Syndiquer tout le site

Article

2007 Dia Nacional de la Salsa à Porto Rico

Puerto Rico

Publié le 1er avril 2007, par : Joelle

Mon histoire avec le Día Nacional de la Salsa a commencé tardivement, le jour où j’ai entendu par hasard Danielito mentionner l’événement sur Radio Latina 99. Diantre, un tel événement existe et je ne suis pas au courant ? Cela exigeait réparation immédiate.
J’ai vaguement prévu retourner à Puerto Rico cette année (2007), et cette information fut décisive pour mon départ. Me voici donc, en bonne salsera qui se respecte, à emboîter le pas à Guayacan et à Chabelita, respectivement présents au Día Nacional de la Salsa en 2002 et 2005.

JPEG - 19.5 ko
Stade Hiram Bithorn
Dia Nacional de la Salsa 2007

Dès mon arrivée à San Juan, je me suis branchée sur Z93, la station salsa de l’île, où la programmation était déjà axée sur l’événement. Z93 programme presque exclusivement de la salsa, de celle qu’on appelle salsa clásica : de la Fania, Frankie Ruiz, Tommy Olivencia, El Gran Combo, Oscar d’Leon, Hector Lavoe, Ismael Rivera, Eddie Santiago, Gilberto Santa Rosa, Tito Rojas ... bref, la salsa inégalable.
Comme à l’accoutumée, le Día Nacional de la Salsa avait lieu le troisième dimanche de mars. Cette année, le 18 mars. L’endroit choisi pour cette 24ème édition étant le stade de baseball Hiram Bithorn, de grande capacité. Au moins 20 000 personnes étaient attendues.
Non sans surprise, je me suis rendue compte que beaucoup de Portoricains, en particulier de Sanjuaneros, ne savaient rien de l’événement. J’en savais apparemment beaucoup plus qu’eux. Pas trop commode pour trouver des informations concernant l’organisation, le lieu, l’achat des billets etc...
Devant quitter la capitale pour San German et Mayagüez, j’ai décidé de laisser mon organisation en suspens jusqu’à mon retour le 17 mars.

A mon retour, à J-1, la radio a diffusé l’information comme quoi les billets étaient en vente à Hiram Bithorn même, jusqu’à minuit. J’avais mon billet en poche dès 16 heures. Le slogan était lancé sur Z93 : ya llegó el día nacional, voy pa’llá, voy pa’llá. La station n’arrêtait pas de recevoir des appels téléphoniques : chacun y allait de son commentaire, de son soutien, de ses attentes, et surtout, ne manquait pas de confirmer "voy pa’llá".
Le jour J, les portes étaient ouvertes bien avant midi. Embouteillage innommable aux abords du stade. Mon taxi a dû me déposer du côté de la Plaza las Américas (mall en face du stade). Je n’avais plus qu’à traverser. Loin d’être une professionnelle, ni une spécialiste du sujet, je me propose de relater le Día Nacional de la Salsa d’une simple salsera passionnée, et côté public.

JPEG - 20 ko
Abords du stade
Dia Nacional de la Salsa 2007

La fête commençait avant même l’entrée du stade : un stand d’animation où une bande et ses danseuses s’échauffaient, des stands vendant boisson, en-cas dont les fameux pichones (grillades de poulet badigeonnés de salsa), et articles boricua : les TShirts Frankie Ruiz, Ray Barretto ou Hector Lavoe, le béret Hector Lavoe, les drapeaux, les casquettes Zalsa ou Día Nacional de la Salsa, ... juste avant d’accéder à l’intérieur du stade, il y avait encore des vendeurs de tableaux-portraits de ces mêmes artistes et incluant jusqu’à Celia Cruz. Bien que Celia Cruz n’était pas Portoricaine, les portoricains lui reconnaissent volontiers son statut de reine de la Salsa.

JPEG - 23.4 ko
Salseros
Dia Nacional de la Salsa 2007

Des percussionnistes anonymes se faisaient plaisir, et bien entendu enchantaient la foule, à l’extérieur du stade. Une fois à l’intérieur, on prenait la mesure de l’immensité du stade pouvant accueillir jusqu’à 20 000 spectateurs. A midi, le tiers du stade était déjà rempli. Le coup d’envoi ne sera donné pourtant qu’à 13h00. En attendant, el Buho Loco, animateur phare de Z93 trompait la patience du public en envoyant les incontournables de la salsa portoricaine, repris en live pour certains au cours du concert. Ici, on défend en premier lieu la salsa. Puis, en premier lieu bis, la fierté d’être Boricua. Incontestablement, tout ici nous rappelle qu’on est en pleine terre boricua. Même moi, j’arborais solidairement mon bob "Puerto Rico". En dépit de mon orgueil d’en connaître un large rayon sur la salsa, j’avoue avec une extrême humilité que ma culture "salsa" est bien loin d’être accomplie. Les gens reprenaient tous en chœur des morceaux que je n’ai jamais entendus de mes vingt ans de salsa... Le public était constitué d’une large majorité portoricaine, de dominicains, de quelques mexicains dont une partie aurait gagné le voyage pour cet événement grâce à un concours organisé par la radio "latina" mexicaine couvrant également l’événement, de quelques panaméens, d’espagnols.
On distinguait les habitués : ils étaient équipés de chaises pliantes, de victuailles, de glacières pour les boissons, de serviettes pour s’essuyer (tous sans exception transpiraient à grosses gouttes sous le soleil impitoyable de San Juan), parfois de crème solaire mais surtout de parapluies/parasols au logo presque unique "Puerto Rico". Accessoire absolument indispensable car le soleil tapait vraiment fort (quelques 30° voire 35°). Et serait-il utile de préciser, la bonita bandera, le drapeau national pour les plus inconditionnels. Il était courant également de voir des hommes avec une gourde en bandoulière, certainement pas remplie d’eau... !

JPEG - 15.2 ko
Spectateur
Dia Nacional de la Salsa 2007

C’était le délire quand le concert commença, par l’hymne portoricain, suivi de chorégraphie de salsa assurée par un groupe de jeunes danseurs.
Ensuite, les animateurs de Z93 ont présenté le programme, précisant que l’événement était en hommage à quatre monuments de la musique portoricaine : Ramon Rodriguez, Sammy Marrero, Raphy Leavitt et Ismael Miranda. En quelque sorte, une succession de remise de distinction à ces quatre idoles.
Mais d’abord, Papo Cocote a eu la lourde responsabilité de chauffer le public à blanc. Il y est réussi à merveille.
Le premier à recevoir sa distinction était Ramon Rodriguez. Rejoint par Julito Castro et Tito Nieves pour une performance de la Masacre.

JPEG - 22.4 ko
Ramon
Dia Nacional de la Salsa 2007

Vinrent, ensuite, sur scène Sammy Marrero et Raphy Leavitt pour recevoir leur distinction avant de chanter/jouer ensemble au nom de l’Orquesta la Selecta. Après cela, Raphy Leavitt a été rejoint par des trovadores (dont Mariano Cotto, Victor Manuel Reyes et Victoria Sanabria) pour illustrer le thème "Jibaro soy". Deux cuatristas, Prodigio Claudio et Pedrito Guzman ont même joué un petit passage de Mi bandera, à la grande joie du public. La musique de ces "troubadours" était, certes, un peu moins rythmée mais tout aussi appréciée par le public connaisseur et qui ne demandait qu’à faire la fête.
La variation était parfaitement orchestrée. A peine reposés, nous voici entraînés par le duo Luis Perico Ortiz et Roberto Lugo. Roberto Lugo a laissé sa place ensuite à Rafael de Jesus. Certains morceaux ont été interprétés deux fois (el perro y la gatita, Cipriano Armenteros entre autres) mais personne n’aurait pensé à se plaindre, totalement pris dans le délire salsero.
Juste avant la consécration, un petit dérivatif concocté par l’équipe de Z93 : le groupe TNT, invité surprise, avec sa chanson Sabré olvidar qui passait presque en boucle sur la station. Très apprécié également, bien que ne faisant pas partie à proprement parler du répertoire "salsa".

JPEG - 22.2 ko
TNT
Dia Nacional de la Salsa 2007

Autre surprise, la remise d’une distinction à Pedro Arroyo, producteur du festival et en même temps Directeur de Programmation de la radio Z93. En effet, 24 éditions du Día Nacional de la Salsa, c’est énorme et mérite récompense.

Et enfin, le clou du spectacle avec l’arrivée d’Ismael Miranda. Supporté par Cheo Feliciano, resté toutefois en coulisse, ainsi que par Roberto Roena, venu se joindre à lui au bongo sur un morceau.

JPEG - 31.7 ko
Ismael Miranda
Dia Nacional de la Salsa 2007

Entre-temps, je me suis débrouillée afin de pouvoir me faufiler en backstage. Le but étant de m’approcher des animateurs de Z93, de les féliciter, de faire une photo avec eux et de leur soutirer un autographe. En effet, la salsera que je suis leur est vraiment reconnaissante et absolument admirative de leur action pour promouvoir cette musique. El Cacique et el Buho Loco, tous deux animateurs de la station, se sont montrés très disponibles et contents d’accéder à mes demandes.

JPEG - 18.2 ko
L’auteur avec les animateurs de la Z93

La joyeuse prestation de près d’une heure d’Ismael Miranda a clôturé l’édition de 2007. Le public n’avait de cesse de réclamer "otra, otra". Il était alors 20h30 et tout le monde traînait les pieds vers la sortie. Quelques attroupements continuaient à se former ici et là avec des gens faisant de l’improvisation, désireux de prolonger la magie.

En quête d’authenticité, j’étais comblée. Cette journée confirme encore une fois l’aspect sincèrement festif des événements salseros dans ces pays qui peuvent se targuer être pourvoyeurs de vrais salseros. Ici, tout le monde danse avec tout le monde. La préoccupation principale est de "pasarlo bien", inutile de se prendre la tête. Et pas une seule bagarre malgré un stade rempli, et la moitié des hommes bien imbibée. Car même un peu emportés par la quantité ingurgitée de bière ou rhum, ils ne pensent qu’à chanter et à danser.
D’ailleurs, le concert n’était pas seulement contemplatif, c’était totalement participatif : la plupart est venue qui avec un güiro, qui avec des maracas, qui avec une campana. Il y avait même une dame excessivement enthousiaste, armée de sifflet au grand dam des mélomanes. Ses proches sont réussis à le lui confisquer pour ne gâcher le plaisir de personne.

La journée me semblait courte et longue à la fois. J’ai pu compenser les jours de frustrations d’avant l’événement, pendant lesquels j’ai réalisé que la salsa, le merengue, la plena se faisaient de moins en moins présents sur l’île. Désormais, c’est le reggaeton qui fait légion jusqu’à supplanter carrément la salsa dans certains coins. Cela fait justement du Día Nacional de la Salsa un événement unique et à ne pas louper sous aucun pretexte, si un jour vous aurez l’occasion d’y assister.

Parole de salsera !

P.S. :

- mes remerciements à Danielito qui, sans le savoir, m’a mise sur le chemin du Día Nacional de la Salsa

- mes remerciements également à Andreita et à Chabelita grâce à qui j’ai eu assez d’informations pour m’organiser plus facilement sur place.

- merci enfin à Radio Latina 99 et à Z93 qui contribuent à entretenir le patrimoine "Salsa" en dépit de l’explosion de toutes les nouvelles tendances...

JPEG - 17.5 ko
Salseros
Dia Nacional de la Salsa 2007
  • Message 1
    • par S A LP S A, 11 décembre 2007 - Dia Nacional de la Salsa 2007

      DESEARIA QUE ESTA PAGINA LA EDITARAN EN ESPAÑOL PARA HACER MASD FACTIBLE SU LECTURA

      • par Chabelita, 11 décembre 2007 - Dia Nacional de la Salsa 2007

        BuscaSalsa es una pagina francesa, tratamos cuando podemos de traducir los articulos en español.

        Faltamos tiempo y ayuda. Si alguien quiere traducir, no hay problema.

        Saludos