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Efraín "Frankie" Vázquez - Biographie

Biographie et discographie

Publié le 1er janvier 2003, par : Chabelita

Efraín -dit Frankie- Vázquez est un chanteur dont on entend de plus en plus parler. Il n’est pas un simple chanteur : il est un des rares soneros actuels.

Pour en savoir plus sur lui et sur sa déjà longue discographie, voici un petit résumé de sa carrière qui présage beaucoup de bons enregistrements et de bons concerts dans les années à venir.

Frankie Vázquez

Frankie est né le 6 janvier 1958, à Salinas, Puerto Rico. De l’âge de six mois à 12 ans, il vit avec ses parents à New-York, il grandit ensuite à Guayama (P.R.), où son père avait un restaurant.

Son père lui offre sa première conga à l’âge de 10 ans et une seconde deux ans plus tard, ce qui permet au jeune garçon de s’entraîner au rythme des disques que possède sa mère : El Gran Combo, Cortijo et Eddie Palmieri. Il monte son propre groupe dès l’âge de 16 ans : Los Generales où il jouait des congas. Le groupe se produisait dans le restaurant paternel.

Remplaçant au pied levé le chanteur attitré du groupe, il se révèle être meilleur et plus populaire. Il se consacre alors au chant, en continuant les percussions, qui jouées par Frankie n’ont rien de mineures !

A 17 ans, il joue déjà dans trois orchestres : son groupe local renommé « La Soul Latina », le groupe de son université, et le groupe d’un professeur de guitare d’un âge respectable (70 ans). Avec ce dernier il fait l’apprentissage des rythmes typiques : bombas, plenas, aguinaldos et lé-lo-laïs.

En 1976, il fait partie d’un groupe utilisant quelques musiciens professionnels comme son cousin Miguel Pollo (du Gran Combo).

Admirateur passionné d’Hector Lavoe, Ismael Miranda, Ismael Rivera, Pete « El Conde » Rodriguez, Ismael Quintana,... il avoue connaître leurs albums par coeur. Cela lui vaut le surnom de "chanteur de Juke Box" car il est capable de chanter n’importe quelle chanson du début à la fin.

En 1977, son cousin David Sánchez chanteur du groupe Fuego 77 lui demande de venir à New York. Frankie vend certains de ses disques et fait le voyage avec quelques dollars en poche. Frankie chante plus haut que David et c’est ce qu’Al Santiago [1] voulait. Cela débouche sur le premier enregistrement de Frankie :

avec le groupe du même nom. Al Santiago le décrit comme gentil et énergique. Il fait les chœurs et interpréte : "Nueva York", où sa jeune voix est à peine reconnaissable, il y raconte son arrivée dans la "grande pomme".

    • Nueva York sitio de oportunidad
    • Nueva york la ciudad que más quiero
    • tengo yo el presentimiento de que un día llegaría a triunfar
    • New York lieux de toutes les opportunités
    • New York ma ville préférée
    • j’ai le pressentiment qu’un jour je triompherai

David Sánchez [2] se voit confier toutes les autres chansons. Les deux chanteurs sont remerciés dans les « credits » pour leur collaboration dans l’écriture des "soneos". Cet album est une petite merveille, aucune chanson ne déçoit, au contraire il y a une énergie communicative qui se dégage de la première à la dizième piste. "Fuego 77" était une formation de jeunes musiciens dont la moyenne d’âge était 20 ans.

Anecdote
Dans le film "Our Latin Thing", Ray Barretto déguste dans les rues du barrio une glace que l’on appelle là-bas "Piragua" (glace pilée sur laquelle on met différentes saveurs comme par exemple le "tamarindo"). Le commerce de glace qu’on voit dans le film appartenait aux parents de Frankie Vázquez, ce jour-là son frère servait les glaces pendant que Frankie lavait une voiture pendant le tournage.
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Frankie Vázquez - Festival Toros y Salsa 2004
Photo ©Chabelita

Fuego ’77 se sépare trois ans plus tard. Mais Frankie ne manque pas de travail : il passe ensuite deux ans avec Sonido Taiborí, et Orquesta Calidad et par intermittence il travaille aussi pendant trois ans avec Orquesta Metropolitana. Et ses intérims dans l’orchestre New Swing Sextet s’étaleront sur une période de 15 ans !

Par l’intermédiaire d’un musicien de ce "New Swing Sextet" [3], il rejoint le Conjunto Salsa de Wayne Gorbea [4] pour 5 ans, on le retrouve au chant et güiro sur :

  • Sigan Bailando (1986) [5]

L’album reprend "Lo que dice Justi" de Justi Barreto. Ce qui vaut à Frankie Vázquez d’être adulé en Colombie où les groupes de salsa avec trombone font leurs classes sur ce morceau, qui de ce fait est devenu un classique dans ce pays.

Le directeur musical et bassiste du Conjunto Salsa de Wayne Gorbea : Harry Justiniano quitte le groupe en 1987, emmenant avec lui son frère -le conguero Angel Justiniano- et Frankie Vázquez. Ils rejoignent la Charanga Charanson du pianiste Héctor Serrano. On les trouve sur l’enregistrement :

  • Descarga (Around Midnight) réalisé en décembre 1987 ; et repris en 1995 sur la compilation : The Montuno Sessions - Live From Studio "A" chez Mr Bongo.

puis quelques années plus tard sur :

  • "Ese Gallo" - "A Las Seis" (1993) chez Quénepa Productions.

Toujours aussi actif, Frankie Vázquez collabore cinq ans avec le groupe de Javier Vázquez [6] et sa production :

  • Javier Vázquez y su Sonora avec Ella Me Olivido (1990 chez Cuco).

Lui qui excelle dans la salsa classique fait une parenthèse dans la salsa romantique sur l’album d’Angelo Vaillant :

Frankie est voix principale sur sept des huit chansons de l’album.

Une grande étape est franchie en décembre 1990, quand il remplace Herman Olivera comme chanteur principal de Manny Oquendo y Libre [7], le début d’une longue collaboration qui perdure encore aujourd’hui puisque Frankie participe aux tournées du groupe (avec lequel il a fait plusieurs concerts en France : à Paris ou dans des festivals tels que Tempo Latino 1998 à Vic-Fezensac). Son premier album avec cet orchestre est :

Tout le monde a en tête le succès Alabanciosa, première piste de l’album qui est passé en boucle à la radio à sa sortie. Titre arrangé par Angel « Papo » Vasquez qui comporte un solo de trombone d’Arturo Velasco. Frankie Vázquez nous invite à la fête avec la plena "Candela" et la bomba "Las ingratitudes". Mais il nous laisse admirateurs quand il chante un mambo-guaguanco en anglais : "I want You", sur des solos aux trombones de Jimmy Bosch et Dan Reagan. La piste suivante est un boléro bien servi par des solos de flûte et de trombone. L’album se referme sur une descarga avec des solos de sax baryton et les soneos de Frankie :

    • oiga como suena libre (coro)
    • mejor que nunca (coro)
    • la banda de Manny Oquendo
    • se llama libre porque
    • porque tiene un swing sabroso
    • 20 años ya tu ves
    • écoute comment joue Libre (choeur)
    • mieux que jamais (choeur)
    • le groupe de Manny Oquendo
    • s’appelle "Libre" parce que
    • parce qu’il a un swing savoureux
    • 20 ans déjà tu vois

Parallèlement, il se produit avec le Héctor Lavoe Orchestra (en 1993) dirigé par le timbalero David Lugo.

Herman Olivera réintégre Libre en 1995 pour partager le poste de chanteur principal avec Frankie. On les retrouve sur l’album du label Milestone (9263) sorti en 1996 :

enregistré en live à San Francisco, en mai 1996. D’où des chansons très longues de 7 à 9 minutes (plus un florilège de chansons qui dépasse les 17 minutes !) qui laissent une large place aux improvisations. Frankie est remarquable sur "Porque tú sufres". Sur les autres chansons il chante avec ou derrière Herman Olivera.

Frankie Vázquez participe aussi aux premiers albums de : Jimmy Bosch, ex-musicien de Manny Oquendo, les excellents :

  • Soneando Trombon (Ryko Latino 1004) en 1998 ; où Frankie est voix principale sur l’étincellante « Descargarana », sur l’émouvante « Otra Oportunidad » et sur la rafraichissante : « Muy Joven para Ti » (après une minute trente d’introduction par Jimmy Bosch lui-même).
  • et Salsa Dura (Ryko Latino 1007) en 1999, où Frankie forme un trio avec Herman Olivera et Frankie Morales.

Il a aussi suivi le tromboniste en tournée : on les a vu plusieurs fois ensemble sur les scènes parisiennes (l’occasion pour lui de chanter avec Azuquita et Yuri Buenaventura ou d’être accompagné à la basse par Kelly Keto) ou dans les festivals de province. Malheureusement il n’était pas libre pour participer au troisième album de Jimmy Bosch "El avion de la salsa" dont il dit que c’est le meilleur des trois.

La liste de ses engagements s’allonge avec les Lebrón Brothers. On le trouve sur :

Il travaillera avec eux plus de trois ans.

Un projet de taille en 2002 : Grupo Caribe avec l’excellent album :

Parmi les critiques on lit : « si vous ne pouvez pas bouger votre squelette sur cette musique c’est que vous êtes émotionnellement mort ! ».

Frankie Vázquez n’a pas participé aux deux premiers albums du groupe -né en 1996- sur celui-ci il partage le chant avec Herman Olivera, Frankie Figueroa et Louis Ayala [8]. Frankie Vázquez est voix principale sur : A Tite Curet, une chanson originale qui rend hommage au parolier le plus prolifique et talentueux de la salsa : Tite Curet Alonso. Autre chanson originale interprétée par Frankie le guaguancó : Cambiaré, de belles paroles où le chanteur fait surgir beaucoup d’émotion. Un grand succès de cet album, la chanson très dansante : Nagüe, une nouvelle version du classique de Chano Pozo, où Frankie Vázquez et Herman Olivera chantent ensemble. Frankie ne participe pas aux tournées du groupe, il a seulement participé aux enregistrements du disque.

Dans le même temps, il a participé à la naissance du Spanish Harlem Orquesta et l’album Un Gran Dia en el Barrio. Album de reprises, très bien présenté avec photos et paroles de chansons, mais un grand oubli sur la pochette : il n’est pas mentionné qui chante quoi. Frankie s’est réservé Llegó La Banda, version très dansante, mais qui aura du mal à nous faire oublier la version originale d’Hector Lavoe [9] même si revoir cette chanson sur scène est un réel plaisir : le groupe est venu avec Frankie en 2003 à Paris au Bataclan. Frankie interprète aussi Somos Iguales [10], choisie pour ses paroles toujours d’actualité. Frankie Vázquez a participé aux tournées du groupe, où il chantait [11] : "Ariñañara" et "Maestro de Rumberos" [12]. Frankie Vazquez a quitté le SHO en 2004 pour se consacrer pleinement à son propre groupe :

Los Soneros del Barrio

Frankie Vázquez s’est investi ces dernières années dans une collaboration avec le pianiste, directeur d’orchestre, compositeur et arrangeur : Martin Arroyo sur le projet :

  • Los Soneros Del Barrio : Martin Arroyo & Frankie Vázquez (Rumbero 1765) ; sorti en 1999.

    L’objet de la formation est de transmettre aux nouvelles générations une mémoire musicale, avec de nouveaux arrangements, la technologie et le talent des musiciens d’aujourd’hui. Ces reprises sont faites tout spécialement pour les danseurs mais très agréables pour les oreilles. Le groupe fait ses débuts sur scène à New York au S.O.B.’s le 22 novembre 1999. Martin Arroyo décéde [13] peu après l’achèvement de l’album, la suite de l’aventure "Soneros del Barrio" se fera malheureusement sans lui. Il sera remplacé par le pianiste, arrangeur et producteur Ricky González. Un nouvel album voit le jour en 2001 :

  • Remembranzas Featuring Frankie Vazquez, (Rumba Jams 1014)

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reprend une série de succès comme « Trucutú » de Tommy Olivencia, réarrangé par Ricky González. « Con Los Pobres » écrite par Tite Curet pour Roberto Roena, ce qui produit un album brillant (à noter la présence d’un saxophone baryton).

  • puis en 2003 : Siguiendo La Tradicion, (Rumba Jams 1015).

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    Enregistré dans un studio dernier cri, contrairement aux deux autres albums réalisés dans des conditions plus modestes. Tout le monde s’accorde à dire que ce dernier album est le meilleur des trois, il y a plus de maturité dans leur travail, un excellent Frankie Vázquez et de bons arrangements. Les chansons ont été choisies avec soin et sont particulièrement destinées aux danseurs. Il s’agit essentiellement de reprises : Canuto -d’Adalberto Santiago et la Tipica 73-, Babaila -de Tite Curet Alonso pour Pete « El Conde » Rodriguez-, Evelio y la rumba - de Tite Curet Alonso pour Tommy Olivencia-, Las mujeres son - d’Ismael Miranda-, Noche como boca e lobo - de Tite Curet Alonso pour La Sonora Ponceña - et Juana Peña -d’Hector Lavoe et Willie Colón. Mais aussi de deux composition de Frankie Vázquez : Timboro et Soneros de Siempre. On retrouve sur toutes les chansons un saxophone baryton et la voix de Frankie Vázquez. [14]

En 2004, il chante "Mi Rumba es Candela" sur l’album Oasis de Ricky González.

En 2005, il reprend de façon magistrale "El Hijo de Obatala" sur le premier album du conguero George Delgado : « Mi Ritmo Llego » (Pour plus de détails sur cet album voir ici).

On le retrouve aussi sur l’album de Pablo "Chino" Nuñez ; It’s SHO Time : Strictly Hardcore On 1 Or 2 - Tribute To The Dancers (label Cookita Records 002).

Il travaille aussi régulièrement avec l’orchestre "The Bronx Horns".

Dernièrement il a accompagné le concert en France de Ray Barretto Salsa Orchestra avec lequel il voyagera jusqu’au festival de Jazz de Montreux (16 juillet 2005).

Sa carrière est déjà tellement riche que la liste de ses collaborations que nous venons de détailler n’est pas exhaustive [15]. Et on espère qu’elle va s’allonger encore plus... Car on adore sa façon de moduler sa voix en fonction des thèmes, avec sa diction toujours parfaite, même dans ses improvisations qui nous enchantent en concert.

Nous attendons avec impatience le prochain enregistrement des "Soneros del Barrio" actuellement en préparation.


Sources principales :
- Interview que Frankie Vázquez a accordé à Descarga.com.
- Article et interview de Frankie Vázquez dans le "Latin Beat Magazine" Juin-Juillet 2003.
- Réactualisé suite à une interview au festival Tempo Latino (Vic-Fezensac, france) 2004.


[1] Producteur du groupe.

[2] Près de 30 ans plus tard, David Sanchez est toujours auprès de Frankie Vázquez : il est choriste dans son orchestre.

[3] Harry Justiniano.

[4] Wayne Gorbea, né le 22/10/1950 à Manhattan, directeur de groupe, pianiste, percussioniste, producteur, arrangeur, compositeur, directeur de label ; son Conjunto Salsa se forme en 1973.

[5] L’album a marché en Amérique du Sud mais pas à New-York. Les musiciens ont bien travaillé sur l’album mais l’enregistrement a un défaut sonore qui n’a pu être corrigé.

[6] Pianiste, arrangiste, compositeur, producteur ; pas de lien familial.

[7] Libre : co-fondé en 1974 par Manny Oquendo et Andy Gonzalez, le groupe voulait une musique basée sur les racines afro-cubaines mais avec un son plus "libre", plus urbain, avec une grosse ligne de trombones.

[8] A ne pas confondre paraît-il avec Luisito Ayala le précédant chanteur du Grupo Caribe.

[9] On trouve la version originale sur l’album " Asalto Navideño " Vol 2 ; 1973 chez Fania.

[10] La version originale est du Conjunto Clasico ; 1979, album Los Rodríguez chez Lo Mejor.

[11] Leur concert à Montréal en 2003 a été diffusé sur TV5.

[12] Maestro De Rumberos, l’original est de : Ismael Quintana / album : Lo Que Estoy Viviendo année : 1976 chez Vaya.

[13] Né dans le Bronx, le pianiste, compositeur, arrangeur et directeur d’orchestre Martín Arroyo est décédé en décembre 2000 suite aux complications d’une récente opération du dos, âgé seulement de 35 ans. Diplômé du « Mannes College of Music » et de la « New School of Jazz and Contemporary Music ». Arroyo a gagné deux fois le prix « Tito Puente Scholarship Fund Award ». Il a travaillé avec Miles Peña, Víctor Waill, Johnny Ventura, Johnny Pacheco, Tito Nieves, Willie Colón, Héctor Lavoe, José Alberto, Paquito Guzmán, Frankie Ruiz, Anthony Cruz, Bobby Rodríguez, Hector Casanova, Ray de la Paz, Louie Ramírez, Erick, Pete "El Conde" Rodríguez, Grupo Fascinación, et Angel Canales.

[14] Pour quelques photos des "Soneros del Barrio" cliquez ICI.

[15] Il a aussi travaillé avec :
- Moncho Leña ;
- Tony González ;
- La Sonora Matancera ;
- Frankie Morales ;
- Jimmy Delgado ;
- Joe Cuba ;
- Típica Novel ;
- Louie Sánchez y las Siete Potencias ;
- Henry Fiol : on le voit sur scène avec Henry Fiol sur "Changuería" et "Buscando Una Melodía" sur la compilation video qui comporte divers artistes : Salsa Hits Vol.1 (1993 réalisé par El Dorado Disques & Videos/Paris) ;
- José Mangual Sr ;
- Mark Ribot Y Los Cubanos Postizos, ¡Muy Divertido !, (Atlantic 83293) sorti en 2000 ;
- Gerardo Rosales : La Salsa Es Mi Vida : The New York Album, (Javaanse Jongens 77008) sorti en 2002. Les chansons "La Salsa es mi vida", "Echádole" et "El Hijo del Sonero" sont interprétées par Frankie Vázquez.