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Chivirico Dávila - Biographie

Chanteur et compositeur portoricain.

Publié le 1er mars 2007, par : Chabelita

Rafael Dávila Rosado, plus connu sous le nom de Chivirico Dávila, fut l’un des meilleurs interprètes de salsa et de boléro de son époque. Doté d’un merveilleux timbre de voix, il avait une immense capacité d’improvisation et une belle plume de compositeur.

Rafael "Chivirico" Dávila Rosario est né le 2 août 1924 à San Juan (Porto Rico).

Ses parents étaient issus du monde ouvrier pourtant Rafael rêvait dès son plus jeune âge d’être chanteur. C’est dans la rue qu’il apprit les bases musicales.

Dès l’âge de 15 ans il intègre le Conjunto Moderno de Roberto Salgado.

Son ami Orlando Guerra Cascarita l’a baptisé Chivirico car à La Havane il existait une confiture qu’on mettait dans du pain qui s’appelait comme ça (Chivirico con Pan). Cascarita dit à son premier producteur -alors qu’il y avait 2 Rafael dans l’orchestre- « celui-là est plus populaire qu’un Chivirico à la Havane, appelez-le donc Chivirico ».

Il commence à enregistrer avec Miguelito Miranda ("Oye chama" et "Sube y baja"), puis avec Luisito Benjamín.

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Brindando Alegria

A la fin des années 40, il est dans l’orchestre de Frank Madera, avec qui il enregistre les chansons : "Que venga el mambo" et "Adivina tú".
Il passe ensuite à l’orchestre de Rafael Elvira.
Après une tournée aux Antilles et en Amérique du Sud, il s’établit en Uruguay où il trouve un engagement de chanteur. Peu après il part à New York, où il travaille dans l’orchestre de Johnny Seguí (Los Dandies), avant d’être recruté par celui de Dámaso Pérez Prado.
Lors d’une tournée il quitte Pérez Prado pour signer un contrat avec l’orchestre Huambalí du Chili. Du Chili, il part au Pérou, puis en Equateur (1957 - 1958). Il s’établit définitivement à New York au début des années 60.
Là, Ammex Records produit son premier disque solo : "Aquí está Chivirico cantando Belinda" (1960) .

En 1961, il intègre le label Alegre d’Al Santiago.
Avec eux et l’orchestre du timbalero Orlando Marín, il enregistre l’album "Se te quemó la casa" (1961), puis "Qué chévere" (1964).

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Orlando Marin
Se Te Quemo La Casa

En 1961, quand la chanson "Se Te Quemo La Casa" [1] (Alegre 8140) est sortie, Chivirico et sa famille ont été sauvés de justesse d’un feu ravageant leur appartement. Quelques années plus tard, Alegre All-Stars a enregistré "El Manisero" avec la voix de Chivirico qui chantait une improvisation sur "La Jaula" (la prison). Après cela, Chivirico se retrouva lui-même en prison à cause de retards de paiement d’une pension alimentaire. Deux étranges coïncidences selon Al Santiago (sur Descarga.com) qui en conclut qu’il vaut mieux que Chivirico n’ait pas chanté sur le thème du poison, des accidents d’avion, ...etc

Toujours avec Alegre il participe aux albums : Manisero (1961), "Lost and Found" (1965), "Way Out" (1966) et "Perdido" (1977).

Il fait une apparition sur le label Marina Records avec la production : "Estrellas de Borinquen" (1962).

Il était présent à la légendaire descarga des artistes du label Tico au Village Gate, qui a été sortie sur disque peu après.

En 1962 Chivirico Dávila fait partie de l’orchestre de Tito Puente en particulier sur le disque Tito Puente y Su Orquesta featuring Chivirico Davila : "Y Parece Bobo" (Alegre LP 842 ; 1964) [2] où il chante "Dime dónde vas", "Baba mí", "Me llevo los cueros", "En el zorzal", "Llegó el friza’o", "Eres mi reina", "En el ambiente", "Cuero pa’ bailar", "Yo soy el merenguero", "Guajeo guajira", "Y parece bobo" et "Óigame, compay".

Deux ans plus tard c’est avec l’orchestre de Joe Cotto qu’il accompagne Marcos Millán sur le disque "Esta noche".

Ponctuellement il fut choriste des orchestres de Willie Rosario et Tito Rodríguez.

En 1965, on le retrouve auprès de Johnny Pacheco sur le disque "Pacheco te invita a bailar" où il chante : "Zarandonga", "El pescador" et "La mujer del peso".

En 1966 toujours avec Pacheco il enregistre "Viva África" (1966) et les morceaux "El chambolón", "Los gandulitos", "Mi pollo bombón" et "Guararé na’ ma".

Puis "El mensajero" de Bobby Valentín, où il met sa voix sur "Cambiando el tiempo".

Année chargée puisqu’il accompagne le pianiste Richie Ray sur : "Ricardo Ray Arrives/Comején" (Fonseca Records 1966), il fera les 6 premiers albums de l’orchestre (dont il n’est pas très satisfait).

La liste de ses collaborations s’allonge en 1967 du nom prestigieux de Ray Barretto sur le disque "Viva Watusi" où il fait un duo avec Manny Román sur : "Si mi suerte cambiara".

Parallèlement il enregistre "At the Happiness" (1967), avec l’orchestre de Willie Rodríguez ; "Gozando con Randy" et "Ajá, pachanga" avec Randy Carlos ; "Pachanga with La Playa Sextet" ; et avec le groupe de Mike Hernández.

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Pachanga with La Playa Sextet

En 1970 il est la voix principale de "Ritmos y cantos callejeros" de Rafael Cortijo et Kako Bastar, avec ce dernier il avait déjà travaillé sur "Kako y su Combo" (1962) et "Puerto Rican All Stars Featuring Kako" (1963).

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Chivirico con Cotto

En 1970 il enregistre avec Johnny Sedes l’album "Mamá Calunga" et participe aux projets de Joe Cotto : "El magnífico" et "¡Qué pollo !". Et à "Black Out" de Monguito Santamaría où il chante "Así seré para ti", "Guarará" et "Son del monte".

Il enregistre la même année avec Joey Pastrana le disque "The Real Thing - El verdadero" où il chante le boléro "Así" qui fut un grand succès.

Dans un entretien Joey Pastrana dévoile quelques anecdotes sur le chanteur qui -comme tous les soneros- avait quelques fêlures. Après avoir été chanteur de l’orchestre de Ricardo Ray, Chivirico est parti à Chicago. Là il a eu de sérieux ennuis : il ne pouvait pas s’attendre à moins après avoir piqué la femme de son fils !
L’héritier furieux le pourchassait pour le tuer. Chivirico retourna donc à New-York, et une nuit il arriva au Corso couvert d’un pardessus. Quelle ne fut pas la surprise de Joey Pastrana de voir le pyjama que portait Chivirico sous sa gabardine, toujours poursuivi par son fils !

En 1972, il signe avec le label Cotique, filiale de Fania pour une série de disques :

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Chivirico
  • "Chivirico" (1971),
  • "Chivirico... de nuevo" (1972),
  • "Chivirico" (1973),
  • "Vendré por ti" (1974),
  • "Desde ayer" (1975),
  • "Chivirico para mi gente" (1976),
  • "Brillando alegría" (1977)
  • "Nuevos conceptos" (1978).
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Para Mi Gente

En 1975 il signe une perle avec le fabuleux disque "Beethoven’s V" de Markolino Dimond et Frankie Dante où il chante "Por qué adoré" de Tite Curet Alonso, le grand succès de ce microsillon.

Por que adoré
tu cuerpo de carretera
que tiene más curvas
que la vuelta e’la culebra

En 1976 il collabore avec la Fania All Stars sur l’album hommage à Tito Rodríguez. Avec eux il a fait des concerts à Saint Domingue et Chicago.

En 1979 il enregistre le disque "El pirata del Caribe" avec Joe Cuba.

Sa prolifique histoire musicale s’étend à des collaborations avec Pete Rodríguez, Chihuahua Martínez, Marcelino Guerra, Vicentico Valdés, Joe Quijano, Mon Rivera et Louie Ramírez.

Son dernier disque est "Onda típica" (1981) de l’orchestre Guararé, sous la direction de Joseph "Papi" Román et Papi Fuentes.

Il compose "La Guarachera" pour Celia Cruz et "Soy la que soy" pour La Lupe.

En 1993 il était en tournée en Colombie avec Orlando Marin, où ils ont joué leur grand succès "Se Te Quemo La Casa".

Joey Pastrana parle dans un entretien de la fin de carrière de Chivirico qui aurait perdu sa voix. Lorsqu’il chantait en live avec l’orchestre de Pastrana, sa voix s’en allait durant le premier set. Il devait être remplacé ensuite (son remplaçant n’était autre qu’Héctor Lavoe). Cela ne concorde pas avec d’autres versions. Selon Al Santiago (sur Descarga.com) le 4 juillet 1994 à Orchard Beach, un concert des Alegre All Stars présentait un Chivirico plein d’énergie et qui avait l’air en forme.

Le 5 octobre 1994 dans son appartement du Bronx, New York, une attaque cardiaque éteint à jamais cette extraordinaire voix.

Ses mots favoris : "Anda", "Ay, mamá" et "Gózalo" restent gravés sur ses disques à jamais.


[1] "Se Te Quemo La Casa" = ta maison a brûlé

[2] Sur ce disque Chivirico Davila a remplacé Bobby Escoto qui avait déjà enregistré certains morceaux du disque. Alegre a ressorti le LP en CD. Manque de chance au lieu de prendre la voix de Chivirico qui figure sur le LP ils ont pris celle d’Escoto (qui n’était pas sur le LP), tout en laissant le nom de Chivirico sur la pochette. Seuls 1.000 CD auraient été pressés.