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2007 Tempo Latino / concerts d’Africando et Willie Colon

Publié le 1er septembre 2007, par : Chabelita

La journée où nous avons vécu le concert le plus émouvant et riche en intensité de cette 14ème édition...

Mamadou TRAORE dit « Balake », Chant
Mamadou Bassirou SARR, Chant
Sekouba DIABATE dit « Bambino », Chant
Médoune DIALLO, Chant
Fata DIENG, Chant
Miguel GOMEZ, direction musicale
Edwin SANZ, Congas
Miguel RIOS MORALE dit « Puntia », Bongo et Campanas
Guillermo FELLOVE, Trompette
xxx DOYEN, Trompette
Jean-Louis DAMANT, Trombone
Philippe HENRY, Trombone
Alain DESHAYES, Baby basse
Jean Pierre ISMAËL, Timbales
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Mamadou TRAORE dit « Balaké »,
Tempo Latino 2007
Photo ©Pbouge

Africando est le rassemblement de chanteurs de plusieurs pays d’Afrique, un All Star qui cartonne. Sur disque c’est un son reconnaissable dès les premières mesures et très dansant. Le cadre strictement panafricain du départ a été dépassé pour atteindre une dimension internationale. Sur scène, comme on peut le constater ci-dessus, l’orchestre est composé d’une majorité de musiciens parisiens. Et chauvinisme oblige, on est bien fiers que ceux-ci aient un tel niveau. Ils ont chauffé le public à point pour Willie Colon. Parfait pour prouver aux organisateurs de Tempo Latino que les musiciens résidents en France ont un niveau international et qu’il ne faut pas les oublier dans la programmation.
L’arrivée d’un nouveau chanteur comme Bass Sarr est très remarquée. Il fait partie de la scène salsa du Sénégal [1]

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Mamadou Bassirou SARR
Tempo Latino 2007
Photo ©Pbouge

Sa reprise en version latine du succès Aïcha [2] a fait chanter toute l’arène vicoise. Leurs succès se sont enchainés pour un concert de très bon niveau. On ne pensait pas que Willie Colon puisse pousser plus loin le public... [3] Et Pourtant !

Willie Colon

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Willie Colon
Tempo Latino 2007
Photo ©Pbouge

et son orchestre :

Willie COLON, chant, trombone
David FELICIANO, directeur musical, trombone
Osvaldo MELENDEZ, trombone
Yvan RENTA, sax
Ray COLON, bongo
Eric VELEZ, congas
JOHN ANDREW
Lucho CUETO, piano
Rodrigo LARENAS
Oscar CHUMBIRAY, basse

On s’attendait à avoir devant nos yeux « El Malo » ou « El Diablo » mais c’est un Willie Colon en costume bleu clair et à la bonhommie affichée qui est arrivé sur la scène de Tempo Latino.

Pas de chanteur vedette, c’est Willie Colon lui-même qui se charge du poste, sa prestation vocale est bluffante lorsqu’il entame Juanito Alimaña. Son souffle de tromboniste le sert bien pour chanter, il est parfaitement en place et suffisamment à l’aise pour assurer en même temps les passages au trombone.

La calle es una selva de cemento
Y de fieras salvajes cómo no
Ya no hay quien salga loco de contento
Donde quiera te espera lo peor
Donde te quiera te espera lo peor
La rue est une forêt de ciment
Et de féroces sauvages bien sûr
Personne ne sort fou de joie
Où que tu ailles le pire t’attend
Où que tu ailles le pire t’attend

On sent dès le premier morceau l’envie d’en découdre. Willie Colon (trombone) est accompagné de trois autres souffleurs d’élite : David Feliciano, (trombone), Osvaldo Melendez, (trombone), Yvan Renta, (sax), une section cuivre jubilatoire ! Un ouragan qui dévaste les arènes...
Et quelle sonorisation ! Cela frise la perfection !

L’introduction aux cuivres de Sin Poderte Hablar est ébouriffante, elle laisse place aux percussions d’Eric Velez toujours aussi brillant aux congas : rapide et puissant, ferme et précis. Le bongocero n’est pas en reste, même si on regrette l’absence de Carlos Soto annoncé sur le papier et qui nous faisait tant chavirer dans l’orchestre de Ray Barretto. Que dire d’Anderson Quintero sinon qu’il n’y a aucun doute sur le fait qu’il est tombé dans la marmite quand il était petit (Voir ICI pour mieux comprendre). Le pianiste est le fameux péruvien Lucho Cueto, qui assure discrètement son rôle. L’orchestre est en parfait équilibre quant à la place des instruments.

ay ay ay ay
cuando tu me estas mirando
ay ay ay ay
y yo sin poderte hablar
ay ay ay ay (cuivres)
quand tu me regardes (cuivres)
ay ay ay ay (cuivres)
moi je suis incapable de te parler (cuivres)

Même sur les chansons romantiques, les cuivres envoient avec une force incroyable, ça promet pour la suite...

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Orchestre de Willie Colon
Tempo Latino 2007
Photo ©Chabelita

Et la suite se reconnait sur les premières notes de trombone de Talento de Televisión

Comment ne pas chanter le chœur dans cette ambiance survoltée :

No tiene talento, pero es muy buenamoza,
tiene buen cuerpo y es otra cosa,
muy poderosa en televisíon,
y tiene un trasero que causa sensación.

Elle n’a aucun talent mais elle est très jolie,
Elle a un corps charmant et c’est autre chose,
Très influente à la télévision,
Elle a un postérieur qui fait sensation.

Willie Colon s’adresse au public pour introduire le morceau suivant : "J’ai enregistré avec beaucoup d’artistes que vous connaissez, non seulement Hector mais aussi Celia, Rivera, Ismael Miranda et avec Rubén Bladés. Cette chanson a été composée par Rubén Blades et nous lui dédions ce soir, elle dit ceci :" [4]

(coro) Por tu mala mania de irte sin pagar,
Por tu mala mania de irte sin pagar,
Por tu mala mania de irte sin pagar,
(chœur) A cause de ta sale manie de t’en aller sans payer
A cause de ta sale manie de t’en aller sans payer
A cause de ta sale manie de t’en aller sans payer

Tout le monde a reconnu et chanté Te Estan Buscando. Même si l’amitié Colon-Blades a du plomb dans l’aile cela n’affecte en rien l’interprétation, encore un pur moment de bonheur. De l’intensité et de la densité dans chaque note, et cela a un grand effet sur le public.

Un orchestre de Willie Colon, ne peut se dérouler sans l’interprétation d’Idilio un de ses plus grands succès.

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Willie Colon
Tempo Latino 2007
Photo ©Pbouge

Après quelques claques des cuivres, un chavirement du chœur et des cœurs. Toutes les arènes ont chanté cela :

So-ñan-do,
con-ti-go,
que-rien-do
que se cumpla nuestro idilio
Rêvant,
avec toi,
souhaitant
que s’accomplisse notre idylle

Willie Colon qualifie Yvan Renta de professeur du "cachimbo" (saxophone), et ce dernier se lance dans un solo très arabisant. On se demande où il veut en venir jusqu’à se que Willie Colon demande au public de taper dans les mains façon flamenco, c’est bien sûr le début de : Gitana.

Sé que no nunca fuiste mía
ni lo has sido, ni lo eres.
Pero de mi corazón
un pedacito tú tienes
tú tienes, tú tienes, tú tienes, tú tienes
Gitana, gitana, gitana, gitana,
tu pelo, tu pelo, tu cara, tu cara

Willie Colo nous annoncera ensuite la sortie de son dernier album pour le mois prochain (septembre 2007) qui s’appellera "El Malo vol. 2".

On entame alors un hommage à Hector Lavoe, avec l’explosif : "Llego la banda".

Llego la banda tocando salsa, para que entre en la bachata

Ceci n’était que l’introduction d’un medley dédié à Hector Lavoe. Et là mes premières larmes vont couler sur Periodico de ayer. Ce n’est pas un petit medley, les chansons sont pratiquement entières. Ainsi, écoutera-t-on El Todopoderoso puis El Cantante où le "Hé Hector" est remplacé par un tonitruant "Hé Willie". Avec un énorme solo de timbales d’Anderson Quintero. Grand moment avec des cuivres de folie : les trois trombones en même temps ça pulse. Suivi au final d’un solo d’Eric Velez aux congas.

Une fois ce moment intense passé, un "Joyeux anniversaire" est souhaité au directeur musical et tromboniste Osvaldo Melendez.

On ne quitte pas Hector Lavoe grâce à la chanson Ah ah, Oh no où à la fin Willie Colon fait chanter "a cappella" les "la la, la la..." au public.

Willie Colon quitte tranquillement la scène, passe en coulisse et sous les hurlements du public revient à pas lents, attrape le trombone et se met devant le micro : "j’ai oublié le trombone"... et il repart en coulisses à pas lents et le sourire en coin. Redoublement des hurlements du public, Willie Colon fait une réapparition, attrape sa tromptte basse et se met devant le micro : "j’ai oublié l’autre instrument"... et il repart en coulisses à pas lents et le sourire en coin.

Le 3ème retour de Willie Colon est le bon et il se met à chanter :

Feelings, nothing more than feelings,
Trying to forget my feelings of love.

Le public est mort de rire car son interprétation est à dessein très maladroite. Sifflets du public. « Je ne peux pas chanter en anglais, (...) Julio Iglesias a chanté en anglais, Shalira a chanté en anglais...Maintenant je vais tout faire en anglais... [5]. Hurlements du public : « NONNNN ». Ok, mais vous ne savez pas ce que vous perdez ! [6]

Enfin nos amis colombiens pourront écouter la chanson qu’ils demandaient depuis le début du concert : El Gran Varon, dont les paroles ICI vous feront comprendre pourquoi on a tous fini en pleurs. Les paroles on connaissait mais alors avec cette qualité musicale, et ces paroxysmes virevoltants des cuivres, s’en était trop pour nos petits nerfs.

Qu’est-ce que les organisateurs de Tempo Latino vont trouver l’an prochain pour arriver à ça ? [7]


[1] Bass Sarr est membre des groupes Afro Salsa et Super Cayor.

[2] Aïcha de Khaled, morceau composé par Jean-Jacques Goldman, que l’on trouve sur le quatrième album d’Africando « Baloba ! ».

[3] NB : Eric Duffau en introduction aura eu une pensée pour le pianiste Alfredo Rodriguez qui a participé aux arrangements du dernier album d’Africando.

[4] "He grabado con muchos artistas que ustedes conocen, no solamente Hector pero tambien con Celia, Rivera, Ismael Miranda y con Rubén Bladés. Este numero es composición de Rubén Blades y se lo dedicamos esta noche, y dice así :"

[5] "No puedo cantar en ingles, (...) Julio Iglesias canto en ingles, Shakira canto en ingles... Lo que voy a hacer ahora es todo en ingles.

[6] Ok pero no saben lo que se esta perdiendo.

[7] A part Rubén, je ne vois pas....

  • Message 1
    • par , 27 septembre 2007 - Videos Willie Colon à Tempo Latino 2007

      Cette video dont l’image est parfaite, ne rend absolument pas compte du son tel qu’on l’a ressenti ce jour-là. Talento de Television.

      Remarquez tout de même Anderson Quintero derrière Willie Colon, et tout le reste de l’orchestre qui vaut le déplacement.

      Cette vidéo est plus conforme à la réalité sonore

      Si l’image est moins bonne sur la video suivante, le choc sonore est peut être mieux perçu, bien qu’on soit loin du compte. Juanito Alimaña

      Idilio

      Periodico de Ayer

      Sortez les mouchoirs pour El Gran Varón

      Et pour le plaisir de revoir maestro Cachao (ils ont loupé Willie Colon).