Syndiquer tout le site

Article

"El Señor Sentimiento"

Cheo Feliciano - Biographie 5 / 7

Derniers disques avec la Fania et retour à Puerto Rico

Publié le 1er juillet 2005, par : Carlomambo

Cette période est moins tumultueuse pour Cheo mais particulièrement riche au niveau artistique avec les excellents albums « Mi Tierra Y Yo » et « Sentimiento Tu »

Cheo devient producteur

- Un chanteur « à part »

En 1977, après des tubes comme « Anacaona », « Salome » ou « Canta », Cheo est auréolé d’une réputation de chanteur majeur, « à part », capable de s’exprimer sur des boleros comme sur des guarachas sophistiquées, de faire le lien entre la vieille musique populaire portoricaine et la nouvelle « salsa » qui inonde alors New York et toute l’Amérique latine.

Cheo se distingue aussi pour beaucoup par le "bon goût" de l’orchestre restreint et sobre qui l’entoure sur ses premiers disques en solo.

A partir de ce moment là, il va fonctionner de façon de plus en plus isolée, ce qui apparaît à certains comme un luxe et un privilège lui donnant une grande liberté et à d’autres comme le début d’une marginalisation et d’un appauvrissement artistique irrémédiables. Pour ces derniers, « The Singer » sorti en 1976 est le dernier disque important de Cheo. Pour ma part, je pense qu’il précède la période la plus aboutie de son œuvre.

- Les relations avec la Fania

Ce qui est indéniable en tout cas, c’est que Cheo, pourtant pressenti comme un des futurs soneros majeurs aux côtés de légendes comme Ismael Rivera, va pâtir pendant toute cette période de l’absence d’un orchestre stable et de premier rang. Comment expliquer cela ?

Tout d’abord, sur ses premiers disques (« Cheo », « With A Little Help », « The Singer »), la Fania, tout en lui mettant à disposition la crème de ses musiciens, lui impose un mode de fonctionnement très impersonnel : les disques sont gravés section par section ce qui empêche la constitution d’une véritable dynamique de groupe. Et cela explique leur perfection mais également parfois un certain manque de spontanéité que Cheo est le premier à reconnaître et regretter.

Ensuite, pour les disques suivants, la clef de cette difficulté à constituer un véritable groupe est certainement à chercher dans les mauvaises relations qu’a Cheo avec la Fania.

Comme Ray Barretto, Ismael Rivera, Eddie Palmieri ou Larry Harlow, Cheo fustige l’absence de transparence de la production : la Fania notamment ne publie jamais les chiffres de vente et entoure d’un mystère douteux le montant des salaires de chacun. Ismael Rivera ira jusqu’à dire qu’à la Fania, « les artistes sont traités comme à l’époque du fouet et de l’esclavage » !

D’autre part, les musiciens se plaignent du manque de respect des impresarios, de l’absence de liberté dans leur production, de l’insuffisance de moyens mis à leur disposition pour améliorer la qualité de leur travail ainsi que de l’absence de garanties sociales élémentaires.

Enfin, certains voient également dans la personnalité de Cheo la source de son incapacité à créer un orchestre et parlent d’un certain manque de professionnalisme. Par exemple, Cheo ne porterait pas une attention suffisante à sa voix et déçoit à plusieurs reprises son public en concert ou à la télévision, avec un timbre passablement rauque.

Il n’empêche, sur disque, Cheo continue à aligner des perles jusqu’au début des années 80 et incarne à lui seul un style inimitable, que ce soit dans le bolero dont il reste un des plus grands représentants ou dans les salsas raffinées. Enfin, il expérimente beaucoup, ce que peu de soneros osent faire, par exemple en transformant des valses en salsas (« Ansias Locas »).

« Mi Tierra Y Yo » (1977)

Premier album produit par Cheo lui-même, « Mi Tierra Y Yo » est une grande réussite. Tous les morceaux sont bons, avec un coup de cœur pour les deux brûlots « Brinda Por Mi » et « Por Mas que Viva » ainsi que pour la salsa « Nacha », écrite par Ruben Blades.

Le « line-up » du disque est toujours aussi impressionnant : Cheo a autour de lui les grandes figures de la Fania que sont Papo Lucca, Bobby Valentin, Roberto Roena, Nick Marrero, Hector Casanova, Johnny Pacheco (direction musicale), Luis « Perico » Ortiz ou Louis Kahn. Il a également fait appel à l’ensemble de cordes du Stelwart Clark Group.

Dans "Brinda por Mi", le personnage qu’incarne Cheo décide de rompre une relation amoureuse devenue trop douloureuse ; malgré sa souffrance, il adresse ses vœux de bonheur à celle qu’il aime et lui demande à son tour de boire un verre à leur amour.

  • Seguir asi ya no puede ser Mejor te dejo que te vaya bien Sigue tu vida Que Dios te guie Brenda querida Adios mi bien... Dime porque todo acabo Tan tristamente y sin compasion... Libre te dejo canta, sonrie Brinda una copa por nuestro amor No no bueno que yo libre te dejo Pero canta, sonrie, brinda una copa por nuestro amor... Coro : Ai diga querida que te vaya bien Mamita que te vaya bien
  • Continuer ainsi, c’est impossible, mieux vaut que je te laisse et que tu te portes bien Fais ta vie Que Dieu te garde Adieu mon Amour... Dis moi pourquoi tout s’est terminé Si tristement et sans pitié... Libre je te laisse, chante, souris, Bois un verre à notre amour

"Por Mas que Viva", très proche de « Brinda Por Mi », est aussi un hymne à la vie et à la fête "malgré tout". Le message est clair : il faut jouir au maximum de la vie, car... la mort nous attend tous :

  • "... Que se vive la vida y no se espera la muerte Ya acuerdate el refran Por mas que vivas Te mueres Coro Refran : Y acuerdate el refran Por mas que vivas te mueres ... Siempre te pasas gosando Como te gusta la rumba Pero quieres que bailar Al son de mi bongo y tumba ... La cosa mas importante yes es la vida mia Gosar la todo a todita Antes de la tumba fria...
  • Vis ta vie et n’attend pas la mort Et rappelle toi du refrain, tu as beau vivre tu meurs Chœur : Et rappelle toi du refrain Tu a beau vivre tu meurs La chose la plus importante oui, c’est la vie, Jouir de tout avant la tombe froide

Enfin, la valse salsa « Ansia Loca » est un vibrant hommage à la femme caribéenne.

Le retour à Puerto-Rico

- "Estampas" (1979)

Cheo retourne vivre à Puerto-Rico après vingt deux années passées à New York. Il s’isole ainsi un peu plus et abandonne l’équipe des « Estrellas de la Fania ».

Pour certains, cela marque la fin d’une carrière qui pouvait être celle d’un phénomène de la chanson populaire et le début d’une succession de disques isolés prisés par quelques mélomanes. Les plus déçus parlent même d’une période pathétique où « Cheo ne donne plus que quelques récitals occasionnels où il jette de roses à ses admiratrices ». Pourtant, au niveau artistique, Cheo a encore de belles cordes à son arc.

Certes, tout en contenant quelques beaux morceaux comme les boleros « Cualquier Cosa » et « Lucero » ou la salsa « Los Entierros », son nouvel album, « Estampas » (son premier disque de platine), est un peu moins relevé que « Mi Tierra Y Yo ». Mais l’album suivant sera un des meilleurs que Cheo ait jamais réalisé.

- « Los Entierros » de Tite Curet

Tite Curet Alonso a trois thèmes de prédilection dans ses chansons : la fête et le monde de la musique d’une part, l’amour d’autre part, et enfin la chronique sociale. Dans cette dernière catégorie, Tite Curet raconte le plus souvent la vie des quartiers marginaux et les difficultés des gens confrontés à la pauvreté ou à l’injustice sociale ou politique.

« Los Entierros » (cliquer ici pour voir la chanson complète) en est un très bel exemple. Les textes sont très proches, par exemple, de ce qu’a pu écrire Georges Brassens :

  • Familia ¡ Los entierros de mi pobre gente pobre son un verdadero espectaculo, Sentimiento tu ¡ En los entierros de mi pobre gente pobre Las flores son de papel, las lagrimas son de verdad No es como en otros funerales de la vida En donde el llanto es mentira y hay mucha flora natural Que mas perfume que la lagrima sentida Que identifica el sufrimiento de la gente Porque las flores ya manana se marchitan Y el cementerio es un olvido indiferente Mi gente pobre siempre vuelve al campo santo Sembrando una flor de llanto con amor y voluntad Las amapolas del carino verdadero Son el mayor homenaje de mi gente de arrabal En los entierros de mi pobre gente pobre Cuando se llora es que se siente de verdad (Coro) Aqui no hay indiferiencia cuando se nos vas un amigo Ese carino sentido, pero los damos con entereza Yo pregunto, te pregunto, de que te puede valer un millon Cuando te mueras te lloran con falsedad Mentira de ese lloron. Es que son un show de tremendo carino Los entierros de mi gente pobre Se rie y se llora como un nino A la verdad Tite, que los entierros de mi gente pobre Son una catarata de sentimiento, Ave Maria ¡ En la noche del velorio, entre cafe y galletitas, De lo que vivio el difunto, pero contamos cosas bonitas Pero por eso es que me quedo ya Con mi pobre gente pobre, sencilla Flor de papel y mucho amor de verdad Y en este ultimo viaje camino del campo santo A ese amigo del alma, rumbero, lo acompanamos cantando Los entierros de los ricos, los resuelve un testamento Pero el de mi gente pobre, oye, derroche desentimiento
  • Les enterrements de mes pauvres gens sont un spectacle plein de vérité, Sentimiento tu ¡ Dans les enterrements de mes pauvres gens Les fleurs sont en papier mais les larmes sont authentiques / Ce n’est pas comme dans d’autres funérailles Où les larmes sont fausses et les fleurs naturelles / La larme qui vient du coeur embaume bien plus, elle trahit la souffrance Alors que les fleurs se fanent dès le lendemain Et le cimetière est un encore un oubli, indifférent Mes pauvres gens, eux, reviennent toujours au cimetière Semer une fleur de larme avec amour / Les coquelicots de l’affection sincère Sont le plus grand hommage de mes gens des faubourgs / Dans les enterrements de mes pauvres gens Quand on pleure c’est qu’on le sent vraiment (Choeur) Ici il n’y a pas d’indifférence quand un ami part Cette affection que l’on sent, on la donne complètement / Je me demande, je te demande ce que peut valoir un million Si quand tu meurs on fait semblant de te pleurer / C’est un terrible spectacle de tendresse Dans les enterrements de mes pauvres gens On rit et on pleure comme des enfants / A la vérité, Tite, les enterrements de mes pauvres gens sont un déluge de sentiments, Ave Maria ¡ A la veillée funèbre, entre le café et les petits gâteaux On raconte de jolies choses sur la vie du défunt / Et c’est pour cela que je reste Avec mes pauvres gens, simplement, Fleurs en papier et beaucoup d’amour Et dans ce voyage ultime, ce compagnon de l’âme, Rumbero, nous l’accompagnons en chantant au cimetière / Les enterrements des riches se résolvent par un testament Celui de mes pauvres gens déborde de sentiment

« Sentimiento Tu » (1980)

« Sentimiento Tu » est un des sommets de la carrière de Cheo. Il est un des mes albums préférés. Non seulement la qualité musicale des titres est très élevée, mais en outre les textes sont superbes grâce à la plume de Tite Curet.

L’équipe musicale est constituée autour de Papo Lucca au piano, Roberto Roena au bongo, Louie Ramirez au vibraphone et Pete « El Conde » Rodriguez aux maracas. Les autres musiciens sont beaucoup moins connus : Luis Garcia (tres et cuatro), Papo Pepin (congas), Cuqui Santos (timbales), Efrain Hernandez (basse), Oscar Colon (batterie), Mario Cruz et Sal Cuevas (guitares), Cheo Quiñones (guiro), Juancito Torres (trompette), Roberto Jimenez (flûte), Victor Candelaria, Ralphy Torres et Hector Maldonado (trombones).

On ne peut parler de « Sentimiento Tu » sans parler d’abord du chef d’oeuvre « Amada Mia »(cliquer ici pour voir la chanson complète), peut être le plus beau bolero de Cheo.

  • Amadia Mia Grata sorpresa la que me has dado Yo Necesitaba un amor y me has enamorado Amada Mia Eres mucho mas de lo esperado Dulce mujer que habia soñado Yo soy todo de ti Has surgido en silencio Orientada hacia el cielo Con tus ojos de estrellas y tu voz de consuelo Eres mas de una vida por dejar de ser tuya Y entregarte al amor Amada Mia Mis lares claman tu presencia Riega tu lluvia de inocencia por mi corazon Amada mia Reina de luz y la esperanza Tienes el don de dar la calma, es que eres el amor
  • Mon amour Quelle belle surprise tu m’as faite J’avais besoin d’amour et tu m’as rendu amoureux Mon amour Tu es beaucoup plus que ce que j’espérais Douce femme dont j’avais rêvé Je suis tout à toi Tu as surgi en silence et orientée vers le ciel Avec tes yeux étoilés et ta voix réconfortante Mon foyer réclame ta présence Irrigue de ta pluie d’innocence mon coeur Reine de lumière et d’espoir Tu as le don de donner la tranquillité, c’est que tu es l’amour

Mais « Sentimiento Tu » aligne beaucoup d’autres perles : « Sali porque Sali », « Lamentacion Campesina », « Cuento Numero Uno » ou encore « Noche Sensacional ».

"Sali porque Sali" (cliquer ici pour voir la chanson complète) est une très belle salsa, savamment construite.

  • Otra vez, sin decir nada de mi Otra vez, voy pasando por ahi Donde voy procurando sin hallar Puede ser que te vuelva yo a encontrar Otra vez por aquello que soñar Echare ilusiones a volar Amare todo cuanto puede amar y dejare en el olvido cuanto yo deba olvidar Para ti ni siquiera yo tendre Ni quizas la limozna de un mirar Fué mejor sepultar en el ayer Tu lejano amor prohíbido que jamas debió de ser Otra vez voy pasando por ahi Otra vez con mi cara tan feliz Si a tu amor yo llegue porque llegue De tu amor yo sali porque Sali Coro : A ti llegue porque llegue y sali porque sali Amo cuando puedo amar Sigo andando por ahi Por ahi por ahi voy yo caminando Camino por donde quiera (...)
  • Encore une fois, sans rien dire, encore une fois, je passe par là, Où je vais essayer de ne pas te rencontrer / Mais il se peut que je te rencontre à nouveau Et encore une fois, je verrai mes illusions partir en fumée / J’aimerai autant que je peux aimer Et je laisserai dans l’oubli tout ce que je devrai oublier / Pour toi, je ne te ferai même pas l’aumône d’un regard, Il est préférable d’enterrer dans le passé ton amour lointain et interdit qui jamais n’aurait du exister / Encore une fois je passe par là, Encore une fois avec mon visage si joyeux, Si à ton amour je suis venu parce que je suis venu, de ton amour je suis parti parce que je suis parti.../ Choeur : A toi je suis venu parce que je suis venu Et je suis parti parce que je suis parti / J’aime tant que je peux aimer Et je continue à avancer Par là je vais, je vais où me plaît (...)

" Lamentacion Campesina" est une autre grande réussite de l’album, avec son refrain jovial et plein de fraîcheur campagnarde. Suit le remarquable "Cuenta Numero Uno" dont voici un extrait :

  • ... Pidi yo el consejo de un amigo, y asi me subia consejo al "Pasa la vida, Los amores pasan, Y el destino guarda nuevas alegrias, Y por amor no vuelvas a llorar" / Borro, si, borro, sumo lo que resto, me digo nuevamente "Soy feliz" (...) / Aqui yo te presento nuevo amor, al fin me va mucho mejor, como te digo, Soy feliz / Coro : Una gran leccion, borras tu dolor, pues mañana mismo, llega el nuevo amor / Me brindo un tremendo trago, senti tremendo alegron,Y con ese, cada razo ha borrado la pena de aquel amor, te digo / A mi me dicen que el amor no mata, tan solamente ciega la pasion (...) / En cada arbol alla brota una bonita ilusion, Si, llorar no vale nada, arranca un vacilon, ahora ¡ / Pero pero vata oyendo (...), trombones, violines, chelos y mucha salsa, se le quita la pena cualquiera, Muchacho ¡ (...)
  • ... J’ai demandé conseil à un ami et ainsi je m’en souviens : "La vie passe, les amours passent, Et le destin te réserve de nouvelles joies, Et pour l’amour tu ne vas pas recommencer à pleurer" / J’efface, oui, j’efface, Je fais la somme de ce qui reste, et je me dis à nouveau « Je suis heureux » (...), Je te présente un nouvel amour, finalement, je vais beaucoup mieux, comme je te dis, je suis heureux / Choeur : Une grande leçon, efface ta douleur, car dès demain arrivera le nouvel amour / Je m’offre un grand verre Et je ressens une grande joie Et après, [cada razo] a effacé la peine de mon amour, On me dit que l’amour ne tue pas, seulement la passion aveugle (...), Dans chaque arbre bourgeonne un bel espoir, et pleurer ne sert à rien, va faire la fête, maintenant ¡ / Mais va écouter la musique, écoute le trombone, le violon, le violoncelle et plein de salsa, Et quelque soit ta peine, elle te quitte, Muchacho ¡ (...)

« Juan Albañil » (cliquer ici pour voir la chanson complète) est également à retenir pour son texte, même si musicalement le morceau est moins emballant.

« Profundo » (1982)

L’album crédite des musiciens moins connus, même si on retrouve encore Roberto Roena au bongo et Adalberto Santiago aux maracas. Tite Curet Alonso signe trois chansons.

Globalement, le disque est loin d’avoir le niveau de "Sentimiento Tu". Mais il contient le joyau "Trizas"(cliquer ici pour voir la chanson complète), un titre maginifique à tous les niveaux (ses textes, son rythme, sa construction et bien entendu le chant de Cheo) et en plus de ça un killer pour les pistes de danse.

  • Hablado : Muchacho lo que es la vida, uno se entrega entero y te devuelven en pedacitos. Ay ! / Trizas, hecho trizas, asi quedo mi triste corazon, Como hecho trizas, residuos de una vida, teniendo que vivir bajo presion, tan sin medida / Coro : Trizas, nada mas, quedaron de ese ayer, imposible es remendar esa fatal desgarradura, bien lo se / En vano te reclame, en vano te procure, Si de rodillas te implore, fue tu perdon, puerta cerrada que toque, Ay, Mamita, mira y por eso digo que : / Trizas, hecho trizas, asi quedo mi pobre corazon, Como he hecho trizas, un dia, acaso el tiempo, hilvane con puntadas de otro amor Las trizas que tu ausencia me dejo / Hablado : Mira, no importa lo que pase, Mama, yo, yo voy a seguir queriendo, dime ¡ (...)
  • Parlé : "Muchacho, comment est la vie ! On s’y donne entièrement et on en revient en petits morceaux, Ay !" / Des miettes, de simples miettes, voilà ce qui reste de mon pauvre coeur, Comme j’ai fait des miettes, des déchets de ma vie, en devant vivre sous pression, sans relâche / Choeurs : Des miettes, rien de plus, restent du passé, Impossible de soigner cette déchirure fatale, je le sais / En vain je t’ai réclamée, en vain je t’ai cherchée, Si à genoux je t’ai imploré, c’était pour obtenir ton pardon, porte fermée à laquelle je frappai, Ay Mamita, et pour cela je dis : / Des miettes, de simples miettes, voilà ce qui reste de mon pauvre cœur, Comme de simples miettes, un jour peut être le temps balaiera avec les notes d’un autre amour les miettes que ton absence m’a laissées / Parlé : Ecoute, peu importe ce que j’ai enduré, Mama, moi, je vais continuer à aimer ¡ (...)

On retiendra aussi les sympathiques salsa "Sentimiento", "Mi Amigo Pedro" et "Isabel De La Noche". Le disque est globalement très "relax" dans son instrumentation. Il contient trois ballades plus ou moins réussies.

Les collaborations

- Fania All Stars - "Commitment" (1980)

Cheo est crédité sur ce disque que je n’ai pas pu écouter.

- Eddie Palmieri - « Eddie Palmieri » (1981)

Eddie Palmieri est aussi parti vivre à Puerto Rico. Son album éponyme est toutefois enregistré à NYC avec quatre chansons chantées par Cheo. « Paginas de Mujer (Oye Mi Canto) » et « El Dia Que Me Quieras » sont mes préférées.

Le Sentimiento 25 (1983)

Le 25 mai 1983, Cheo célèbre ses vingt-cinq ans de vie artistique avec un concert au « Centro de Bellas Artes » de San Juan de Puerto Rico, intitulé « 25 años de Sentimiento ».

L’enregistrement de cet évènement sera la première des cinq productions de sa propre maison de disque « Coche Records » (nom né du regroupement de « Co », diminutif de son épouse Coco, et de « Che » pour « Cheo » bien sûr). Le « Sentimiento 25 » sera désormais le nom donné à son orchestre, dirigé par Luis Garcia.

Dans la foulée du « 25 años de Sentimiento », Cheo présente en 1984 aux côtés de Ruben Blades, Eddie Palmieri, Joe Cuba et Willie Colon, le spectacle « Tributo A Cheo Feliciano », qui est un succès total.

Les quatre disques suivants seront : « Regresa El Amor » (1986), un disque de boleros ; « Sabor Y Sentimiento »(1987) ; « Te Regalo Mi Sabor Criollo » (1987), un disque de Noël sur lequel il partage le micro avec Jimmy Sabater pour le titre « Controversia » écrit par Tite Curet Alonso ; et enfin « Como Tu Lo Pediste » (1988), également enregistré avec Jimmy Sabater et pour lequel Cheo a recréé un sextette à la manière de Joe Cuba en y ajoutant toutefois un tres, une guitare et un bongo.

Aujourd’hui, ces disques semblent introuvables, hormis « Sabor Y Sentimiento » qui est distribué au compte-gouttes sur le net. Produit par Cheo & Luis Garcia, celui-ci contient neuf titres. J’ai pu en écouter trois, pas vraiment décoiffants si l’on excepte le sympathique « En Casa de Cheo ». J’ai également pu accéder au titre « Cheveron Con Salsa » de l’album « Te Regalo Mi Sabor Criollo ». C’est une bomba dont on peut se dispenser.

Le mystère qui entoure cette période étant donné l’absence de réédition des disques est finalement certainement salvateur au regard de la qualité semble-t-il inégale de l’oeuvre...

A noter enfin qu’en 1987, Cheo apparaîtra comme acteur en incarnant le père du fameux « pelotero » Roberto Clemente dans l’œuvre musicale « Clemente » montée par le comédien Julio Axel Landron.