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Chamaco Ramírez - Biographie

Sonero et compositeur portoricain.

Première publication 1er février 2007, Publié le 1er mars 2010, par : Chabelita

Chamaco Ramirez était l’un des plus grands soneros portoricains de tous les temps. Adoré du public, il a pourtant peu enregistré à cause de problèmes personnels graves. Le disque Plante Bandera est un de ses plus grands succès, qui continue à se vendre aujourd’hui.

Ramón Luis Ramírez Toro est né à Santurce (Porto Rico) le 10 septembre 1941. Il a été affectueusement surnommé "Chamaco" -qui veut dire "le gamin"- par son entourage.

Fils d’une famille ouvrière [1], le sonero a commencé à chanter dans les rues de son quartier, inspiré par ses chanteurs favoris Ismael Rivera et Daniel Santos.

A l’âge de 19 ans alors qu’il étudie à l’école Supérieure Centrale de Santurce, il émerge en tant que chanteur dans l’orchestre de Pedro Martínez.
Parallèlement il participe à divers concours de chant dans les radios de l’île.

Son nom passe de bouche à oreille, ce qui provoque sa rencontre avec Tommy Olivencia. Celui-ci avait dans son orchestre les chanteurs Luis Lebrón et Rafaelito Sánchez. Mais il recherchait un chanteur qui soit aussi sonero [2] et qui connaisse les morceaux de la Sonora Matancera et de Panchito Riset. C’est le trompettiste Toñito Ríos qui lui a présenté Chamaco Ramírez en mai 1957.

Le directeur de La Primerísima raconte que sa première répétition avec Chamaco Ramírez s’est faite à San Juan et qu’ils y ont scellé un lien professionnel incassable. Ce qui s’est vérifié malgré la vie agitée et imprévisible du chanteur qui est entré et sorti de l’orchestre à diverses reprises.

Ceux qui l’ont cotoyé le décrivent comme un homme intelligent, aussi bien dans le domaine de la musique que dans ses études générales. Il lisait beaucoup, peignait, écrivait des chansons et des poèmes.

Sa chute dans l’enfer de la drogue date des années 60. Sa famille l’a envoyé suivre un programme de désintoxication à New York où il est resté plusieurs mois. C’est là qu’il écrivit le morceau “Trucutú”, un des plus grands succès de la salsa.

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Trucutú

De retour à Porto Rico, Chamaco Ramírez retrouva l’orchestre de Tommy Olivencia et participa au premier enregistrement du groupe en 1962, au studio Mayoral de Santurce. On y retrouve “Trucutú”, la chanson éponyme de l’album, dans une version avec trompettes et saxophone. Disque qui sortira en 1962 en Martinique mais pas à Porto Rico.

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Trucutu + 3 titres

A partir de là Chamaco Ramírez a partagé la partie vocale du groupe avec Paquito Guzmán. Cet album comporte les titres : “Este rencor”, “La Comay”, “Este guaguancó”, “No molestes más”, “Tommy’s Special”, “Casabe con longaniza”, “Oye mi consejo”, “Busca otro amor”, “Lloré por ti”, “Mi Puerto Rico” et “La vecinita del lado”. Ce dernier morceau a été écrit par Chamaco Ramírez et Rafael “Chivirico” Dávila.

Déjà très agitée, la vie de Chamaco a souvent pris un caractère très glauque, par exemple lorsqu’on lui tira dans l’épaule à Río Piedras (Porto Rico).

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Jala jala y guaguancó

A partir de “Trucutú”, la voix de Chamaco Ramírez s’est retrouvée sur les albums :

  • “Jala jala y guaguancó” (1965),
  • “La nueva sensación musical de Puerto Rico” (1967),
  • “Fire fire” (1969),
  • “Juntos de nuevo” (1974).

Mais aussi sur diverses compilations produites par Tommy Olivencia dans les années 80.

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Fire Fire - Fuego Fuego

En 1975, Chamaco Ramírez part vivre à New York après s’être séparé de son épouse. Là, il chante dans l’orchestre de Kako Bastar.

Il y retrouve Tommy Olivencia et participe à l’enregistrement de l’album “Planté bandera” (label Inca), un des disques de Salsa les plus vendus, dont tous les morceaux ont marché et qui a consacré Chamaco Ramírez en tant que chanteur. Ce disque ré-édite "Trucutu" (dans une version avec trombones) qui par ce biais sortira enfin à Porto Rico.

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Plante Bandera
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Chamaco Ramirez - Tommy Olivencia
Plante Bandera

Il participa au projet Salsa All Stars [3].

Son addiction aux drogues empêcha l’essor de sa carrière artistique, lui causant des problèmes avec la justice et même trois fois la prison. C’est le cas de 1976 à 1978, où il est éloigné de la musique. A cette époque il est accusé d’assassinat.

Dès sa sortie de prison, il entre en studio pour poser sa voix sur l’album Alive and Kicking qui sort en 1979. Par ce titre il annonce à tous être en vie et bien costaud, prêt à repartir dans sa carrière.

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Album marqué par le succès du morceau “Adivínalo” qu’il a écrit en prison. Les autres titres sont “San Agustín”, “Rumba moderna”, “Cuando manda el corazón”, “Así son bongo”, “Kikirikí”, “Respétala”, “No es vacilón” et “Fania”. Tous d’excellents morceaux.

Ceux qui l’ont vu sur scène disent que le voir chanter était quelque chose d’incroyable. Il ne répétait aucun Soneo et n’a jamais fait de fausse note.

Au moment de sa mort le 27 mars 1983, à 41 ans, ses proches disent qu’il s’était sorti de son addiction. Il voulait faire un nouveau disque et venait d’avoir une fille Chamaris.

Il a été assassiné par arme à feu dans les rues du Bronx, sans que les coupables soient retrouvés.

L’orchestre de Tommy Olivencia a joué durant l’enterrement de Chamaco Ramírez, comme cela se fait à Porto Rico.

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Discographie

  • “Alive And Kicking” (Inca 1073), 1979
  • “Planté bandera” (Inca, I-1042), 1975
  • “Juntos de nuevo” ( Inca, I-1035 ), 1974
  • “Salsa All Stars” (Salsa International 2007), 1968
  • “Fire-Fire” ( Inca, I-1003 ), 1967
  • “Way Out, Vol. 4” ( con la Alegre All Stars) ( Alegre, SLPA - 8440 ), 1966
  • “Jala-jala y guaguancó” ( Inca, I-1002 ), 1965
  • “La nueva sensación musical de Puerto Rico” ( Inca, I-1001 ), 1965
  • “Trucutú” ( Tioly Records ), 1962
  • “Lo mejor de Kito Vélez, Los Montemar y Tommy Olivencia” ( USA Records ), 1960

Sources :

  • "Historia de la Salsa" de Hiram Guadalupe Perez ; Journal Primera Hora (Porto Rico).
  • "Olivencia reconoce el son de Chamaco" de Jaime Torres Torres ; Journal El Nuevo Dia (Porto Rico) du mardi 11/05/2004.

[1] Son père Juan Ramón était ouvrier chez l’équivalent portoricain de l’E.D.F. et sa mère Mercedes était infirmière.

[2] Sonero = chanteur et improvisateur.

[3] SALSA ALL STARS :

  • Charlie Palmieri - Piano
  • Cachao Lopez - Basse
  • Kako - Timbales
  • Puchi Boulong, Victor Paz, Dave Gonzalez, Lionel Sanchez - Trompettes
  • Mario Rivera, Richie Meza, Morty Lazzar - Saxophones
  • Pupi Legarretta - Flûte
  • Louie Ramirez, Frankie Malabe, Johnny ’Dandy’ Rodriguez, Tito Jimenez, Cortijito, Pedro Perdomo, Chickie Perez - Percussions
  • Azuquita, Chamaco Ramirez - Voix
  • Hector La Voe, Yayo El Indio, Santos Colon, Chivirico Davila - Choeurs.