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2009 Dia Nacional de la Salsa 26me édition à San Juan / Puerto Rico

Publié le 1er mai 2009, par : Chabelita

Le XXVIème Jour National de la Salsa (en fait Zalsa car organisé par la radio Zeta93) était dédié au prolifique parolier Tite Curet Alonso le dimanche 29 mars 2009. Nous avons trouvé une personne ayant fait le voyage depuis Paris : Jean Paul Tamayo, chanteur de l’orchestre d’Alfredo Cutufla et de La Nueva Edicion dirigée par Jim Lopez. Il a bien voulu nous relater l’ambiance de cet événement si particulier.

Chabelita : Où s’est déroulé le Jour National de la Salsa cette année ?

Jean Paul : Le stade s’appelle Hiram Bithorn, à Hato Rey, pas loin de Santurce. Les voitures se garent là où elles peuvent c’est à dire partout ! Les gens commencent la fête dès la voiture : en ouvrant les coffres remplis d’enceintes diffusant de la musique salsa. Aux abords du stade, il y a des stands pour manger, des boutiques : un stand Ismael Rivera, des tee-shirts, des casquettes, tout ce que tu peux acheter sur la salsa.

Chabelita : A quelle heure tu es arrivé là-bas ?

Jean Paul : Vers 13h30

Chabelita : Ca avait déjà commencé alors ?

Jean Paul : Oui, il y avait l’orchestre de feu Tommy Olivencia sur scène. En fait, je suis rentré avec les artistes, j’accompagnais les musiciens de Cortijo junior et Ismael Rivera junior. Je suis rentré par derrière.

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Ismael rivera jr et Jean Paul Tamayo

Chabelita : Qu’est-ce que tu as vu en premier alors ? La scène ou les artistes qu’il y avait derrière ?

Jean Paul : Les artistes qu’il y avait derrière. Sur scène il y a d’abord eu la Sonora Ponceña, Roberto Roena y su Apollo Sound, puis l’hommage à Cortijo avec le groupe de Rivera Junior et Rafaelito Cortijo qui est son neveu en fait, le timbalero.

Chabelita : Alors Roberto Roena et son "Apollo Sound" sont en forme pour leur concert à Lyon en juin ?

Jean Paul : Les chanteurs ont tous changé, il y a 2 jeunes et un chanteur plus agé qui chante tous les succès du groupe. Parmi les cuivres il y a deux jeunes aussi dont un tromboniste qui m’a vraiment impressionné. Je l’avais vu quelques jours avant dans une descarga au Nuyorican Café (dans le vieux San Juan). Il y a aussi Endel Dueño. Ca sonne comme sur le CD, Roena a la pêche, ça va.

Chabelita : Et ensuite ?

Jean Paul : Je suis retourné derrière. L’orchestre de Louis García est arrivé sur scène et a accompagné des chanteurs qui ont défilé. Et parmi les chanteurs Adalberto Santiago a commencé, suivi de Cheo Feliciano, Andy Montañez, Ismael Miranda, et une jeune cubaine, une bonne sonera : Aymee.

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Jean Paul Tamayo et Andy Montañez
Dia Nacional de la salsa 2009

Adalberto Santiago paraissait très âgé hors de scène, mais une fois le micro dans les mains, il a vraiment changé : waouh... il envoie, il est puissant, il monte, j’ai été agréablement surpris.

Et il y a eu une grande surprise Rubén Blades qui est arrivé. Je l’ai su dans l’après midi car la rumeur a enflé : "oui il y a une surprise, mais il n’est pas sensé être là"... Je l’ai vu monter sur scène, avant il se cachait derrière ses partitions et le Buho Loco [1] l’a annoncé, il est monté et a chanté : "Vale más un guaguancó" et "Plantacion Adentro" c’était top.

Il était très protégé et je n’ai pas pu lui parler. Il a rapidement filé, une fois en coulisses, protégé par des proches.

Le final c’était une descarga avec tous les chanteurs. C’était grandiose.

Chabelita : Qu’est-ce qui t’a marqué dans la journée ?

Jean Paul : L’ambiance générale

Chabelita : tu avais déjà vu quelque chose de pareil ?

Jean Paul : oui à Cali dans des stades. Il y a 5 ans à Bogota j’ai vu un concert de la Fania où les gens sont venus, comme là, avec des instruments de musique. A Cali dans les ferias j’ai même vu un mec venir avec un timbal fait de casseroles, bricolé. Pareil les gens viennent avec leurs sièges à midi car ils restent jusqu’à 20 h , ça fait long.

J’ai entendu des chiffres de 30 000 personnes pour la fréquentation du Dia Nacional cette année. Pour traverser le stade d’un bout à l’autre c’était difficile. C’était énorme. Un bon bain de foule, de musique latine et d’ambiance, de concerts et de gens qui connaissent les chansons par choeur.

Chabelita : c’est rare de voir une telle concentration d’orchestres

Jean Paul : oui c’est sûr, ça fait 8 heures de concerts d’affilé. Des orchestres au complet, avec leurs propres musiciens. Louis Garcia, le final, m’a fait penser à la Fania, d’autant qu’il y avait une femme, une cubaine en plus. Le rapprochement était marrant. Une bonne sonera. J’ai son CD, elle est bien.

Bonne expérience, un soleil de plomb. J’y suis allé pour la salsa et je n’étais pas déçu. L’île est petite et tout le monde se connait, tout le monde passe à Viera discos. Tu croises Wichy Camacho, Willy Rosario, Luis Marin, Quique Lucca. Les gens sont très simples.

Chabelita : Tu y retournes l’année prochaine ?

Jean Paul : il y a de grandes chances, même peut être avant...

Chabelita : Les nouveaux orchestres à écouter absolument ?

Jean Paul : San Juan Habana, un cubain qui écrit, qui dirige, qui chante et qui joue de la basse en même temps. Avec un pianiste cubain et tout le reste de l’orchestre est portoricain. C’est assez audacieux de jouer des morceaux cubanisants à Porto Rico. Le directeur est jeune c’est lui qui a écrit "arroz con habichuelas" du Gran Combo et c’est lui qui a écrit "conteo regresivo" de Gilberto Santa Rosa. Il est assez connu, il a son projet, il le défend, il joue. J’ai apprécié.

Pupy Cantor a son propre projet qui s’appelle "salsa libre", il est en train d’enregistrer le CD avec des jeunes. Il a déjà fait quelques concerts en invitant Frankie Vazquez et Herman Olivera. Ca promet.

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Jean Paul Tamayo et Pupy Cantor
Chez Viera Discos à Porto Rico

Un orchestre qui m’a beaucoup impressionné c’est "orquesta Miramar" qui est composé par plein de grosses pointures comme Eric Figueroa au piano, Tito Rivera la 2de trompette. Ce sont eux-mêmes de grands arrangeurs. Le directeur est Ramon Rodriguez du conjunto Clasico où a débuté Tito Nieves. Ca envoie grave. Il y a une chanson "como te quedo el ojo sonero" : "qu’est ce que tu en penses sonero ?", "tu as vu comment ça envoie ?", il envoie grave, il joue sans prétention particuliere Et il envoie.

Les portoricains sont très attentifs à ce que leur musique soit très dansante. Ils utilisent un bariton, deux trompettes, un trombone. Le bariton a 19 ans, il envoie, c’est terrible. J’ai vu ça à Loiza en périphérie de San Juan au "balcon del zumbador", où tous les dimanches il y a de la rumba avec les musiciens de Cachete Maldonado. Où il y a 7 percus et 2 chants, c’est génial. La Miramar a joué à cet endroit là et c’était fabuleux.

Chabelita : et les autres endroits salsa ?

Jean Paul : je suis allé dans une discothèque à bayamon "Paradise Salsa Club" dancing avec orchestre live où j’ai vu San Juan Habana. J’ai pu chanter aussi parce qu’on m’a invité à la fin.

Et le Nuyorican Café dans le vieux San Juan, qui est devenu très touristique, c’est dommage, il y a un hôtel au-dessus maintenant. Il y avait un groupe de salsa le jour où j’y suis allé, le trombone était celui de l’orchestre de Roena et le bassiste, celui de Richie Ray et Bobby Cruz. Ca jouait bien, j’ai pu chanter aussi.

Je suis allé à La Perla aussi, tourisme culturel, un peu dangereux où il faut aller accompagné. J’ai visté Ponce, et fait un pélerinage sur la tombe d’Hector Lavoe, voir les quartiers où il a vécu. Les noms des rues dont il parle dans ses chansons, comme la rue Belgica.

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Jean Paul Tamayo à Ponce (Porto Rico)

Chabelita : Merci Jean Paul, si avec tout ça on ne vous a pas donné envie de prendre quelques vacances du côté de San Juan en mars...


[1] Buho Loco est l’animateur vedette de la radia Zeta93.