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Dimensión Latina

1972 à nos jours

Publié le 1er mars 2005, par : Chabelita

L’orchestre mythique du Venezuela : La Dimensión Latina.

Après les beaux jours des années 60, le tout début des années 70 est plus difficile pour la musique caribéene (ça s’arrangera très vite). Le rock dominait outrageusement et la salsa locale n’avait aucun groupe phare pour renverser la tendance.

Les choses vont progressivement changer à partir de 1972 et à l’initiative de deux trombonistes : Cesar Monge et José Antonio Rojas « Rojitas ». Ils partagent leur initiative avec Oscar de León [1]. Après deux mois de répétitions, le sextet alors formé est engagé pour un concert, c’est le moment de baptiser le groupe : La Dimensión Latina. Celui-ci est composé :
- des trombonistes : Cesar Monge -directeur et arrangeur- et José Antonio Rojas ;
- des percusionistes Elio Pacheco -congas- et José Rodriguez -timbales- ;
- du bassiste et chanteur : Oscar d’Leon
- du pianiste : Enrique Iriarte "Culebra" (remplacé plus tard par Tony Monserrat et Jesus Narvaez Chuíto).

Avec sa paire de trombones, La Dimensión Latina avait une évidente sonorité New-Yorquaise. Ils cultivaient un rythme simple et un répertoire neutre, sans grande signification.

En 1973, l’orchestre s’aguéri dans les carnavals de Maracaibo.
Ils sortent un premier disque partagé avec un autre groupe : "le Clan de Victor".

  • Le 1er disque de La Dimensión Latina : Clan de Victor y Dimensión Latina, voir les crédits ICI.

Premier disque qui ne retiendra pas l’attention des mélomanes. Mais qui grâce au succès de "Pensando en tí" permettra à l’orchestre d’enregistrer un disque 100% Dimensión Latina cette fois :

  • En La Dimensión Latina (1974), voir les crédits ICI.

Le groupe est alors dans une phase de stabilité avec en moyenne huit présentations par mois.

Autre événement marquant cette année là (1974), la Fania All Stars se produit pour la 1ère fois à Caracas.

Un nouveau disque un peu plus qualitatif va voir le jour :

  • Dimensión Latina 75, voir les crédits ICI.

Appuyés par "Radio Rumbos", leur chanson "Que bailen todos" est leur premier grand succès.

Ils animent à nouveau les carnavals de Maracaibo et ce retour à l’Est leur amène un nouveau musicien, essentiel pour le futur du groupe : le bolériste Wladimir Lozano [2]. Oscar et Wladimir forment un couple de chanteurs atypiques : tandis que Wladimir se chargait des boleros, Oscar guarachero exceptionnel avait une grande habilité à improviser sur les montunos. Ce disque "Dimensión Latina 75" s’ouvre sur la guaracha composée par Oscar D’Leon : "Llorarás", qui se transformera en succès planétaire. Chanson typique du style de la Dimensión Latina avec un rythme très élémentaire. Avec ce disque, l’orchestre a pris une vague qu’il gardera longtemps : exploiter les chansons du répertoire cubain des années 40 et 50. "Llorarás" est un des rares morceaux écrits par Oscar d’Leon, pas par manque de créativité mais par la volonté des producteurs de disques. Avec ce disque le boom de la salsa entre au Venezuela, les ventes de disques commencent à dépasser toutes les estimations et les groupes New-Yorkais et portoricains se produisent à Caracas. Ainsi, en 1975 un festival ne présente rien moins qu’Ismael Rivera, El gran Combo, Cheo Feliciano et la Tipica 73. L’orchestre entre dans le patrimoine culturel du Venezuela.

  • Dimensión Latina 76 - "SALSA BRAVA", voir les crédits ICI.

Dans le même filon que le précédant, le disque de 1976, se vend à de très nombreux exemplaires grâce à "Dolor Cobarde". La Dimensión Latina a toujours réussi à sélectionner des reprises qui ont fait mouche (au contraire de biens des orchestres).

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DL 1976


Bien que les disques soient répétitifs, le groupe devient le plus populaire du Venezuela, et leurs ventes sont en constantes croissance.

  • Dimensión Latina en Nueva York (1977), voir les crédits ICI.

Ce disque est le dernier enregistré par Oscar d’Leon avant son départ du groupe. La Dimensión Latina s’exporte jusqu’à New-York. Ils y ont connu le succès, grâce à un travail scènique spectaculaire : des vêtements soigneusement choisis pour attirer l’attention, une chorégraphie de l’orchestre entier qui illustrait toutes les phrases de la musique et un Oscar d’Leon en principale attraction. En effet, il utilisait sa basse comme une partenaire de danse : la caressant et la faisant tourner pendant qu’il chantait sur le montuno. Sa voix exceptionnelle, son style propre, unique, sa créativité, ont fait qu’il a su imprimer une touche de nouveauté aux vieux classiques, il a fait du montuno sa spécialité.
Son départ de la Dimension latina sera un séisme jamais comblé par ses deux remplaçants : le chanteur Argenis Carrullo et le bassiste Gustavo Carmona. Le groupe encaisse le coup, sort un nouveau disque dont deux titres marqueront : "Dame tu querer" et "(flores) Para tu altar".

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DL 76 1/2
  • Dimensión latina’77 "Internacional", voir les crédits ICI.

Carrullo ne reste que quelques mois. La Dimensión réussit le coup magistral de recruter Andy Montañez, idole de la salsa portoricaine, star du Gran Combo. Le Venezuela était devenu le pays où les ventes de disque salsa étaient les plus fortes, les musiciens y étaient mieux payé que partout ailleurs. Ce fut même à un moment donné le seul support de la salsa dans le monde. Le pétrôle vénézuélien [3] a servi à prolonger le boom de la salsa, mais aussi à payer sa décadence.

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DL 77
  • Dimensión latina Los generales de la salsa (TH - 1197), voir les crédits ICI.
  • Dimensión latina ’78 - 780 kilos de salsa (TH - 1217), voir les crédits ICI. Pourquoi 780 kilos de salsa ? C’est simplement l’addition du poids de tous les musiciens du disque : Jesus Narvaez (Piano) 80 kg, Rodrigo Mendoza (chant, maracas) 65 kg, Jose Rojas (3ème trombone) 70 kg, Elio Pacheco (congas) 90 kg, Wladimir Lozano (chant, guïro) 65 kg, César Monge (2nd trombone, clave) 120 kg, Joseito Rodriguez (timbales, bongo) 60 kg, Andy Montañez (chant) 75 kg, Carlos Guerra (1er trombone) 80 kg, Gustavo Carmona (basse) 75 kg.
  • Dimensión latina ’79 (CLR - 1591), voir les crédits ICI.

Loin d’innover la Dimensión Latina s’est enfoncée dans la répétition stérile, au lieu de s’adresser au citadin dans un pays majoritairement urbain, ils se sont tournés vers le Joropo [4] et le monde paysan. Les paroles des chansons étaient toujours éloignées de la réalité quotidienne du citadin de Caracas.

Le départ d’Oscar d’Leon a cassé un engrenage bien huilé, au fil du temps ses membres iniciaux ont formé d’autres groupes :
- Elio Pacheco - le conguero - a formé "La Magnífica", une charanga.
- Le pianiste Jesús "Chuito" Narváez Rodríguez et le chanteur Rodrigo Mendoza ont fondé en 1979 l’orchestre "La Amistad", dans un format de Charanga. Orchestre qui comprenait aussi le talentueux flûtiste-arrangeur Naty. Tito Gómez a enregistré avec eux "Presente y Pasado" (1979) et "El Poder De ... La Amistad" en 1980 chez Velvet avant de retourner à Puerto Rico.
- Le bolériste Wladimir Lozano

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Wladimir y su constelación

a crée : « Wladimir y su Constelación », avant de trouver le succès avec « Oscar D’ León y su Salsa Mayor ».

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Wladimir y su constelación

- L’arrangeur et premier trombone : Cesar "Albóndiga" Monge, est parti à la fin des années 80 à Cali - Colombie, pour travailler avec le « Grupo Niche », « Los Niches”, « La Identidad » et « Kike Harvey », il y restera 15 ans . Aujourd’hui de retour à Caracas il a son propre orchestre et a sorti un album solo « César ’Albóndiga’ Monge y La Pandilla » en 1990. En 1999 il forme un nouvel orchestre au Venezuela, avec 4 chanteuses. Il enregistre le disque « De Regreso A Mi País », avec les chansons à succès "Albóndiga mix" et "Pancho Calma". Il a fait partie de l’orchestre « Los Adolescentes ».
- William Puchi jouera violon et trombone avec le septet vénézuélien “Grupo La calle” sur l’album éponyme sorti en 1985 chez Sonotone, qui a bien marché sur les radios salsa aux Etats-Unis.

En 1987, le nom “Dimension Latina” est acheté par un impresario vénézuélien : Luis Pérez. Les musiciens actuels de ce groupe n’ont plus grand chose à voir avec les musiciens de l’année 1972.

En 2002, après 20 ans de séparation, les fondateurs de la Dimensión Latina, se sont réunis à l’initiative de César Monge “Albondiga”, sous le nom de : "Los Generales de la Salsa". On y retrouve Wladimir Lozano, Jesús Narvaez “Chuíto” y José Rodríguez “Joseíto”, Elio Pacheco et José Rojas “Rojita”.

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[1] Oscar Emilio León Samoza, né le 11 juillet 1943, Antímano, Caracas, Venezuela. Sonero, bassiste, directeur d’orchestre, compositeur, arrangeur ; exceptionnel sur scène.

[2] Wladimir Lozano : Né 2 Mars 1950, Venezuela ; De 1974 à 1978 il fait parti de la Dimension Latina, forme son propre orchestre « La Constelación » en 1979 et enregistre avec « La Crítica » en 1980, et réintégre La Dimensión Latina au milieu des années 80. Avec eux il a fait 6 albums de 1972 à 1976 chez Top Hits...

[3] L’afflux de pétro-dollars a augmenté le pouvoir d’achat d’une population jeune, le réseau TV était très développé, les musiciens bénéficiaient d’une large audience.

[4] joropo : Musique folklorique vénézuélienne.

Documents joints

  • DL 77

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  • Message 1
    • par Chabelita, 17 janvier 2006 - > Décès "chuito" Narvaez / Dimensión Latina

      Nouvelle envoyée par Gherson Maldonado : ce 16 janvier 2006 est décédé à la Guaira le pianiste de l’époque dorée de la Dimensión Latina : Jesús "Chuito" Narváez.