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Alfredo Rodríguez - Biographie

Pianiste 1936-2005

Publié le 1er octobre 2006, par : Chabelita

Un an après le décès de ce pianiste virtuose, nous revenons sur sa biographie à travers la traduction de ses propres mots retranscrits en anglais et espagnol dans les revues Latin Beat et Anapaya. Les grandes lignes de son parcours y sont retracées et cela nous permet de retrouver le franc-parler et le caractère bien trempé du musicien.

Musique, Cuba

Alfredo Rodríguez [1] : "J’ai un peu étudié la musique classique quand j’étais enfant et je fréquentais les cabarets à Cuba, mais c’est à New York que je suis devenu musicien. C’est à Cuba qu’est né en moi mon penchant pour la musique entre les cabarets et les férias de village dans les années 50 et 60. C’était une époque d’orchestres. Une belle période pendant laquelle est né le cha-cha-cha avec l’arrivée de l’orchestre Aragon de Cienfuegos à La Havane. Il existait déjà quelques précurseurs comme l’orchestre « America » ou « Silver Star ». Il y a d’abord eut le mambo de Pérez Prado même s’il n’a pas eu un grand impact dans l’île. Il y avait aussi les orchestres de « son », de musique folklorique, le mouvement du « filin ». Cachao était là aussi. Lui, outre le fait d’être symphonique, jouait avec « Arcaño y sus Maravillas », qui était un grand orchestre, qui créa l’innovation de ce qu’on appelle aujourd’hui le « mambo » et le « montuno » du « danzón ». Ce fut fait par Arcaño et Orestes López, frère de Cachao. Ce fut une grande époque pour la musique.

New York, Arsenio

Je me considère comme cubano-new-yorkais, car j’ai autant vécu à Cuba qu’à New York.
J’ai quitté Cuba en 1960 à 23 ans. Je suis parti seul pour étudier et m’en sortir à New York.
Je travaillais dans les relations publiques dans une imprimerie et en 1961. Arsenio Rodríguez, que je connaissais depuis Cuba, m’a incité à retourner vers la musique.
J’ai donc recommencé à étudier, j’ai repris les bases car cela faisait 12 ans que j’avais mis ça de côté. (...)

New York

Quand je suis arrivé à New York, les deux orchestres phares étaient ceux de Tito Puente et de Tito Rodríguez, il y avait aussi le big band de Machito. Peu après l’attrait pour la charanga a commencé. Tout le monde s’est mis à faire une charanga ! Barretto, Charlie Palmieri, où Pacheco était le flûtiste... En 1967 c’était le début de l’époque du boogaloo avec Ricardo Ray et Pete Rodríguez.

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Swing, Conjunto Sensación
La pochette originale de « Swing »

Avant Vicentico Valdés, j’ai joué avec le conjunto Sensación. Johnny Pacheco a pris tous les membres de cet orchestre à sa dissolution -sauf moi car j’ai refusé- pour former son orchestre. Dans ce conjunto il y avait Pete El Conde Rodríguez. C’était en 1966.

Après Sensación, j’ai joué avec Vicentico Valdés. J’étais très actif. J’ai toujours recherché les conditions pour changer de style mais je cherchais surtout le lieu où je me sentirais bien pour jouer. Parfois on ne se sent pas à l’aise pour jouer avec les personnes avec lesquelles on joue, car on est tous différents et il y a des rivalités ou des affinités. Après Vicentico je suis resté plus d’un an avec l’orchestre de Willie Rosario [2]. Malheureusement, même si c’était un orchestre respectable, qui avait la réminiscence de celui de Tito Rodríguez, il n’a pas eu beaucoup de succès. En 1968 je suis entré chez Joe Cuba avec lequel je suis resté 2 ans [3] . Pendant 7 ans, j’avais rendu compatible le travail en imprimerie et la musique. Quand j’ai commencé avec Joe Cuba, je me suis consacré exclusivement à la musique.

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Joe Cuba Sextet

Par la suite je suis parti à Las Vegas pour jouer au Caesar Palace. Ca ne m’allait pas. Las Vegas est un endroit difficile. (...) J’ai réintégré l’orchestre de Joe Cuba quand je suis rentré à New York en 1970.

Miami, Fajardo

En 1972 je suis parti à Miami. J’y suis resté 4 ans pendant lesquels j’ai joué avec Fajardo. [4] Je faisais d’autres choses avec d’autres groupes, des enregistrements.., ou je ne faisais rien, car parfois il n’y a pas de travail. (...) J’ai voulu sortir un peu de New York. Changer un peu d’ambiance. Vous savez que dans ce secteur les choses peuvent être parfois fructueuses et parfois moins. Je suis resté trois mois dans ce cabaret. Après des problèmes ont surgit et j’en suis parti. Mais tant que ça a duré j’ai accompagné Lucecita Benítez, Vicentico Valdés -avec qui j’avais déjà travaillé en 1966 à New York, ce fut le premier orchestre important avec qui j’ai travaillé-, Orlando Contreras... (...)

De retour à New York

De retour à New York, j’ai joué avec Patato Valdés sur « Ready For Freddy » où on trouve la chanson « La Ambulancia ».

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Ready for Freddy

C’était en 1976. Ce fut un quasi miracle. Je marchais dans les rues en me promenant, sans but précis ; j’étais rentré pratiquement ruiné dans tous les sens du terme. C’est ainsi que Patato m’a invité. Je lui ai dit que j’étais dans une mauvaise passe, que ça faisait plus de trois mois que je n’avais pas joué du piano... Il m’a amené au studio où je me suis retrouvé avec Bobby Rodríguez, Vilató, Nelson González et Patato m’a dit « arranca ahí » et c’est ainsi que le disque est sorti. J’ai toujours le disque que m’a donné le label. [5]

Après Patato -toujours en 1976- j’ai joué avec la Charanga 76’ pendant deux ans. J’ai enregistré quelques disques avec eux. (...)

On m’appelait aussi beaucoup pour enregistrer. C’est ainsi que j’ai travaillé avec mon chanteur favori : Justo Betancourt. J’ai enregistré 3 disques avec lui. [6]

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Leguleya

Durant l’année 1980 j’ai remplacé feu Jorge Dalto, un grand pianiste argentin, au sein du « Latin Percussion Jazz Ensemble » de Tito Puente. J’ai fait une tournée aux USA, car à ce moment-là Jorge était en Europe. Ce fut une grande expérience pour moi. C’est là que je suis devenu ami de Tito. Avant de venir en Europe, j’ai joué en tant qu’ accompagnateur de divers orchestres : Novel, Ismael Rivera, Cortijo, La Lupe, Celia Cruz et avec beaucoup de gens dont je ne me souviens pas. A cette époque là il y avait beaucoup de travail, on était très actifs. Et il y avait beaucoup de clans. J’avais mon propre clan ! C’est-à-dire les gens qui m’appelaient, qui aimaient ma façon de jouer, qui m’aimaient en tant que personne... (...)

New York

Là, j’ai connu beaucoup de gens qui étaient forts, qui n’avaient peur de rien. A New York je les ai vus pleurer. Si ce n’était pas à cause du froid, c’était à cause de la langue ou de la froideur des gens. Quand il fallait aller au charbon, j’y allais ; je n’ai jamais dérogé à mes principes. Quand beaucoup de gens jouaient pour 4 pesos afin de pouvoir dire "je joue avec untel", j’ai toujours suivi ma ligne. Je ne les critiquais pas, mais je ne le faisais pas.

Dans des clubs comme le Corso, qui était à la mode à la fin des années 60 et début des années 70 à New York, ils ont enlevé les pianos acoustiques. Alors le pianiste devait emmener son instrument comme le fait le bassiste ou le trompettiste. Je n’ai jamais cédé, je disais "ça ne va pas". Vous deviez prendre le métro avec l’appareil ou avoir une voiture. Je n’avais pas de voiture. Et même si j’en avais eu une, je ne l’aurais pas fait. Je n’ai jamais aimé le son électronique pour le piano. J’ai perdu beaucoup de travail à cause de ça, mais à cette époque là on pouvait avoir ce luxe car on s’en sortait quand même.

(...)

A la fin des années 80, il participe à un enregistrement new-yorkais : « Tribute To Chano Pozo » de José Mangual Jr. (True Venture, 1989).

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Tribute to Chano Pozo 1

Paris

J’ai rêvé d’aller à Paris dès que j’ai commencé à apprendre le français à La Havane à l’âge de 15 ou 16 ans. Dans l’imagination classique et populaire, Paris a toujours représenté un épicentre international qui attire de nombreux artistes qui n’ont pas reçu la reconnaissance qu’ils méritaient dans leur propre pays.

En 1980 je suis venu en Europe grâce à Camilo Azuquita, qui s’y était installé depuis 1978. Lors d’une de ses visites à New York je lui ai dit de me prévenir s’il y avait quelque chose pour moi en France ; je parlais déjà la langue. Je voulais prendre un peu l’air, sortir un temps de New York.

J’avais oublié cette conversation lorsque trois mois plus tard il m’a appelé pour une tournée qu’il faisait en 1980. La tournée n’a pas été très fructueuse à cause de quelques détails que je vous passe, et je suis rentré à New York où j’ai beaucoup remplacé Oscar Hernández, parfois Sonny Bravo, quand ils ne pouvaient pas assurer tout ce qu’on leur proposait. Parfois moi-même j’appelais quelqu’un pour qu’on me remplace. Il y avait énormément de travail à cette époque.

En 1982 je suis venu avec Artie Webb, le flûtiste qui a joué avec Ray Barretto ; il avait organisé un groupe dont le pianiste était Eddy Martínez, le grand musicien colombien. A la dernière minute Eddy n’a pas pu voyager, c’est pourquoi Artie m’a invité. Un petit groupe s’est formé avec le saxophoniste de Mongo Santamaría, il y avait Artie Webb, Patato Valdés -qui était resté en France après la tournée du « Latin Percussion Jazz Ensemble », dans un club appelé « La Chapelle des Lombards », qui était une boîte où il y avait une grande affluence du public- moi et trois autres musiciens qui se sont réunis ici, un bassiste vénézuélien « El Cuchi » habitant Paris, un argentin au bongo et un violoniste de New York.

Après cette tournée, je suis resté un temps avec Patato, puis je suis retourné à New York, avec l’intention de revenir, de régler les choses en suspens là-bas. En 1983 je me suis installé définitivement à Paris. J’ai commencé à zéro et créé ma propre petite barque et je me suis fait capitaine de ma propre flotte.

(...)

Quand je suis arrivé l’environnement musical était réellement embryonnaire. Il était difficile de rencontrer de bons musiciens. J’ai même dû me mettre à chanter, chose que je n’ai jamais faite aux USA. Il ne reste que quelques cassettes qui en témoignent.

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Sonido Solido

J’ai fait mon premier disque européen avec Patato, il s’appelait « Sonido Sólido » [7] Le producteur était un ami qui m’a poussé à le faire. J’ai pris tous mes amis de New York, Andy González, Mario Rivera, Frank Malabé... Nous avons enregistré à New York, avec une formation de style charanga. En 1985 nous avons enregistré : « Monsieur Oh la la ». [8]

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Mr Oh La La

(...)

Cuba, New York, Paris

Après « Monsieur Oh la la », comme ça faisait longtemps que je n’avais pas enregistré, nous avons fait un disque qui s’est appelé : « Cuba, New York, Paris » [9] avec Patato et un groupe que j’avais formé ici. C’était vers 1990 et nous l’avons simplement fait pour la promotion, un disque allégé pour trouver du travail. Vous savez c’est très difficile. Comme je l’ai dit au début, je n’ai jamais voulu céder aux chantages de ce commerce qui est très cruel. Pour d’autres il est fructueux et tout s’est bien passé pour eux. Si vous demandez à Rubén Blades ou à d’autres, ils vous répondront que tout s’est bien passé. "Good luck for you, my friend" mais pour moi ça n’a pas été le cas. Au mieux je suis l’incontournable, révolutionnaire sans l’être, mais je suis resté sur cette ligne et maintenant je suis trop vieux pour en changer.

En 1994-95, j’ai commencé à faire venir des amis musiciens de New York comme Papaíto, Roberto Torres... Des stars que je faisais venir pour attirer le public dans les clubs. Patato Valdés, Tata Güines,... car à un moment il commença à arriver beaucoup de groupes cubains. Il fallait rénover cela car pour le public d’ici est relativement petit, et pour eux voir toujours les mêmes noms n’était pas attractif. Alors qu’avec ces étoiles les choses bougeaient plus. J’ai fait beaucoup de concerts comme ça.

Il a inauguré la scène du festival "Tempo Latino" en 1994 (il y retournera en 1997) et celle de "Toros y Salsa" en 1995.

Cubanismo, Cuba

Après j’ai fait un autre disque avec Peruchín qui s’appelle « Para Yoya » en 1993 [10],

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Para Yoya

et en 1995 j’ai été artiste invité de Jesús Alemañy et Cubanismo. Jesús venait du groupe Sierra Maestra, qui n’était pas connu aux USA. Le producteur et Jesús m’ont parlé du projet Cubanismo et l’idée m’a plu. On a enregistré le disque à Cuba en 1995. [11]

Se fut un orgueil pour moi d’être appelé pour cette production. Je ne me suis jamais considéré comme un exilé. Mais plutôt comme un missionnaire et le missionnaire doit emprunter tous les chemins de la vie. Si j’avais eu le mal du pays, je ne serais pas resté un mois aux USA, car quitter 30° pour se retrouver en novembre à New York, imaginez, les chutes de neige et ce gris... Je suis resté 28 ans sans retourner dans ma ville. Je suis du quartier El Fanguito à La Havane. Je suis né [12] à 10 mètres du fleuve Almendares.

Sur ce disque j’ai retrouvé de vieux amis. Tata Güines...Imaginez ! Mon idole que j’avais connu à 18 ans. Et de grands musiciens. Ce fut beaucoup d’émotion pour moi. Le projet Cubanismo m’a plus, il a eu beaucoup de succès et Jesús Alemañy beaucoup de chance car il semble que le disque l’a fait connaître aux USA. Je ne l’ai plus vu par la suite.

Cuba linda

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Cuba Linda

Le disque « Cuba linda » est un autre projet musical avec une série d’influences africaines de type religieuses, différent de celui de Cubanismo même si j’ai utilisé certains musiciens de la session de Cubanismo (...). Il y a là une rencontre de musiques autochtones cubaines et d’une certaine musique religieuse comme le « canto de palo », une véritable « conga santiaguera » une chanson « Cuando vuelva a tu lado », un hit des années 70 (...). Le disque a un autre style. J’y ai fait quelque chose d’inédit : piano avec « comparsa santiaguera ». Ca a été improvisé. D’après ce qu’on m’a dit Jane Bunnet a fait la même chose par la suite : mettre du piano sur une comparsa santiaguera. Ce fut une innovation.

(...)

Je qualifierais en deux étapes ces 3 disques. Les 3 sont un retour à mes origines et je sépare les deux disques « Cubanismo » et « Cuba linda », mon interprétation sur ceux-là varie significativement, je crois.

La dernière fois que j’ai joué avec Jesús c’était en 1997 sur une tournée à l’Est des USA, qui s’est prolongée en Californie. Ca a été un grand succès.

Il a eu beaucoup de promotion et a vraiment marqué, pas seulement en terme de popularité mais aussi dans le secteur musical. Je dois avoir entre 20 et 30 articles de presse qui parlent de ma collaboration avec Cubanismo. Avec « Cuba linda » j’ai seulement fait un festival à Charleston. Ca ne c’est pas fait avec les personnes que j’aurai voulu, celles avec qui j’ai enregistré le disque à Cuba, mais je l’ai fait avec des gens de là-bas et on ne nous a pas jetés de tomates. Ca c’est bien passé.

La première tournée de Cubanismo en Europe a été organisée par mon épouse. Nous avons joué dans divers pays. Les autres tournées ont été organisées par le label. Après 1997, je n’ai plus eu de contacts avec Cubanismo, ni avec Luis, ni avec le label. (...)

Musique, Europe

En Europe j’ai fait beaucoup de choses différentes, en plus des disques j’ai fait du théâtre [13], des enregistrements pour des petits jeunes qui débutent [14], j’ai aussi joué seul, en Angleterre, Italie, Suisse...

(...)

Ce qui arrive en Europe avec la musique "latino" ne peut être comparé avec ce qui s’est passé à New York. Certains amis qualifient ça de mode, un phénomène de supermarché.
Beaucoup de gens pensent y compris les producteurs que mon disque « Cuba linda » est du jazz, pas de la musique cubaine. Beaucoup de gens en Europe pensent que la musique cubaine se résume à Compay Segundo.
(...) Jusqu’à Chucho Valdés et Gonzalo Rubalcaba ou José Luis Cortés, ont dit que malgré que j’aie été si longtemps loin de ma terre, je joue plus cubain que les cubains.

Sextet, Paris

Je vais vous dire une chose : 90% des gens qui ont travaillé avec moi -cubains ou pas- ont connu le musicien mais pas l’homme. Une fois j’ai été surpris qu’un journaliste me demande ce que je lisais et qu’elle était ma fleur préférée. Ma fleur préférée est le tournesol et mon peintre favori est Van Gogh. Il y a les clichés "comment avez-vous commencé dans la musique" ou "comment ça se passait avec Tito Puente", etc... les mêmes questions pour tout le monde. Peu d’entres eux s’intéressent à la personne.

Je marche car en marchant je peux penser, philosopher. Les bijoux et les voitures de luxe ne m’intéressent pas. Ce qui m’intéresse c’est un Steinway©. « Cada loco con su tema ».

(...)

Patato -Único y diferente-

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Unico y Diferente

Le disque « Único y diferente » de Patato a été enregistré il y a plus de 3 ans. Il n’est pas sorti à cause de problèmes financiers du label, c’est un autre qui l’a sorti. Patato vient de m’inviter pour la tournée de promotion de son album qui vient de sortir « Único y diferente », où je joue du piano. Patato est comme le vin : il se bonifie avec l’âge au niveau de son jeu.

Fania, Buena Vista, Cuba

Je suis fatigué. J’ai rencontré beaucoup de gens, et j’ai écouté beaucoup de musique et il me semble qu’aujourd’hui à Cuba, sauf exceptions, il ne se passe rien de très intéressant. A cette époque les maisons de disque raflaient tout. D’abord Tico y Alegre. Puis vint la Fania. Il fallait tomber dans les mains d’Al Capone ! Si vous êtes musicien et que vous voulez du travail, il faut en passer par là, ou être un rebelle et mourir comme ça.

Le "Buena Vista Social Club" avec ses vues de La Havane sans électricité, s’écroulant à moitié, avec la musique des années 40, ça impressionne les européens car ils ne connaissent pas ça, mais pas moi car je suis né là-dedans".

Il a été invité en Colombie à l’occasion du festival Barranquijazz 2003 et du festival de Jazz du Théâtre Libre de Bogotá.
A son retour il racontait très ému que ça a été le seul pays où les gens lui ont parlé de tous les disques qu’il a enregistré aux USA et où le public chantait le refrain des chansons.

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Cuban Jazz

Décembre 2000



[1] NDT : Décédé le 3 octobre 2005, il repose au cimetière de Montmartre, dans son quartier.

[2] NDT : il enregistre quatre disques avec le timbalero Willie Rosario

[3] NDT : Une autre figure de l’orchestre de Joe Cuba (Gilberto Miguel Calderón) est Jimmy Sabater, qui eut la particularité de conduire à la fois une carrière de chanteur et de timbalero, tandis qu’au vibraphone se succéderont Alberto Delgado & Phil Díaz.

[4] NDT : Il enregistre trois disques avec Fajardo. Aux percussions jouent : Tanny Gil (tumbadora), Manfredo Lee (timbales), Rolando Valdés (güiro).

[5] NDT : sur ce disque se trouve aussi un merveilleux solo de piano d’Alfredo Rodríguez sur « Como suena mi son ».

[6] Il participe au succès de Justo Betancourt avec « Pa Bravo Yo » (Fania, 1972). Il le retrouvera en 1982 sur le disque « Leguleya No », qui vient d’être réédité (Fania/Emusica, 2006).

[7] NDT : « Sonido Sólido » marqué par la composition d’Alfredo « Para África Traigo Mi Son », a été enregistré à New-York avec : « Patato », Totico, Charlie Santiago aux timbales et Andy González à la basse.

[8] NDT : « Monsieur Oh La La » (Caimán, 1985, réédité en 1996) avec Frank Malabé (conga, bata, güiro, campana), Ignacio Berroa (batterie, timbales), Jimmy Sabater au chant.

[9] NDT : « Cuba-New York-Paris » fut enregistré en direct, avec le bassiste Vénézuélien « Cuchí », avec « Patato », le saxophoniste Allen Hoist débarqué à Paris avec Alfredo et Christian Nicolas aux timbales.

[10] NDT : « Para Yoya » est un hommage à la ‘Tumba francesa’, Yoya étant le nom de l’ancienne « reina » de cette « société ». Sur « Para Yoya » (Bleu Caraïbes, 1993), figurent Robert « Mamey » Evangelisti (tumbadora, tambora, bongo, bata, chékéré), le Cubain Aramis Castellanos (timbales, batas, batterie, tumbadora), Marcel Roy (tumbas) et Dave Pattman.

[11] NDT : Le disque Cubanismo contient un hommage à son idole Peruchín (Tumbao a Peruchín). On retrouve Tata Güines (congas), Emilio Del Monte (timbales), Dave Pattman (bongo), Carlos Godinez (güiro, campana), Mario « Aspirina » Jaúregui (bata), Justo Pelladito (quinto), Amado J. Dedeu (quinto), et aussi Pedro Justiz "Peruchín Jr." (guitare), Jesús et Luis Alemañy (trompettes), Yosvany Terry Cabrera (sax), Gregorio "El Goyo" Hernández (chant).

[12] NDT : Né en 1936.

[13] NDT : Le spectacle de Jérôme Savary à l’Opéra Comique (auparavant présenté à La Havane) est consacré au percussionniste cubain légendaire Chano Pozo, il réunit Alfredo, Allen Hoist, « Angá » Díaz à la percussion dans une première série de représentation, puis, dans une deuxième série Tata Güines (Aristides Soto) et « Changuito » (José Luis Quintana).

[14] NDT : il aide le jeune conguero : Miguel Gómez, futur directeur musical d’‘Africando’, qu’il fait débuter à quinze ans à la Chapelle des Lombards ; il participe à l’enregistrement du premier CD de Franklin Veloz, entre autres,...

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