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Deldongo dans le journal de Cali (Colombie) Diario El Pais.com.co

Traduction de l’entretien paru le 4 janvier 2006.

Publié le 1er février 2006, par : Chabelita

Fabrice Delpech a interprété beaucoup de rythmes de la musique latino-Américaine avant d’arriver à la salsa.

Ce compositeur, arrangeur et chanteur “gaulois” compte 20 ans d’études et de pratique de la salsa. Formé à la musique classique, il est passé par le latin-jazz avant d’arriver au rythme qui le passionne pour la vie. Il compose en français, en essayant de cultiver la tradition de la trova et des rimes de sa région : Toulouse. Jean Paul Tamayo, originaire de Cali, est son choriste. Fabrice Delpech ne pouvait le croire. A Cali on écoute la salsa à longueur de journée sur beaucoup d’émissions et dans tous les coins de la ville. Un enchantement pour lui.

Il est pianiste, compositeur, arrangeur et chanteur de son groupe DelDongo, qui a fait de la salsa la bannière latino-Américaine sur le territoire français et partout dans le monde.

Cette année il a été l’un des invités spéciaux de la Rencontre Internationale de Mélomanes et Collectionneurs qui a fêté sa 14ème édition lors de la Feria.

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Fabrice Delpech

Avec des racines totalement françaises, Delpech est né à Toulouse, sud de la France, près de la Catalogne espagnole, région connue pour cultiver l’art de la trova et de la rime. Art que cet érudit de la musique latine a rencontré à la fois au Brésil en portugais, à Cuba et à Porto Rico en espagnol, lui le connaissait comme la langue “dong”, un mélange de portuguais, espagnol et français -les trois langues romanes- qui se parlait jusqu’au XVème siècle mais qui fut interdite dans les écoles par Louis XIV. Il a trouvé dans la salsa un moyen de retrouver quelque chose de cette tradition en voie d’extinction qui se faisait avec cette langue « dong », dont il tire son nom DelDongo.

Pour en revenir à DelDongo lui-même, Fabrice a consacré 20 de ses 40 ans à étudier, jouer de la salsa et de la musique latino-Américaine.

« J’ai commencé à faire de la musique brésilienne à 14 ans en France, à jouer du jazz classique qui est ma musique, et de par la proximité du Brésil et de la Colombie, dans les années 80, j’ai découvert la salsa de New York, des portoricains et cela m’a semblé une musique riche harmoniquement et dans ses arrangements » se rappelle Fabrice.

Ce contact l’a amené à Cuba et Porto Rico, ce qui a facilité son apprentissage de l’espagnol, alors qu’il maîtrisait déjà le portugais appris au Brésil.

Son style. Il se définit comme un musicien qui s’intéresse et qui a été formé à la musique classique : Chopin, Debussy,... qui ont ouvert toutes les harmonies, mais aussi au jazz américain, à la musique brésilienne, au latin jazz, à la pop... « car j’aime travailler et apprendre ».

Fabrice est l’interprète de ses propres compositions avec des paroles en français. « Comme je chante depuis l’enfance et que je comprends les lignes mélodiques en espagnol, je les ai adaptées au français, c’est-à-dire que je suis passé d’une langue latine à une autre langue latine » explique-t-il.

« Je fais une salsa, plutôt portoricaine, colombienne ou de New York avec quatre cuivres, influencée par la musique cubaine, mais désormais je reviens vers ce qui m’a touché lorsque j’ai découvert la musique latine, la vraie salsa, toujours la salsa dura », ajoute Delpech.

Comme il est avant tout pianiste, il est très intéressé par les arrangeurs, les maîtres créateurs de la composition. « Je ne vais pas parler des chanteurs, je parle plus des compositeurs comme Oscar Hernandez, Papo Lucca et La Sonora Ponceña, de Bobby Valentín, des portoricains qui ont émigré à New York », dit ce français qui est resté fasciné après avoir amené son Son français à la capitale mondiale de la salsa, où l’on vit pour et par la salsa : Cali.

Spécialiste d’histoire de la musique et professeur des rythmes latino-Américains et du jazz à Toulouse et à Paris, Delpech explique la salsa comme un phénomène culturel quasi-obligatoire. Le piano était quasi-mort en 1850 : que pouvait-on faire de plus que ce qu’avaient déjà fait Ravel, Chopin, Stravinski, Schumann... ? Dès lors ce qui s’est développé c’est un choc de cultures, et de ces mixtures de tambours afro-caribéens avec d’autres mélodies européennes a surgi la salsa.

Salsa qui pour lui en Colombie a une saveur différente. "C’est une salsa avec des rythmes basiquement africains, une clave cubaine et avec harmonie ; je crois qu’ils viennent de la musique classique, du jazz et des tambours africains, c’est issu de Porto Rico et de Cuba, car ils ont fortement ces deux cultures. La Colombie a de la saveur pour cela", conclue-t-il.

Environnement salsa qui l’a laissé agréablement surpris. "J’ai un peu voyagé" -dit-il avec modestie, bien qu’il connaisse quatre continents- "mais véritablement Cali est la Capitale de la Salsa, pas seulement pour la musique mais parce qu’on l’écoute partout".

"A Cuba on peut seulement parler de Son, on pense qu’il n’y a qu’à Porto Rico où l’on trouve des orchestres avec 4 chanteurs, 4 cuivres, 3 percussionnistes, piano, basse, mais ce concept de salsa se ressent plus fortement ici en Colombie. Incroyable, ici il y a toujours de la salsa !"

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Fabrice Delpech

Tournées et disques

Delpech a exploré avec sa musique Istambul, Athènes, l’Egypte, Israel, Hong Kong, la Malaisie, l’Ethiopie, la Russie, l’Europe, les Caraïbes et les Etats-Unis.

Ses disques sont « C’est la Ouate » et « Superstar ».