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Calambuco salsa brava

Publié le 27 juin 2010, par : Maya Roy

CALAMBUCO. SALSA BRAVA

Calambuco s’est créé à Bogotá au milieu de l’année 2005, avec dix musiciens venus de différentes régions de Colombie (Cali, Cartagena, Tunja, Ipiales, Quibdó…). Ils ont de 20 à 30 ans et sont représentatifs d’une génération nouvelle qui a accumulé de l’expérience dans différents genres musicaux, et qui a décidé de faire non pas la musique censée se vendre, mais celle qui leur plaît.

UNE SALSA URBAINE, À LA FOIS CLASSIQUE ET CONTEMPORAINE

Calambuco, c’est le nom que l’on donne aux wagons transportant les coupeurs de canne à sucre vers les plantations, dans la région du Valle del Cauca dont Cali est la capitale. Le groupe se réclame de la salsa des années 70 à New York, et il a choisi un format orchestral sans trombones, avec trois trompettes, proche des formations cubaines appelées « conjunto » dont le précurseur à Cuba fut Arsenio Rodríguez au début des années 40. Un format repris à New York aussi bien par Johnny Pacheco y su Tumbao añejo que par un Ray Barretto à la fin des années 60. Pendant quelques mois, l’orchestre a interprété dans les centres nocturnes de Bogotá des « classiques » de Pacheco ou du Conjunto Clásico, mais aussi d’orchestres de New York plus novateurs comme Orquesta Dicupé ou La Conspiración d’Ernie Agosto.

Dès le début 2006, Calambuco décide de monter son propre répertoire, avec des compositions originales de son directeur musical, arrangeur et pianiste Andrés Felipe Succar. Le premier album Como en el barrio, lancé en décembre 2006 comme production indépendante et en téléchargement sur internet, a un succès qui dépasse les espérances de l’orchestre. Ies DJ de salsa à travers le monde le repèrent très vite et on l’entend sur les pistes de danse. Son producteur musical n’est autre que Mauricio Castillo, chanteur du Grupo Niche, également tromboniste et bongocero. À noter aussi, la présence de Santiago Jiménez, guitariste qui exécute sur deux thèmes d’impeccables solos de tres cubain.

Le thème qui donne son titre à l’album évoque les quartiers populaires, ici ceux de Cali, « la capitale de la salsa », la façon dont on y vit et on y danse. Como en el barrio révèle dans leurs grandes lignes ce qui fait la personnalité et la qualité du groupe :

- la variété des rythmes utilisés à la base de chaque thème : son, guaracha, guajira, cha-cha-cha, boléro, descarga ou boogaloo. Ce qui garantit contre toute monotonie.
- une grande précision rythmique et des arrangements brillants, depuis les sonorités d’un conjunto classique jusqu’aux harmonies du jazz, avec des trompettes éclatantes.
- une musique pensée en fonction des danseurs, qui reste dansante même dans les phases d’improvisation
- des textes en prise sur le réel d’aujourd’hui tout en restant universels. Calambuco renoue avec la tradition des chroniques de la vie quotidienne
 : personnages picaresques campés avec tendresse et humour, amour, désamour, désir, et toujours l’amour de la vie, de la fête, de la danse…
- des chanteurs excellents

UNE POPULARITÉ GRANDISSANTE

Dès 2007, l’album est classé parmi les meilleures productions de l’année en Colombie et tous ses thèmes font partie de la bande originale de la série télévisée du canal Caracol La Sucursal del Cielo. Plusieurs sont repris dans des compilations à diffusion internationale en Europe et aux Etats-Unis, et deux d’entre eux, la descarga sur fond de boogaloo Ritmo de Succar et le boléro Me sorprendo figurent dans la bande originale du film du cinéaste colombien Jorge Navas La sangre y la lluvia, présenté au Festival de Venise 2009.

Calambuco a représenté aussi la Colombie au Festival international de salsa au Venezuela en 2008. En mai 2009, il était invité au Festival Cubadisco à La Havane et a passé haut la main l’épreuve du feu au Salon Rosado de La Tropical, l’un des rares lieux accessibles aux Cubains en monnaie locale et le lieu par excellence où les orchestres cubains viennent tester leur popularité parmi les danseurs. Et bien sûr le groupe s’est produit aux côtés des orchestres colombiens et internationaux dans les grandes manifestations musicales de son pays.

Fin 2009 et début 2010, une première tournée internationale a emmené Calambuco en Europe et sur le continent latino-américain, en Argentine, en Uruguay et au Chili. La seconde, qui débute à l’été 2010, lui fera découvrir l’Équateur, plusieurs pays d’Europe et le Japon.

LE SECOND ALBUM ROMPIENDO EL CUERO (SEPTEMBRE 2009)

Entre-temps est paru le second album, Rompiendo el cuero, lancé en septembre 2009 à Bogotá. Comme le précédent, c’est une production indépendante dont l’orchestre reste maître, disponible aussi sur plate-forme digitale. Mauricio Castillo, toujours producteur musical, est aussi invité au trombone sur deux thèmes. En juin 2010 est paru un pressage européen qui facilitera la diffusion dans l’Union Européenne.

Avec onze titres, Rompiendo el Cuero, allusion à la force des percussions, confirme les qualités du premier CD : diversité des rythmes et des styles, arrangements à la fois délicats et efficaces pour la danse, avec une saveur afro-colombienne…

Les textes sont de la même veine narrative, parsemés de ces expressions populaires que l’on entend partout dans les rues des pays caribéens, comme dans la variation sur El que se enamora pierde (malheur à celui qui tombe amoureux), un dicton qui a suscité tant de commentaires dans le public que le groupe en a fait le single de lancement du disque. Don Marcelino, un monsieur d’un âge certain, s’amourache d’une jeune et belle danseuse et croit que c’est arrivé. Il va au rendez-vous du lendemain tout parfumé et après deux verres arrive…le mari de la belle. Les paroles peuvent être aussi joliment poétiques, sans aucune mièvrerie, dans les thèmes qui parlent du bonheur de l’amour partagé ou de la tristesse quand il ne l’est pas. Plusieurs hymnes à la musique et à la salsa, dont l’un est un hommage au bongo composé par Francisco Echavarría, l’un des deux chanteurs, alors que tous les autres thèmes sont l’œuvre d’Andrés Succar.

Les chanteurs

Francisco « Pachito » Echavarría et Eignar Rentería, sont tous deux natifs de Quibdó, la capitale du Chocó, région du Pacifique colombien. Après le départ de Victor Hugo Rodríguez, ils restent en charge du chant. Il faut saluer ces deux jeunes voix, superbes, parfaitement harmonisées, leur expressivité, leur façon de se poser sur la musique. Ils ont la capacité d’improvisation qui fait défaut à tant d’autres, un swing qui fait vibrer, une grande précision dans les thèmes à tempo lent et un feeling étonnant dans les boléros.

EN RÉSUMÉ, CALAMBUCO C’EST UNE SALSA À DANSER ET À ÉCOUTER. Un bel exemple de l’énergie que dégage la musique quand elle n’est pas un pur produit de consommation, mais un élément aussi indispensable à la vie que l’air qu’on respire. Quand bonheurs et malheurs de la vie se traduisent en chansons, chacun y retrouve ses joies et ses peines, et du coup, se sent moins seul.

LES MUSICIENS

Andrés Felipe Succar, pianiste et directeur musical du groupe, a commencé ses études musicales à Cali, à douze ans, il se lance dans le rock et crée plusieurs groupes : il gagnera même avec le sien, Stabat, le premier prix d’un concours de rock inter-lycées. En 2002, il se décide pour le jazz et approfondit le piano tout en prenant des cours d’harmonie et de théorie musicale. Pendant ses études de droit à l’Université des Andes de Bogotá, il intègre l’Ensemble de Jazz de l’université.

Son complice lors de la fondation de Calambuco, c’est le bassiste Juan José Flórez, par ailleurs multi-instrumentiste. Originaire lui aussi de Cali, il entre à l’âge de quatre ans à l’Académie de Musiciens Musikitos, dirigée par la chanteuse María del Carmen Alvarado, pionnière des orchestres féminins de Cali. Pendant treize ans, Juan José Flórez va y étudier la percussion, le piano et la basse électrique en plus de la théorie musicale et de l’harmonie. En 2003, il entame des études supérieures à Bogotá où il retrouve Andrés Felipe Succar, et outre son baby-bass, il mettra au service du groupe ses talents de dessinateur et de publicitaire.

De Cali également, Julián Esteban Chaves a fait à Bogotá des études musicales approfondies, et s’est spécialisé dans la musique populaire et les rythmes traditionnels colombiens. Il a travaillé avec de nombreux orchestres, parmi lesquels la Mojarra eléctrica, La Revuelta ou Tangaré, artisans d’un son urbain à partir de rythmes venus des deux côtes, et surtout du Pacifique colombien. Et si dans Calambuco il œuvre au bongo et à la cloche, il a conservé pour certains thèmes la clarinette, son instrument de prédilection jusque-là car il est souvent utilisé dans la musique tropicale colombienne. Aux congas, Àlvaro Herrera apporte toute la saveur de Cartagena de la Indias. Lui a débuté à douze ans dans des orchestres connus de la ville et trois ans plus tard, en 1996, il entre dans l’une des formations-clé de la salsa, celle de Hugo Alandete, auteur-compositeur, directeur d’orchestre et chanteur important de Cartagena. Arrivé à Bogota en 2001, il a rejoint Calambuco en 2007.

Pour compléter la section rythmique, Nelson Blandón est au timbal. Originaire de Cali, il a étudié la musique au Conservatoire de cette ville, travaillé comme percussionniste dans les orchestres philharmonique et symphonique du Valle del Cauca, et aussi dans de nombreuses formations de musique populaire. La dernière en date était Toño Barrio, un groupe de Cali élu « Révélation de l’année » lors de la Feria 2009. Avec Calambuco, il remplace désormais Ángela Tapiero, qui figurait sur le premier album, et Christian Gabriel Rojas, qui figurait sur le second.

Quant aux trois trompettistes, ils ont tous une formation académique entre classique et jazz. Carlos Parra, à 23 ans, est trompettiste de l’Orchestre symphonique pour jeunes musiciens de Cundimarca tout en continuant d’étudier le jazz à l’Université nationale de Colombie. Carlos Tabares a 30 ans, il a étudié la musique à l’Université Javeriana et a fait partie de divers orchestres de jazz et de fusion. Edison Ibarra, né en 1979, a fait partie de plusieurs orchestres symphoniques, mais aussi de danse comme la Gran Banda Caleña ou la Cheverísima.

© 2010 Maya Roy

  • Message 1
    • par Chabelita, 4 juillet 2010 - Calambuco salsa brava

      Vous voulez voir CALAMBUCO à Champigny sur Marne le 14 juillet 2010, alors rendez vous à la Base nautique de Champigny-sur-Marne -2 quai Gallieni- 94500 Champigny Sur Marne. C’est à 19H et c’est gratuit !

      Festival "Champigny Plage"