés mi septembre).

Dans les autres quartiers pauvres du nord et des cerros (colines), peuplés d’indien venus des montagnes, peuples en grande partie éloignés de leurs terres dans les années de terrorisme du Sentier Lumineux, ce sont chicha, cumbia et teckno cumbia qui s’écoutent.

Une Image

Le Pérou dans l’imaginaire des gens c’est souvent El Condor Passa. Il suffit pourtant se pencher un peu sur ce pays pour se rendre compte de sa richesse musicale : Cumbia, Chicha, Vals, Marinera, Festejo, Lando etc...

Enfin, la Colombie et le Venezuela sont certainement les deux pays les plus salsero en amérique du sud, mais le pérou n’est pas loin derrière : festival Chim Pum Callao, nombreux sites internet dont l’excellent Mambo Inn ou le blog Sones y Soneros, et surtout une riche scène salsa : Sensual 990, Camaguey, Melcochita, Antonio Cartagena ou les groupes cités plus haut...

Alors n’oubliez pas le cri caractéristique du salsero péruvien :
¿Chim Pum ?
¡Callao !


Crédits photos : Frédéric Vigneau (voir son site)


[1] voir en particulier cet article

[2] écoutez Tomatero si jamais vous n’en écoutez qu’une !!!