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Barry Rogers : Le Premier Trombone de la Salsa

Publié le 19 juillet 2004, par : Chabelita, Eduardo Livia

Eddie Palmieri avait l’idée de base et Barry la développait, en faisant les arrangements généraux et ceux de la ligne des cuivres (vents). Dès lors, il a été reconnu comme le tromboniste le plus important du milieu, il a travaillé avec l’Alegre All Stars, le Sexteto La Playa, Joe Cotto, Mon Rivera, Jimmy Sabater et avec le Tico All Stars.

A partir du second album (L.P.) et pendant 7 ans, le format reste le même, Barry toujours à la tête des cuivres, rejoint par José Rodrigues , selon Palmieri lui même et d’autres, la meilleure ligne de trombones de l’histoire de la SALSA. La Perfecta a atteint une popularité immense, pas seulement auprès des danseurs de l’époque, mais aussi auprès de la critique, (...) les concepts de Rogers, très complémentaires à ceux de Rodrigues, créérent un nouveau style, sans regard en arrière, dans la musique latine. Son agressivité et son sens du rythme dégageaient une atmosphère électrisante qui capturait le danseur à un degré d’entendement et de communication intense. Telle était sa manière de jouer, Palmieri se souvient du commentaire que lui a fait une fois Rodriguez : "si Barry continue à jouer comme il le fait ici dans La Perfecta, il va mourir".

Le public initial du conjunto était majoritairement portoricain, l’influence du Rhythm and Blues, du jazz et de la musique gospel dans le style de Barry Rogers ont fait que Palmieri a capturé le public afro-américain. Dans la bouche de Weinstein : "Barry utilisait le trombone et il arrivait à des inflexions que seule la voix humaine pouvait faire, en particulier un chanteur de R and B". La relation Palmieri-Rogers et le degré de compréhension qu’ils ont atteint fut la cause principale de la transcendence de La Perfecta dans l’histoire de la musique latine. Eddie Palmieri avait l’idée de base et Barry la développait, en faisant les arrangements généraux et de la ligne des cuivres (vents) (...). Dès lors, il est reconnu comme le tromboniste le plus important du milieu, il travaille avec l’Alegre All Stars, le Sexteto La Playa, Joe Cotto, Mon Rivera, Jimmy Sabater et le Tico All Stars et influence les nouveaux directeurs d’orchestres tels que Willie Colón qui, selon ses propres paroles, change la trompette pour le trombone quand il écoute Barry sur la chanson “Dolores" de Joe Cotto.

De plus, il est surprenant de savoir que Rogers était autodidacte de l’instrument qui l’a rendu célébre, il n’a jamais reçu une leçon pour apprendre son maniement. Son talent naturel et sa persévérance pour arriver à la perfection, auront abouti à une maestria reconnue par tous, non seulement avec le trombone mais aussi dans d’autres facettes de la musique comme les arrangements, les aspects techniques dans un studio d’enregistrement, la production et la maîtrise d’autres instruments comme le tres cubain (il a étudié à fond la musique cubaine et ses grandes figures, en particulier Arsenio Rodríguez). Il est plus insolite de savoir que physiquement, au moins au début, Barry souffrait en jouant du trombone (il s’ouvrait souvent les lèvres), à cause de l’agressivité et du rythme agité (car il faisait aussi les chœurs) dont il faisait preuve durant ses prestations. Même ses compagnons d’alors affirment que -peut-être- ce rythme de travail a pu miner passablement sa santé. Il est resté dans La Perfecta jusqu’en 1968, quand il a enregistré Champagne (Tico, 1968), changeant totalement de sens en octobre de cette année en ralliant l’orchestre du Lloyd Price Turntable, bien qu’il ne se soit pas déconnecté totalement du milieu latin, étant invité dans de nombreux enregistrements et alternant avec des groupes tels la Fania All Stars, avec qui il a participé au fameux concert du Cheetah, en août 1971.

En 1970, Barry rencontre un jeune saxophoniste nommé Mike Brecker, qui jouait dans le groupe de jazz et R and B de Edwin Birdsong. Eux deux, associés à Randy Brecker, Doug Lubahn, Jeff Kent et au batteur Billy Cobham, ils forment Dreams, un groupe de fusion de jazz et rock, considéré comme pionier et de grande influence pour le développement futur de ces rythmes, ils ont enregistré deux albums chez Columbia et le groupe s’est dissout en 1972, à cause du peu de succès commercial. C’est à cette époque que Barry commence à modeler un style d’execution différent, sans être obligé d’être l’improvisateur sauvage de La Perfecta, devenant un styliste avec une technique épurée, mais sans perdre cette énergie qui faisait de lui un leader naturel où qu’il soit. De cette façon, Dreams lui a permis de se faire connaître et d’être solicité par des artistes non latins, de l’envergure de James Taylor, Aretha Franklin, Chaka Khan, Grover Washgington Jr., Aerosmith, The Average White Band, Manu Dibango, Jon Faddis, Gloria Gaynor, Ron Carter, George Benson, Carly Simon, Bob James, Spyro Gyra, Elton John, Don Grolnick, Bette Midler, Tina Turner, entre autres, pour leurs enregistrements. Il a aussi participé à la bande son du film Fama (1980).


Cet article a été publié pour la première fois dans feu www.perusalsa.com. C’était la seconde partie d’une série d’articles sur Eddie Palmieri. Il est ici traduit de l’espagnol par Chabelita.