Syndiquer tout le site

Article

2006 Tempo Latino / concert de Bobby Valentin

Publié le 1er septembre 2006, par : Chabelita

JPEG - 19.1 ko
Orchestre de Bobby Valentin
Photo © gophoto de bordeauxsalsa.com
Basse : Bobby Valentin
Voix : Julio Lopez
Voix : Alberto "Kriptony" Texeira
Voix : Hector Ivan Rivera
Trompettes : Angel Machado
Richard Trinidad
Abdel Rivera
Reinaldo Castellanos
Roberto Calderon
Edwin Clemente
Victor Roque
Ronny Serrano
Felipe Soto

Bobby Valentin était déjà venu en France pour accompagner les Etoiles du label Fania, mais il ne s’était jamais présenté chez nous avec son propre orchestre. C’est chose faite ce samedi 29 juillet 2006, où il était pour la 1ère fois sur la scène de Tempo Latino.

Bobby Valentin ce sont plus de 40 ans de carrière, un son et des arrangements distinctifs grâce à deux trompettes, un trombone et deux saxophones (un baryton et un ténor).

JPEG - 18.1 ko
Bobby Valentin
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Sa devise : "celui qui imite ne va nulle part" est toujours d’actualité. La preuve : son orchestre comportait une invitée surprise : la batterie. Une semaine avant Tempo Latino Bobby Valentin avait déjà abandonné les timbales dans son orchestre lors d’une représentation à Porto Rico. Selon le bassiste (et directeur d’orchestre) c’est un choix mûrement réfléchi, lui ouvrant plus de possibilités musicales. Même si on préfère les timbales, il est agréable de voir qu’après 40 ans de succès il est toujours à la recherche d’évolutions sur le plan musical. Et qu’il prépare le futur avec un orchestre dont la moyenne d’âge est très basse.

JPEG - 17.5 ko
Batterie
Photo © gophoto de bordeauxsalsa.com

Leur tenue de scène en a étonné plus d’uns, pas assez élégante, ont dit les mauvaises langues... Pourtant c’était bien la signature de Bobby Valentin : un jean pour faire jeune et proche des gens ; tandis que tous ses musiciens arboraient LE tee-shirt à l’effigie du concert des 35 ans de carrière du Maestro. Un joli clin d’oeil (que certains n’ont pas relevé) à un concert qui fait déjà partie de l’Histoire de la salsa. Seul le directeur d’orchestre se distinguait par une chemise noire à poids rouge. On est loin de lui donner ses 65 ans, il paraît tellement plus jeune.

JPEG - 19 ko
Bobby Valentin
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Malgré quelques absents dans l’orchestre, il nous avait amené de l’artillerie lourde. Une section de cuivres décoiffante et qui nous a mis baffe sur baffe durant tout le concert. Bobby Valentin accompagnait l’orchestre mais sans jamais se mettre en avant. La star était véritablement le son de la formation.

JPEG - 11.4 ko
Angel Machado
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Le concert a débuté par La Boda de Ella chantée par Alberto Texeira.
Les paroles irrésistibles et le refrain :
La Boda de Ella tiene que ser la mejor
(son mariage doit être le meilleur)
ont été repris en chœur par tous les latinos, tous les mélomanes, tous les musicophages des arènes.

Après cette introduction musicale, Bobby Valentin a salué le public par ces mots :
Un placer de estar aqui con ustedes directamente de Puerto Rico. ¡Que chevere !.
Puis a demandé si les français, colombiens, vénézuéliens, équatoriens, cubains, péruviens,... étaient présents. Pour nous dire qu’il allait passer en revue ce soir-là toute sa trajectoire musicale, du plus ancien au plus récent.

Il nous a présenté Julio Lopez, 20 ans chanteur qui a entamé : El Muñeco de la ciudad (version Luigi Texidor dont les paroles sont ICI). Ce morceau a donné lieu à un solo de percussions accompagné par l’ensemble du public tapant la clave des mains. Après quoi le tromboniste, l’expérimenté Eliut Cintrón, s’est fait remarquer par de belles envolées.

JPEG - 11 ko
Eliut Cintron
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Le morceau suivant était Cuando uno se enamora, datant de 1981, thème romantique avec une basse très présente. Après quoi il a remercié les organisateurs du festival, avant d’enchaîner sur le grand succès Jacobo Basura où le public s’en est donné à cœur-joie en accompagnant le solo de piano en frappant des mains en rythme. Moment intense qui sera suivi des deux trompettistes s’avançant vers le devant de la scène pour leurs solos respectifs.

Bobby Valentin a avoué qu’il a fait le morceau suivant avant la naissance de la plupart de ses musiciens actuels. Aqui no me quedo (i.e. Je ne reste pas ici). Ce fut la surprise dans l’orchestre lorsque le public s’est mis à chanter la chanson avant que les musiciens n’aient commencé : 40 secondes de pure folie. C’est alors que Bobby a tenu à préciser qu’il

ne reste pas à New York mais à Vic, oui !

Il a aussi eu une pensée pour feu Marvin Santiago, le chanteur originel du thème (1974).

JPEG - 12.1 ko
Trompette
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Cela a continué avec la même intensité sur Cuando te vea. Avant le méga-hit : El Gato popularisé par Cano Estremera, dont les paroles sont à mourir de rire.

JPEG - 9 ko
Piano
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Bobby Valentin avait annoncé des chansons de son prochain CD, qui va bientôt être commercialisé. La suivante en était sûrement une, car le titre me manque...

Il est revenu aux bons vieux tubes avec Tu Boca. Et après l’avoir demandé pendant tout le concert, j’ai enfin eu droit à mon Huracan (de pasión) (écrit par Tite Curet Alonso) Avec sa superbe introduction au saxophone baryton et un solo de trombone d’anthologie au milieu du morceau (plus de 5 minutes). Ce morceau est connu pour être l’un de ses premiers grands succès, popularisé par la voix de Frankie Hernandez en 1970.

Huracan de pasión
vuelveme azotar
vuelveme a llevar
a donde ella está. (bis)
 
No puedo ya con esa ingratitud
le tengo que decir
cara a cara
que no la quiero ya.
 
Choeur :
Quiero decirle cara a cara
que no la quiero mas.
JPEG - 11.2 ko
Eliut Cintron
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

L’orchestre a eu droit à deux rappels.

D’abord la chanson sur la dégradation de l’environnement tirée de la plume d’Eladio Jiménez : El Jibaro y la Naturaleza. C’est la chanson préférée de Bobby Valentin, son refrain dit :

La naturaleza muere y el jíbaro está llorando
La nature se meurt et le paysan pleure

Sortie en 1976, elle est malheureusement toujours d’actualité 30 ans après. Même si le public de Vic n’avait pas forcément les paroles en tête, il a accompagné un ultime solo de piano en frappant des mains au rythme de la clave.

Linda Teresa de Roberto Anglero, popularisée par Luigi Texidor a clôturé cette soirée riche en émotions. Les fans de Bobby Valentin étaient nombreux aux premiers rangs et leurs yeux humides en disaient long à la fin du concert...

Pour moi ce concert a été de loin le plus émouvant de ce Tempo Latino 2006.

JPEG - 14.3 ko
Bobby Valentin
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)
JPEG - 13.8 ko
Orchestre de Bobby Valentin
@ Tempo Latino 2006 (photo Chabelita)

Carton rouge pour la rédaction de "Tempo Info" qui s’était déjà illustrée l’année dernière en disant des inepties sur Orlando Poleo. Cette année ils ont récidivé d’abord en avançant que Bobby Valentin est un trompettiste : ça fait quand même 37 ans qu’il a abandonné cet instrument pour la basse ! Il faut lire les biographies jusqu’au bout... Et le lendemain dire que l’émotion n’était pas là, c’est encore plus affligeant. Allez voir des danseurs si vous voulez une chorégraphie, pas des musiciens !