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2002 Día Nacional de la Salsa

Publié le 25 octobre 2002, par : guayacan

Le Jour National de la Salsa, créé il y a 19 ans par la radio Z93 [1], est un événement populaire très important à Puerto Rico. Cette année, selon les journaux, il a réuni entre 35 000 et 50 000 personnes.

J’essayerai par ces lignes de vous donner une idée de ce que j’ai pu ressentir lors de la 19ème édition.

XIX Día Nacional de la Salsa
San Juan - 17 mars 2002

Plusieurs jours avant le jour J, le concert a déjà commencé sur les ondes : émissions spéciales sur Ruben Blades (puisque cette édition lui était dédiée), places à gagner etc.
L’écoute de Z93 est donc un préalable pour moi indispensable. D’autant que cette radio propose la meilleure programmation salsa qu’il m’ait été donné d’entendre : une programmation complètement tournée vers la Salsa Clásica, la Salsa Gorda avec notamment les émissions "93 minutos de Salsa Clásica" ou encore "Panteón de la Fama". On y entend à longueur de journée des groupes comme Cortijo, Ismael Rivera, Willie Rosario, Bobby Valentin, El Gran Combo, Raphy Leavitt, La Sonora Ponceña, Richie Ray & Bobby Cruz, les diverses composantes de la Fania etc.

Pour tenter de vous donner une idée de l’ambiance de ce concert, de ce que j’ai pu y ressentir, je vais vous raconter "mon" Jour National. J’en profite pour remercier ici Yamil qui m’a hébergé pendant quelques jours et avec qui (grâce à qui) j’ai pu assister à cette fête.

Le dimanche matin, il nous faut d’abord nous préparer : trouver des places si possible pour éviter la longue attente aux guichets, se munir de crème solaire hautement protectrice, de chapeau / casquette ou tout élément permettant de prémunir un crâne nu d’un soleil imposant.

Ensuite après être passés chercher quelques amis, nous nous rapprochons du stade en voiture et nous garons à quelques cuadras (pour éviter la folie sur place). Chose rare à Puerto Rico, il nous faut ensuite marcher.
Très vite, je me rends compte que j’aurais pu terminer le chemin tout seul en suivant le mouvement global des nombreux autres "marcheurs". Je me rends compte aussi que le soleil tape vraiment très fort, qu’une deuxième couche de crème protection 45 ne sera pas superflue, et qu’ayant oublié de prendre un chapeau, il me faudra en acheter un.

Nous arrivons sur place vers 13h30. Un avion survole les abords du stade en tirant une banderole qui annonce le concert des 40ans du Gran Combo pour la fin avril [2]. La file d’attente est encore longue, alors que le concert a commencé vers 12h. Nous passons le quart d’heure suivant en faisant la queue, en écoutant La Mulenze qui de l’autre coté des tribunes termine son set, et en achetant une casquette, accessoire réellement indispensable.

Une fois passées les grilles, le passage reste difficile dans les allées bondées du stade. Entre les divers stands -posters, T-shirt, nourritures, boissons...- il est un autre passage obligé : la bière (il faudra y repasser plusieurs fois). Ensuite, les portables fonctionnent pour tenter de retrouver d’autres amis, et finalement, vers 14h, nous nous retrouvons plus ou moins au centre du stade (entre la scène dans le coin opposé aux tribunes et la deuxième base, car c’est évidemment d’un stade de baseball qu’il s’agit).

Photo (c) LBM

Je commence à peine à réaliser vraiment. Derrière moi les tribunes sont presque pleines, sur scène le groupe suivant se prépare. Dans "l’arène", certains ont emmené leur chaise, d’autres sont debout et discutent, des parapluies font office de parasol, d’aucuns esquissent quelques pas de danse. Par dessus la musique "en boite" j’entends campana, güiro, maracas et même un groupe qui joue de la Plena à coté des haut parleurs !
Autour de moi un public à 90% portoricain. La Bandera (le drapeau) est présente en divers exemplaires plus ou moins grands. Je distingue aussi un drapeau vénézuélien, quelques drapeaux panaméens et dominicains. Sur de nombreux T-shirt, les effigies de Maelo, Hector Lavoe et bien d’autres. Mais le T-shirt le plus "à la mode" semble être celui qui dit : "NO NAVY ! Get Out of Vieques [3]". Dans ce stade contrairement au reste de l’île, le sentiment national portoricain est palpable.

Et puis une rumeur, El Buho Loco (DJ de Z93, l’un des organisateur) prend la parole, il annonce "El Sonero Del Pueblo" : Ernesto "Cano" Estremera. C’est l’un des monstre sacrés de Puerto Rico, ex chanteur de Bobby Valentin, et l’un des plus grands sonero actuellement. Sa capacité d’improvisation semble infinie. Nous marquons le début du concert par une gorgée de chichaito [4] qu’ont amené les amis. Après Manuel García il parle avec le public puis reprend. Pour nous, le marathon ne fait que commencer. Il est à peine plus de 14h, et nous sommes là pour de nombreuses heures.

Après quelques chansons Cano termine sur un grand succès de La Sonora Ponceña : Boranda. Inutile de préciser l’ampleur de l’ovation...
Après un rapide intermède, c’est "El Niño Bonito" Ismael Miranda qui enchaîne. Il chante quelques un de ses récents succès puis, alors qu’il va interpréter Mi Bandera, il est rejoint par Rubén Blades...
J’ai l’impression que tout va très vite, après Ismael Miranda, c’est le Conjunto Clásico de Ramon Rodriguez, exceptionnellement réuni pour ce concert, Tito Nieves (ex chanteur du groupe) est avec eux. Richie Ray et Bobby Cruz enchaînent, ils seront rejoints sur une chanson par entre autres Ruben Blades, Michael Stuart, Domingo Quiñones, sur une autre par Bobby Valentin et Papo Lucca...

Par moment, il pleut derrière mes lunettes de soleil.

Vient enfin le grand moment : "El Poeta De La Salsa", Ruben Blades !

Il est accueilli par Cheo Feliciano qui le baptise "Puertoriqueño oficial", et lui remet "la camisa con la estrella" (une chemise dont le dos tout entier est constitué par le drapeau portoricain, Ruben la revet. Il reçoit alors les clefs de la ville de San Juan des mains du maire (copieusement sifflé lors de son discours). Enfin, il prend la parole, rend hommage au peuple portoricain, il a déjà lors de ses précédentes apparitions fait référence à Vieques. Puis, manifestement ému, il remercie Willie Colon et commence son concert par Pablo Pueblo. Il enchaine sur Juan Pachanga avec Papo Lucca au piano. Sur cette chanson il est rejoint par Cheo Feliciano, Tito Nieves, Michel Stuart, Victor Manuelle. Cette même chanson est l’occasion d’un grand moment d’émotion quand Roberto Roena fait une courte apparition pour un solo de bongo. Il n’est pas encore complètement remit de son accident cérébral, mais il est là pour l’occasion !

Ensuite, que dire, c’est un très grand trés long très bon très fabuleux moment : écoute, chant en choeur, danse...
Voici la liste des chansons qu’a choisies Ruben pour l’occasion : "Buscando Guayaba", "Decisiones", "Paula C.", "Día a Día", "Buscando America", "Plantacion Adentro" (de l’un des plus grand compositeurs portoricains : Tito Curet Alonso), "Plástico" (avec l’intro disco), "Te Estan Buscando", "Amor Y Control", "Pátria", "Maestra Vida", et une grande descarga avec tous les artistes sur "Muevete" !

Le stade se vide. Nous nous dirigeons vers la voiture, non sans une pose sur le gazon pendant que Juan s’achète deux tableaux représentant Ismael Rivera.
Arrivé dans la voiture, j’ai l’impression qu’il est au moins une heure du matin quand il n’est que 22h.

Demain, je repartirai vers Paris les yeux les oreilles le corps et le cœur chargés de soleil.


Vous trouverez ci-dessus divers images et articles parus dans les journaux
- El Nuevo Día
- El Vocero
- Latin Beat Magazine
cliquez pour agrandir !


[1] il a été officialisé au niveau national par la Loi 100 du 17 juin 2000 : “pour réalizer des activités commémoratives ce jour, troisième dimanche du moi de mars”.

[2] ce qui fut pour moi comme un déclic, en voyant l’avion, ma décision était prise, j’irai !

[3] Voir vieques Libre et l’article de James Cohen sur le monde diplomatique de juin 2000

[4] Le Chichaito est un mélange de rhum blanc et d’anis. Il présente l’incontestable avantage de ressembler à de l’eau. amené bien frais dans des bouteilles d’eau de 50cl, il ne pose donc aucun problème pour l’entrée...
Par contre, attention, il est très traître, voir la recette pour d’autres détails...

Documents joints

  • XIX Día Nacional sur LBM

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    LBM = Latin Beat Magazine

  • Photo (c) LBM

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    Rubén Blades !

  • Photo (c) LBM

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  • Photo (c) LBM

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    Le stade Hiram Bithorn

  • Montage (c) LBM

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    Les intervenants du Día Nacional 2002

  • (c) El Nuevo Dia

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    En couverture

  • (c) El Nuevo Dia

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    1/2

  • (c) El Nuevo Dia

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    2/2

  • (c) El Nuevo Dia

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    EL Cano Estremera !

  • (c) El Vocero

    (JPEG – 52.9 ko)

    En couverture