Syndiquer tout le site

Article

A l’occasion du concert du 18 Octobre 2002 au Bataclan

Andy Montañez

Première publication 1er octobre 2002, Publié le 23 octobre 2002, par : jsalsero

"Chanteur et chef d’orchestre, a chanté avec El Gran Combo De Puerto Rico, La Dimension Latina et plus tard avec son propre orchestre". C’est tout ce que dit la seule encyclopédie existante sur la musique des communautés latines de New York. C’est tout, mais à bien y regarder, c’est énorme.

Né le 7 mai 1942 à Santurce, Puerto Rico, Andy Montañez commence sa carrière comme chanteur de bolero, la ballade sentimentale hispano-américaine.

Chanteur du Gran Combo (l’orchestre-phare de Puerto Rico, les ambassadeurs culturels de l’île, l’académie de la salsa) dès l’origine et pendant quinze ans, de 1962 à 1976, avec qui il a enregistré vingt-sept disques. Quinze ans qui contribueront à faire de ce chanteur une légende, avant qu’il parte vers d’autres cieux. Est-il besoin de revenir sur ce que représente le Gran Combo dans le monde de la salsa ? Allez, pour sacrifier à la mode et ne parler que des derniers mois de cet orchestre, rappelons qu’ils ont enregistré "Me Liberé", dernier tube en date d’une carrière dont les 40 ans ont été fêtés en grand, dans un stade de Bayamon, Puerto Rico, fête pour laquelle Andy est venu rejoindre ses anciens collègues.

Après un détour par un démentiel Puerto Rico All Stars en 1976 (groupe avec qui il enregistrera à 4 reprises entre 76 et... 95), qui fleure bon la liberté artistique totale et l’expérimentation, Andy Montañez rejoindra le groupe vénézuélien La Dimension Latina. Cet orchestre tente en effet depuis plusieurs mois de remplacer son ancien chanteur, qui n’est autre qu’Oscar D’Leon. Après un intérim plutôt raté, la maison de disque Top Hits décide de se payer un chanteur renommé, grâce à un contrat gigantesque, digne d’un transfert de l’intersaison de football. Comment une petite structure autoproduite comme Combo Records peut-elle lutter contre un Vénézuéla en plein boom pétrolier ?

Après avoir enregistré neuf disques avec l’un des orchestres fondateurs de la salsa vénézuélienne, Andy se lance dans une carrière solo qui le verra atteindre les sommets du Billboard "Tropical" (une des catégories du Top 50 états-unien) en 1985, chanter avec ses enfants Andy Jr., Harold et Liza, monter un orchestre dont il confiera la direction au timbalero Don Perignon (qui a dû trouver que ce serait plus pétillant que son vrai nom, Pedro Morales, et qui aura le mérite de découvrir plus tard les jeunes Luisito Carrion et Victor Manuelle), et enregistrer régulièrement, en dehors de sa production strictement salsa, des disques de boleros, notamment trois albums avec Ismael Miranda, autre grand spécialiste de ce genre.

Finalement, c’est vrai qu’en se limitant à citer le Gran Combo, La Dimension Latina et sa carrière solo, l’"Enclycopedia Of Latin American Music In New York" de Frank M. Figueroa (mon principal outil de travail), dresse un portrait limitatif, mais dans lequel on peut lire en poitillé, en négatif, en filigrane, bref, entre les deux malheureuse lignes qui lui sont consacrées, la dimension (latine ? sans doute, mais gigantesque, certainement) de ce chanteur légendaire.