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2005 Y Salsa Festival concert El Gran Combo à Lyon
Publié le 1er juillet 2005, par pbouge
Compte rendu du concert donné à Lyon par El Gran Combo le 11 Juin 2005 lors du festival Y Salsa.

Le festival Y Salsa construit sa réputation d’année en année. En 2004 Los Van Van étaient en haut de l’affiche, en 2005 c’est El Gran Combo. Alors comme l’an dernier, BuscaSalsa se devait d’être présent le 11 Juin pour le festival Y Salsa, dans un nouveau lieu : le stade Boucaud. Un espace divisé en deux parties, une estrade pour les danseurs et pour la majorité un sol ensablé sur lequel les trépignements du public n’ont pas tardé à dégager une poussière à regretter le lieu de l’année passée sur l’île Barbe. Mais cela n’a pas diminué notre enthousiasme et au milieu des aficionados du Gran Combo, des latinos et bien sur des Lyonnais venus en nombre nous étions prêt pour une grande soirée. Tous les ingrédients étaient là pour une bonne sauce à Lyon. Roberto Burgos de Radio Latina a annoncé l’orchestre et sous les acclamations le groupe historique de Porto Rico a investit la scène. On sentait une certaine appréhension du public car les deux dernières prestations en France du Gran Combo avaient laissé un mauvais souvenir : problème de sono au Zénith et organisation déplorable à Rungis. La pression était bien là. Après une courte introduction, le premier morceau Me Libéré, chanté par Jerry Rivas a aussi libéré le public. Ensuite : El Matrimonio par Charlie Aponte, El Menu par Jerry, Un Verano en Nueva York par Charlie, No Hago Más Na’ par Jerry, Aguacero par Jerry, Julia, A la Loma Del Tamarindo, et le final Timbalero ...
Mais le mauvais sort des concerts du Gran Combo s’est encore manifesté car nous n’avons pas échappé à quelques problèmes de sono au début du concert : piano trop fort, pas de contrebasse, larsen et parasites... Puis tout est rentré dans l’ordre jusqu’à la panne d’éclairage pendant un tiers de la chanson El Menu où nous entendions le groupe imperturbable dérouler son morceau dans ... le noir.
Le groupe était dans sa formation complète :
Directeur et pianiste : Rafael Ithier
Voix : Jerry Rivas, Charlie Aponte, Papo Rosario
Trompette : Luís A. Maldonado et Victor E. Rodriguez
Saxophone : Eddie Perez et Wilfredo Cruz Miranda
Trombone : Moises Nogueras
Basse : Wilfredo Rivera
Conga : Miguel Torres
Bongó et campana : Richard Bastar
Timbales : Domingo Santos
Rafael Ithier est incontestablement le leader musical du groupe, mais la cohésion de l’orchestre est telle que l’on a vraiment le sentiment que ce sont les décades qui l’ont densifiée.

De cette masse musicale s’extraient les improvisations du bongocero Richard Bastar pendant "Un verano en Nueva York" par exemple ou les moñas de la section de cuivres. Mais jamais, celles ci se détachent vraiment. Car le groupe est entièrement dédié aux extraordinaires soneros que sont Jerry Rivas, Charlie Aponte et Papo Rosario. Les deux premiers ont alternés les chansons mais le timbre, la modulation, la puissance de voix, les improvisations, et la présence de Charlie Aponte ont fait la différence. Quel talent !
Régal pour les oreilles El Gran Combo c’est aussi un spectacle de danseurs. Les chorégraphies, les jeux de pieds, les postures, sont alternativement élégants, techniques et pleins d’humour lorsque par exemple Jerry et Papo font tourner Charlie Aponte pour finir par un porté plein d’auto-dérision.
La plus belle chanson de la soirée a été pour moi La Loma del Tamarindo :
Y yo no olvido con cuanto afánmi buen viejo trabajabaque dia y noche se fajabapara conseguir el pán.Las cosas buenas no estándecia, "pero no me rindo"y yo tampoco precindode los dias de mi infanciaaunque perdió su eleganciala loma del tamarindo.
C’est à partir de cette chanson que la brise de l’improvisation a commencé à souffler sur la scène jusqu’à rappeler un Maraca virtuose et inspiré. Ensuite les autres musiciens de l’orchestre de Maraca ont rejoint la scène pour un boeuf mémorable. On a vu Raphael Ithier gentiment donner ses conseils, conseils reçus avec humilité par l’excellent pianiste de Maraca.

Grand moment musical et humain où la musique nous rappelle son universalité bien loin des chapelles marginales de quelques danseurs qui réduisent parfois la salsa à des clivages entre styles de danses. . . Alors si ce soir il y a eu une soirée "Cuba versus Porto Rico" comme le proclamait avec humour de site web du festival, les vainqueurs ont été ex-aequo : les musiciens et le public.






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