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Alfredo De La Fé -Biographie-

Publié le 14 janvier 2003, par : pbouge

Alfredo De La Fé est lui même une incarnation de la nature de la salsa : né à Cuba, il a grandi à New-York, contribué à tous les styles du classique, à la charanga, en passant par le jazz, la fusion, la salsa dura, le vallenato...etc. . Il nourrit sa très grande expérience de toutes les musiques latines.

Alfredo De La Fé

Alfredo De La Fé, est né à la Havane (Cuba), le 6 février 1954. Compositeur, arrangeur, directeur d’orchestre, producteur et surtout violoniste virtuose, il a contribué à tous les genres de la musique afro-caribéenne pendant les 30 dernières années. Formé d’abord au conservatoire Amadeo de Roldán de la Havane, puis en Pologne -à Varsovie- et enfin à New York dès 1965. Tout cela pour une formation classique très solide, comme d’ailleurs de nombreux musiciens cubains. Mais ses racines vont vite le ramener à la musique traditionnelle en particulier, les charangas [1]. Il va collaborer avec Pupi Legarreta et José Fajardo dans la seconde moitié des années 60. Il joue pour la première fois à l’age de 11 ans, avec Roberto Torres (co-fondateur) de la charanga Broadway. Il participe ensuite à 12 ans à un enregistrement de Pupi Legarreta. Il continuera ensuite avec Johnny Pacheco, puis avec Javier Vasquez pendant les années 70 et 80.

Mais l’innovation musicale est foisonnante à New York et il rejoint Eddie Palmieri, une des têtes de file de la salsa new-yorkaise du tout début des années 70 pour jouer avec son groupe, et cela pendant plus de 5 ans. Cette formation est une charanga d’un nouveau type, très énergique grâce à un son très agressif dû au remplacement des trompettes par une section de trombones, type de formation qui prendra le nom de trombanga formé à partir de trombón et de chatanga, et qui va rencontrer un très grand succès.

Il participe également à la Tipica 73 pendant plusieurs années. Le succès considérable du groupe qui a compté parmi ses chanteurs Jose El Canario Alberto et Azuquita, a été sérieusement entamé par une campagne de dénigrement organisée par les cubains anti-castriste de Miami. La Tipica 73 fut l’un des premiers groupes à passer outre l’embargo américain contre Cuba en allant enregistrer En Cuba : Intercambio Cultural [2]à la Havane avec des musiciens cubains. Et cela n’a jamais été pardonné par les cubains pro-embargo et anti-castristes allant jusqu’à écrire que les congas de la Tipica 73 étaient tâchées de sang. Certains membres de sa famille ont refusé de parler à Alfredo pendant des années. [3]

Il a aussi collaboré avec Tito Puente, Israel Cachao López, Orquesta Broadway, Roberto Torres, Libre, et de nombreux grands noms de la Salsa jusqu’à des groupes plus expérimentaux comme le Grupo Folklorico y Experimental Nuevayorquino.

Il a vécu à Medellin, Colombie, en 1983 pour embrasser de nouveaux genres comme le vallenato et travailler avec des orchestres comme les Latin Brothers, Fruko y sus Tesos, Wilson Saoco.

Il rejoint la Fania All Stars en 1995, collabore avec Papo Lucca, (leader de Sonora Ponceña), joue avec l’orchestre de Larry Harlow en 1998, mais reste fidèle à ses formations préférées : les charangas, en contribuant à Típica Ideal, Orquesta Broadway, Orquesta Novel, Charanga America.

Sa carrière solo démarre dès 1979 dans un style fusion latin Jazz. Son disque le plus récent est sorti en 2000, Latitudes [4] pour renouer avec l’énergie des débuts de la Salsa. La seconde chanson Asomate a la Ventana a été écrite par son propre père. Pour moi ce morceau c’est le son de la charanga du 21ème siècle. Le morceau commence par des pizzicati, avec violon, guitare et de flûte le tout soutenu par les congas, puis le violon reprend la mélodie et le chanteur entre en scène. Le montuno alterne chœurs, improvisation du chanteur et riffs de trombones. Ce morceau, superbe, justifie à lui seul l’achat du disque. Muñeca (composé par Eddie Palmieri) nous est livré dans une version plus délicate et plus mélodieuse que l’originale. Sandra Mora, avec une introduction rap, et ses rythmes évoquant la timba est une superbe démonstration adressée aux cubains : que les frères de Nueva-York savent aussi être d’excellents timbaleros -de la bombe pour tous les DJs-. Deux morceaux de la Tipica 73 Xiomara et Que Manera et de nombreuses autres réussites.

Alfredo De La Fé va poursuivre son chemin avec l’ouverture, la créativité et la virtuosité qui le caractérisent. Espérons que les rumeurs de re-formation de la Tipica 73 se matérialisent un jour et en attendant, un conseil, ne ratez surtout pas un de ses concerts.


Références

Sa discographie <<

Une interview <<

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[1] Ici un article sur la charanga

[2] 1979, Fania, voir aussi la biographie de Jose Alberto

[3] Ces campagnes ont fait plus tard une autre victime : Oscar D’Leon de retour de Cuba a dû s’expliquer face à ses détracteurs anti-castristes. C’est aussi arrivé à Andy Montañez

[4] Viva Discos Intl